“La presse a été créé pour protéger les gouvernés, pas les gouvernants�. Ca c’est fort! Ton Hanks donne la réplique à Meryl Streep qui est sur le point de prendre un decision cruciale. Le film s’articule en 3 actes, le premier sur la recherche de l’information, le deuxième sur la question de la publication de ses informations et enfin le troisième sur les conséquences. Le début du film m’a un peu “fatigué�, il y a trop d’informations et le rythme est trop rapide. Par contre le film bascule vraiment au moment où le Washington Post part à la “chasse aux infos�. Meryl Streep est brillante dans son rôle, avec un jeu qui est le contraire de la puissance, du pouvoir. Et pourtant elle est la plupart du temps entourée d’hommes qui ne lui facilitent pas toujours la tâche, elle doit faire des choix difficiles, et a le dernier mot. D’ailleurs j’ai adoré le moment de sa prise de décision définitive où elle envoie bouler un membre du conseil d’administration, on voit que ça l’a en quelque sorte libérée. Tom Hanks superbe également, c’est lui qui bat la mesure, il donne le rythme. Les seconds rôles sont très bons aussi. La mise en scène est aux petits oignons, l’ambiance des salons feutrés des grandes demeures, les réceptions, l’agitation des bureaux de rédaction... on s’y croirait. Du Spielberg en somme !
Pentagon Papers est ce genre de film engagé, qui traite d’une partie de l’histoire des Etats Unis, qui dénonce le combat des femmes pour trouver une place dans un monde d’hommes, qui dénonce les abus d’un gouvernement et la liberté bafoué du journaliste. En théorie, des sujets palpitants qui résonnent toujours dans l’actualité ! Pourtant, Steven Spielberg n’a pas réussi à nous captiver. Pire, on s’est même ennuyé. On est face à 1h55 de dialogues plus ou moins intéressants pour une histoire plutôt succincte, Les personnages paraissent tous un peu clichés, l’histoire parle en fait peu du contenu des documents, seuls ceux qui connaissent l’affaire s’y retrouvent. Le personnage de Meryl Streep est loin de rendre honneur aux femmes, s’occupant plus de faire des fêtes chez elles et prenant une décision semble-t-il juste pour faire pour une fois sa rebelle, sans avoir l’air de maitriser quoique ce soit. Quant au triomphe du journalisme, c’est le « happy end » pas très réaliste, car en réalité, ils s’en sont sortis sans trop de gloire, et rien n’a changé par la suite. Bref, aucun thème abordé n’est parfaitement maîtrisé, on se retrouve donc devant un film certes bien réalisé, mais qui manque de finition.
En attendant son Ready Player One, Steven Spielberg nous invite à nous plonger dans les Pentagon Papers où comment le Washington Post dévoila un scandale d'État concernant la guerre du Vietnam au début des années 70. Le film est plutôt bon dans son ensemble. La réalisation de Spielberg est maîtrisée, Tom Hanks et Meryl Streep sont parfaits dans les rôles principaux et le sujet du film est très intéressant. Cependant, j'aurais aimé plus de tension dans les enjeux, un thriller presque quelque part mais là Steven Spielberg reste plutôt soft dans son traitement ce qui fait que l'on est jamais réellement pris dans le film et c'est quand même un petit peu dommage. Il n'empêche que Pentagon Papers reste quand même un film sympathique dans son ensemble mais qui ne marquera pas tant que ça la filmographie de Steven Spielberg.
Je suis allé voir ce film pour la seule raison que Spielberg se trouvait derrière la caméra. Et j'ai eu ce que je voulais voir : un maître de la narration visuelle me livrer un spectacle de technique cinématographique au service d'un sujet "visiblement" académique mais que Spielberg et son scénariste décident de traiter avant tout d'un point de vue psychologique plus qu'historique. En effet, contrairement à Spotlight qui braquait les projecteurs sur l'affaire des prêtres pédophiles et s'intéressait éventuellement, de temps en temps, à la psychologie des personnages, ici c'est l'inverse qui se produit, et je dois dire que j'ai choisi mon camp. Parce que, autant intéressé par les faits historiques que je suis, quand je vais voir un film, je veux qu'on me raconte une histoire humaine, ou du moins vivante, pas seulement un étalement de faits filmés. Et bien entendu, quand Spielberg s'occupe de la direction, on peut-être sûr que l'aspect psychologique et affectif n'est pas laissé de côté (c'est d'ailleurs ce qui lui est le plus souvent reproché), il s'intéresse à ses personnages comme à ses propres enfants et fait virevolter sa caméra dans les différents lieux de l'intrigue pour nous laisser constamment accrochés à l'écran.
De fait, à ma grande surprise, Pentagon Papers s'intéresse avant tout aux rapports de force qui opposent et relient les différents décideurs du Washington Post au début des années 70, lors de son intronisation en bourse, alors que le journal est dirigé par une femme, Kay. Le film oppose alors la vision idéaliste du rédacteur en chef à la vision prudente de la patronne à la vision capitaliste des actionnaires à la vision impérialiste et répressive des politiques. Parce qu'il faut savoir, c'est que les deux têtes pensantes du Washington Post avaient eu des relations, les années passées, avec des hommes politiques (très) puissants. Ce qui rajoute un enjeu au dilemme auquel va faire face Kay et qui représente le principal élément d'intrigue du film, la narration évoluant selon la structure de l'entonnoir et regroupant les conflits, les enjeux et les personnalités dans un argumentaire final absolument jouissif, tant en terme d'écriture que de réalisation.
En clair, Pentagon Papers se révèle très léger vis à vis de son traitement de l'affaire en elle même, préférant se concentrer sur les figures du Washington Post à l'origine de sa publication historique. Cela ne m'a personnellement pas dérangé mais je sais que le traitement en surface peut en décevoir plus d'un.
Quoi qu'il en soit, c'est Steven Spielberg aux commandes et John Williams à la bande son, ce qui nous propose, comme toujours, un pur régal sonore et visuel, l'impression d'assister à un ballet cinématographique parfaitement orchestré et rythmé.
En tant que document d'archives, on peut lui reprocher ce que l'on veut, en tant qu'objet filmique, c'est le top du top.
A voir, clairement.
Et oui, Meryl Streep, Tom Hanks et toute la clique du casting cinq étoiles sont parfaits, comme si on pouvait encore en douter...
Film de salubrité publique, Pentagon Papers est de loin le meilleur de Spielberg depuis un bon moment. Le cinéaste retrouve ici sa capacité à s’impliquer dans la vie politique de son pays, sans doute exaspéré par la présidence de Trump que l’on peut rapprocher par bien des aspects à celle de Nixon dans les années 70. Spielberg retrace avec fidélité cette époque où les EU ont perdu leur innocence suite aux scandales à répétition et à la bavure de la guerre du Vietnam. Tout ceci est exposé avec précision dans un long-métrage parfaitement calibré et réalisé. Les interprètes sont également parfaits et Meryl Streep incarne avec beaucoup de charisme cette femme qui est placée devant des responsabilités qui la dépassent largement, mais qui apprendra à faire front envers et contre tous. Bref, un beau film, nécessaire en ces temps de fake news.
On a beau être considéré comme un génie du cinéma, encore faut-il assumer...si je considère Spielberg comme un génie pour certains films, ici, ce n'est guère le cas. D'abord, l'intrigue dont on connaît le dénouement est légère car on ne connaîtra jamais les tenants et les aboutissants réels des "révélations" relatives à la guerre au Vietnam qui sont l'épine dorsale du scénario...Publiera, publiera pas...Le personnage incarné par Merryl Streep réussira cependant à faire sa place dans un monde de machos. Merryl Streep et Tom Hanks restent de bons acteurs, mais de bons acteurs sur le retour quand même. Pentagon papers ne restera pas pour moi une oeuvre impérissable de Spielberg ,même s'il sacrifie à la mode du "haro sur les vilains présidents des USA". J' ai coché une seconde étoile juste pour les quelques séquences documentaires sur l'édition d'un journal. Spielberg conserve toujours le sens des affaires en induisant dans une séquence finale, le sujet de son prochain film... pour lequel je ne me déplacerai pas.
Tourné illico-presto pendant la post-production de Ready Player One, Pentagon Papers a un peu la malchance de passer pour une parenthèse vite empaquetée pour le grand réalisateur Steven Spielberg, en particulier aujourd'hui où une partie assez négligeable du public s'accorde à dire qu'il n'a plus la fougue d'antan (ce qui est faux, Spielberg n'ayant simplement plus rien à prouver en ayant fait le tour de toute ses obsessions d'auteur, sa seule occupation est donc tout logiquement le devoir de mémoire, le progrès technique ou plus naïvement l'amusement de pouvoir réaliser ce qui lui plaît). Surtout que l'apport féministe contenu dans le film ne paraît pas innocent au vu de la période actuelle.
C'est donc un nouveau projet dans la lignée du cinéma "sérieux" (j'aimes pas ce terme) de Spielberg, plus dans la tranche Le Pont des Espions que s'inscrit Pentagon Papers retraçant la bataille journalistique du Washington Post pour publier les papiers du Pentagone qui révélaient au grand jour les magouilles du gouvernement U.S sur la Guerre du Vietnam. La grande honte de l'Amérique est montrée avec culot comme ayant été non-seulement provoquée pour satisfaire l'opinion publique anti-communiste mais en plus inutile, gourmand en vies humaines et perduré inutilement pour une banale histoire de ne pas perdre la face.
Mais plus qu'une histoire dénonçant une fois de plus la gaminerie politique de l'Oncle Sam, Pentagon Papers est aussi un film sur le journalisme. Ce n'est pas pour rien qu'il est nommé le Quatrième Pouvoir, car il est capable de renverser des nations, d'influencer l'opinion de la population, de permettre des voix d'êtres entendues (et aussi ironiquement de diffamer, en particulier à l'heure d'aujourd'hui, mais je m'égares). Quel que soit le message à faire passer, la liberté d'expression ne doit pas être muselé parce que le pouvoir en place, en particulier quand il se vante fièrement d'être le pays de la liberté et de surcroît le plus puissant du monde, ne devrait pas avoir à cacher ses erreurs mais de les assumer. Car si sa population ne peut pas lui faire confiance, pour quelle raison chanterait-on God Bless America avec joie devant la bannière étoilée ?
C'est donc dans ce cadre dont plusieurs messages font écho aux événements que nous vivons actuellement que Steven Spielberg nous montre une fois de plus qu'il est un maître maniant avec expertise son sujet. Les mouvements de caméras sont fluides, exploitant parfaitement les décors, combinant avec expressivité le talent de ses interprètes qui n'a rien non plus à prouver de ce côté-là. Tom Hanks, second interprète de Ben Bradlee après Jason Robards dans Les Hommes du président, incarne une figure plus crue et rentre-dedans qu'à l'accoutumée mais toujours avec autant de calcul et de capital sympathie. Capable de mettre à répétition les pieds sur la table au propre comme au figuré (et là-dessus les tables faut quand même les nettoyer) mais gardant toujours en tête l'objectif le plus important. A l'inverse mais non sans talent comme d'habitude, Meryl Streep joue la célèbre Katherine "Kay" Graham avec la sensibilité qu'on connaît à l'actrice qui ne l'empêche pas d'être passe-partout en y apportant toujours sa sensibilité qui nous attache à elle et aux causes qu'elle défend.
Ironiquement ce personnage qui amène le côté féministe du film à travers des scènes que d'aucun diront obligés mais tout de même ciblées
spoiler: (genre les scènes où seul des femmes l'accueillent sur un escalier puis seulement des hommes de pouvoir, ou une autre où elle discute avec une secrétaire. Ce n'est pas lourd mais on sait où ça veut mener et quand on le sait, c'est bien connu, ça dérange).
Sur ce point, la première scène entre elle et les financiers est bien plus parlante.
spoiler: Nous montrant une Kay Graham ayant du mal à parler à voix haute.
Pas d'artifice, juste le talent de son actrice et qui plus est complètement raccord avec le thème de la liberté d'expression. Sur un autre point, la scène où
spoiler: elle se plaint que l'on parle de la mort de son mari (et donc de facto son arrivée à son poste de prestige) comme d'un accident.
Bien plus subtil et propice à la réflexion qu'un plan où un gars l'empêche de se lever au bon moment pour un discours.
Mais cette facette du film est mineure comparée aux autres bien plus. Le cœur de Pentagon Papers se trouve dans sa réflexion sur la retranscription journalistique (et humain en général) d'un événement et par quels moyens cela peut être muselé par le mal. Un thème plus qu'aujourd'hui d'actualité (en particulier maintenant avec les réseaux sociaux, même si l'on ne se concentre pas ici sur un emballement médiatique mais sur son absence de nouvelle). Car une vérité nécessitant obligatoirement la transparence et l'accord d'honnêteté entre le journaliste et le lecteur peut facilement être remis en cause pour ne devenir que de la simple diffamation par l'absence de source adéquate ou quand cette dit honnêteté est troublée par des liens intimes avec les personnes concernés par une nouvelle (alors que les journalistes et les politiciens entretiennent des rapports privilégiés). Tout comme cette vérité peut être tempérée si elle n'est pas gérée avec doigtée (mais sans être édulcorée) au vu des répercussions énormes qu'elle peut avoir. Le sujet est tout trouvé, car l'annonce d'une guerre inutile possède l'effet d'une bombe comme nous le montre la caméra. Au-delà des rivalités entre journaux (le New York Times et le Washington Post), Pentagon Papers nous montre aussi que la vérité est un caractère sacré qui nous touche tous et qui nous fédère tous lorsqu'il est remis en question et qu'il nous doit de réagir pour sa survie, en commun.
La réponse que Steven Spielberg nous donne à tout cela est pourtant des plus simples: Rester intègre, respecter la liberté d'expression et surtout respecter la vérité des faits quelque soit les enjeux si cela est le plus juste (pas seulement si elle nous le paraît, seulement si elle l'est). On pourra toujours dire que c'est naïf étant donné l’imbroglio compliqué que représente la politique et l'embrasement que peut avoir l'opinion publique devant une nouvelle, mais n'est-ce pas justement parce que la réponse est naïve qu'elle peut s’avérer être la bonne ?
Pentagon Papers peut éventuellement être considéré comme un film mineur dans la filmographie de Steven Spielberg. Mais il est en revanche un film majeur pour l'apport d'une nouvelle pierre sur l'édifice du devoir de mémoire en ce qui concerne les valeurs à défendre sur la communication et les injustices d'état (le féministe on va dire que c'est un bonus, c'est pas comme si on allait s'en plaindre). En attendant Ready Player One qui apporte un peu de légèreté, on peut se revoir l'inoubliable et tout autant maîtrisé Les Hommes du président d'Alan J. Pakula moins parlant sur l'intégrité journalistique mais tout autant sur la nécessité de retranscrire des faits véridiques.
spoiler: Et puis bon, ce plan final, Spielberg nous invite carrément à le revoir.
En petite forme le père Spielberg ces dernières années ? Pour dire une telle sottise, il faut avoir éviter plusieurs de ces films de la dernière décennie. Et ce film montre qu'il est dans une certain continuité, celle de "Lincoln" et "Le pont des espions" notamment. Film dossier sérieux et prenant, il nous immerge dans une Amérique sur le point de perdre son innocence. S'il n'est pas le 1er à le faire, il le fait à sa façon, avec son talent et ses convictions. Visuellement, il fait moins dans le classicisme que sur les films cités plus haut. Sa caméra virevolte, trousse des mouvements élaborés, happe le spectateur. Confronté à un scénario loin d'être cinématographique (des gens dans des pièces qui discutent, parfois au téléphone), il appuie le propos en faisant du tout un film d'espionnage haletant, avec des travellings dynamiques, le tout entrecoupé de plans plus longs où les acteurs ont le temps de donner leur pleine mesure (et il a un casting incroyable pour). Vibrant, le film donne son poids de vue, forcément dogmatique, mais il représente la colère d'hommes et de femmes qui vivent la fin d'une époque. Plus de collusion avec des politiques, une presse libre et indépendante, au service des gouvernés et non des gouvernants. Un point de vue noble, exposé avec parfois un manque de nuances, mais toujours juste. Mise en scène intense, scènes captivantes, acteurs incroyables scénario prenant, un petit bijou de narration qui rappelle la bonne santé artistique du bonhomme. Et surtout, le film ne donne qu'un aperçu de l'affaire, qui recèle de nombreux protagonistes (on pourrait imaginer suivre le parcours du 1er journaliste qui a bossé sur l'affaire pour le compte du TImes, le mythique N. Sheehan). D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Un film instructif car je n'avais pas connaissance de cette histoire. Et qui de mieux qu'un réalisateur de talent mettant en scène les deux plus grands acteurs de notre époque plutôt qu'un prof d'histoire de lycée ? On a là une oeuvre de qualité menée par deux personnes qui savent véritablement jouer. Le regard de Tom Hanks ou l'humanité de Meryl Streep, tout est réuni.
Du très bon Spielberg (si tant est qu'il y en ait du mauvais). Un fait divers bien raconté pour nous rappeler l'importance de la liberté de la presse. Et un duo d'acteurs au sommet comme ils le sont toujours. Bref de quoi bien attaquer 2018 !
Un scénario intéressant, qui nous plonge dans des faits historiques qui le sont tout autant mais cela manque de suspense : je n’ai pas accroché. Les personnages aussi manquent de profondeurs, même s’ils sont servis par des acteurs remarquables. On s’attendait à mieux.
Du Très Grand Cinéma . Le dernier film de Steven Spielberg (2018) révèle toute la force, la puissance et la grandeur de vue du réalisateur . Spielberg n'a jamais aussi bien défendu une cause que son pays . le film nous plonge sur une longue période de plus de trente ans de silences, mensonges et manipulations de l''état US concernant notamment la guerre du Vietnam . Si le film est passionnant de bout en bout, on le doit certes aux évènements historiques décrits mais surtout au procédé narratif . D'aucun autre réalisateur nous aurait servi peut être un bon film mais certainement didactique et analytique d'une situation compliquée. La force du réalisateur est de nous servir un véritable thriller puissant, passionnant et au scénarion aussi riche que millimétré . Nul ennui tant on est captivé par tous les rouages qui s'imbriquent les uns aux autres . Spielberg (mais ça on le sait depuis longtemps) démontre à nouveau sa maitrise et son savoir faire, son savoir raconter ! Mieux sans verser dans un américanisme béat, il nous donne à réfléchir que malgré tous ses travers , ses erreurs et ses excès, les états unis sont une Grande Nation capable du meilleur car elle a en son sein (ses institutions) tous les outils de contre pouvoir dus à une Grande Démocratie . Le film est autant de ce point de vue un hymne à la liberté de penser, de la presse et des contre pouvoirs sans quoi toute démocratie peut ne fonctionner que partiellement . La démonstration est puissante autant que passionnante . Et puis, comme souvent (là aussi !) le réalisateur s'est entourré des meilleurs notamment Meryl STREEP, Tom HANKS, Sarah PAULSON inspirés et habités par leurs rôles ! UN Grand Plaisir pour du Grand Cinoche !
The Post, traduit par Pentagon Papers dans la version française, est un film bizarre. Le sujet traité est passionnant mais n'est pas pour autant des plus divertissants. La mise en scène est dynamique, virtuose comme on peut l'attendre chez Spielberg, mais cela n'empêche pas que l'on s'ennuie, qu'on puisse trouver le temps long ou même s'assoupir quelque peu.
Le problème majeur au sujet des films basés sur des faits réels, c'est que, lorsque l'histoire est trop connue, elle ne peut plus étonner. On subit la campagne de presse qui au lieu de critiquer le film ne fait que nous rabâcher les éléments historiques narrés dans le film. Même s'il aurait été préférable de parvenir à fuir tout le bruit autour. Mais à moins d'être aveugle, sourd, de ne pas s'informer, il était trop difficile de ne pas connaître l'importance de cette histoire. Tout cela ruine la majorité des enjeux dramatiques du film.
Pourtant Meryl Streep et Tom Hanks sont excellents. La tension est là, l'histoire est là, les enjeux sont là mais le résultat est connu. Publier ou ne pas publier les papiers qui révèlent les mensonges de l'administration américaine sur la guerre du Vietnam. Une grande partie de l'intrigue est basée sur cette décision qu'on connait déjà. Alors, oui, la scène de la décision est exceptionnelle. Il était inimaginable avant ce film de rendre aussi dynamique une séquence où les personnages se parlent simplement au téléphone. Champ, contrechamp, changement d'angles, d'éclairage et surtout, le visage de Kay Grahm, patronne du Post, jouée par Meryl Streep qu'on ne présente plus. Son émotion, sa voix chevrotante, ses doutes, ses craintes, ses yeux mouillés et enfin son affirmation. Ce moment vaut tous les films, même lorsqu'on sait ce qui arrive, on est bouleversé.
On pense forcément au récent Spotlight devant Pentagon Papers. Le sujet de ce film était également la presse mais avec une histoire moins connue qui réservait par conséquent des choses plus intenses au niveau de la dramaturgie. Mais les Pentagon Papers sont plus matures, la mise en scène est plus ambitieuse. Ce film est loin d'être au premier degré, il est impossible d'accuser ici Spielberg de naïveté. Les subtiles références au féminisme, les petites allusions au drame du Vietnam et à la vacuité des personnes qui y ont mené. Les relations d'amitié entre les personnages, et surtout l'iconisation de Kay dans une séquence à la sortie de la Cour Suprême où elle est filmée en contreplongée en descendant des marches et contemplée par les femmes venues manifester. Et ce film fourmille de plans qui à eux seuls valent le déplacement et le prix du billet.
Le rythme n'est pas toujours haletant, le message peu paraître banal mais il n'est pas inutile de le rappeler dans cette époque trouble. La liberté de la presse n'est pas négociable et est une condition indispensable à l'existence de la démocratie. Beaumarchais l'a dit il y a bien longtemps, sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur.
Blâmons ce film pour ses faiblesses mais ne manquons pas d'en faire l'éloge pour sa virtuosité et sa force.