Steven Spielberg a donc consacré son film à la première affaire qui secouera la mandature Nixon, démontrant les failles, et levant le voile sur trente années de mensonges d'état sous le couvert du secret défense afin de justifier la guerre au Vietnam.
Si le New-York Times ouvrira le bal et publiera une partie du rapport Macnamara, c'est une bombe dans l'agenda de la Maison Blanche, une onde de choc qui traversera la presse et la population américaine.
La justice saisie pour interdire la publication, aura comme conséquences d'unir dans un concours de circonstance deux des journaux les plus emblématiques du pays : Le Washington Post et le New-York Times, attachés à la liberté de la presse.
Mais, "Pentagon Papers" éclaire sur le journalisme, dans sa méthode, dans sa structure, éminemment masculine, patriarcale, condescendante et misogyne.
Les hommes représentent la majorité des rédactions, la femme est souvent reléguée à des articles sur les potins mondains.
La directrice de publication, Kay Graham se retrouvera sur le devant de la scène dans le cadre de cette affaire, à la tête du journal suite au décès de son époux, entre mondanités, pression constante de ses collaborateurs et la détermination de Bradlee, la décision finale lui appartenant de publier les documents alors que la guerre du Vietnam fait toujours rage en 1971, et l'amènera à rentrer dans l'histoire, en tant que femme et Directrice d'un journal qui laissera son empreinte indélébile.
Le réalisateur ne pas s'est seulement focalisé sur l’évènement et son retentissement, Steven Spielberg a souligné la place de la femme au cœur de la société américaine.
Difficile de se faire une place dans cette sphère masculine monopolisant le pouvoir.
Un casting de choix, un duo Meryl Streep et Tom Hanks donnant au film, une course effrénée contre la montre et à la fois, un sens de la mesure.
Étonnant !
"Pentagon Papers" est diffusé sur la chaîne ARTE.
A voir Absolument !