Première année
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Greg T
Greg T

10 abonnés 18 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 juin 2018
Ayant toujours rêvé de faire la paces, je ne pouvais pas passer mon chemin suite à l’annonce de ce film. Je suis allé à l’avant première du film avec la présence du réalisateur à la fin et, franchement, j’ai adoré !

William Lebghil est juste parfait dans son rôle : drôle quand il le faut et avec un caractère qui évolue au fur et à mesure du film ! En effet au début on est face à un jeune homme un peu naïf qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie et qui ne s’en donne pas forcément non plus les moyens pour que peu à peu, il s’adapte au véritable rythme de révision et prenne de la maturité.
Le personnage d’Antoine quand à lui est assez différent. Ici on est face à une personne qui a toujours rêvé de faire médecine et qui s’est toujours donné au maximum sans jamais réussir.
Pour ce qui est du film en général, on est plus sur une fiction que sur un documentaire comme l’a dit le réalisateur. Certains faits des étudiants de la paces sont effectivement exagérés et certaines décisions ou façons d’agir des protagonistes sont parfois littéralement impossibles à voir dans la vraie vie.
Finalement je dirais que le point fort de ce film est les émotions qu’il arrive à nous faire ressentir. On a parfois l’impression d’être nous aussi dans ce cadre de révisions constantes sans pauses mais aussi cette impression de stress que ressentent Antoine et Benjamin quand ils sont sur le point d’obtenir leurs résultats.

En conclusion, je dirais que "première année" est un film français comme on n’en voit pas assez souvent. A savoir autre chose qu’une simple comédie ou qu’un simple divertissement. Je conseille fortement à ceux qui n’ont pas vu l’avant première d’aller le voir en septembre. A mes yeux il ne traite pas que de la paces, mais aussi de la pression qu’ont les étudiants en générale pour leur concours de fin de première / deuxième année. Bref, c’est excellent.
FREDDY44600
FREDDY44600

11 abonnés 125 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 septembre 2018
Le film qui fait que je ne regrette pas d'avoir raté mon bac. Belle histoire d'amitié mise à mal par la dure compétition de cette première année. Belle mise en scène au milieu des étudiants, à tel point qu'on ne sait pas si c'est filmé pendant un vrai concours, ou si c'est une reconstitution.
moket
moket

660 abonnés 4 682 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2020
Une fiction très réaliste, rythmée et bien écrite, servie par d'excellents comédiens. On est vraiment immergés dans cette machine à sélection et le film communique parfaitement le stress des jeunes candidats. Très réussi.
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 831 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 septembre 2018
Après « Hippocrate » et « Médecin de campagne », Thomas Lilti continue (ou termine ?) son cycle sur la médecine en revenant aux sources : la fac et notamment, cette première année infernale et son fameux numerus clausus. Le film à beau durer à peine plus de 90 minutes, j’en suis sortie assez lessivée. En montrant (presque) sans discontinuer des jeunes gens en train de travailler, de réviser, de s’interroger, de répéter, de bachoter, il soumet son spectateur à un rythme répétitif et soutenu qui rend parfaitement compte de ce qu’est une année de préparation à un concours difficile. Le risque, pour Lilti, c’était que son spectateur ne décroche devant une sorte de spirale sans fin de scènes qui se répètent et se répètent encore. J’imagine que cet effet « saoulant » a du jouer négativement sur certains spectateurs mais pas sur moi. Je trouve au contraire qu’il n’avait pas d’autres manières de nous faire entrer dans son sujet, que s’il avait filmé et monté son film autrement, il aurait édulcoré une vérité qu’il connait bien. Peu de musique, pas d’effets de caméra éblouissants (mais deux-trois scènes de foule assez impressionnantes, notamment lors des examens), Thomas Liliti fait du cinéma-vérité et veut filmer au plus près de ses acteurs, il vaut filmer leur sentiments, leurs frustrations, leurs espoirs et leur épuisement. Pour cela, il a resserré son casting autour du duo Vincent Lacoste /William Lebghil. Autour d’eux, peu de seconds rôles : des parents (dont le père de Benjamin, qu’on voit peu à l’écran mais dont le rôle dans la vie se son fils est primordial autant qu’il s’avère toxique), des compagnons d’études, un jolie voisine, pas de quoi détourner l’attention. Vincent Lacoste tient un rôle assez similaire à celui qu’il a occupé dans « Hippocrate », celui du jeune homme qui fera un bon médecin parce que passionné et sensible. Cette sensibilité, que la première année de médecine semble avoir pour but d’éradiquer, est la marque des vrais médecins, ce ceux qui vous guérissent en plus de vous soigner. Il est touchant, même quand sa déception se meut en une rancœur cruelle envers Benjamin, on ne peut pas lui en vouloir, on ne peut pas ne pas la comprendre, même si elle est injuste. Pour moi la vraie révélation de ce film c’est William Lebghil, qu’après avoir vu à la TV on est heureux de retrouver dans un vrai grand rôle au cinéma. Son personnage à lui est tout aussi complexe que celui d’Antoine mais différemment. Le concours de première année pour lui c’est plus un challenge qu’autre chose, il n’a pas le feu sacré au fond de lui, il le sent bien mais n’en parle jamais : qui comprendrait autour de lui qu’il a les capacités de réussir cette première année du premier coup, de devenir médecin mais qu’il ne le sens pas, qu’il se cherche encore. Enfermé dans une rivalité silencieuse avec son père, il bachote parce qu’il faut bachoter, sans vision à long terme. Lebghil a abandonné la comédie pure de la TV pour un rôle d’une subtilité bienvenue, et il donne la mesure d’un talent prometteur, pourvu qu’on lui offre à l’avenir des vrais beaux rôles comme celui de Benjamin. Le scénario tient en deux phrases : vont-il réussir ce fichu concours tous les deux, et leur amitié naissante va-t-elle y survivre ? Lilti filme le concours, certes, mais bien d’autres choses aussi. Il filme une ambiance, celle de la fac de médecine et ses amphis bruyants et turbulents, avec son humour « dessous de la ceinture », la pointe de condescendance qui perle dans l’attitude des profs, des encadrants, des secondes années aussi. Il filme aussi l’amitié entre deux jeunes qui n’ont pas grand-chose en commun et qui est mise à l’épreuve de la concurrence au concours. Il filme la tension nerveuse inouïe qui entoure chaque résultat, chaque réussite et chaque échec. Il filme des parents qui n’ont pas conscience de ce que vivent leurs enfants, qui semblent déconnectés d’une réalité qu’ils n’imaginent même pas. Il filme enfin et surtout une première année qui broie les organismes, qui broie les psychismes, qui exacerbent les rivalités au-delà de l’acceptable. En résumé, il filme un concours qui ne filtre pas les futurs bons médecins des mauvais, il filme un concours qui formate des médecins à l’image de leurs ainés, les fameux « mandarins ». Tous ne deviendront pas des médecins maltraitants et imbus de leur pouvoir, bien sur, mais ceux là auront bien été servis par le système. En revanche, il y a deux trois choses que Lilti ne filme pas, comme le bizutage de première année. C’est vrai que désormais c’est illégal, alors ça n’existe probablement plus, n’est ce pas ? Il ne filme pas non plus, où alors de manière anecdotique, la concurrence féroce qui oppose les candidats. La blague du type qui emprunte tous les livres en bibliothèque pour empêcher les autres de travailler, ce n’est pas toujours une blague. Tous ceux qui ont un jour préparé un concours difficile (PACES, CAPES, Agreg…) le savent. C’est que Thomas Lilti, à l’image de la fin de son film, a voulu donner à « Première année » le ton de la comédie et de l’optimisme. Cette fin, qui peut paraitre déconcertante sur le moment, voire même incompréhensible, est bien plus subtile qu’elle n’y parait quand on y réfléchit après coup, à tête reposée. En résumé, « Première année » est une comédie douce-amère très réussie, pertinente et qui a le mérite de montrer à tous l’enfer qu’il faut affronter pour devenir médecin dans ce pays. On fantasme beaucoup sur cette première année de médecine, on pense que peut-être les anciens étudiants exagèrent cette expérience pour se faire mousser : aller voir « Première année » remet les choses en place. Non, ce n’est pas comme ce qu’on imagine, spoiler: c’est pire
!
Math719
Math719

229 abonnés 894 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 avril 2020
J'ai beaucoup aimé, un film ou vincent lacoste excelle à la perfection. J'ai beaucoup aimé son rôle. La fin aussi est super. Il reflète vraiment la réalité j'ai accroché du début à la fin.
weezlesanguinaire
weezlesanguinaire

87 abonnés 467 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 janvier 2019
Excellent film qui fera taire les plus sceptiques concernant la qualité du cinéma français. Le duo d acteur fonctionne à merveille et nous sommes prêt dans cette histoire de premier année de médecin tant le scénario est realiste vu qu'il a été écrit par un ancien étudiant en médecine. Le cinéma français comme on l aime, intelligent avec en plus un message sous jacent. Une réussite.
SB88
SB88

35 abonnés 1 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 février 2021
Toujours un régal de retrouver ces acteurs !
Le film restitue parfaitement ces années de stress et parfois les candidats qui ont des facilités face à ceux qui galèrent !
Réalisation très humaine, vivement les autres films !
3,7/5
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 septembre 2025
Le réalisateur Thomas Lilti continue d’explorer notre système de santé à sa base, c’est-à-dire la formation de nos futurs médecins au travers l’expérience de deux étudiants en première année. Décrivant avec justesse et lucidité l’angoisse et la compétitivité relative à cette année charnière et aux examens qui en résulteront. Pertinent dans son sujet car très documenté et d’un réalisme fort à propos, le réalisateur parvient sur un sujet pas franchement très cinématographique un film très dynamique porté par la complicité de son duo d’acteurs.
Pierre.L
Pierre.L

20 abonnés 61 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 juillet 2020
Benjamin et Antoine sont deux étudiants bosseurs, le premier est plutôt doué, relax et semble avoir les "codes", tandis qu'Antoine le triplant est plus tendu mais clairement motivé...Nous pouvons découvrir quelques particularités de la première année en fac (toutes les facs ?) de médecine : taille impressionnante de la salle d'examen, ambiance très sérieuse à la bibliothèque qui contraste avec quelques moments de chahut rituel en amphi ! Plus généralement, ce film parlera sans doute à tous ceux qui ont suivi des filières sélectives ou tenté divers concours : assez souvent, apprendre intensément semble effectivement plus important que simplement comprendre, il serait donc préférable d'avoir une bonne mémoire sans trop chercher à réfléchir, les QCM restent quand même un genre d'épreuve un peu bébête...Ce système ne décourage t-il pas des personnes ayant malgré tout un vrai savoir-faire potentiel pour exercer telle ou telle profession ?
Hervé L'Her
Hervé L'Her

5 abonnés 29 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2018
Un sujet connu mais très bien traité pour parler de cette année sabbatique.
Les acteurs jouent très bien et le choix d'un élève surdoué confronté à un élève qui a moins de facilité est une très bonne idée.
MaCultureGeek
MaCultureGeek

1 161 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2019
Critique contenant des spoilers sur la conclusion du film.

Dernier volet de la trilogie de Thomas Lilti sur le milieu de la médecine, Première Année commence au début du voyage des médecins, là où ses deux prédécesseurs se déroulaient en plein exercice. Bien qu'il montre quelques passages d'exercice, il s'intéressera plus à ce qui fait de PACES l'un des pires évènements de la vie d'un médecin, et des origines de leur volonté de suivre ce parcours, au travers de deux personnages que rien ne semblait réunir, pas même leur envie de réussir.

D'un côté, William Lebghil incarne le reflet d'une partie de sa génération : flemmard, reposé sur ses capacités depuis trop longtemps pour s'en sortir, il avance le sourire aux lèvres, l'air béat, jamais trop dynamique, jamais trop impliqué (quand il découvre PACES, bien sûr). Pour lui, il suffira de se lier d'amitié avec l'autre protagoniste du film, le talentueux Vincent Lacoste, pour commencer à bosser et se dire qu'un concours se ne gagne pas qu'à la force de ses acquis.

Lacoste incarne le triplant, celui qui se tue à la tâche pour un résultat décevant; pas assez bien organisé, peut-être même qu'il n'a pas les capacités de réussir. Le tableau est posé : il s'agira d'une histoire d'amitié sur fond de critique sociale,de ce système concurrentiel d'où réchappe rarement la santé mentale de ses participants. Cela, on s'en rend rapidement compte : Première Année met en exergue, par sa mise en scène, le côté industriel de cet abattoir de nouvelles têtes déterminées, plaçant un millier de candidats dans un entrepôt, comme des animaux qu'on s'apprête à changer en McDo.

Des plans impressionnants que le travail sur le son rend encore plus efficaces; des feuilles qui se retournent comme des oiseaux s'envoleraient, un tonnerre d'applaudissements n'étant pas sans rappeler les moeurs d'une tribu. Parce qu'il y a, dans Première Année, comme une volonté de retranscrire de manière mainstream ce sentiment de groupe inhérent à la fonction d'études en médecine, de ces 1ère, 2ème, 3ème année qui triment ensemble, envers et contre tous et risquent le burn-out, comme le montrera si bien Lilti avec le personnage de Vincent Lacoste.

Dommage, d'ailleurs, qu'il n'assume pas le choix de faire de son film un drame : désireux de le laisser volet comme une comédie, il manipule son scénario de sorte à esquiver tous les possibles moments de tristesse, ne les faisant durer qu'un temps. Face à l'inévitable sentence des résultat, un ultime acte héroïque arrive, qui n'aidera qu'un seul des deux personnages; celui qui, bien au fait de n'avoir fait ce métier que pour plaire à son père, devra se trouver une autre voie s'il veut s'épanouir dans la vie.

A Lebghil de donner corps à l'idée; vétéran de cette catastrophe de SODA, il surprend et se montre plus que bon acteur : il est touchant, touchant par ses petits sourires niais, par cet air béat qui ne semblent pas s'extraire de son regard d'imbécile heureux. Il porte le film sur ses épaules, nuançant la prestation du fameux Lacoste, un peu trop monolithique dans l'énervement, son manquant de nuance et sonnant trop "énervé à la française".

On aurait pu s'émouvoir de sa conclusion, tout autant que Lilti aurait du partir à fond dans son histoire, ne pas stopper la critique une fois arrivée à si bon port. Manquant de courage, Première Année n'est pas non plus dénué de pep's et de moments purement réussis. Il pose un constat réaliste et touchant du milieu, met bien en exergue la dureté impassible d'un système qui tue les rêves de ses enfants, pour les transformer en adultes bien pensants. Une très belle histoire, malheureusement gâchée par sa conclusion.

A voir.
tisma
tisma

356 abonnés 2 311 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 février 2021
Une très belle et très réaliste entrée dans le monde de la PACES, la première année de médecine ! On y suit ce tandem qui porte ce film et qui le porte très bien, avec du rire, des interrogations et de l'émotion on arrive à être transporté en très peu de temps, dans l'année de PACES.
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 247 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 février 2021
Le réalisme du film de Thomas Lilti m’a confronté à un univers que je ne connais pas, n’ayant pas fait d’études universitaires. J’ai trouvé cette première année de médecine très immersive et critique, à la limite du documentaire. Je le recommande d’autant plus que Vincent Lacoste et William Lebghil sont formidables dans leurs rôles respectifs.
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 228 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 février 2019
Troisième volet médical signé Thomas Lilti, après « Hypocrate » et « Médecin de campagne », ce qui est appréciable avec ce dernier, c’est qu’il sait de quoi il parle.
Premier constat, en non des moindres, « Première année » est un film qui sonne toujours juste.
Ce dernier volet évoque plutôt le commencement, la première année d’études pour décrocher le concours d’entrée dans la catégorie que l’on veut.
Si Thomas Litli monter plus qu’il ne dénonce, on sent bien que ce bourrage de cranes et la course au numerus clausus est condamné par le cinéaste.
Plus étude de mœurs que pamphlet social, le film suite surtout le parcours de 2 jeunes hommes différents que cette année rapprochera.
Au final, « Première année » est aussi un beau film sur l’amitié. Vincent Lacoste, qui décidément choisit bien ses rôles, est une nouvelle fois crédible en « retriplant » qui ne veut rien lâcher. A ses côtés, William Lebghil décroche l’ un de ses meilleurs rôles, particulièrement attachant en jeune étudiant plutôt bosseur.
blacktide
blacktide

79 abonnés 795 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 septembre 2018
Bosser, se détruire et courir vite

On se souvient tous de nos premières années. De ces moments de stress, de ces boules au ventre, de ces nuits blanches, de ces études sans rêve, etc. Une obsession qui n’a de cesse d’agiter chaque année des milliers d’étudiants. Angoissant au possible, et immersif jusqu’à la moelle osseuse, ce troisième (et dernier ?) volet du triptyque médical de Thomas Lilti établit le diagnostic d’un système inégalitaire, d’une « machine à échouer » dans laquelle étudier rime avec privations, concurrence, sélection et renoncement. Première année s’aborde comme une course effrénée vers l’avenir, un sprint de sueurs, d’émulations et de larmes.

Alors que les rentrées décalottent les sourires estudiantins, Première Année enfonce le clou, et replante les martyrs à leur croix : cette souffrance étudiante, ce mal-être moderne, là où étudier devient une aversion, et réussir se déforme en obsession. Des pauses illusoires, et des cours(es) non-curatifs. Marathon Men, certainement. Puisque tout n’est qu’une question d’endurance, et d’épuisement. Rocky y a laissé ses gants, et son âme de champion, mis au tapis par des cours stakhanovistes : son Adrian a mué en organes, membranes et autres schémas à la base du péricrâne. Autant dire qu’aucune pensée externe à la pratique médicale ne pénètre la boîte crânienne de l’étudiant en PACES. Médicinal ? Loin de là. Infernal ? Oui, c’est tout cela. « Étudiant en médecine/ Tu vas marner pendant sept ans », chantait un marcheur à l’ombre. Et il faut dire que ces « trimeurs sous l’œil d’Hippocrate » ont la réputation d’un Elon Musk carburant aux 120 heures par semaine : un pouls dans la tête, et des fiches-révisions jusque dans la douche, quitte à y laisser un peu de sa raison et de sa santé mentale. Ce que Première Année ne manque pas de souligner.

Cette « vertu » déshumanisante des études, et des premières années traverse en effet le film comme un leitmotiv en polycopiés : routine millimétrée, amphis surchargés, bibliothèques de muets, examens en comité démesuré (dans la froideur et l’ordre clinique du centre d’examen de Villepinte), toute la mécanique mise en place par Lilti contribue à renforcer l’oppression de l’homme au milieu de la masse. Un portrait exalté d’une société compétitive, enseignant l’individualisme comme savoir-vivre dans un marché concurrentiel (« ça fait une place en plus »). Une vie en chronomètre en somme, où l’optimisation du temps est un gage de productivité. Un gouffre qui ne touche pas seulement l’individu, mais s’étend au cercle intime : l’inquiétude des proches, les familles dans l’incompréhension, Lilti n’oublie aucune teinte à son tableau ludique et alerte.

Foie Gras et indigestion ? Le gavage aurait-il pris forme humaine ? Les étudiants s’engraissent de connaissances, les crânes se bourrent de remplissage, le système tue la matière à penser. Ingurgiter ou déglutir, à vous de choisir ! Puisque Première Année se veut avant tout faire la critique d’un système qui à force de concurrence, se révèle contre-productif : les médecins manquent, la pénurie s’amplifie. A en croire l’actualité gouvernementale, les réformes seraient dans l’air : Numerus Clausus supprimus ? L’injustice aurait donc une fin. Car être médecin, ce n’est ni « devenir des machines à répondre aux questions », ni disposer de réflexes reptiliens : on ne soigne pas en s’affrontant dans un bachotage de l’inutile.

Que reste-t-il au fond de nos maux de cours ? Une rencontre, une amitié, une entraide, un parcours du combattant. Le constat qu’au bout du chemin, qu’au sein de chaque brasier, il y a une once d’espoir. Car l’œuvre de Thomas Lilti n’enferme pas : elle libère, calme nos angoisses et dévoile un certain plaisir au bout du calvaire. Puisque ce sacrifice que représente le concours de première année se vit comme une mise à l’épreuve des passions et ambitions personnelles. Il suffit du regard de Vincent Lacoste pour comprendre cet « acharnement thérapeutique », et cette motivation – presque- inébranlable derrière l’enfer universitaire. Comme un souvenir empli de compassion (probablement issu de l’expérience de son réalisateur), où la douleur de l’instant aurait été remplacée par la mélancolie de la persévérance.

Le portrait d’une jeunesse presque non-cinématographique au fond : celle qui bosse, sans amours, ni ivresse ni loisirs. Et pourtant, le processus d’identification est total, tant l’immersion en raconte un peu sur chacun d’entre nous. Affinité rendue possible grâce au merveilleux duo que forment Vincent Lacoste et William Lebghil, attachants comme jamais. Oscillant entre gravité et légèreté dans une ambiance aussi malsaine que solidaire, ils apportent cette fraîcheur incroyable au récit (parfois classique et prévisible), et permettent au film d’atteindre justesse et sincérité.

Cherchant l’authenticité dans la démarche compétitive de la première année, Thomas Lilti n’abandonne pas pour autant la romantisation du réel : son dernier acte témoigne d’un droit à la fiction, à la magie d’une narration, comme une porte enfin ouverte à ceux qui visent l’impossible. Et en cela, le personnage de William Lebghil s’apparenterait presque à un ange gardien, autant qu’à l’Image de la conscience résistante de Vincent Lacoste (théorie somme toute bancale) tel Cameron Frye et son Ferris Bueller. L’amitié et la camaraderie comme seules barrières à la folie, à la solitude et à la dépression ; des mots/maux qui bien sûr n’ont pas le temps d’exister en PACES.

Des perspectives lycéennes aux désillusions universitaires, l’orientation s’y perd, et se questionne : pourquoi se dévouer à une filière quand la passion n’y est pas ? Pour des facilités ? Pour faire plaisir à un père ? Parce que le monde nous échappe encore et toujours ? Ou que le système nous empêche d’embrasser une carrière ? Première année nous interroge sur l’essence même de notre situation. Car la vie reste une éternelle suite de questions, parfois sans réponses. Un peu comme cette mélodie entêtante d’une course qui ne semble jamais avoir de fin.

Des inégalités sociales aux vocations en régénération, Première Année questionne sur tous les fronts, de la compétition malsaine aux pourcentages de l’échec, tout en restant dans la continuité thématique d’Hippocrate. Lilti connaît son sujet, y insuffle son vécu et raisonne les consciences : face au diagnostic d’un système malade, il serait presque nécessaire de prescrire cette œuvre comme ordonnance. De quoi définitivement s’aligner sur les paroles de Renaud, et de son repli sur les poils aux dents : « Maman quand je serai grand/ Je voudrais pas être étudiant/ Alors tu seras un moins que rien/ Ah oui ça je veux bien. »

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