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mac guffin
8 abonnés
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4,0
Publiée le 22 juin 2010
Bon film noir qui fait un peu penser à "Night and the city" (les forbans de la nuit) avec le même Richard Widmark. Même univers de petits escrocs minables mais attachants dans un style mélant réalisme semi-documentaire et stylisation. Il faut dire que le scénario, anti-rouge sans être franchement de propagande, ne brille pas par sa subtilité. Mais l'attention portée aux personnages le rattrape. Fuller est surtout un maître du style : sa mise en scène repose sur la surprise, le contre-pieds; elle allie une violence epidermique avec une grande sensualité, ce qui s'accorde bien avec le mélange de cynisme et de tendresse du film.
Candy transporte un microfilm pour Joey dont elle ignore la contenance. Skip, pickpocket, lui dérobe son porte-feuille dans le métro. "Le port de la drogue" est plus violent que noir. Les baisers succèdent aux coups dans la tronche, Candy se fait le plus castagner dans l'histoire, dans un rythme si effréné que le malsain ne prend pas le temps de s'assoir. Fuller nous embarque dans du sordide cash. L'image est très belle, les gros plan de visages en sueur viennent augmenter le suspens, une belle scène de bagarre finale....mais la violence est abordée avec une telle frivolité qu'on en sort refroidi, comme si on avait assisté à un film d'action gelé qui balaie ses bleus et ses morts avec un sang-froid déconcertant. Un policier des années 50 si expéditif qu'il en devient singulier.
Le port de la drogue est un bon polar des années 50 et marqué de l'époque via ses plans, son jeu d'acteurs, son atmosphère. On retrouve l'ambiance des peintures du peintre américain Edward Hopper. Le film est court et le scénario s'enchaîne un peu vite, mais l'ambiance, les acteurs et le thème rattrape ce petit bémol. Il est d'ailleurs plus intéressant de regarder le film en VOST que en VF, car nous sommes en pleine guerre froide lors de la sortie du film et donc on a choisis de modifier quelques petites choses lors du doublage. Le film parle de microfilm, d'espionnage et de communisme dans la version américaine, alors que dans la version française il s'agit d'une formule de drogue sur un microfilm qui paraît peu crédible.
Un superbe film noir pour revoir l'éternel Richard Widmark, avec comme toujours des personnages très bien écrits comme la petite mamy qui protège Skip, et il faut le souligner une fin plus heureuse que dans d'autres films du grand Samuel Fuller...
Dans le métro, Candy se fait voler son portefeuille par Skip Mc Coy, un pickpocket aguerri. Des policiers qui suivaient la jeune femme qui est soupçonnée d'être une agent de liaison communiste ou elle devait livrer un microfilm atomique à un certain Joey, assistent à la scène sans pouvoir intervenir. De retour chez lui, Mc Coy découvre que le portefeuille contient un microfilm. Policiers et communistes vont essayer de le récupérer. C'est un film noir d'espionnage.
Le film jugé comme propagande anti-communiste ou à sa sortie en France, le film fut transformé avec comme titre "le port de la drogue" ou le microfilm atomique devient un microfilm de drogue, les agents communistes en trafiquants de drogue par la pression d'un mouvement de gauche bien implanté au sein du milieu du cinéma, que le PCF faisait des scores de plus de 15%.
L'immense talent du directeur de la photographie Joe MacDonald n'a jamais été aussi lumineux que lorsqu'il travaillait sur des films en noir et blanc. L'Impasse tragique (The Dark Corner, Henry Hathaway, 1946), La Poursuite infernale (My Darling Clementine, John Ford, 1946), La Dernière rafale (The Street with No Name, William Keighley, 1948) ou La Ville abandonnée (Yellow Sky, William Wellman, 1948) ont tous profité de sa science des éclairages et de sa capacité à jouer de l'ombre et de la lumière comme autant d'éléments constitutifs d'un drame. Le Port de la drogue (Pick Up on South Street, Samuel Fuller, 1953) ne fait pas exception. Son association avec ce cinéaste survolté, alors en pleine ascension, fait merveille. Traqué par la police, Joey (Richard Kiley), un agent communiste chargé de remettre à l'URSS un micro-film classé « secret défense », n'a d'autre ressource, pour sortir d'un appartement transformé en souricière, que de se réfugier dans un monte-charge à déchets dont il a enclenché, au moyen d'une corde, la descente vers le local aux poubelles.
Voir la suite de ma chronique à partir d'un photogramme du film: https://etoilesdetoiles.blogspot.com/2022/02/le-monte-charge-dechets-chez-samuel.html
Tout est dit ou presque dans les critiques précédent la mienne, j'ajouterai simplement que Samuel Fuller s'attache à la véracité sociale de ces personnages des bas fonds, une prostituée au grand coeur et à la morale irréprochable, un pickpocket en rédemption grâce à l'amour d'une femme.... Ces portraits, magistralement joués, donnent au film son authenticité et sa force tout autant qu'une véracité émotionnelle rarement vue au cinéma...
Grand classique, peu connu, du film noir. Quelques invraisemblances n'entament en rien la qualité du scénario ni le jeu des deux principaux interprètes, C'est une plongée dans le New York des années 50,un peu avant Fenêtre sur cour, qui est son pendant plus humoristique et moins sombre.