Pentagon Papers
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Nicolas S.
Nicolas S.

130 abonnés 1 591 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 octobre 2019
Selon Steven Spielberg, "Les Hommes du Président" est le meilleur film sur la presse qui existe. Pas de doute, le film d'Alan Pakula a beaucoup inspiré le réalisateur pour son "Pentagon Papers".

Déjà, dans le thème puisque "Pentagon Papers" se situe dans le même journal, le Washington Post, et un an avant le Watergate.

Ensuite, dans les personnages : ces journalistes qui ne lâchent rien, avec leurs chemises blanches un peu larges aux manches remontées, leur cravate rayée mal nouée et leur dévouement à leur travail.

Enfin, dans le cadrage de certains plans et la photographie, saturée de gris et très froide, pour se concentrer sur le message.

Un message peu subtil d'ailleurs. Le film se clôt sur un monologue sur l'importance de la presse pour la démocratie et la liberté d'expression, admettant cependant certaines erreurs des médias.
Bien entendu, on ne peut qu'adhérer à la morale qui fait des journalistes les chiens de garde de la démocratie, pour reprendre les termes de la Cour européenne des droits de l'Homme. Cela dit, on serait en droit d'attendre un peu plus de subtilité que ce monologue final qui arrive comme un cheveu sur la soupe, comme si le spectateur était incapable de tirer lui-même les conclusions qui s'imposent ...

C'est ce que je reproche le plus au film : cette volonté de se mesurer aux plus grands films de presse mais qui ne se donne pas les moyens de son ambition. Pourquoi embaucher de si talentueux acteurs si c'est pour bousiller toute subtilité dans le scénario ? Heureusement que ces acteurs sont là pour apporter l'humanité et la tension qui manquent.

C'est dommage parce que l'histoire est réellement passionnante, celle de ces journalistes qui investiguent en urgence sur des documents classés secret-défense et qui tentent de convaincre leur patronne de les publier malgré l'injonction du procureur général et la frilosité des investisseurs.

Tant pis, on se contentera d'un film sympathique, que l'on oubliera probablement rapidement.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 septembre 2019
Hollywood a beau être taxée d'un conformisme bon teint depuis ses origines, symbolisé désormais par la domination tyrannique des blockbusters, la Mecque du cinéma n'en n'omet pas pour autant de se pencher régulièrement sur les dysfonctionnements des institutions de la plus grande démocratie du monde. Des réalisateurs comme Sidney Lumet, Sidney Pollack, Alan J. Pakula, Oliver Stone ou Spike Lee pour parler des plus célèbres, n'ont cessé de dénoncer la corruption et les turpitudes qui gangrènent les grands corps régaliens dans leurs relations avec la politique ou le monde l'argent. Steven Spielberg a lui tout d'abord tiré sa gloire du film de genre qui lui a permis d'exprimer pleinement sa formidable capacité à raconter une histoire en y intégrant à dose variable suivant le sujet, sa maitrise technique, son sens du rythme et du suspense, son goût du merveilleux ainsi que la justesse de sa direction d'acteurs. Le tout associé à une candeur assumée, provenant de sa proximité avec le monde de l'enfance. Hormis pour "La couleur pourpre" et jusqu'à "La liste de Schindler" qui lui tenait à cœur pour des raisons personnelles, il n'avait jamais montré un intérêt marqué dans son travail pour les sujets à connotation historique, sociale ou politique. Ce n'est réellement qu'à partir de "Munich" en 2006 qu'il commence à orienter résolument sa filmographie vers des sujets plus profonds en s'emparant de faits ou de biographies historiques qu'il cherche à vulgariser au maximum en usant de sa science unique du récit sur grand écran. Depuis le début des années 2010 et l'arrivée de la grande maturité pour le réalisateur, sont sortis "Le cheval de guerre", "Lincoln", "Le pont des espions" et "Pentagone papers" qui démontrent une envie de s'impliquer davantage sans rien renier de son goût pour le divertissement. Malgré ce changement de cap, il ne faut donc pas s'attendre à retrouver chez Spielberg la noirceur et la radicalité des grands films de Lumet ou de Pakula. "Pentagone papers" qui réunit Tom Hanks que Spielberg connait désormais parfaitement et Meryl Streep, éclaire doctement le spectateur sur une affaire soulevée par le Washington Post, peu de temps avant que n'éclate le fameux scandale du Watergate qui obligera le Président Richard Nixon à démissionner de ses fonctions sous la pression d'une investigation menée par Bob Woodward et Carl Bernstein, deux autres journalistes du Washington Post. L'histoire a déjà été portée à l'écran par Alan J. Pakula dans "Les hommes du Président" (1976). Ici, un haut fonctionnaire chargé par le Secrétaire d'Etat à la Défense Robert McNamara, d'évaluer l'avancement des troupes au Vietnam laisse fuiter des documents confidentiels du Pentagone prouvant la duplicité des autorités politiques américaines depuis longtemps conscientes de l'issue défavorable d'un conflit armé dans cette région du monde. Quand le New York Times qui détient le scoop et le révèle est empêché par une décision de justice d'aller plus loin dans ses révélations, se pose à Katharine Graham (Meryl Streep), la nouvelle patronne du Post la question de publier ou non l'ensemble du rapport tombé entre les mains de Benjamin Bradee (Tom Hansk), son rédacteur en chef. C'est tout à la fois le combat de Bradee pour récupérer les copies du rapport et le questionnement déontologique de Katharine Graham qui vertèbrent un film parfaitement calibré par Spielberg et habité par ses deux acteurs vedette qui connaissent la musique, notamment une Meryl Streep toute en nuance . Hormis les quelques réserves émises plus haut concernant une forme de sagesse qui ne quittera vraisemblablement jamais Steven Spielberg, "Pentagone papers" est à classer dans les très bons films parvenant à distraire tout en poussant à la réflexion sur la marche du monde.
Charles G
Charles G

35 abonnés 627 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 septembre 2019
Oscar du meilleur film en 2016, Spotlight prenait place au cœur d'une rédaction, où journalistes et idées se confrontaient autour d'une découverte macabre progressivement mise à jour. Dans Pantagon Papers, que je compare volontairement à Spotlight qui fait donc figure de référence, deux personnages sont mis en avant en particulier : le directeur de la rédaction (Tom Hanks) et la propriétaire du journal (Meryl Streep). Deux poids lourds du cinéma donc, qui remplissent bien leur rôle. Le sujet du film ici n'est pas tant la nature des révélations que le journal va publier mais le fait même de les publier. C'est intéressant, évidemment, de s'arrêter sur les risques pris par une rédaction toute entière qui se met en danger en attaquant le pouvoir en place, qui plus est dans un contexte politique tendu. C'est aussi une vraie prise de risque cinématographique, car il est en effet plus difficile de mettre en images l'hésitation qui ronge les protagonistes quant au fait de publier et d'affronter les répercutions qui pourront leur nuire tout le reste de leur vie plutôt que le côté sensationnel des scandales de Spotlight, où il est évident que la majorité des lecteurs allaient les remercier du travail fourni. Et filmer une hésitation qui dure une heure, ça donne nécessairement des moments d'ennui pour le spectateur. Le film manque à mon goût de rythme et je n'ai pas réussi à ressentir suffisamment d'empathie pour la patronne pour m'inquiéter de son avenir, tout comme de l'avenir de son journal. Intéressant, mais perfectible donc, à mon sens.
S5Clem
S5Clem

101 abonnés 543 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 août 2019
Un bon récit d'une époque où la presse était libre et authentique. Un bon film à voir une fois pour découvrir la "naissance" de ce Washington Post
Shephard69

405 abonnés 2 259 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 août 2019
Dans la lignée des films adultes de Steven Spielberg, un drame historique qui fait irrémédiablement penser au film d'Alan J. Pakula "Les hommes du président" pour sa peinture de la présidence de Richard Nixon à travers une investigation de reporters du Washington Post concernant cette fois l'enlisement de l'armée américaine pendant la guerre du Vietnam. Si la partie thriller du long-métrage n'a rien d'exceptionnel avec une mise en scène assez classique et conventionnelle malgré une certaine tension paranoïaque qui rappelle incontestablement bon nombre de polars politiques des années 70 comme "Les trois jours du condor" ou encore "Conversation secrète", un ensemble qui s'avère surtout intéressant pour sa réflexion autour de la nature de la quête journalistique et pour son discours féministe. Clairement pas une oeuvre majeure dans la filmographie du réalisateur américain, une alchimie entre Tom Hanks et Meryl Streep qui manque de force narrative, de profondeur. Pas mal mais guère plus.
Malevolent Reviews

1 104 abonnés 3 207 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juillet 2019
Plus de trente films en quarante ans, enchainant parfois deux longs-métrages (un gros blockbuster contre un biopic), Steven Spielberg n'a plus rien à prouver. 2018 est pourtant encore une fois son année, assurément. Quelques mois seulement avant le dantesque Ready Player One, il collabore pour la cinquième fois avec son acteur fétiche Tom Hanks pour une histoire vraie, celle du Washington Post qui hésita à publier les pages que le gouvernement américain souhaitait cacher, des preuves concernant la planification de la Guerre du Viêt Nam et ses rouages tendancieux... Si Ready Player One baignait dans un univers numérique, Pentagon Papers brille de ses décors aussi intimistes tels que des bureaux et des couloirs mais aussi des décors extérieurs naturels nous ramenant non seulement dans les années 70 avec une certaine efficacité mais nous rappelle également la beauté cinématographique d'un réel auteur. Le réalisateur américain, aujourd'hui sexagénaire, n'a rien perdu de son talent à émerveiller et à proposer un cinéma adulte, complexe et maîtrisé, en témoigne cette histoire sous tension habilement menée, jouant sur plusieurs thèmes pour ne jamais lâcher son spectateur. Des premières minutes de bobine à ce final tendu comme un string, Pentagon Papers demeure époustouflant, incroyablement contrôlé, visuellement sublime et interprété à la perfection par une galerie d'acteurs confirmés d'une rare efficacité. Quand Tom Hanks nous souffle une fois encore, Meryl Streep vole la vedette en interprétant Katharine Graham, elle qui en bavait dans un univers masculin pour ne pas dire macho, se faisant parfois gentiment remettre à sa place de femme tandis qu'elle observe des décisions souvent absurdes. Ne poussant jamais les potards à fond, Spielberg ne livre pas une œuvre féministe maladroite et poussive comme le font beaucoup trop de productions actuelles ; il apporte la nuance et la justesse nécessaires pour toucher son public sans tomber dans la facilité vulgaire, délivrant un thriller puissant et passionnant, dont l'efficience réside autant dans la maîtrise absolue de son sujet que dans sa mise en scène impérissable. Du grand Spielberg.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 20 mai 2019
Classe et percutant, The Post se situe dans la lignée des dernières oeuvres de Steven Spielberg, qui démontre encore une fois toute sa science de la narration. Cette intrigue résolument moderne (l'action se déroule dans les années 70), qui ne manque pas de résonnance dans l'actualité, est un plaidoyer pour la libertés des médias et leur rôle de contre-pouvoir dans une société moderne. Un mot également pour les acteurs, Tom Hanks, Meryl Streep entre autres, parfaits. Je n'ai pas vu le temps passer !
tristan stelitano
tristan stelitano

72 abonnés 1 138 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 mai 2019
Après les magnifiques " Lincoln " et " Le Pont des Espions " , Steven Spielberg s'attaque maintenant à une autre page de l'histoire américaine. Le scandale médiatisé autour d'un dossier classé secret-défense publié au tournant des années 1970 par le New York Times puis dans le Washington Post qui fût baptisé : Pentagon Papers. Contenant trente ans de mensonges étatiques et des informations sur l’implication des Etats-Unis pendant la guerre du Vietnam, leur divulgation achèvera de détériorer le soutien de l’opinion publique à ­l’interven­tionnisme américain. Ce qui eu aussi un grand impact au seins de la classe politique de l'époque. Le cinéaste construit son récit en plusieurs étapes. Dans un premier temps, il fait un tableau complet de la vie d'un Journal réputer, ouvrant les portes de tout un univers industrialiser et nous offre une véritable visite guidée à laquelle sommes nous invités, afin de dresser un portrait réaliste d'une presse d'un autre temps. Mais surtout on nous montre les différents étapes importantes aux rouleaux d’impressions sur la conception d'un journal produit à la chaîne avant le bouclage technique. Ensuite, ce qui rend l'intrigue très palpitante c'est son côte film d'espionnage que Tom Hanks, sous les traits de Ben Bradlee, mène avec efficacité une remarquable et périlleuse enquête, risque sa propre carrière afin de divulguer des informations que son gouvernement cachent à la population mais c'est surtout pour obtenir le plus grand scoop du siècle. Cette acharnement du personnage ne perd jamais le spectateur, car ont aient happés par ses motivations et que nous sommes intrigués par le fin mot de l'histoire. Steven Spielberg respect les codes du film politique/ journalistique et dresse pour finir, un splendide portrait d'une femme qui évolue dans un monde d’hommes. Le film réussi a aborder la question de façon pertinente notamment grâce à l'impeccable Meryl Streep, qui joue avec subtilité cette rédactrice en chef qui essaye de lutter dans un monde qui ne veux l'acceptée. Une thématique très bien mis en valeur par Spielberg tant elle demeure plus que jamais d'actualité. Une œuvre captivante à la fois crédible et pertinente, qui retrace un tournant cruciale de l'histoire de la presse américaine et qui mérite sa place parmi les plus grands films de l'histoire du cinéma.
Mathieu B.
Mathieu B.

43 abonnés 832 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 avril 2019
Meryl Streep est touchante et convaincante dans le personnage de Kay Graham, première femme propriétaire d’un grand journal américain, le Washington Post. Et Tom Hanks incarne superbement Ben Bradlee, son rédacteur en chef, idéaliste et qui est prêt à tout pour défendre son indépendance et la liberté de la presse. Mais qu’en sera-t-il de Kay Graham lorsqu’elle doit choisir de publier ou non des documents classés secret défense qui révèlent les mensonges des 4 derniers présidents américains à propos de la guerre du Vietnam ? L’avenir de son journal est en jeu... mais la liberté de la presse aussi !
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 896 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 avril 2019
Spielberg travaille vite, est doué et dispose des moyens financiers à la hauteur de ses projets. Deux valeurs sures interprètent avec brio les deux protagonistes de cette histoire véridique. L'univers de la presse des années 70 est reconstitué avec une minutie, certes imperceptible, mais qui magnifie l'ambiance de la salle de rédaction du Post et l'univers (disparu) des rotatives. Maitrise de la prise de vue, montage dynamique, ça roule sans faille. On attendrait l'éclair de génie pour transcender le tout. La révolte de Meryl Streep pour casser les codes machistes de l'époque est parfaitement scénarisée et interprétée, mais ne suffit pas à soulever l'enthousiasme ressenti pour le soldat Ryan, Indy ou atteindre la magie de E.T. Reste un biopic double de belle facture. DVD1 vo - avril 2019
novemberromeo
novemberromeo

54 abonnés 780 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 mars 2019
Un casting 5 étoiles sous la direction d'un réalisateur de génie pour un film aussi terne que sa photographie. Les états d'âme de journalistes privilégiées ou de millionnaire propriétaire de journal ne dégagent pas la tension de l'assaut d'une plage normande ou d'une ligne de crête en 1944.
Serpiko77
Serpiko77

77 abonnés 1 633 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mars 2019
Excellents acteurs, réalisateur de génie et surtout histoire passionnante, la réussite ne pouvait que être au rendez-vous. Spielberg prouve encore qu'il est le metteur en scène le plus polyvalent de l'histoire, capable de captiver avec n'importe quelle genre d'histoire. Il signe ici un film engagé sur la liberté de la presse mais aussi (et surtout) un film féministe sur les difficultés qu'une femme peut rencontrer à affirmer son pouvoir dans un milieu excessivement masculin. Meryl Streep campe magnifiquement cette patronne tiraillée entre les exigences de son milieu professionnel et ses valeurs morales.
sonia-f
sonia-f

3 abonnés 75 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 mars 2019
Steven Spielberg, depuis 2012, choisit de mettre en lumière des personnages dont le destin est étroitement lié à celui des États-Unis, avec en toile de fond un conflit charnière de leur histoire (la Guerre de Sécession avec Lincoln, la Guerre Froide avec Le Pont des espions, et ici la Guerre du Viet Nam).
Dans Pentagon Papers, la présidente et le rédacteur en chef du journal The Washington Post sont érigés en défenseurs (et défendeurs) de la sacro-sainte ‘’liberté de parole et de la presse’’ telle qu'elle est définie dans la non moins sacro-sainte Constitution américaine, à la veille du scandale du Watergate.
Un film américain pour les américains, dont certaines références peuvent rester obscures aux non-initiés en civilisation américaine, le tout exposé à grands renforts de violons et de tambours (la musique ayant été confiée au maître du genre, John Williams).
Un film féministe et engagé, certes très opportun en ces temps de Women's march et d'attaques répétées contre la presse de la part du président américain, mais, malheureusement, l'ensemble reste mou et ... ennuyeux. Tom Hanks est au top, comme d'habitude, mais l’interprétation de Meryl Streep manque de relief et de finesse.
Bref, fans du Spielberg de la première heure, passez votre chemin.
Benjamin D.
Benjamin D.

1 abonné 26 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 février 2019
Très bon film à voir en VO tellement le jeu de Meryl Streep est magique. Une histoire nous tenant du début à la fin
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 janvier 2019
Coincé entre ‘Le Bon Gros Géant’ et ‘Ready Player one’, ‘Pentagon papers’ est la cuvée Spielbergienne “adulte� et plus ou moins engagée des deux dernières années, bien qu’on puisse tout de même y repérer quelques enfants, dans de courtes apparitions périphériques qu’il ne faudrait pas négliger, tant Spielberg, aujourd’hui surtout préoccupé de transmission et d’héritage, ne laisse rien au hasard, pas même au niveau des détails les plus infimes. On pourrait estimer que ‘Pentagon papers’ s’attarde sur un sujet trop intrinsèquement américain pour qu’on puisse se sentir concerné par lui depuis l’Europe : il y est question de la manière dont le Washington Post, au début des années 70, est passé du statut de petit organe de presse local à celui de leader d’opinion à l’échelon national, en publiant des documents confidentiels révélant l’ampleur de l’implication du gouvernement américain au Vietnam depuis la Présidence Truman 25 ans plus tôt et ce, alors même qu’ils n’étaient pas les premiers sur le scoop : le NY Times les avait devancés mais, restreint dans leur liberté d’édition par une injonction juridique, ils laissèrent le Post tenter sa chance face à l’administration Nixon. Evidemment, on comprend immédiatement que Spielberg s’efforce de créer un pont entre cette époque et la nôtre : dans les deux cas, un président aux réflexes autoritaires perçoit la presse comme une menace existentielle, tandis que la vérité se terre au milieu des rumeurs contradictoires, de la propagande et des fake news (Le secrétaire d’état McNamara qui annonce à la presse le succès de la politique américaine au Vietnam alors que l’énorme rapport qu’il vient de commanditer affirme juste le contraire). Il est dès lors facile au réalisateur de souligner l’importance démocratique que revêt un journalisme d’investigation réellement libre et à même de débusquer les mensonges d’état, même s’il note que les conflits d’intérêt entre les grands patrons de presse et les individus sur lesquels ils sont susceptibles d’enquêter un jour ou l’autre ne datent pas d’hier, qu’il s’agisse d’amitiés d’ordre privées ou d’ingérences financières. Assez curieusement, ce dont ‘Pentagon papers’ parle avant tout, c’est d’une femme, Katherine Graham, qui a hérité de son père - via son époux - le Washington post, de la manière dont elle doit constamment batailler pour imposer ses vues et ses choix dans un monde conçu par et pour les hommes et de la nécessité pour elle de composer pour pouvoir exister simultanément en tant que femme, mère et grand-mère, en tant que personnalité public et mondaine et en tant que détentrice d’un pouvoir décisionnel qui implique une entreprise et tous ses employés. Dans la course contre la montre aux rouages parfaitement huilés qui décidera de la révélation ou non au public d’informations confidentielles, c’est sa figure qui ressort nettement du lot, faisant de ‘Pentagon papers’ pas uniquement le plaidoyer politique et démocratique auquel on s’attendait mais également un manifeste féministe implicite.
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