Dans la famille des films pétés, je demande "Serenity", où Steven Knight montre encore une fois que dès qu'il tente de passer derrière la caméra, ça se vianbe bien comme il faut
De très jolis décors, un cast constitué de McConaughey, Hounsou, Clarke, Hathaway ou même la belle Diane Lane (qui ne sert strictement à rien d'ailleurs à part me rendre le film un peu plus regardable), une histoire de pseudo-thriller où un ex-soldat repenti se retrouve en tant que pêcher d'espadon avant que son ex-compagne vienne lui faire les yeux doux pour tuer son mari violent, et ainsi revoir son fils.
un truc qui promet du sympathique en somme, en plus par un Steven Knight qui a su prouver ses compétences (Peaky Blinders, Taboo, Locke ou les scénars de Aliés et Eastern Promises). Que peut-il bien arriver mes braves ?
Si l'intrigue se suit tranquillement pendant une petite partie du film (avant de légèrement tourner en rond, au service d'une réalisation assez peu maîtrisée et d'un montage pas toujours fameux), la tournure que prend les évènements suite à un twist sorti d'absolument nulle part fini d'achever le film, qui traverse une lente agonie jusqu'à un final qui se veut émotionnel et satisfaisant, mais qui ne fonctionne absolument pas.
dès lors, le film prend une autre dimension, que le réalisateur n'exploite absolument pas, ce qui enterre les 2 versants de son film.
Aucune mise en abime, aucune émotion, aucune vraie narration car l'intrigue tourne en rond pendant 2h (à l'image de Diane Lane qui fait des coucous toutes les 20 min et pas plus), seuls les acteurs arrivent à réhausser le peu de matière qu'on leur donne, et à même nous amuser (comme cette scène de sexe téléphonée à pantalon même pas baissé).
l'idée de la fusse réalité peu être intéressante en soi, et justement créer une mise en abime intéressante sous forme de catharsis avec cette relation père-fils totalement virtuelle, mais n'est pas Zemeckis qui veut, Knight se plante sur toute la ligne, et le résultat relève du gadget gratuit tout au plus, en total dissociation narrative et émotionnelle avec les réels enjeux, qui tombent aussi vite à plat.
bien sûr je ne parlerai pas du perso principal, qui n'a pas l'air de péter les plombs suite aux révélations, ou encore du fait que Knight filme cette réalité comme n'importe quel lieu terrestre sans jouer avec sa caméra (et donc la réalité qu'il impose au spectateur.
entre des dialogues tantot corrects, tantôt bâclés ("nous sommes tous les 2 écorchés, à 2 endroits différents") au service d'un pétage de plomb au casting de luxe qui cachetonne sans aucun réel sens malgré quelques séquences incarnées, Serenity est un mauvais film ni plus ni moins.