Une Valse dans les allées
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70 critiques spectateurs

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labadens
labadens

27 abonnés 253 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 novembre 2020
Pénombre : les allées d’un supermarché ; une valse de Strauss retentit soudain, diffusée par la sono nasillarde du lieu ... Des images de couples fastueux, issus d’un autre âge, viennent à l’esprit, glissant soyeusement sur des parquets cirés... Ce sont des chariots-élévateurs qui surgissent soudain, filant ou pivotant au rythme de la musique. Alliance de deux siècles, par la distorsion qui s’établit entre le son et l’image, étrange alliance de deux univers si éloignés : les palais et les supermarchés. Le ton est donné !
Ce troisième long-métrage de Thomas Stuber ne cessera pas de travailler cet écart entre un lieu, prosaïque et humble au possible, et la grandeur de ce qui s’y joue. Dostoïevski, Tchekhov, Wiechert n’auraient pas procédé différemment...
Nous pouvons songer à nombre d’autres films allemands, à commencer par « L’Assureur-Vie » (2006) de Bülent Akinci, « Valerie » (2013) de Birgit Möller, ou plus récemment « Nuits claires » (2017), de Thomas Arslan...

Le décalage est en effet l’arme principale du réalisateur allemand, qui adapte ici une nouvelle de son compatriote Clemens Meyer, également co-scénariste et auteur du roman adapté au cinéma par Andreas Dresen, « Le Temps des rêves » (2015).
Décalage au niveau de l’image et grâce au travail du directeur de la photographie, Peter Matjasko : les couleurs volontiers criardes d’un supermarché sont adoucies, comme affadies, soulignant la monotonie désespérante dans laquelle évoluent les petits êtres en blousse bleues condamnés à gagner et à perdre leur vie en un tel lieu. Décalage dans le son, puisque le lien amoureux instantané et irrépressible qui prendra naissance dans ces allées entre Christian (Franz Rogowski), le nouveau préposé aux boissons, et Marion (Sandra Hüller), « Mademoiselle Confiserie », ainsi qu’il l’interpelle, provoquera dans la bande-son, à chaque fois que Christian posera sur Marion ses grands yeux tristes et rêveurs, un bruit de vagues déferlants doucement. Appel à un ailleurs, sinistrement figuré par le grand palmier en photographie jaunâtre qui orne tout un mur du local destiné à la pause des employés mais qui retrouve, ici, dans ce décalage du son, toute sa pureté. Décalage entre le caractère sinistre d’un lieu suprême d’exploitation de l’homme par une instance financière aussi tyrannique qu’invisible et le terreau paradoxal que peut devenir un tel lieu, espace qui pourra même se faire cocon pour protéger et encourager la naissance d’une nouvelle force de vie. Décalage, également, entre le mutisme arboré par Christian, aussitôt remarqué par son collègue de travail et mentor dans le maniement des chariots, Bruno (Peter Kurth), et la prolixité sensible que ce personnage développe en voix off, puisqu’il est le narrateur qui accompagne par moments les actions à l’écran, certains longs plans contemplatifs, et les nimbes de la nostalgie qui auréole les choses qui ne sont plus.
Car, loin d’être uniquement la bluette que les annonceurs voudraient nous laisser imaginer, « Une Valse dans les allées » livre aussi, en mode mineur, toute une réflexion, sociétale, sur les dévastations causées chez l’homme par un travail sans âme, et historico-politique, sur les méfaits de la réunification des deux Allemagnes et du passage généralisé à une économie de marché. Sans aucun slogan, avec une grande sobriété dans les commentaires, Thomas Stuber montre comment certains pourront y perdre la vie et d’autres, presque miraculeusement, avec la complicité bienveillante d’une équipe qui veut préserver un fondement aux rêves, s’en échapper, par un duo nécessairement solitaire.
Que dire de la mise en exergue du gaspillage institutionnalisé ( les poubelles , ah , ces poubelles ! ). La solitude vécue par chacun des protagonistes suinte au cours du récit ... Magnifique !
Scénario Catastrophe
Scénario Catastrophe

36 abonnés 156 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 août 2018
Les enjeux de ce film ne sont pas très clairs. S'ils l'étaient, ils auraient rendu acceptable la bonne demie heure de conduite de chariots en tout genre. Au début, quelques scènes prêtent à sourire, l'hypermarché est intriguant, la musique qui y résonne aussi...mais on en restera là. Les scènes semblent creuses, les minutes dans la maison de Marion ou chez Christian sont longues. Le film veut nous toucher, avec les bruits de mer, avec les mouvements naïfs et la curiosité Chaplinienne de Christian, mais ça ne semble pas sincère, et le réalisateur omet beaucoup de scènes pourtant capitales à notre adhésion. Comment tout le monde est il au courant de l'amour naissant entre les deux personnages? : on nous informe qu'ils boivent leur café ensemble, mais on n'en a pas la preuve. Tous évoquent la gentillesse de Christian, elle n'est pourtant pas évidente : ce n'est pas parce qu'une personne ne parle pas qu'elle est tendre. Et puis, les personnages n'évoluent pas, on ne sait pas qui ils sont et ça devient embêtant au point de nous désintéresser. Même à la fin, l'intrigue avec Bruno semble sortie de nulle part et n'a donc pas réussie à m'atteindre. Tout est trop facile pour que ça fonctionne, rien n'est approfondi. Ce film donnait envie, c'est dommage.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 18 août 2018
Un super marché qui tient de l entrepôt, peu de dialogues, un héros presque mutique, un scénario assez mince, pas grand chose pour passer une bonne ne soirée . et pourtant 2h d émotions, une peinture réaliste mais généreuse de la nouvelle elle classe ouvrière. Un film que je ne suis pas prête d oublier. Un chef d oeuvre d intelligence et de sensibilité.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mars 2022
Bienvenue dans la nuit! On n'est touchè par l'atmosphère de ce supermarchè et les personnages qui y sont dècrits! Pas de lumière du jour dans l'entrepôt, autant dire qu'on est de suite dans l'ambiance du film avec ces manutentionnaires, ces chariots èlevateurs et ces pauses-cafès! C'est si banal et minimaliste en même temps tout en èvoquant un univers entier derrière que l'on se sent comme attirè par tout ce que l'on voit! à l'ècran! Une « valse dans les allèes » pour Franz Rogowski et Sandra Hüller qui conviennent parfaitement aux rôles! Mais c'est le personnage mutique de Peter Kurth qui nous bouleverse! C'est un peu lui le coeur battant de cette oeuvre dure, mais empreinte de poèsie et de sincèritè! En somme un très beau film allemand qui donne un peu d'espoir et à travers duquel beaucoup se reconnaitront chez Christian, Marion et Bruno! C'est pas souvent gaie comme histoire mais toujours vraie et juste...
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 novembre 2020
Une valse dans les allées coche pratiquement toutes les cases de la liste des défauts qu'on prêtera bêtement à un film d'auteur allemand : glauque, lent, minimaliste.

Pourtant, on ne s'ennuie pas vraiment en regardant le film de Thomas Stuber.

Les acteurs sont d'abord très attachants. Le physique atypique de Franz Rogowki (devenu l'acteur fétiche de Petzold avec Transit et Ondine) sert bien son personnage borderline d'ex-délinquant lunaire. Sandra Hüller, inoubliable Ines de Toni Erdmann, est très touchante en employée maltraitée par son mari.

La romance distanciée entre ces deux oubliés de la vie est un exercice de style, certes un peu téléphoné, mais finalement conté de façon délicate et même poétique par instant.

Une autre des qualités du film est l'exploitation remarquable du décor que constitue un supermarché, ses parties ouvertes au public comme ses locaux techniques. La photographie, précise et blanchâtre, est très belle. La mélancolie attachée aux nombreux seconds rôles, détails et accessoires du film, par exemple l'irrésistible bruit de la mer que produit le chariot élévateur, rend le film définitivement sympathique.
pietro bucca
pietro bucca

90 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 mars 2026
La rencontre d'etre esseulés à travers leurs travail. De la romance a de la réelle sympathie pour les autres. Une tranche de vie.
mat niro

462 abonnés 2 157 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 octobre 2018
Ce film allemand dégage une certaine forme de poésie à travers les allées et venues des employés d'un supermarché. Ici, chaque rayon a son taulier et Christian, jeune homme peu loquace, va tomber sous le charme de Marion, femme mariée. C'est une vision de l'entreprise assez déroutante que nous sert ici Thomas Stuber, et l'on ne peut qu'être touché par la pudeur qui caractérise le personnage principal. C'est un film humaniste qui se laisse regarder avec bonheur et empathie pour ces ouvriers et notamment "le bleu".
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 15 août 2018
bof bof on dirait du cinéma des années 1980... peu crédible et ennuyeux, ça s'oublie très vite... j'y allais juste pour la comédienne de Toni Erdmann mais elle n'est pas le personnage principal de l'histoire, malheureusement
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 septembre 2018
Un supermarché façon Métro au Danemark.
Tout est dans l'ambiance, les sons, les gestes.
C'est une histoire simple joliment filmée, juste un peu trop longue pour moi.
kingbee49
kingbee49

53 abonnés 642 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 août 2018
Malgré sa longueur soporifique, "une valse dans les allées" séduit par son sous texte social avec ses personnages en quête d'amour, d'insertion, de chaleur humaine... Dommage que le réalisateur ne traite pas mieux l'histoire d'amour et préfère multiplier les travellings et les perspectives géométriques dans les couloirs de cet entrepôt....
Shinny
Shinny

42 abonnés 248 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 septembre 2018
je voulais absolument voir ce film car l'acteur de transit m'avait époustouflée. La encore il joue à merveille le mec un peu perdu rêveur qui peut aussi dérangé. Mais le film est plat long lent on s'ennuie sans jamais s'émerveiller. Je me suis sentie déprimée par les vies menées par les personnages et étouffée par la routine. Donc peut être que pour ces deux émotions on peut dire que le film n'est pas si mal mais quand même j'étais très déçue...
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 novembre 2023
Une peinture sociale désenchantée mais peu palpitante, qui décrit avec grâce, humanité et tendresse le quotidien morose d’employés d’un supermarché de l’ex-Allemagne de l’Est, portée par un casting attachant.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2020
Un couple d'acteurs (Rodowski/Sandra Huller avec son sourire esquissé de Tony Erdmann et ses jambes inélégantes) est l'épatant signe du renouveau allemand, dirigé par le jeune Stuber, originaire de l'est. Film rempli de couleurs artificielles, reflet de vies sans aspérité ni horizon. La cohésion des bosseurs invisibles se délite au long des nuits passées dans les rayons et le glauque de logements décrépis. Peu de dialogues, quelques images fortes (bouffer les restes hors limite de péremption dans les poubelles, le réveillon de noël ), un final tragique inattendu (voir le suicide dans Drunk). Le scénario parait léger, mais n'est-il pas le reflet de vies vides de sens? Comment échapper à son passé de jeune délinquant et des anciens copains peu recommandables? Stuber dirige habilement le ballet autour d'un thème social rarement exploré, plein d'humanité, mais dont on aurait pu espérer qu'il aille plus en profondeur. TV vo novembre 2020
Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

184 abonnés 2 626 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 décembre 2020
L'austérité allemande n'est pas une légende mais cela n'exclut pas une certaine émotion voire un brin d'humour.
Rourkewhite
Rourkewhite

104 abonnés 968 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 juin 2021
Belle idée que de réaliser un film presque intégralement dans les allées d'un supermarché/grossiste! Un microcosme au potentiel métaphorique indéniable avec la société de consommation en arrière-plan mais, surtout, la vie machinale de l'ouvrier à dépeindre, l'aliénation salariale à portée de caméra... Mais plutôt que de dénoncer, l'angle adopté est celui d'un jeune marginal dont l'intégration dans cet univers constitue un salut inespéré! L'ensemble se veut poétique malgré les préoccupations sociales, jamais esquivées! On traque donc avec entrain la beauté dans les allées, on souligne les sourires de cette classe ouvrière qui flirte dangereusement avec la misère sociale et affective et on oscille, en déséquilibre, constant entre un optimisme forcé et la dépression totale... Le rythme lent, les scènes répétitives et les tentatives pas toujours réussies d'insuffler de la poésie, finissent par laisser le spectateur dubitatif face à un objet, certes original, mais à l'équilibre précaire...
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