I'm a Yankee ! There's no such thing as hell.
*Je suis un Yankee ! Il n'y a pas d'enfer.
Alors en fait si visiblement. On communique pas mal sur le sujet encore aujourd'hui et les films/séries historiques méticuleux ou s'en inspirant ne semblent pas prêt de s'arrêter. La 2nde, la grande, LA guerre dans tout ce qu'elle a de plus horrible reste une source inépuisable d'horreurs à raconter. L'enfer existe et Julius Avery va tenter de nous le rappeler dès l'introduction d'Overlord.
L'entrée en matière est d'une efficacité certaine lorsqu'on découvre notre petit groupe de parachutistes principalement composé de jeunes monsieur Toutlemonde qui aurait sûrement préférés se retrouver à une petite partie de baseball plutôt que dans cette carlingue ballottée sous les tirs de mortiers ennemis. La pression monte et dans un plan séquence numérique accroché aux basques de notre héros, on entre avec lui dans sa nouvelle réalité, passant de la fureur des explosions et l'insonorisation de l'eau. Quelques minutes et le ton est donné. Pas de surprises, c'est la guerre et on est pas venu faire un concours de tir à la corde. Les a-lle-mands sont méchants, tuent avec le sourire et nos jeunes pousses à peine débarquées ne semblent vraiment pas qualifiées pour riposter efficacement.
De là, un peu soufflé par cette déferlante de feu, on se détend. On continue de faire connaissance avec les survivants. Des personnalités assez stéréotypées, taillées pour donner la direction au récit. Les rôles se définissent très rapidement et on a compris que Jovan Adepo/Boyce et Wyatt Russell/Ford (fils de Kurt) allaient nous mener tout ça. Une partie un brun longuette que le réalisateur justifie par l'envie de développer de l'empathie chez le spectateur (objectif partiellement atteint) et durant laquelle, il va pourtant installer, doucement, avec des scènes marquantes, ce qu'on est tous venu voir : un film de guerre matinée d'horreur et de fantastique.
Alors si vous avez déjà pu apprécier les *couloirs de l'église*, vous comprendrez aisément pourquoi j'ai placé l'horreur avant le fantastique. Les expériences sur cobayes humains des nazis ne sont pas une surprise et les faits laissent ici place à une exagération malsaine qui n'épargne pas les corps. Les "monstres" créés donnent lieux à des dérives charnelles que nos cauchemars auraient surement eu du mal à matérialiser. Ca se tord littéralement de douleur, ça se démembre de rage pour nous faire grincer des dents et on entre à pied joint dans une dernière partie téléphonée mais emprunte d'une urgence constante pour sortir de là, de la même façon dont on est entré, dans un déluge de feu, et avec le soulagement d'en voir le bout.
Overlord n'est pas parfait, il est un peu long mais il possède un charme visuel qui s'apprécie sur grand écran. On aimera en plus, en version originale, le respect des différentes langues avec des acteurs jonglant entre anglais, français et a-lle-mand. Une série B qui aurait surement terminé en *direct to* (comme le premier film du réalisateur) sans l'appui de J.J. Abrams et cela aurait été bien dommage. A voir donc car malgré ses quelques défauts, on passe un moment de cinéma, certes téléphoné, mais respirant les bonnes intentions et les petites réussites.
> Thank you America.