Le film ne m'a pas passionné outre mesure. Je n'y ai pas trouvé l'ironie ou le rire parfois grotesque des films des frères Cohen qui lui seront postérieurs.
Apprenant que sa femme le trompe, un patron de bar décide de faire abattre celle-ci et son amant. On retrouve dans ce premier film des frères Coen plusieurs embryons de sujets ou de styles qui seront développés dans leur filmographie : la peinture de l'Amérique rurale, le film noir fataliste, la violence physique et psychologique, les références religieuses ou antiques... "Blood Simple" fait parfois presque figure d'ébauche simpliste quand on voit le reste de leur filmographie, mais il serait justement dommage de se limiter à cette comparaison, car il s'agit d'un polar de qualité. Des acteurs très convaincants (dont une jeune Frances McDormand dans son premier rôle), des couleurs noir et bleu travaillées, une mise en scène inspirée avec quelques images qui restent en tête. On reprochera peut-être quelques petites longueurs, mais "Blood Simple" demeure à découvrir pour les amateurs des frères Coen.
Premier long métrage des frères Coen qui a des allures de polar nocturne moiteux et qui font leurs entrées dans les cinéastes de génies du septième art en 1985 pour une œuvre indépendante ! On est dans les hôtels et routes Américaines, un homme paye un tueur pour assassiner et retrouver sa femme et son amant, il va y avoir beaucoup de péripéties dans l'histoire du style "Je l'ai tué, non il est toujours vivant" , des rebondissements dans une atmosphère et un univers assez glauque. C'est Joël Coen le réalisateur, Ethan Coen le producteur et les deux au scénario, c'est souvent ça dans leurs collaborations et avec "Blood Simple : Sang pour sang" , c'est un chef d'œuvre qui marque les esprits. Les comédiens sont tous remarquables, John Getz, la désirable Frances Mc Dormand, M. Emmett Walsh pour citer les plus célèbres. La musique nous met dans l'ambiance. A noter, le directeur de la photographie du film s'appelle Barry Sonnenfield , le futur réalisateur de "La famille Addams" et "Men in Black" , qui montrait à l'époque ses talents tout comme les frères Coen.
Ce premier film des frères Coen est déjà une belle réussite annonciatrice d'œuvres remarquables. "Blood simple", thriller noir et glauque est superbement écrit et réalisé, il réserve quelques scènes glaçantes et mémorables. Tous les amateurs du style des deux frères ne peuvent qu'être happés par ce film fondateur.
Thiller néo-noir dramatique coécrit par Ethan et Joel Coen, et réalisé par ce dernier qui signe là son premier long-métrage derrière la caméra, Sans Pour Sang est un très bon film. L'histoire nous fait suivre Julian Marty, un tenancier d'un bar texan qui suspecte son épouse Abby d'entretenir une liaison adultère avec Ray, un de ses barmans. C'est alors que le mari trompé charge un homme de tuer le couple. Ce scénario s'avère prenant à visionner pendant toute sa durée d'à peine plus d'une heure et demie. L'intrigue nous plonge dès les premiers instants dans un polar qui va devenir de plus en plus sombre au fil des minutes. Le rythme se veut lent, peut-être un peu trop, et le ton sérieux, malgré quelques toutes petites pointes d'humour. Tout ceci donne lieu à des scènes d'une violence froide et réaliste. L'ensemble est porté par des personnages bien écrits, interprétés par un quatuor d'acteurs convaincants comprenant John Getz, Frances McDormand, qui fait ici ses premiers pas au cinéma, Dan Hedaya et M. Emmet Walsh. D'autres rôles plus secondaires sont assurés par Samm-Art Williams et Deborah Neumann. Tous ces individus entretiennent des rapports tendus. Des échanges soutenus pas de bons dialogues comportant quelques répliques bien senties. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère extrêmement qualitative. Sa mise en scène nous gratifie de superbes mouvements de caméras et évolue dans des lieux bien choisis. Elle se veut soignée et particulièrement maîtrisée alors même que c'est son premier essai. De plus, la photographie est particulièrement léchée, notamment à la faveur de l'éclairage remarquablement travaillé, offrant des plans marquants grâce à ses multiples teintes lumineuses. À cela s'ajoute quelques transitions brillantes. Ce visuel impeccable est accompagné par une . collant parfaitement avec l'atmosphère et le propos, mêlant des titres de chanteurs déjà établis et des compositions signées par Carter Burwell. De surcroît, elle possède un thème principal au piano qui confère à l'œuvre une identité musicale propre, même si ce dernier n'est pas mémorable pour autant. Reste une dernière partie particulièrement réussie avant de s'achever sur une fin satisfaisante. En conclusion, Sang Pour Sang est un film méritant d'être découvert, surtout pour son aspect formel qui fait office de leçon et de modèle à suivre dans le milieu du septième art.
Le premier bijou des frères Coen (1984) qui n'a pas pris une ride et a inspiré tant de films noirs tant chez eux que chez d'autres. Film inclassable, avec du Hitchcock, du dessin animé… et beaucoup de Cohen qui nous donneront encore bien du plaisir. Rythme, cadrages, lumières, musique, tout est bon. Des acteurs impeccables, tous losers insouciants, hors du monde, avec leur actrice qui deviendra fétiche, Frances McDormand, et un Emmet Walsh au top qui incarne un privé tout à fait lunaire… mais le côté sombre.
Premier film des frères Coen et deuxième visionnage pour moi. J'avais un très bon souvenir de ce long métrage et j'ai voulu le revoir, j'avais oublié beaucoup de détails. Sur ses airs de banal thriller, Blood Simple est en fait une subtile harmonie entre polar noir digne des films avec Humphrey Bogart et oeuvre hitchcockienne de part son suspense omniprésent. D'autre part, j'ai remarqué l'influence qu'à eu ce film sur Tarantino, notamment le bar Texan, très ressemblant à celui de "Death Proof" par ses couleurs et son jukebox. Premier film rime souvent avec petit budget, les acteurs sont inconnus mais ça ne les empêche pas de très bien jouer. Note spéciale pour le détective privé, un dingue au rire sarcastique et a l'humour noir, caractéristique prépondérant dans la filmographie des Coen. Pour couronner le tout, la fin est magistrale et digne des meilleurs polars noirs.
Version nouvelle director's cut, très efficace, avec un démarrage apparemment banal, une tromperie et le mari qui se fâche… mais le malin n'est pas celui que l'on croit, chacun pense que l'autre est l'assassin, bref, on se croirait dans les Diaboliques. Mcdormand fait des débuts remarqués dans l'univers des Coen. Emmet Walsh incarne un détective privé truculent et âpre au gain. La force des cadrages, l'originalité des prises de vues composent un film noir rempli de couleurs, de scènes improbables soutenues par un musique jamais ostentatoire mais suffisante pour faire monter l'adrénaline dans ce bar minable de l'Amérique profonde. DVD vo - novembre 21
J'ai adoré les retournements de situation, les quiproquos entre les personnages... On va d'étonnement en étonnement . C'est très bien ficelé et on ne voit pas le temps passé.
Un petit bijou méconnu des frères Coen, une oeuvre qui se savoure à petit rythme donc pas pour les pressés, ici pas d'action non-stop, mais une attention particulière aux détails, une écriture impeccable et des acteurs charismatiques.
Sang pour sang est souvent encensé, mais je n’accroche pas du tout au style des Coen. Ce thriller néo-noir me paraît froid, prétentieux et sans véritable tension. L’intrigue traîne, les personnages sont rigides, et la mise en scène n’apporte rien.
Certains crient au génie, mais pour moi, c’est juste un film pour ceux qui aiment se croire plus intelligents que les autres. Je suis totalement hermétique à ce style, qui me laisse froid.
Très bon film des Frères Coen, avec un suspense dont ils ont la recette, la tension est palpable et l'ambiance est pesante. Vraiment fort pour un premier film, une vraie leçon de mise en scène car les prises de vues sont grandioses. À ceux qui cherchent un film d'action passez votre chemin.
Toute la maestria des frères Coen se ressent déjà dans leur premier film. Un suspens aux petits oignons. Un scénario sympathique et des personnages hauts en couleurs.
Le sujet est initialement un banal adultère dans une Amérique provinciale tout aussi commune. Situation courante et personnages ordinaires qui, sous le seul effet de la mise en scène des frères Coen, prennent un relief et des proportions insoupçonnés. Lent et taciturne, le récit détaille une mécanique macabre, particulièrement astucieuse et malicieuse, au long de laquelle les quatre protagonistes seront conduits à spoiler: verser le sang. Les rebondissements sont surprenants mais pas spectaculaires ; ils s'inscrivent dans un récit intimiste en tant qu'incidents simples et logiques d'un crime qui n'est pas parfait, d'un crime qui n'en finit pas de produire immanquablement des effets secondaires pervers. Un mari qui projette d'éliminer son rival et sa femme, un détective privé sans scrupule engagé à cette fin, un amant maladroit qui pense tirer profit de la situation : chacun des personnages se confronte à des contrariétés et impondérables. En cela, le film des frères Coen évoque constamment l'œuvre d'Hitchcock, ses crimes imparfaits, ses moments de suspense où l'ironie perce derrière la gravité. Hitchcockiens mais tout de même à leur manière - ils puisent dans l'univers d'Hitchcock tout en imposant leur style- Joël et Ethan Coen, pour leur premier film, font preuve d'une simplicité et d'une rigueur tout à fait singulière et maitrisée.