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Xavier BLANCHARD
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3,5
Publiée le 17 mars 2025
Film projeté au festival VISIONS D'AFRIQUE 2018 La Colonelle Honorine est un officier de police de la République Démocratique du Congo spécialisée dans la protection des enfants et la lutte contre les violences sexuelles, d’abord à Bukavu dans le Sud-Kivu, puis à Kisangani, au centre du pays. Le documentaire, certes plutôt complaisant -comment ne le serait-on pas- décrit l’action de cette forte femme, pleine de convictions et d’énergie. A travers ses initiatives, le film montre la situation des femmes et des enfants dans ces zones longtemps confrontées aux guerres les plus sales. Il évoque les viols commis comme arme de guerre (on aperçoit du reste l'hôpital de Panzi du célèbre Dr Mukewege) mais aussi le problème (qui ne se limite pas à la RDC) des enfants sorciers, accusés de pouvoirs maléfiques et abandonnés ou persécutés pour cette raison. Aucune image du film ne peut heurter la sensibilité de spectateurs majeurs ; on est cependant gêné qu’aucune prudence ne soit prise pour filmer par exemple une femme ‘’avouant’’ en pleurs avoir été violée devant son mari ensuite assassiné, ou des femmes accusées de maltraitance sur des enfants. Même si ces séquences n’en sont que plus fortes pour les spectateurs, on ne peut que s’interroger sur le caractère universel du droit à l’image ! Dieudo Hamadi a sans doute pris le parti de donner, à travers ce film, une image positive de l’administration de la RDC ; c’est sans doute utile pour redonner un peu confiance aux différents acteurs… Pour compléter cette vision ‘’sympathique’’, il n’a pas hésité (sans doute avec la complicité d’Honorine) à donner parfois une image ‘’décalée’’ de son héroïne qui fait son footing à la tête de sa brigade, se déplace toujours avec son petit sac à main un peu disproportionné et, paraît-il, ne porte jamais la même paire de boucles d’oreilles d’un jour sur l’autre (à vérifier)… Il est remarquable que la RDC soit le théâtre de tant de documentaires voire de docu-fictions. On s’étonne en les voyant qu’Honorine ne croise pas Kabwita (Makala) ou Félicité (Félicité) ou de ne pas l’apercevoir dans Congo River etc… Il est vrai que c’est un très vaste pays.