Typiquement le genre de films qui s'appuie uniquement sur la force de son sujet pour atteindre son objectif : mission plutôt réussie. Car il serait vraiment malhonnête d'écrire que cette histoire nous laisse indifférent : peu connue, elle fait preuve de l'authenticité nécessaire pour que l'on soit touché, la qualité du scénario comme de l'écriture des différents personnages faisant le reste, d'autant que les jeunes interprètes s'avèrent à la hauteur. Il y a une belle réflexion sur l'engagement, la façon de défendre ses idées et jusqu'où est-on prêt à aller pour le faire, Lars Kraume ne cherchant jamais à édulcorer la réalité politique de l'époque, pas loin d'être terrifiante à certains égards concernant la « pensée unique ». Dommage que la forme s'apparente régulièrement à un téléfilm allemand d'honnête facture, la réalisation s'avérant tellement académique que c'en est parfois presque assommant : du travail correct mais sans la moindre audace ou personnalité. Maintenant, même si cette histoire aurait certainement mérité un meilleur traitement formel, elle se suffit à elle-même pour toucher le spectateur, heureux d'apprendre que l'humanisme et la conviction idéologique, cela a bien existé, bien loin du spectacle lamentable que nombre de nos dirigeants nous offrent maintenant depuis de nombreuses années. À méditer.
Quel beau film… Et de quelle obstination dans le mal les hommes peuvent-ils se montrer capable… On sera sensible à l’efficacité des méthodes infaillibles utilisées par les officiels est-allemands pour faire parler les élèves, en les segmentant, en les divisant les uns contre les autres, à coup de calomnies ou de chantage, sans même qu’il soit utile d’employer la torture. spoiler: On se souviendra longtemps d’une des dernières scènes du film, quand le fils d’un fonctionnaire municipal, Kurt, après une mémorable dispute avec son père, décide de tenter sa chance et de prendre le train pour Berlin-Ouest. Il est arrêté dans le train, et l’on convoque son père à la gare voisine. Un officier de police lui demande si son fils, comme il le prétend, ne fait que se rendre sur la tombe de son grand-père, ou bien s’il veut s’échapper. Tout porte à croire qu’il va désavouer son fils et le faire revenir. Mais il ment, affirme que oui, bien sûr, il ne part que pour la journée, et s’en porte garant. Kurt est libre.
- Un mot à présent sur les critiques de ce film. Impressionnamment bonnes côté spectateurs, juste au-dessus du médiocre chez les pros. Peut-être certains critiques nourris dans « le passé d’une illusion » ont-ils du mal à reconnaître la valeur d’un film qui la dénonce ? Mais j’ai surtout remarqué que les critiques reprochent à Lars Kraume le manque d’originalité de sa mise en scène. Ne serait-il pas temps après un siècle bien tassé de « duchampisme » de renoncer une bonne fois, en matière art, à sacraliser l’originalité ? Homère était-il original ? On serait bien embarrassé pour le savoir. Mais Racine l’est-il tellement ? Aurait-il apprécié qu’on loue, plus que son talent, son originalité ? Et Virgile ? Et Duccio ? Une nature-morte hollandaise est-elle originale ? Un coucher de soleil ? Et bien ?
Très intéressant dilemme, soulevant des problèmes tabou et délicats, le film ne s'essouffle jamais et respire même d'un très bon rythme qui ne manquera pas de vous faire vous demander : " Mais où est-ce que cet enfer se termine !? "
"La révolution silencieuse", où comment le destin d'une classe de terminale va basculer après une (en fait deux) minutes de silence en hommage aux rebelles hongrois face à l'ennemi soviétique. Lars Kraume situe son action en Allemagne de l'Est, en 1956, et ce qui va découler de cette rébellion est tout simplement magique. Cette histoire vraie met à mal la cohésion de ce groupe en s'appuyant sur des techniques d'interrogatoire qui font monter la tension à travers des thèmes comme la morale, la trahison ou encore le passé familial. Un film passionnant et instructif qui peut parfois faire penser au "Cercle des poètes disparus".
S'il me fallait accoler un seul adjectif à "film", ici, ce serait "nécessaire". Cette "Classe qui fait silence" traite de faits réels (mais en change le lieu, et modifie les noms des protagonistes). Nous sommes entre la fin de l'insurrection de Budapest, et Noël 1956. La manière de traiter ce sujet étouffant (comme la chape de plomb étendue sur l'Europe de l'Est, après 1945) est classique (et sobre), qui fait la part belle surtout à la psychologie des personnages, dans une description très réaliste des horreurs de la dictature communiste. Tel un jeu de dominos, le peu de liberté de ces jeunes "Ossies" se fracasse, implacablement, sous la férule des séides de cet ignoble régime, une pièce en entraînant une autre, entre espionnage de tout le monde par tout le monde, propagande, désinformation, encouragement à la délation, techniques de manipulation, etc. Toute une panoplie bien huilée, mais qui tombera sur un bec : le courage de quelques lycéens, et la puissance de leurs idéaux, au premier rang desquels l'aspiration à la liberté sert de moteur déterminant. Les jeunes interprètes sont remarquables, et le réalisateur (Lars Kraume) sait tirer le meilleur parti de leurs fraîcheur et sincérité de jeu. La conclusion spoiler: espérée arrive, comme une délivrance : presque toute la classe de terminale concernée passera à Berlin-Ouest (le Mur n'existe pas encore...), et demandera, sans espoir de retour, l'asile politique (hautement mérité.... à comparer avec la dénaturation majuscule de ce dernier, plus de 60 ans après ces événements dramatiques, dans l'Allemagne réunifiée.... ).
Une inquiétude avant d'aller voir le film : allait-on s'ennuyer ferme à suivre des discours politiques dans un salle de classe? Inquiétude levée par un scenario habile qui nous fait sortir de la classe et mêle petite et grande histoire. Des acteurs jeunes et épatants et un propos qui dénonce mais reste équilibré, ou, du moins, essaye de comprendre les communistes qui sont aussi, dans certains cas, les parents des jeunes héros de la liberté. Merci de tout cœur au réalisateur de ne pas avoir joué sur le pathos! spoiler: Juste un bémol : l’histoire d'amour entre les héros et une fille un peu perdue ("petit nuage" était-elle bien nécessaire?
superbe reconstitution historique : climat , tension , propagande .... la RDA des années 50.... un petit acte de protestation qui va prendre une ampleur incroyable .. pour au final un beau moment de cinéma ...surtout quand on sait qu'il s'agit de faits réels.... tension et émotion sont au rendez vous de ce film insuffisamment distribué et c'est bien dommage déjà auteur de l'excellent "Fritz Bauer un héros allemand" Lars Kraume récidive avec ce film qui n'est pas sans évoquer "le cercle des poètes disparus" A voir absolument!
Fresque inspirée d'une jeunesse en quête d idéal et de liberté, la narration emporte le spectateur dans un tourbillon historique dont il ne sortira pas indemne.Ce film remarquable est de ces productions dont on parle longtemps après avoir quitté la salle, et dont on a envie de partager le souffle optimiste. Cette classe rebelle n est pas sans faire penser au Cercle des poètes disparus par certains aspects. Un grand moment de cinéma, sans nul doute.
Un film intéressant, sans être un chef d'œuvre. l'Allemagne regarde son passé et clarifie l'histoire. c'est là l'intérêt de son cinéma depuis quelques années. Ici c'est une classe de Berlin Est qui fait sa révolution alors que la Hongrie tente de résister aux Russes . Le film est précis, les décors sont d'époque, les vêtements rappellent aux plus anciens qu'il ont porté parfois les mêmes manteaux, même quinze ans plus tard. Les classes sont en bois, les élèves ont des cartables, bref les détails sont rigoureux....Mais ce n'est pas l'intérêt du film, loin s'en faut. L'intérêt c'est de voir comment le petit groupe résiste à l'administration de la RDA; Cohésion ,trahison, solidarité, quelques élèves font changer l'histoire l'espace de quelques semaines . Bon la technique du film n'est pas son atout majeur. mais la musique vers la fin, ainsi que le dénouement emporte l'enthousiasme....On reste sur des instants sensibles et porteurs, bref on sort avec la sensation d'avoir appris un bout d'histoire et d'avoir été ému in fine....C'est pas si mal. pour un public qui cherche un autre cinéma que celui des blockbusters yankees...Je conseille...
Pour être allé plusieurs fois en RDA bien avant la chute du mur, pour avoir participé à un camp de la FDJ (la jeunesse communiste est allemande - les chemises bleues du film) je suis resté scotché par le réalisme et la véracité de ce film. Un document très justement joué.
Comment un petit acte de protestation, 2 min de silence, est devenu une affaire obligeant un ministre à intervenir : c'est ce que nous raconte ce film basé sur l'histoire vraie de ces lycéens en terminal. Le scénario est vraiment bien construit car il présente différents points de vues et ce que chacun peut gagner ou perdre, les moyens de pression des dirigeants communistes similaires à ceux employé par les nazis et la solidarité et la fraternité que ces jeunes défendent coute que coute. On n'est vraiment emporté avec eux et on comprend les choix de chacun nous laissant libre d'avoir notre propre avis. La réalisation est maitrisée, aucun faux pas. Les acteurs sont tous très bons et nous permettent de ressentir beaucoup d'empathie. La bande son est sublime et colle au sujet. Un excellent film sur l'histoire difficile et chaotique allemande.
Les Allemands confrontés à leur passé. On s’interroge sur l’équivalence entre la dictature nationale socialiste et le régime stalîno-communiste, au moins dans l’utilisation de la propagande et surtout dans le contrôle politique et social de la population. La police politique et les dirigeants du Parti veillent. Les jeunes qui veulent se solidariser avec les révoltés de Hongrie sont directement confrontés à ces tristes réalités. Un beau film.
Un film vraiment poignant ! A voir absolument notamment les jeunes car ce film parle d'eux. De nombreux sujets sont finement traités et ils sont toujours d'actualité à notre époque.
Bonjour Voici un vrai film de cinéma : un véritable scénario , des acteurs remarquables dans leurs rôles respectifs , et une mise en scène qui donne le sentiment d'une œuvre qui traduit réellement sont intention en captivant le spectateur tant par le sujet que par sa réalisation. Les intimidations et manipulations de la police police politique sont rendues de façon glaçante. La conviction des communistes qui se sont battus contre les nazisme est même rendue compréhensible , sans être excusable. Il est utile de rappeler cette période de la RDA et de la Hongrie, ce qui rend la situation actuelle meilleure quoique qu'imparfaite. Je suis étonné que ce film n'ait pas plus de publicité.
Enfin je me demande à la fin du film : qu'aurai-je fait à leur place lorsque j'étais en année de passer mon bac ?