Chaque personnage, chaque pan du scénario se veut écrit, filmé avec une seule idée directrice : ne nous laisser aucune certitude. Le qui, le quoi, le pourquoi, le cinéaste ne nous donnera que ce qu’il a envie de nous donner et jamais de la manière qu’on aurait imaginé. Un principe qui va au-delà de ce qu’on peut voir à l’écran puisqu’il touche aussi les thèmes que le métrage évoque, notamment la religion.
L'hôtel El Royale est construit sur la frontière qui sépare le Nevada de la Californie. Il a connu au début des années soixante son heure de gloire ; mais dix ans plus tard il est tombé à l'abandon et n'est plus guère géré que par un seul garçon d'étage (Lewis Pullman) C'est là que se retrouvent quatre personnages : un prêtre amnésique (Jeff Bridges), une chanteuse de blues sans le sou (Cynthia Erivo), un VRP trop bavard (Jon Hamm) et une jolie pépé (Dakota Johnson). Chacun cache un secret.
"Le cinéma selon Goddard" (Libération ! Si tu me lis, embauche moi !). Drew Goddard s'était fait connaître en 2011 avec son premier film, "La Cabane dans les bois", un "slasher" plus malin que les films du genre, produit pour trente millions de dollars et qui en a rapporté le double. On l'attendait au tournant. Le revoici sept ans plus tard avec un film bien différent.
"Sale temps à l'hôtel El Royale" ressemble à une pièce de théâtre. Tout le film se déroule entre les quatre murs d'un hôtel, isolé au milieu de nulle part, quasiment sans clients, qui cache derrière ses miroirs sans tain des portes dérobées et des couloirs secrets. Les décors, la musique ressuscitent une époque : celle de la fin des années soixante, de Woodstock, de Charles Manson dont Chris Hemsworth - dont l'entrée en scène se fait longtemps attendre - constitue un double à peine déguisé.
Le film a trois défauts. Le premier est perceptible dès la bande-annonce. Celle-ci commence comme une comédie qui mettrait en scène quelques clients rassemblés dans un sympathique lieu de débauche, pour tourner quelques secondes plus tard, au drame. Entre ces deux registres, "Sale temps à l'hôtel El Royale" hésite sans jamais choisir. Le second est que l'opacité des personnages disparaît rapidement. On comprend l'histoire de chacun - grâce à quelques pachydermiques flashbacks - et la coïncidence de leur rencontre. Si bien que, faute de suspense, la tension dramatique se relâche et qu'on devine par avance vers quelle conclusion le film se dirige. Le troisième est que ladite conclusion tarde à se dessiner. "Sale temps à l'hôtel El Royale" aurait pu durer une heure trente et constituer un film sympathique et joliment troussé. Il dure cinquante minutes de plus et y perd en densité.
Sale temps à l'hôtel El Royal veut être un film cool, bavard, gore, au scénario complexe, dans la veine de ce que peut pondre Tarantino. Par certains aspects, c'est une réussite : la direction d'acteur est maîtrisé, la BO est excellente et l'ambiance de cet hôtel si particulier est prenante. En revanche, pour le scénario, on repassera... Ce n'est pas complexe et entrecroisé, le film est naturellement divisé en chapitre et tout cela s'apparente plus à un concours de circonstance et alors tout ce que le film raconte, c'est l'histoire de coïncidences. Mouais... Les personnages sont bâclés (exception faite à Darlene Sweet), le "méchant" n'arrive qu'au dernier quart comme un cheveu sur la soupe pour clore l'histoire, c'est n'est pas gore, c'est n'est pas subversif, bref, ce n'est pas un bel hommage au cinéma de Tarantino.
Ce thriller est construit dans une ambiance sombre, avec un lieu isolé et avec des personnages à caractères très différents. Le scénario est très bien théâtralisé par les acteurs, ce qui nous plonge totalement dans l’atmosphère du film du début à la fin. Une production surprenante, pleine de rebondissement tout le long ! Bon moment.
J'ai beaucoup apprécié l'originalité du film. Cela change de ce qu'on a l'habitude de voir. Autant dire qu'il y avait tous les éléments pour faire un super film. Malheureusement j'ai trouvé tout cela bien long pour l'histoire que l'on nous raconte. Le film perd de son intérêt vers le milieu. C'est bien dommage parce que le concept était vraiment super !
Je viens de voir le film aux USA en version originale. Je n'ai pas tout compris au niveau des dialogues (je ne suis pas vraiment bilingue) mais le film m'a captivé du début à la fin, surtout à la fin. Un excellent métrage au scénario surprenant doté de très bons acteurs. La paire formée par Jeff Bridges et le premier rôle féminin (l'actrice noire dont je ne connais pas le nom) se révèle touchante et la qualité de jeu est au rendez-vous. Sans oublier la belle Dakota Johnson, à la fois vénéneuse et candide. Et de belles surprises, les faibles s'avérant ne pas être ceux que l'on supposait. En prime, une bande-son de qualité truffée de standards incontournables. Au final, un vrai plaisir, mais qui ne plaira pas aux amateurs de films d'actions aussi décérébrés qu'eux. Je le conseille vivement et je retournerai le voir en version française. Sinon, une précision importante, le film ne fait pas 2h22, mais 2h10 en fait et le temps passe vite, très vite.
Un Tarantino-like affreusement long et vain qui dénote avec sa bande annonce pêchue et roublarde. L'intérêt réside finalement dans le casting tant les promesses d'un polar retors et pervers s'estompent.
Ce film est réjouissant à plus d’un titre : il propose un univers original, habité par une intrigue riche en rebondissements et en niveaux de lecture, le tout soutenu par un casting étincelant. Le réalisateur Drew Goddard n’a pas son pareil pour cultiver le mystère : après avoir travaillé comme scénariste sur la série Lost, les films Cloverfield ou encore Seul sur Mars, on l’a également remarqué dans sa première réalisation, La cabane dans les bois, où il questionnait la fabrication et la culture du sentiment de peur, déconstruisant littéralement le genre du cinéma horrifique. Dans El Royale, il poursuit ce questionnement sur la mise en scène et le pouvoir des images en jouant perpétuellement avec les points de vue et les situations de mises en abîme. Tel le spectateur découvrant les différents pans de l’intrigue, les personnages du film réalisent qu’ils sont également manipulés et trompés par les apparences ou le décor. La mise en place du film est virtuose, parsemée de plans-séquence et de très bonnes idées de mise en scène, dévoilant l’intrigue tel un rubik’s cube. Composées des plus grands tubes soul de la Motown, la délicieuse bande-originale est un support essentiel à la construction de plusieurs scènes. En plus d’être un habile scénariste, Drew Goddard prouve donc qu’il est aussi un réalisateur accompli. Malheureusement, le troisième acte n’est pas à la hauteur de cette brillante mise en place : le scénario devient moins rigoureux, répétitif et se conclut par un vulgaire jeu de massacre « à la Tarantino » un peu vain. Cette fin anecdotique part pourtant d’une bonne intention : en plongeant ses personnages, tous archétypaux de grandes figures de la société américaine, dans un hôtel autrefois glorieux mais devenant le théâtre d’un sordide carnage, Drew Goddard tente une métaphore de la violence propre à la construction du rêve américain. Une idée ambitieuse mais pas suffisamment aboutie, empêchant ainsi l’entreprise El Royale d’être complètement couronnée de succès.
C'est un film moitié/moitié, avec une intrigue qui semble passionnante dans sa première partie et cette même intrigue qui tombe à l'eau par la suite. Je me sens obligé de mettre 2,5. Alors que les décors sont fous, la première scène est un régale, les moments surprenants le sont vraiment : j'ai sursauté trois fois dans mon siège. Ce film est marquant, à plein de qualités, mais c'est vrai que les scènes tirent en longueurs inutiles. Toutefois, on ne s'ennuie pas, aspirés par les images, la mise en scène et les mouvements de caméra. Peut-être ces longueurs permettent-elles de construire des effets de surprises !? Les vrais points noirs de ce film sont les personnages, un pannel d'Américains caricaturés : un spoiler: pasteur bandit, une femme noire qui s'en sort seule, l'ancien combattant, le gourou d'une secte et ses fidèles . Le personnages de Miles est totalement absurde, il est mauvais, il surjoue le gamin pas sur de lui, il est un peu lourd et même le maquillage qu'on lui a vaguement peint sur le visage est totalement raté. Quand il déclare "123" (ceux qui ont vu le film, comprendront), une quantité de personnes à rigolé dans la salle. Les deux soeurs sont aussi relativement difficile à supporter : on ne croit pas à leur histoire (ni même à celle des autres), la petite doit jouer un espèce de personnage de film d'horreur de fille mignonne-méchante à frange. Ne parlant pas de ce type qui arrive à la fin du film et qui reprend les rennes du sens de ce film. C'est assez décevant, la où l'on pensait suivre une intrigue avec un suspens insoutenable, on comprend vite que notre suspens Hitchcockien se terminera dans un cahos, un enfer infâme et sans consistance scénaristique. On le comprend assez vite d'ailleurs, au milieu du film, pendant une scène clé qui est très réussie et réutilisée plusieurs fois sous différents angles.
Une première moitié bien maitrisée, bande son, casting ambiance et mise en situation tout est aux petits oignons... Et puis malheureusement le film se perd en route, et la fin traine en longueur pour pas grand chose.. Ça reste quand même dans l'ensemble un film pas mauvais.. 3/5
C’est comme si Tarantino était venu écrire le scénario, les personnages, les situations, et l’histoire, mais qu’il avait donné la réalisation à son enfant en cours d’apprentissage. Drew Goddard n’a pas le talent de QT pour mettre en scène la violence, les obsessions, les névroses et surtout les histoires à tiroir. Sale temps à l’hôtel el royal est donc un film fun, rythmé, musical, violent, mais manque d’un petit quelque chose que des réalisateurs comme QT ou les frères Coen auraient apporté. Malgré quelque longueur, efficace et intriguant. Jeff Bridges est mémorable.
Avec une telle bande annonce, un tel casting et de telles promesses, j'avais forcément envie d'aller le voir. Pour une raison qui m'échappe, j'ai pas mal associé ce film à l'excellent Identity. A tort, ce n'est pas du tout la même histoire. Un début en fanfare, prenant avec un suspens haletant. Et puis, à mesure que les masques tombent, que les possibilités s'amenuisent, le film perd peu à peu de sa saveur pour finalement proposer un film aux morales classiques et conventionnelles : le bien contre le mal, les personnes qui se repentissent. Pourtant, il y a tout dans ce film : des scènes vraiment jubilatoire et merveilleusement filmées (et non, ce n'est pas à la sauce "Tarantino") ; de vraies histoires avec des personnages travaillés avec chacun un passif précis et concis ; une diversité de caractères offrant un panel magnifique de l’Amérique de l'époque ; un casting 5 étoiles ; un aspect brut et réaliste qui fait réellement plaisir. Si le contenu global brille sincèrement, il manque un petit quelque-chose pour faire vaciller ce film en coup de coeur, notamment la seconde partie et le final qui auraient mérité plus d'originalité. L'exercice de critique est toujours facile en tant que spectateur car les attentes sont toujours différentes de celle du réalisateur et du scénariste. Mais c'est un film qui change, bourré de qualités et qu'il faut avoir vu, mais ne vous attendez pas au meilleur thriller de votre vie.
J’ai aimé l’univers tarantinien du film ainsi que son intemporalité. L’intrigue reste cependant légère au point de rester un peu sur sa faim.... je regrette également une 1ère partie lente, qui peut paraître longue... la bande annonce nous a fait des promesses qui n’ont pas été tenues...dommage.