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BabsyDriver
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3,5
Publiée le 25 janvier 2020
Troisième film et troisième sortie uniquement en vidéo pour S. Craig Zahler. Tant pis, c'est à la maison qu'on profitera de ce nouveau polar formidablement noir en maudissant comme Mel Gibson l'hégémonie du politiquement correct actuelle...
Cela faisait des années qu'un thriller ne m'avait pas autant happé. Partant d'un point de départ simplissime (deux flics relevés provisoirement de leurs fonctions suite à une arrestation un peu brutale empruntent une voie dangereuse en suivant un groupe de braqueurs), le réalisateur de l'excellent Bone Tomahawk filmé avec sobriété un scénario d'une grande noirceur. Véritable renaissance de Mel Gibson qui ne cesse d'enchaîner les bonnes décisions depuis les années 2010. Vince Vaughn est absolument parfait dans son rôle de flic partagé entre devoir et fidélité. Dans la continuité de sa performance dans True Détective. C'est brillant et sombre, brutal, intelligent, à voir.
Le réalisateur réussit en partie à donner un charme particulier à ce film, à coups de plans fixes, d'un rythme volontairement lent, de scènes silencieuses où il ne se passe rien sinon pas grand chose, elles-même entrecoupées de scènes violentes. Le quotidien difficile de flics qui tournent mal est dépeint adroitement : planques très longues, salaires loin d'être énormes, risques bien réels, famille impactée... Le réalisateur dévitalise également les malfaiteurs : il réduit les dialogues à leur plus simple expression, fait disparaître toute émotion, étire le temps, etc. Mais c'est moins réussi car si nous connaissons en partie les motivations des flics ripoux, on n'aura pas une miette sur le profil des braqueurs. Ils se contentent de tuer à peu près tous ceux avec qui ils sont en contact sans la moindre trace d'émotion. Ça fait un style, c'est sûr, mais ça ne fait pas une intrigue passionnante. La fin est morale contrairement à tout le reste du film et apparait donc artificielle. Ce n'est pas la partie la plus réussie de ce film, qui reste tout de même intéressant à regarder. Mel Gibson notamment joue très bien.
J'ai la chance de le voir en avance (mai 2019). On a tous droit à une deuxième chance mais faut pas croire que c'est toujours en faisant le bien! L'histoire est bien rythmée, le suspens est maintenu jusqu'au bout. Au début surprise de voir le mot fin car je m'attendais à un autre dénouement, mais fin heureuse malgré la tristesse de certains.
Retrouver Mel Gibson à l’affiche d’un polar, qui plus est aux côtés de Vince Vaughn, suffit largement à suciter l’intérêt du cinéphage moyen, ne serait-ce que pour le taux de testostérone présagé. Or on est loin ici du thriller couillu et frénétique attendu, c’est plutôt le récit patient, presque pathétique, d’un coup foireux avec de longs plans fixes, quasi en temps réel, souvent à bonnes distances, etc. Économie de moyens donc, et mise en scène sans relief, ça n’en fait pas un divertissement très fun, pourtant sur la durée (2h30) et malgré l’inertie ambiante, ça se laisse regarder... On est quand même loin du surprenant Bone Tomahawk, autre film de S. Craig Zahler, ou encore du Blood Father de Jean-François Richet !
Pour moi, la chose la plus frappante pour ce film est le fait que Jennifer Carpenter (la souris qui joue la sœur de Dexter dans la série éponyme) apparaisse en deuxième à la distribution alors que ce sont bien Mel Gibson et Vince Vaughn qui se partagent la tête d'affiche, suivis de Michael Jai White et Tory Kittles. Jennifer Carpenter a la chance de voir son personnage présenté pendant plusieurs minutes, mais celui-ci ne sert strictement à rien et a une durée de présence totale d'environ 5 minutes. Ce n'est même pas un personnage secondaire, c'est une apparition à l'échelle d'une production de plus de 2h30... Bref. Traîné sur le bitume - dont l'origine du titre m'échappe - est un film policier au rythme assez lent mais dont l'intrigue est suffisamment développée et les personnages correctement joués pour nous donner envie de le suivre jusqu'à sa spoiler: tragique fin. Je lui accorde un "pas mal" spoiler: parce que je n'aime pas quand les personnages principaux meurent, une meilleure fin lui aurait valu un 3,5/5 .
Très partagé. De bons acteurs rassemblés dans un polar sombre à la Tarantino. Film bien tourné. Pourtant, de nombreuses longueurs et des scènes inutiles auraient pu disparaître pour éviter les 2h40 de film.... Le rendu final est mitigé. Plus le film avance et plus on tombe dans la parodie du polar. Tout est « cliché » et on se rapproche finalement d’une série B.
En dépit de sa longueur franchement inutile, le film peine à convaincre à tous les niveaux. Des dialogues pas vraiment intéressants, des acteurs plutôt correcte même bon surtout Gibson, mais mal dirigé, une lenteur inexplicable, on ne ressent vraiment aucune sympathie pour les personnages et il ne dégage guère de charisme, du coup les différentes situations laisse de marbre, on rajoute à cela un finale vraiment bancal, de plus certains personnages sont introduits pour être aussitôt zapper. Un polar/policier pour le coup relativement médiocre. On est loin voir à des Km de la maîtrise d'un Michael Mann pour le genre, notamment Heat, chef d'oeuvre absolue du genre, dont la lenteur magnifie et met en valeur des scènes cultes, le tous agrémenter de dialogues percutants, ici il sont parfois digne d'un enfant de 10ans. Passer votre chemin vous ne perdez pas grand chose.
Le film est beaucoup trop long, et met trop de temps à démarrer: en effet, je ne comprends pas pour ils n'ont pas coupé au montage les 30 premières minutes. La bande son est bonne, j'ai bien aimé la scène où une musique jazz passe en radio voiture pendant un long plan séquence.Egalement, j'ai bien aimé la fin.
Avec ce film vous devrez écouter et écouter encore du dialogue. Je pense que les personnages sont parfaitement choisis. Tous ont leur propre histoires sur ce qui les amène à la scène de fin. Dans ce film vous ne verrez pas des scènes d'action invraisemblables ou des scènes de sexe explosives. Vous verrez cependant comment la prise de vue de chaque scène est travaillé en fonction de chaque personnage, de chaque dialogue. Pour moi ca a été hyper jouissif de voir ce vétéran du cinéma, Mel Gibson, jouer dans ce film.
2h30 de vide ou les personnages (impressionnants par leurs flegmes et manque d'émotions à toutes epreuves) sont perdues dans une mise en scène laborieuse essayant de rattraper l'absence de scenario par de lents plans inutiles. un film d'une platitude complète sans aucun intérêt, eg ce jusqu'à la toute fin.
Quelle satisfaction de voir qu'un achat direct-to-video est aussi réussi (et c'est d'autant plus déplorable que le 3e film de Zahler ne soit même pas sorti en salle, tout comme ses 2 premiers)
Avec Dragged Across Concrete, il nous livre sans doute son meilleur film, un polar hardboiled citant Friedkien, Lumet ou encore Michael Mann.
Les 2h39 sont passées à une vitesse hallucinante, le rythme lancinant n'est jamais poussif ou laborieux, tout participe à créer une tension sourde à combustion lente, annonciatrice d'un mexican stand-off final absolument délectable.
Alors évidemment la mise en place (excellente) nous amène quand même à voir vers où le film va aller (un Mel Gibson en vieux briscard prêt à être ripou pour sa famille, un Vince Vaughn sur le point de se fiancer ou un Terry Kittles sorti de taule souhaitant aider son frère estropié) mais toute cette première partie nous immerge dans le récit avec un vrai soin (Zahler semble également critiquer une précarité et un racisme dans une Amérique en pleine mutation) avant que la violence intervienne sans lâcher le spectateur jusqu'à la toute fin.
Mention spéciale au gang des braqueurs : jamais développés, mais caractérisés avec suffisamment de mystère et de brutalité pour qu'ils paraissent impitoyables et terrifiants tout simplement rien qu'en les voyant en costume.
Le récit n'hésite d'ailleurs pas à fournir une digression narrative (excellente) avec Jennifer Carpenter pour amener un braquage qui fera retenir son souffle à plus d'un.
Le duo Mel Gibson-Vince Vaughn fonctionne à merveille (semblant tout droit sorti d'un French Connection ou The Wire) même dans des séquences de plan fixe où l'un mange et l'autre lui fait des remarques (une écriture qui va droit au but et qui respire pour apporter de la vie et une authenticité tout simplement).
Dragged Across Concrete est donc un très bon film tout simplement, au regard certes très nihiliste malgré un certain humour noir pince-sans-rire, mais dont on ressort plus optimiste dans le genre. Et ça, ça fait plaisir.
"Traîné sur le bitume" est le troisième long-métrage de S. Craig Zahler et, à l'instar de ses deux précédents films, une sortie en salle a été exclue. On comprend pourtant mal ce qui rebutent les distributeurs à faire de la place à un polar d'un tel niveau, qui excelle autant dans l'action que dans la description. Pour rendre palpable la tension qui parcourt la grande séquence de fusillade nocturne, Zahler aura pris le temps d'expliquer les motivations de ses personnages et de détailler le milieu socio-culturel dans lequel ils vivent. Ce goût pour l'attente et la précision, qui provient certainement du passé de romancier de Zahler, donne au film une ampleur tragique, voire métaphysique. Loin de réduire ses deux flics à de simples figures corrompues, le cinéaste s'attache à les rendre complexes, tiraillés entre la nécessité d'obtenir l'argent qui leur permettrait une vie meilleure et la peur constante de ne pas se sortir d'une situation à haut risque. Cette position intenable les fait d'ailleurs souvent réfléchir dans de longues scènes brillamment dialoguées, autant axées sur l'observation des faits et gestes de leurs antagonistes que sur leur vie privée et le pourcentage de chances de survivre – une donnée évoquée à travers un humour à froid percutant. Si Zahler emploie d'ailleurs de manière récurrente cet humour qui renforce la complicité entre Brett et Anthony, il fait de la filature un chemin régulier vers une issue en tout point tragique. La noirceur absolue de la partie finale est néanmoins annoncée lors de moments ultra-violents, comme en atteste la scène du braquage de la banque spoiler: où une des employées, introduite quelques minutes auparavant auprès de son mari et de son enfant, est sauvagement exécutée par des tueurs mutiques – dépourvus de pitié, rejetant toute forme de négociation –, semblables à une pure incarnation du mal. L'obscurité est de plus en plus prégnante et la lueur, si elle existe bien, ne vient pas de là où on l'attend. Elle n'appartient pas aux "bons" puisque nulle morale n'est à l'œuvre ici, mais au plus déterminé, à celui dont le désir d'accéder à une classe supérieure est le plus fort. En intégrant un sous-texte social d'une grande clarté dans une intrigue principale à la sécheresse foudroyante, S. Craig Zahler signe un très grand polar, d'une sobriété et d'une maîtrise exemplaires.
Depuis quelques années, on peut dire que Steven Craig Zahler a su composer une bien singulière fresque à l'américaine. Avec Bone Tomahawk ou Section 99, le cinéaste apportait un regard neuf, volontiers acide et jusqu'au-boutiste sur des figures incontournables de l'imaginaire yankee. Les comédiens qui tournent chez lui ne s'y trompent et livrent généralement une de leurs meilleures prestations (CF Kurt Russell, Vince Vaughn). Car Zahler est également un amoureux du verbe et mû par une volonté d'épaisseur, de concret. Le voir s'attaquer au polar, qui plus est avec un duo inédit, Mel Gibson/Vince Vaughn (encore), était donc immanquable. Une paire hors-norme, une durée hors-norme (2h39 tout de même) et une absence de compromis caractéristique du cinéma de Zahler,...De longues séquences dialoguées, une narration qui prend son temps pour resserrer le nœud autour du cou de ses anti-héros. On a affaire à du cinéma massif quoique emballé pour une budget presque dérisoire (15 millions $), et une noirceur ni complaisante ni atténuée. Zahler ne juge pas ses personnages et se refusent à les enfermer dans un archétype. Par conséquent, on est pas surpris de s'attacher à une bande de protagonistes désabusés, flirtant souvent avec la ligne jaune quand ils ne la dépassent pas. Et Zahler confirme cette appétit de renouvellement, passant par la force d'un script solide, des acteurs en transe (Mel Gibson au summum) et une forme poussant parfois la violence jusqu'à l'absurde (une récurrence chez Zahler). On ne peut que se désoler de manquer Dragged Across Concrete sur grand écran, car c'était pourtant le meilleur endroit pour faire passer une note d'intention : il n'en faut pas beaucoup pour du bon gros cinéma. Juste un réalisateur/scénariste bien motivé et des interprètes dévoués.