Matrix Resurrections
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DamienReloaded
DamienReloaded

35 abonnés 66 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 janvier 2022
Si on aime parler de "trilogie Matrix", force est de reconnaître que le premier opus se suffisait à lui-même. Les deux autres volets étant surtout des défouloirs visuels repoussant les limites de ce qui avaient fait jusqu'à présent, et prétexte à étendre un univers inutilement fourni (animation,jeux vidéo, comics...).
Personne n'attendait Matrix 4, surtout dans la forme d'une suite directe et c'est peut-être le propos de ce film : l'inutilité de perpétrer une oeuvre.
Les personnages se cherchent, à l'image comme le spectateur qui espère l'euphorie des premiers instants, la nostalgie les guidant tous vers quelque chose d'inaccessible .La meilleure illustration n'est-elle pas le mérovingien (notre Lambert Wilson national) vestige des temps anciens et dont l'apparition est aussi courte, qu'inutile scénaristiquement.
D'ailleurs pas de révolution visuelle comme en sont temps, pas de batailles fulgurantes, pas de retournement de situation.
Matrix 4, c'est tout en moins bien, la reprise au générique de fin de "Wake up" (de Rage against the machine) par Brass against incarne parfaitement la tentation artistique de refaire inlassablement tout en moins bon fatalement. A ce titre, Matrix Résurrection est une bonne mauvaise suite.
Henry Jones Jr.
Henry Jones Jr.

38 abonnés 212 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 janvier 2022
Matrix Resurrections - « It is so much simpleir to buy reality than it is to dispose of dreams ».

« Cheval de Troie », « hacking cinématographique », « anti-blockbuster », « anti-suite », « demake », « déception programmée », Matrix Resurrections déçoit autant qu'il fascine. Mais que l'on aime ou non, on ne peut que saluer ce coup de théâtre qu'est Resurrections, dont on attendait rien mais qui nous donne tout ce qu'on attendait pas.

Réalisatrice libre comme l'air et indépendante mentalement, sexuellement, et artistiquement, Lana Wachowski fait appel à la nostalgie, aux clins d'oeils et aux flash des premiers films telle une réminiscence du passé, pour nous rappeler que « c'était mieux avant ». Pour nous rappeler que l'industrie du blockbuster ne fait que tourner en rond et que Matrix quatrième du nom n'est que la résultante d'un système mercantile, prédisposé à faire du chiffre et rien de plus. C’est très exactement ce qu'elle va pointer du doigt, en se moquant des grands studios, de leurs attentes, et de l'attente du grand public.

Dans la réalité de Resurrections Neo est de nouveau branché à la Matrice après avoir joué son rôle d'élu dans Revolution. Dans cette nouvelle réalité Matrix est une trilogie de jeux vidéos à succès créée par Thomas Anderson, dont la Warner espère une suite, un quatrième volet. Une mise en abyme habile où le quotidien de Neo est à l'image des séquences de brainstorming durant lesquelles l'avenir de la franchise est discuté. Les discussions se répètent inlassablement, font du surplace, peine à trouver un sens à une franchise que ces marketeurs ne comprennent probablement pas. On parle de vouloir en faire une nouvelle révolution, car « This cannot be an another reboot, retread or regurgitate », cependant on peine à trouver de la nouveauté, les principales idées se limitant qu'à un « we need a new bullet time ». Tout ce qui devait être raconté l'a déjà été dans la trilogie. Tout comme Neo nous devenons spectateur de sa propre impuissance et de sa propre inutilité, dans un monde qu'il ne comprend plus et qui le maintient en laisse. Lui qui veut innover, proposer du neuf, se retrouve acculer par un studio qui veut le priver de son libre arbitre, de sa liberté d'imaginer, de rêver. Il n'est plus que l'ombre de lui même, piégé dans sa propre franchise, ses propres lignes de code. A travers la fenêtre de son appartement il assiste jour après jour à ce groupement d'oiseaux qui vole comme une meute programmée pour agir ensemble d'une pensée indissociable. Doit-il faire parti d'un troupeau jusqu'à la fin de sa vie ?

Neo sait qu'il est promis à de grandes choses, mais pourtant seul le « déjà-vu », apparaissant sous les traits d'un chat noir, trouve son chemin dans cette « ligne sans fin » qu'est la Matrice et lui permet de s'en sortir, paradoxal ?
Aller vers cette femme dans ce café, Tiffany, alors que rien ne le disposait à le faire, est la première étape pour lui de se réveiller. L'autre lumière au bout du tunnel se trouve être un Morpheus devenu l'ombre de lui même et surgissant d'un cabinet de toilette. Se targuant d'un « tragédie ou farce ? », celui-ci se questionne lui-même sur ce qu'il est devenu, sur ce qu'est devenu Matrix. Il répétera par la suite les paroles exactes du Morpheus du passé dont les images, issues du jeu vidéo dans cette réalité et du premier film dans la notre, défilent sous les yeux de Neo, agrémentant ses fins de phrases de « bla-bla-bla », se moquant de cette nostalgie ambiante dont on s'accroche tous. Comme lui nous connaissons ces scènes et répliques par cœur, pourquoi alors les répéter ?
Puis lorsque Neo se réveille on se demande alors s'il redeviendra un guerrier, s'il enfilera à nouveau son plus beau manteau et sa plus belle paire de lunettes pour combattre des programmes dans des décors où la symétrie de l'architecture est là pour nous rappeler que tout cela n'existe pas ?
Mais à quoi bon....Reloaded et Revolution sont parmi les films les plus chères de l'histoire, mais qui en parle encore ? Qui voue un culte à ses deux volets maudits qui ont sans doute tout autant déçu à l'époque ? Pourquoi vouloir repousser les limites de la technologie comme ils l'ont fait et faire de Resurrections un spectacle ambitieux si le grand public ne suis pas et ne retiendra que les « bullet time » ? Le parcours initiatique de « l’Élu » n'est t-il pas le plus important finalement ? La miteuse scène d'action dans un hangar est là pour nous le rappeler, de l'action pour de l'action et rien de plus. Neo doit combattre Smith, la mise en scène, les vêtements, ou la maîtrise du kung-fu ne vont rien changer à la finalité du combat. Comme Neo le dit si bien, « I'm done with fighting », il n'a plus rien à prouver, comme la trilogie, comme le talent de Lana Wachowski.
Cependant après avoir révolutionné le cinéma Matrix peut-il se permettre d'être banal, de ressembler à n'importe quel autre film de science-fiction ? Le film nous remet inlassablement les pendule à l'heure, réaliste sur sa propre condition. « Il ont pris ton histoire, et l'ont transformé en quelque chose de banal » souffle Bug à l'oreille de Neo.

Neo n'est plus que spectateur d'un combat qui n'est plus le sien. Un combat habilement mené par une nouvelle équipe. Mais c'est Trinity la véritable héroïne, celle qui a tapé dans l’œil de Neo dans cette nouvelle matrice, sans qu'il n'est jamais osé l'approcher, la seule qui aurait pu lui faire ouvrir les yeux plus tôt. Mais peut-être qu'il n'en avait tout simplement pas envie, pas envie de se souvenir et de continuer de vivre sa vie tranquillement. Tout comme Lana aurait voulu tourner la page plutôt que de rentrer dans ce bureau et serrer la main de ces costards cravates ?

Brillant et habile dans son écriture sur laquelle tout repose, Resurrections est la plus belle lettre ouverte à un industrie où Lana ne se reconnaît plus, et dont elle torpille la paresse. Rares sont les films qui questionnent leur propre existence et leur propre utilité. Au final, Neo a retrouvé son amour de toujours mais qu'à t-il fait d'autre ? Les véritables vainqueurs de Matrix Resurrections ne sont-ils pas les spectateurs, ceux qui ont su lire entre les lignes ? La plus grande valeur du film n'était-elle pas de nous faire nous demander ce que nous spectateurs, ici sur notre siège après avoir payé notre place de cinéma, nous nous attendions réellement à voir après 19 ans ?
Anne S.
Anne S.

20 abonnés 71 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 10 août 2023
Lent, peu d'action, des pseudo réflexions. La mythologie de la saga remise en cause, bref dans la lignée de ce qui se fait actuellement dans les films grand public US. Dommage d'avoir fait une suite.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 24 décembre 2021
J'ai trouvé un formidable hommage au travail des Monty python dans ce film comique à grand budget.
Des personnages et des scènes absurdes avec un Keenu Reeves paumé qui ne comprends pas ce qui lui arrive donnent un spectacle jouissif.
Les fans de Perceval de Kaamelott percevront une qualité d'écriture impressionnante.
On peut espérer une version longue qui,je suppose,aura des plans de plus de 3 secondes pour connaître un peu plus la raie robot qui parle avec ses yeux,de loin le personnage le plus subtil du film.
La fin "pouvoir de l'arc en ciel woke" est tellement émouvant.

Un futur classique.
gunbuster

432 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 décembre 2021
Comme pour tout film marquant du cinéma, on est à la fois excité de voir la suite imaginée par l’une de ses créatrices, tout en étant soucieux de ne pas être un énième remake/suite lambda pour traire la vache du fandom, comme l’avait fait Georges Lucas ou Hideaki Anno avec leur « nouvelles » trilogies.

La première chose à dire est que le film passe beaucoup trop de temps à s’auto-référencer, que la boucle se répète avec des variantes, et que les protagonistes sont condamner à revivre les mêmes évènements avec quelques subtilités.

Une grosse moitié du film est un simple décalque assumé du premier film, allant jusqu’à en jouer sur le plan humoristique, où le premier film est devenu un jeu vidéo dans l’univers de la Matrice.

On n’oublie pas les dialogues ultra-méta où le patron ubisoftien dit d’un naturel : « Warner Bros. veux une suite, avec ou sans nous. »

Pour éviter le remake anonyme, les personnages ont légèrement évolué, avec le casting renouvelé : Morphéus interprété par Yahya Abdul-Mateen II, qui nous fait du Watchmen (2019), oui je sais, c’est original...

On retrouve l’agent Smith joué par Jonathan Groff, à la fois concurrent de Néo tout en étant un électron libre, ce qui ne change guère de la trilogie.

Le grand méchant est joué par l’excellent Neil Patrick Harris, dans un rôle de psychologue manipulateur, rôle à la fois subtil tout en étant plein de second degré, on sent le vécu de l’autrice…

Le film devant plaire aux hétéros purs et durs, on se tape le lot de femmes plantureuses en second rôles lambda : Eréndira Ibarra, Mumbi Maina, Freema Agyeman, Ellen Hollman et Priyanka Chopra Jonas.

La seule révélation du film reste la charmante Jessica Henwick, bien loin des rôles de pin-up, qui marque par son charisme, et une forme d’audace et de nouveauté qu’elle apporte au film.

Si j’aime bien retrouver Keanu Reeves et Carrie-Ann Moss dans leurs rôles iconiques, il manque un enjeu, des thématiques fortes et qui parlent aux gens, des prises de risques artistiques.

Et c’est bien avec des personnages incarnés par une nouvelles génération d’acteurs comme Jessica Henwick que le film aurait nettement mieux fonctionné.

On a l’impression que la sœur Wachowski reste hantée par son passé, et son incapacité artistique à créer une nouvelle oeuvre ayant une véritable dimension.

J’ai ressenti durant la séance, ce sentiment de déjà-vu, avec tous ces reboot/remake sorti par les studios ces dernières années :

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, SOS Fantômes 4, Jumanji 2, Les Indestructibles 2, Top Gun : Maverick, Scream 5, Ghost In The Shell (2017), Illang: la brigade des loups, Stephen King’s Doctor Sleep, Ocean’s 8, Carrie, la vengeance, Robocop (2014), Invisible Man (2020)

Il faut appréhender le film comme un film d’action/science-fiction mâtiné de second degré, qui semble obligé de rappeler en permanence au spectateur qu’il ne se prends pas au sérieux.

Un blockbuster sympathique, plutôt réussit, mais qui n’apporte aucune originalité ni sur la forme, ni sur le fond.
videoman29

315 abonnés 1 921 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 janvier 2022
La pression médiatique et les fortes attentes des innombrables fans devaient être telles que Lana Wachowski a attendu près de 20 ans avant de nous replonger dans « la matrice ». C'est d'ailleurs sans sa sœur Lilly qu'elle se lance, cette fois, pour une inhabituelle réalisation en solo. Pour autant, dès les premières minutes, on comprend que la franchise repart sur des bases solides... en exploitant le même univers futuriste avec un niveau technique et artistique qui frise la perfection. Dans le même esprit, c'est avec un réel plaisir qu'on retrouve les deux acteurs principaux qui incarnent à la perfection des personnages qu'on pensait pourtant « gravement morts ». Passé la première surprise... et même s'ils ont forcément vieilli (tout comme nous, inutile de le préciser), Keenu Reeves et Carrie-Anne Moss sont donc de retour, en pleine forme et avec plein de nouvelles questions existentielles. Du coup, on se « tord » encore les méninges (le mot est faible) pour tenter de garder un pied dans la réalité sans perdre le fil de cette histoire, éminemment « capillotractée ». Comme vous l'avez compris, cette « résurrection » est parfaitement maîtrisée... même si les scènes d'action me semblent un tout petit peu moins spectaculaires et originales que leurs grandes sœurs de l'époque... mais là, je « chipote » un peu et j'attends, bien évidemment, la suite avec beaucoup d'impatience !
Sir_Incubus
Sir_Incubus

5 abonnés 21 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 24 décembre 2021
Je suis venu, j'ai vu, et j'ai été vaincu par l'inutilité de ce film. Ca veut philosopher pendant 2 heures 30 sur des concepts dont l'analyse a probablement du être rédigée par Michel et Robert au bistrot du quartier après les 5ème pastis. Les scènes d'actions ne sont même pas impressionnantes, les acteurs ne semblent même pas croire en leur rôle, certains plans sont des copier/coller du premier film, et je me suis même surpris à trouver les effets spéciaux médiocres sur pas mal de scènes, un comble pour la Saga Matrix dont le premier film avait tant innové.
Le film doit au moins passer 1h a démarrer, et le reste se retrouve embourbé dans un gloubiboulga insipide de blabla et d'ennui. Aussitôt sorti de la salle, aussitôt oublié.
kyokugen
kyokugen

29 abonnés 84 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 11 juin 2022
Malheureusement à l'impossible nul n'est tenu. La trilogie originale se suffisait à elle-même c'est évident, donc pourquoi défigurer une œuvre à mon sens parfaite qui prenait en volume et en richesse au fil des épisodes, qui de plus avait été complétée avec brio par #Animatrix ? Pour le fric bien évidement, et c'est ironique mais Lana Wachosvki tombe précisément dans les travers qu'elle dénonce. Ce film pastiche n'a aucune raison d'être et ne raconte rien. On aurait pu se raccrocher à la beauté visuelle ou encore aux combats mais ceux-ci sont soit redondants soit ratés. Triste fin de carrière pour les Wachosvki, qui avaient réussi l'exploit de lier la substance à la forme, là il manque les 2.
RC59
RC59

6 abonnés 19 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 décembre 2021
Mon épouse et moi même avons adoré cet opus, beaucoup de références à Matrix 1, très complexe dans les explications parfois mais et c'est bien du Matrix ! À voir plusieurs fois pour bien tout comprendre... alors visiblement il divise... je dirais aux détracteurs : soyez open, laissez vous porter, appréciez la performance, et comment disait ma grand mère, on aime ou on aime pas mais on dégoûte pas les autres !!!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 décembre 2021
Je ne comprend pas certains commentaires, Matrix ce n'est pas seulement que des scènes d'action, c'est aussi une réflexion pure et simple de l'existence meme et du << choix >>, je trouve cette suite cohérente, qui nous fait même douter dans les 30 premières minutes pour un final éblouissant qui respecte les bases mises en places dans la trilogie. Comme quoi, quand on laisse son bébé a ses créateurs, ou créatrices, on obtient une suite cohérente. J'ai adoré, Bravo !
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 6 janvier 2022
De nos jours, à San Francisco, Thomas Anderson (Keanu Reeves) est un développeur de jeu vidéos anonyme. Vingt ans plus tôt, il a créé le jeu Matrix qui remporta un vif succès. On lui demande d'en concevoir la suite. Thomas suit une analyse pour comprendre les réminiscences qui l'assaillent. Dans un café il fait la connaissance de Tiffany (Carrie-Anne Moss) qu'il a aussitôt le sentiment d'avoir déjà rencontrée.
Thomas Anderson est en fait la réincarnation de Neo, le héros qui sacrifia sa vie pour sauver l'humanité à la fin de Matrix 3. Prisonnier de la Matrix, cette réalité virtuelle qui copie à s'y méprendre la réalité, dans laquelle les humains ont été replongés par les machines, Thomas est retrouvé par Bugs, une jeune combattante, puis par Morpheus qui lui proposent de retrouver Trinity et de reprendre le combat.

Voilà dix-huit ans qu'on attendait la suite de Matrix .... ou plutôt qu'on ne l'attendait pas, la trilogie futuriste se terminant par la mort de son héros et par l'assurance de ses deux réalisateurs, les frères Wachowski, qu'elle n'en aurait pas.
Voici donc cette suite - ou ce reboot - avec une curieux assemblage d'anciens acteurs (à commencer bien sûr par Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss qui ont pourtant allègrement dépassé la cinquantaine et qu'on voudrait nous faire croire qu'ils ont vingt ans de moins) et de nouveaux dans le rôle d'anciens (Lawrence Fishburne a été remplacé par Yahya Abdul-Mateen, Hugo Weaving par Jonathan Groff sans qu'on sache avec certitude si c'est faute d'accord sur leur cachet ou pour des motifs inhérents à la logique de l'intrigue).

Je l'ai vu hier en "avant-première" dans une salle quasi-comble. "Avant-première" : l'expression est prétentieuse car il s'agissait pour la plupart des cinémas qui le programmait ce mercredi d'en avancer la sortie de quelques heures au mardi soir. Dans la salle, à ma grande surprise, j'étais quasiment le plus vieux spectateur. Je calculais vainement : ces post-adolescents assis à côté de moi étaient-ils en âge d'avoir vu les premiers Matrix au cinéma ? certainement pas ! Ils étaient à peine nés. Mais ils les ont vus - et peut-être revus - en DVD et en ont certainement gardé un souvenir beaucoup plus frais que moi.

Je me souvenais certes - sans en avoir jamais été pour autant un inconditionnel afficionado - de Matrix, de ses innovations visuelles (ah ! l'effet bullet time, tellement copié qu'il en est devenu éculé) et de la thèse dans l'air du temps qu'il défendait alors (rarement un blockbuster fit-il l'objet de tant d'exégèses philosophiques) : nous vivons dans une illusion algorithmique forgée par les intelligences artificielles que nous avons créées mais qui nous ont dépassés. La messe me semblait dite et je ne voyais pas très bien ce qu'un nouvel épisode y rajouterait.
2h28 d'interminables pyrotechnies plus tard, je n'étais guère plus convaincu. Matrix 4 tourne en rond et se mord la queue (fine allusion au chat du psychanalyste) sans rien apporter ni rien démontrer, sinon que l'amour est plus fort que la mort (sic).

Je n'ai pas compris grand-chose à ce Matrix 4. La raison en est d'abord que le film est passablement incompréhensible.  C'est à se demander d'ailleurs si l'inintelligibilité n'est pas devenue un objectif en soi (voilà que je m'exprime comme un vieux réac !), les blockbusters trop faciles à comprendre étant ipso facto déconsidérés. La raison en est ensuite et surtout qu'il n'est pas destiné à un quinquagénaire ramolli qui a vu à leur sortie en 1999 et en 2003 les trois premiers épisodes et n'en a gardé qu'un souvenir très flou. Il est destiné à tous ces geeks de la génération Y ou Z qui regardent Matrix devant leurs ordinateurs et en regarderont bientôt - ou piratent peut-être déjà - le quatrième épisode dans la foulée des trois premiers. Dans ce contexte là, l'intrigue deviendra beaucoup plus compréhensible et les clins d'oeil beaucoup plus savoureux.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 30 décembre 2021
Un petit 5 étoiles pour ce Matrix 4 (qui en mérite réellement 3.5 d'après moi) pour remonter un peu la note de tout ces haters et critiques cinémas improvisés qui pullulent à notre époque.
ça me fait toujours rire de lire des pavés descendant le film quand ces mêmes personnes donnent du crédits à certains blockbuster affligeants.

Matrix 4 donne un vent de fraicheur à la trilogie originale sans se perdre dans l'abus. Tout de même bien en dessous des deux premiers opus, il prend tout de même le spectateurs à contre pied assez souvent pour souligner une réelle envie de casser les codes hollywoodiens .
Quand je vois les critiques qui disent s'endormir devant le film ahahah, mais retournez donc devant Fast and Furious, Les détracteurs de Matrix 1 sont les mêmes qu'aujourd'hui (souvenez vous il y à 20 ans, Matrix 1 était considéré comme un nanar ou tout le monde s’endormait, comme un aire de déjà-vu n'est ce pas ?)
Cracher son venin car incapable d'assumer que le film doit poser le décor et le contexte avant tout, ça me fera toujours rire. Mais dans cette société d'ultra consommation, les détracteurs n'aime pas attendre plus de 5 min pour avoir ce qu'il veut.

Bref, profitez de ce Matrix 4 qui change les codes, bien loin de ses prédécesseurs, il sera ravir ceux qui jouent le jeu ;)
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 24 décembre 2021
Je ne sais pas même pas si on peut parler de ratage tant je n'ai aucune considération pour la trilogie originale. Alors oui, lorsque j'étais au collège, comme tout le monde je trouvais Matrix formidable, mais déjà à sa sortie je trouvais le deux d'une laideur absolue et le trois quand même passablement chiant (je me souviens à la sortie du cinéma essayer de me convaincre que j'avais aimé).

Sauf que maintenant, même le premier c'est pas possible, les scènes d'action sont d'un tape à l’œil et les dialogues sursignifiants sont juste assommants. Bref, c'était bien au collège pour se la péter, alors que le cinéma hong-kongais m'était totalement inconnu, la dernière fois que j'ai essayé de le voir, il y a plus de dix ans, j'ai coupé.

Et de manière générale je n'aime pas les Wachobide, sauf peut-être Speed Racer et je hais profondément Cloud Atlas, comme tout film avec Tom Hanks qui se respecte.

Je trouve que tous les choix (ou presque) pris par ce Resurrections douteux. Le film s'ouvre sur une variation de l'ouverture du premier film, mais quelques petits trucs changent, ça permet de flatter le spectateur, tout gardant son attention : voir ce qui a changé et surtout comprendre pourquoi... Et pourquoi pas ? J'aime les variations... Sauf que tout l'effet de la scène est niqué parce qu'on a des personnages qui commentent, ce que le spectateur devrait penser par lui-même. Ne me dis pas quoi penser. Jamais. Comment on peut avoir aussi peu de considération pour l'intelligence de son public pour croire qu'il n'est pas capable de se dire : oh mais c'est pareil que 1, sauf qu'en fait non ? Lorsque l'ouverture d'un film c'est insulter l'intelligence de son spectateur, en général ça ne commence pas bien.

De manière générale, le début du film qui est censé te perdre un peu, avant que tu puisses recoller tous les morceaux et bien comprendre ce que tu vois à l'écran, est passablement raté, parce qu'encore une fois, ils en font dix fois trop. Faites simples, vous êtes pas obligés de marteler vos références métafilmiques comme ça de manière aussi appuyée ! (Perso je vois plus ça comme une manière de répondre aux critiques qui seront faites sur le film dès le début) D'ailleurs il n'y a pas que ça qui est trop appuyé. Les gros plans sur les mains de personnages qui se touchent pour te montrer qu'ils ont une connexion ou je sais pas quoi, ça devrait être interdit. C'est éculé, on l'a vu 50 fois... Il va falloir penser sa mise en mise pour le montrer autrement... Surtout que clairement Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss ont absolument aucune alchimie... ils sont là, statiques à se regarder pendant des plombes totalement inexpressifs... Si tu veux faire croire qu'il se passe réellement quelque chose il va falloir plus que des gros plans sur des mains pour réussir à nous faire gober ça.

Puis lorsque le film se décide enfin à démarrer, lorsque Néo sort enfin de la Matrice, qu'on se dit qu'enfin ça va castagner un peu et on va pouvoir voir ce que valent les scènes d'action (rien, ça vaut rien, désolé pour le faux espoir), ça continue de causer et de cause, mais pour rien dire de bien intéressant. L'objectif est simple : sauver Trinity captive des machines depuis 60 ans. Pourquoi tourner comme ça autour du pot pendant 1000 ans ? Lancer des sous-intrigues sur les états d'âme d'un personnage oublié et oubliable des deuxièmes et troisièmes films ? Mais on s'en cogne...

Je veux dire, Matrix c'est pas des personnages très complexes, c'est quand même très bête, avec des acteurs très mauvais incapables d'exprimer la moindre ambigüité. Si c'est mal joué, mal écrit, ça ne sert à rien de s'attarder dessus, absolument à rien...

Le film continue d'être lourdingue en nous assommants de flashbacks pour bien que tu te souviennes... C'est ridicule. Tu fais dire à ton nouveau Smith : Mister Anderson, normalement on comprend tout de suite que c'est Smith qui parle. Tu n'es pas obligé de nous mettre une image d'archive...
J'avais hésité à revoir la trilogie avant de me faire le 4, heureusement que j'ai abandonné ce projet, tant toutes les références au passé de la sage sont encore une fois surexplicitées... même pas besoin de se souvenir correctement...


Alors attention, je ne suis pas contre le fait qu'on rafraichisse la mémoire aux spectateurs qui comme moi n'ont pas vu les films depuis une décennie, mais il y a la manière et là, Lana Wachowzski a choisi la manière la plus paresseuse...

Paresseuse ? comme les scènes d'action. C'est mou... Voir Keanu Reeves (ou sa doublure) agiter les bras, pour éviter les balles ou donner des coups de poing me rappelle juste cette scène honteuse à Robert De Niro, rajeunit numériquement, bougeant comme un octogénaire tabasse un type dans The Irishman... On est à ce niveau de malaise tant ce qui est filmé produit l'inverse de l'effet voulu.

S'il y a une volonté de ne pas nécessairement réutiliser et abuser du bullet time pour proposer autre chose ce qui est louable c'est le bullet time beaucoup trop daté (et putassier), le résultat obtenu est juste, simplement, brouillon. Il y a cinquante films d'action qui propose mieux que ça, pourquoi regarder ce Matrix 4 ? L'action que je trouvais trop tape à l’œil devient juste insignifiante.

Franchement, c'est l'ennui profond et il faut lutter contre l'endormissement face à ce triste spectacle, beaucoup trop long, où chaque nouvelle séquence est un calvaire. Il y a des passages entiers qui ne servent juste à rien. Genre Néo qui va essayer de sauver Trinity une première fois, qui se fait arrêter par Smith, pour ensuite retourner à la ville des humains, pour ensuite retenter... mais quel était le projet ? vire toute la première tentative, c'est juste mou du genou... (enfin comme le reste, mais au moins peut-être qu'on pourra passer sous les 2h de film)

C'est triste à dire, mais j'ai totalement perdu mon temps face à ce film.

Et je sais qu'il y en a plein qui voudront interpréter ce film, le revoir pour comprendre les messages cachés (par les mêmes qui crisaient contre leur prof de lettres au lycées parce que d'après eux il surinterprétait les textes des auteurs) ou je ne sais pas quoi... Et vous savez quoi ? mais je m'en cogne totalement... même si admettons il y a un message trop bien (ce dont je doute), c'est comme pour les autres Matrix, si c'est moche, long, chiant, stupide, mal joué, on s'en contrefous totalement du "message" ou des interprétations... Commence par la base : l'émotion... (pour ça désolé il va falloir travailler la mise en scène, le jeu des acteurs et les personnages, au minimum) après tu raconteras toutes les conneries qui te passent par la tête.

La tétralogie Matrix ? Poubelle...
GyzmoCA
GyzmoCA

295 abonnés 2 586 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 novembre 2025
Mais pourquoi ce film ? À quoi sert-il, sinon à relancer la machine à cash ? On se le demande sincèrement. Lana Wachowski, cette fois sans son frère, tente de raviver la saga culte en rejouant la partition des épisodes précédents, mais en changeant simplement quelques visages et quelques lignes de dialogue. Résultat : une impression de déjà-vu permanent, une sorte de remake déguisé où tout semble recyclé — jusqu’à l’idée de « l’élu », désormais démultipliée.

Le film prétend jouer sur la nostalgie, mais finit par l’épuiser. Neo et Morpheus méritaient d’être laissés en paix, plutôt que d’être réanimés pour un récit sans souffle ni enjeu réel. On retrouve certes des scènes d’action efficaces, bien chorégraphiées, dans la lignée de la trilogie originale, mais elles ne suffisent pas à masquer le vide scénaristique.

Neil Patrick Harris en analyste et Jonathan Groff dans le rôle du nouveau Smith apportent une touche d’énergie bienvenue, mais trop brève pour relever l’ensemble. Moins percutant, moins inspiré, moins philosophique, Matrix Resurrections laisse le spectateur avec une amère impression : celle d’un univers qu’on aimait et qu’on vient de dénaturer. Une déception, donc.
Raphaël V
Raphaël V

30 abonnés 87 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 décembre 2021
Ce film est surtout une grosse Madeleine de Proust, un "déjà-vu" assumé.
Cela se laisse voir, j'ai passé un bon moment.
Ce qui est dommage c'est que le film aurait pu être bien meilleur.

J'ai trouvé les scènes d'action assez plates, et surtout mal filmées (la pire étant la scène dans le train de Tokyo, de la bouillie). C'est vraiment dommage car la trilogie Matrix est très bien filmée, les scènes d'action de Matrix Reloaded sont un modèle de découpage cinématographique.

Matrix Resurrections crée une mise en abime de la première trilogie (on parle de la création de Matrix 4 en plein dans le film!), et il y a beaucoup, mais alors beaucoup trop d'images venant de la trilogie insérées dans ce quatrième opus. Comme si la réalisatrice craignait que 18 ans après la sortie du 3, le gros du public souffrirait déjà de Alzheimer.

Ensuite l'histoire est encore plus tirée par les cheveux que dans le 3, mais je l'ai trouvé tout de même assez compréhensible (en tous cas je n'étais pas complétement largué). Et j'ai bien aimé certaines idées scénaristiques, notamment les scènes avec l'Analyste.
Et puis Matrix est devenu tellement nimporte nawak que cela ne sert plus à grand chose que d'essayer de trouver une profonde cohérence à l'ensemble. Les machines n'auraient qu'à utiliser des cochons dans la matrice, elles n'auraient pas de problèmes de rébellion :- D

Voilà pour les défauts qui m'ont fait tiquer, mais je pense que l'on peut passer un bon moment devant ce Matrix 4, pour peu que l'on ne soit pas trop exigeant.
Cela m'a fait plaisir de replonger dans cet univers fascinant, et je pardonne les défauts, d'autant plus qu'il y a beaucoup d’auto-dérision dans ce film.
Si ce quatrième opus est le début d'une nouvelle trilogie, pour ma part je dis tant mieux.
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