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poupicinéphile
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2,5
Publiée le 25 juin 2025
13ème film Compétition Cannes 2000 : Le projet du réalisateur français d'adapter à l'écran une saga romanesque, à savoir ces "Destinées sentimentales" de Jacques Chardonne, écrivain quelque peu tombé dans l'oubli après ces positions collaborationnistes puis anti-gaullistes et anti Nouveau Roman Français (à travers son groupe des Hussards), apparaissait tout autant intrigant que casse-gueule. En effet, cette fresque s'étalant sur cinquante années dans le monde de la bourgeoisie protestante charentaise, plus spécifiquement dans les grandes familles productrices de cognac et de porcelaine, pourrait devenir bien académique sitôt sa transposition à l'écran. Force est de constater que cet écueil n'est pas évité par Olivier Assayas qui, s'il parvient à informer sur le mode de production, de commercialisation et d'innovation des produits phares de la région, bute sur une certaine froideur dans la retranscription des émotions, des dilemmes moraux et sentimentaux qui en résultent, l'histoire d'amour principale entre Jean et Pauline, parfois contrariée car semée d'embûches, demeurant peu prenante, plombée par un jeu monocorde de Charles Berling plus que par une relative énergie d'Emmanuelle Béart. Le protestantisme des personnages de cette communauté peut expliquer leur ascétisme et leur rigorisme, qui peut convenir à l'univers bourgeois de ces grandes familles provinciales, en charge de préserver les traditions de leur production alcoolique ou céramique, mais la froideur du cognac et de la porcelaine viennent au final déteindre sur le long métrage de trois heures, qui se regarde sans passion et nous pousse à regretter dans ce cas un film documentaire, ce qui n'aurait finalement pas trompé les attentes du spectateur cinéphile.
Des hommes moustachus aux mines graves discutent porcelaine de Limoges pendant 3 heures. L'ennui est là, qui te tend les bras. Abandonne-toi tout contre lui. Il sent la naphtaline et le velours côtelé. L'académisme jusqu'au boutiste d'Assayas te fait envisager le suicide, furtivement. Tu te rendors paisiblement. 3 heure, c'est long. Comme un dimanche à Limoges.
Il est rare qu'un acteur change a lui seul l'entièreté d'un film mais ici c'est la cas : malheureusement tout le long de ces 3 heures Emmanuelle Béart pollue littéralement le récit. Avec son manque de naturel incroyable pour une actrice, nous sommes sans arrêt ramener en dehors de l'histoire, nous nous rappelons que nous sommes assis dans nos fauteuils, que tout ceci n'est qu'un film... Au lieu d'être immergé dans l'histoire et de s'oublier un instant -ce qui pour le coup se passait avec les autres acteurs- absolument l'inverse du métier, un comble!
J'ai beaucoup apprécié ce film, tant pour sa forme, élégante que pour son fond, éternel... Je lui aurais probablement donné une note supérieure s'il avait duré une trentaine de minutes de moins...