Les premières images se déroulent en 1966 au Vietnam (
militaires américains attaqués de nuit sous la pluie
). On assiste ensuite à « l’emprunt » (pour photocopies) de documents classés secret défense (47 volumes !) par Daniel Ellsberg lorsqu’il travaillait à la Rand Corporation, institution américaine de recherche et de conseils (notamment auprès de l’armée américaine).
Ces documents révèlent que sous 4 présidents [Truman (1945-1953), Eisenhower (1953-1961), Kennedy (1961-1963) et Johnson (1963-1969)], il y a un décalage entre leur discours et leurs connaissances de la situation militaire au Vietnam (vouée à l’échec). Le secrétaire d’état à la Défense, Robert McNamara, de 1961 à 1968, c’est-à-dire sous Kennedy et Johnson, a participé, lui aussi, au mensonge d’Etat
. Le film se déroule ensuite à Washington en 1971 principalement au siège du journal The Washington Post qui vit des heures importantes, dont son entrée en bourse.
Après l’injonction officielle d’arrêter la publication de ces documents secrets auprès du journal New York Times (qui a reçu les photocopies et les a évoquées en 1er), le Washington Post, qui a reçu aussi 7 000 pages (non numérotées !), hésite à les publier
. Même si le rappel des faits historiques est important et notamment le rôle de la presse aux Etats-Unis (cf. 1er amendement de la constitution) qui préfère soutenir les gouvernés que les gouvernants, le cœur du film est d’abord un portrait de femme, Katharine Graham (Meryl STREEP) qui possède le journal, acheté par son père (en 1933) et transmis à son mari ;
le suicide de ce dernier (en 1963) l’a obligée à en prendre la tête à 45 ans, sans avoir travaillé avant (elle a eu 4 enfants). Outre le deuil qu’elle a dû faire, l’apprentissage de la gestion et de la finance (pour l’entrée en bourse)
, elle doit aussi prendre des décisions capitales (car elle risque sa fortune et son journal), en accord ou pas, avec le rédacteur en chef, Benjamin Bradlee (Tom HANKS), en toute objectivité,
elle étant une amie de Robert McNamara et lui, ayant fréquenté les Kennedy. Elle illustre la difficulté de sa situation, en citant l’écrivain anglais Samuel Johnson (1709-1784), « une femme qui porte la culotte, c’est comme un chien qui marche sur 2 pattes »
. Comme d’habitude, la musique est de John Williams. Sans oublier les superbes images de presse à imprimer (avec caractères en fonte). .