Il est de ces films qui doivent se contenter de la plus petite salle dans un nombre limité de lieux. S'adressant à un public a priori déjà conquis ou sensibilisé au sujet, les critiques des (rares) spectateurs - limitées aussi en nombre - tendent à atteindre les 4 et 5 étoiles. Avec 3,5 je représente ici davantage le spectateur lambda. Ce long métrage est classé dans la catégorie drame. Mais c'est presque un documentaire. Des scènes de vie dans le parcours long, sinueux et difficile auquel sont confrontées les deux personnages principaux pour se détacher (peut-être ?) de leurs addictions. Au-delà de ce récit documentaire, le scénario n'est pas vraiment assorti en profondeur d'une romance, de rebondissements, de conflit familial ou autre : tout cela est seulement effleuré pour servir de cadre à la problématique explorée. Sans doute parce que le témoignage, centré sur la prise en charge thérapeutique, a semblé suffire à l'auteure. Zita Hanrot confirme son talent.
Merci pour cette œuvre sincère et déroutante. On sent le vécu. Tout d’abord, un jeu d’actrice superbe. La première partie vous montre ses deux jeunes femmes ( Celeste et Sihem ) au parcours different, perdues et accueillies dans un centre de désintoxication. La bas, elles ne trouvent pas leur place. Elles vont affronter le monde « réel ». La mise en scène, avec un camera à hauteur de tête, nous donne un tourbillon. Un tourbillon de vie. La fin est pour moi l’apothéose avec ses réunions d’addicts. La jeune Céleste ( Clémence Boisnard) nous dit « J’ai appris à arrêter de me battre ». Et, là, c’est clairement déroutant. On perd nos repères et on est complètement en empathie avec ses hommes et ses femmes. Comme toujours, la musique apporte du contenu à ce condensé d’émotions. Merci à la réalisatrice d’avoir donné à voir une œuvre si intime!
Poignant, bouleversant, comme rarement. Tout en pudeur et en sincérité, La Fête est Finie offre une ballade romantique et dramatique, à la lisière de la défonce et de l'espérance.
Marie Garel Weiss réalise un premier film touchant, qui comme beaucoup de premier film est quasi auto-biographique. Sur la représentation de l'amitié entre deux filles je ne peux pas m'empêcher de penser au film tornade de Houda Benyamina, Divine, la mise en scène est plus timide dans le film de Weiss. Les actrices qui jouent Zita et Céleste sont très bien, j'ai ma petite préférence pour le personnage taciturne de Zita qui est joué avec beaucoup de justesse, notamment les scènes finales quand, terrassée par la dépendance, un néant s'est installé dans son regard. Ah ce regard vide qu'il est bouleversant. Il me rappelle celui de Lady Lindon à la fin de Barry Lindon après la mort de son fils. Enfin, finalement, les scènes que j'ai préférées sont celles des réunions anonyme dans le centre de désintoxication et à Paris, des espaces des destins brisés où ces hommes et ces femmes réapprennent lentement à vivre, se reconstruisent après avoir touché le fond. C'est l'image d'une humanité déchirée par ses démons qui se relève, apprend à s'aimer, s'appuie sur les autres en servant de point d'appui. Et puis, cette curieuse phrase : "Je vais mieux, j'ai appris à laisser prise, j'ai arrêté de me battre" prononcée par Céleste à la fin et tellement loin de l'idée que je pouvais me faire de la lutte contre la dépendance. La lutte ne serait donc pas une question de volonté mais de lâcher prise. A la fin, je me demande quand même, si je n'aurais pas préféré tout simplement un documentaire bien fait sur le sujet...
Très bon film, dommage qu'il ne soit pas montrer dans tous les cinémas ça pourrait aider pas mal de gens, très bonne interprétation des acteurs... à voir absolument
Voilà un film extremement bien tenu, très bien écrit également. Pour un premier film, la réalisatrice maitrise son sujet, et ma mise en scène est superbe sans être démonstrative. Il y a beaucoup d'émotion sourde dans le film, tout en tension et en retenue, C'est fin, profond, on y croit. Les 2 actrices sont exceptionnelles ! Je recommande vivement, à ne rater sou aucun prétexte.
De la part d’une scénariste venue de l’horreur et du fantastique, on aurait pu s’attendre à un film sombre et angoissant à la manière d’un Requiem For A Dream ou un Trainspotting pour dégoutter les gens de la drogue mais La Fête Est Finie est en fait plus un film de guérison qui s’adresse principalement aux toxicos pour leur montrer qu’en trouvant une raison de vivre, ils pourront s’en sortir. Le spectateur lambda ne trouvera pas donc forcement sa place devant ce récit à part pour se prouver qu’il y a des gens qui ont des vies plus malheureuses qu’eux. De ce petit film qui ne raconte quasiment rien de plus que ce que montre la bande annonce, on retiendra surtout la prestation attachante de Clémence Boisnard et Zita Hanrot qui n’ont pas volé leur prix d’interprétation. [lire la critique complète sur FreakinGeek.com]
une histoire qui nous plonge dans l'ambiance d'un centre de désintoxication.les scènes de réunion me semble un peu cliché ou déjà vu,bien sûr les fille fuguent une nuit ,cela pour créer un rebondissement et après l'histoire d leur amitié toxique dans la rue est plus intéressante
Céleste (Clémence Boisnard) a dix-neuf ans. Elle ne connaît pas son père et sa mère, trop jeune et vite débordée (Marie Denarnaud, abonnée aux rôles de jeunes filles dont on réalise avec effroi qu'elle a déjà quarante ans) n'a pas su s'occuper d'elle. Clémence fume/sniffe/croque tout ce qui passe : shit, coke, héroïne, MDMA... Après un accident sur la voie publique, elle se retrouve (de son propre chef ? sous la contrainte ?) en centre de détoxication. Le même jour y arrive Sihem (Zita Henrot), vingt-six ans, dont les antécédents sont moins claires. Entre les deux filles, la complicité est immédiate : complicité pour faire face au régime quasi-carcéral du centre dont elle défie allègrement la dureté des règles, mais complicité aussi pour reprendre en main leurs vies dont elles ont bien conscience qu'elles prennent un tour suicidaire.
"La Fête est finie" raconte sur un mode quasi-documentaire le parcours de ces deux jeunes filles pour sortir de la dépendance. La réalisatrice connaît son sujet qui confie avoir été toxicomane et être sortie de la dépendance. On voit d'abord Céleste et Sihem en centre au milieu d'autres dépendants avec lesquels les échanges ne sont pas toujours fluides. On les voit ensuite rendues à la vie civile, l'épée de Damoclès de la rechute pesant au dessus de leurs vies.
Le sujet a déjà été souvent traité. "Le Dernier pour la route" avec François Cluzet et Mélanie Thierry le racontait avec la même finesse. On pense aussi à "La Tête haute" avec Benoît Magimel, Catherine Deneuve et Rod Paradot (César du meilleur espoir masculin en 2016 mais hélas disparu des radars depuis lors) dont le jeune héros n'était pas dépendant mais qui se déroulait en milieu de rééducation fermé. Dans trois semaines, précédé d'une critique élogieuse, sortira "La Prière", qui met en scène un jeune drogué qui rejoint une communauté religieuse (Anthony Bajon vient de recevoir à Berlin l'Ours d'argent du meilleur acteur pour ce rôle).
Comme l'annonce la riante photo de l'affiche, La Fête est finie est l'histoire d'une amitié entre filles - qui rappelle les duos féminins de "Divines" ou de "Tout ce qui brille". Ce duo évite les stéréotypes. D'origine maghrébine, Sihem est issue d'une famille unie qui pourrait constituer pour elle un cocon et dont les autres enfants ont brillamment réussies. En revanche, c'est Céleste qui accumule les handicaps sociaux. C'est elle qu'on sent plus immature, moins entourée et du coup plus menacée par la rechute alors que l'expérience de la zone a instruit Sihem de l'urgente nécessité de se réinsérer par un travail stable.
Cette belle histoire d'amitié - dont la dimension homosexuelle est élégamment esquissée - est remarquablement servie par deux comédiennes hors pair. On retrouve Zita Henrot, la révélation de "Fatima" qui lui valut en 2016 le César du meilleur jeune espoir féminin. C'est elle qu'on aperçoit ces jours-ci dans la publicité pour le Printemps du cinéma aux côtés de Finnegan Oldfiled. Mais c'est surtout Clémence Boisnard qui crève l'écran. La première scène la voit défigurée par le manque, les traits tirés, prématurément vieillie. Plus tard, elle retrouve des traits poupins, une coiffure sage. Elle a des rires qui irradie, des rougissements d’adolescente - comme lorsqu'elle demande en boîte de nuit à un garçon de l'embrasser pour dissiper le malaise qui précède le premier baiser.
Sans doute suis-je bien généreux en donnant quatre étoiles à ce film qui ne bouleversera pas l'histoire du cinéma. Mais, écrasé par d'autres sorties plus commentées, mal distribué, il risque fort de passer inaperçu. Donnez lui sa chance...
Après avoir vu avec plaisir une douzaine de films au Méliès à MONTREUIL ces dernières semaines, c’est ce film « La fête est finie » qui m’a le plus touché. Bravo pour ce premier long métrage et l’interprétation des deux actrices principales !
excellent film, excellentes actrices. Il est de ces films dont on aimerait qu'il ne s'arrête pas. on aimerait voir la suite, on aimerait les connaître. ça sent le vrai, la force, les erreurs et la vie. à voir et revoir
On plonge dans ce couple et ses soucis du quotidien qui semblent n'offrir aucun horizon, et pourtant leurs sourires, leurs fous rires baignant dans une musique heureuse nous réconcilie avec le bonheur que la complicité, l'amour peuvent apporter.
Assister à un premier long-métrage est toujours une expérience particulière qui personnellement me fascine et, avec "La fête est finie", on tient l'exemple typique du premier long-métrage. En effet, on y retrouve toutes les qualités et les défauts inhérents à une première réalisation, ce film étant une véritable boule d'émotion que Marie Garel-Weiss ne maîtrise pas toujours pleinement. On sent que la cinéaste française est passionnée par le sujet et qu'elle s'investit à fond dans ce long-métrage visiblement très personnel. La réalisatrice a beaucoup de choses à raconter à travers ce premier film et tente d'apporter de l'émotion à travers chaque plan pour immerger le spectateur au sein de cette bouleversante histoire d'amitié. Je pense que l'on peut dire sans trop se mouiller que le pari est réussi même si j'ai trouvé que le film voulait brasser un peu trop d'éléments et que certaines parties auraient pu du coup être d'avantage développées, sans compter que l'ensemble reste au demeurant assez classique. Mais ce long-métrage est tellement sincère et généreux que je suis bien volontiers passé outre, de ce que je juge personnellement être des petites imperfections, pour me laisser submerger par l'émotion dégagée par cette oeuvre et emporter par l’interprétation formidable d'un duo de jeu comédiennes pleines de talent. C'est aussi pour des films comme "La fête est finie" que j'aime aller au cinéma et je pense que je ne serai pas le seul à garder un agréable souvenir de ce doux moment de cinéma.