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Stéphane R
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3,5
Publiée le 7 novembre 2020
Film vu quelques temps après la lecture du livre. Ce qui change toujours la réception. D'autant plus ici puisque la chronologie est rétablie (le livre commence là où le film se finit). Au début ça fait un peu peur, avec ce naturalisme assez moche, ces scènes un peu répétitives avec les enfants, les comptines...etc. Mais cela permet l'efficacité de la progression vers l'abîme. Et ce portrait d'une vie par procuration, cette inconscience de familles installées quant aux vies qui gravitent autour de la leur et leur permettent une certaine insouciance face aux contingences. De la fracture sociale à la fracture psychique.
Quelle déception !! J'attendais beaucoup de ce film, tant le scénario et la bande annonce m'avait donnés envie. Malheureusement, malgré une Karine Viard angoissante au jeu très juste, la lenteur s'installe et certaines scènes s'enchaînent avec trop de facilité.... dommage
Adaptation sans relief du livre de Leila Slimani et, même si Karin Viard livre une prestation à l hauteur, on ne peut que regretter l absence de profondeur et la densité du récit initial.
Une réalisation maitrisée, qui laisse installer le doute et le malaise pour tout ceux qui comme moi n'ont pas lu le roman de Leïla Slimani.sans exagérer les traits, en douceur comme une " Chanson Douce" que l'on chante à son enfant pour qu'il s'endorme .Des actrices totalement convaincantes, Karin Viard époustouflante épaulée par Leila Bekti qui s'affirme de plus en plus . Un film réussi dérangeant à voir sans hésitation.
Un film en demi teinte avec une grande interprétation de Karine Viard, très bien accompagné par Leila Bekti d'ailleurs. Le sujet est dérangeant , l'ambiance anxiogène et on est tenu dans cette atmosphère angoissante de rapport malsain au sein du foyer.. Cependant une certaine longueur plane et ne se dissipe jamais jusqu'au final qui est pour ma part relativement décevant , n'éclaircissant en rien les interrogations vis à vis du personnage principal. Bien que l'on trouve soit même les réponses plausibles par rapport a la torture psychologique du personnage joué par Karin Viard, cette fin macabre surprend profondément étant en décalage par rapport à l'atmosphère psychologiquement nerveuse installe tout le long du film .. un besoin de choquer ou de surprendre peut être en poussant à son paroxysme le scénario, mais qui aura sûrement pour la plupart d'être nous l'effet inverse.
Lucie Borleteau adapte le roman de Leïla Slimani mais, contrairement à l'autrice, ne dévoile pas d'emblée l'issue. Pour autant, le film ne mise pas tellement sur le suspense mais mêle une tension de fond à la chronique du rapport entre une nourrice nettement perturbée et les enfants qu'elle garde. Preuve que le film reste centré sur le quotidien, il ne s'embarrasse guère d'explications quant au comportement de Louise (on se doute que son divorce a été douloureux et qu'elle a perdu dans des conditions douloureuses la garde de sa fille), dont une grande part d'opacité est ainsi préservée. Ce qui compte, c'est moins de savoir comment Louise est devenue cette femme que sa relation avec les enfants, l'étude de son rapport à l'autorité et à la maternité. On a affaire à un personnage qui ne semble avoir aucun ami, aucun centre d'intérêt sinon celui de l'éducation des enfants. Elle concentre toute son attention à cette occupation et la pousse de fait à un niveau de perfection ahurissant, perfection qui convainc d'ailleurs les parents de déléguer très volontiers cette tâche éducative. Si Paul et Myriam engagent d'abord une nourrice parce que leurs journées de travail sont bien remplies, ils intègrent petit à petit Louise comme élément familial – ils vont même jusqu'à lui demander de venir en vacances avec eux et faire en sorte qu'elle leur prépare le repas quand ils reçoivent des amis à leur domicile. La place qu'occupe Louise ne doit donc pas être simplement perçue comme la conséquence de son caractère vampirique mais comme la décision de ces parents – bourgeois – qui ont bien compris et manipulent la situation de leur nourrice – prolétaire. Faire de la nourrice une incarnation du Mal est une erreur dans la mesure où son rapport aux enfants n'est pas la seule composante du portrait dressé ; il faut aussi voir en quoi le rapport de classes à l'œuvre est fait de mépris (la scène où Myriam et Paul s'envoient des textos au moment d'aller au restaurant avec Louise) et d'inégalités profondes (le licenciement, qui peut être décidé à la moindre imperfection de Louise). En somme, "Chanson douce" est un film complexe, qui ne fait aucune opposition entre une nourrice qui serait uniquement définie par sa folie et des parents moralement exemplaires ; et s'il n'est pas dépourvu de dialogues un peu trop explicites, il maintient des zones d'ombre qui font tout son intérêt et tisse quelques symboles (le poulpe, par exemple) qui restent à déchiffrer.
Un thriller psychologique dérangeant et anxiogène qui bénéficie de la prestation formidable de Karin Viard, parfaite en nounou rongée par la folie. La tension est latente mais palpable, ce qui n'empêche pas le film d'être longuet voire répétitif par moments.
olala, c'est nul. d'abord il se passe rien, ensuite il se passe rien, ensuite y a karin viard a poil. puis il se passe rien et pour finir il se passe rien. ce film est chiant a un point pas possible. j'ai regardé un reportage sur les coraux, il se passait plus de chose.
N'ayant pas lu le roman de Leïla Slimani, je ne me prononcerai pas sur la fidélité avec laquelle Lucie Borleteau l'a adapté à l'écran. Le film est relativement court (1 H 40) et se laisse voir sans ennui, même si, objectivement, il faut bien reconnaître qu'il ne se passe pas grand-chose. Normal puisque l'on suit le quotidien routinier d'une nounou avec ses journées rythmées par les repas, les jeux, les devoirs et les sorties au parc. Pas vraiment grand spectacle. La nounou, c'est Louise. Interprétée par Karin Viard, Louise est embauchée par un jeune couple de parisiens pour s'occuper de leurs 2 enfants, Adam et Mila. Dévouée, impliquée, ne comptant pas ses heures, Louise est vite adoptée par les enfants et se rend tout aussi vite indispensable envers les parents. La perle. Pourtant, petit à petit, un malaise indicible monte face à cette nounou toute puissante dont les qualités initiales glissent vers d'inquiétants travers. Les passages à son domicile, dans son studio exigu, confirment les inquiétudes et dévoilent une personnalité psychotique dont le paroxysme est atteint avec la scène des poulpes. Sous influence, les enfants sont de plus en plus nerveux et perturbés. Les parents cauchemardent et, pressentant le danger, décident de changer de mode de garde… avant qu'il ne soit trop tard. Thriller psychologique à l'action lente, "Chanson douce" offre à Karin Viard un rôle dramatique à mille lieues des rigolotes fantasques qu'elle a souvent incarnées. Mais si la comédienne excelle dans les 2 registres, ici, je l'ai trouvée légèrement en-dessous, parfois à la limite de surjouer. Déception aussi pour Leïla Bekhti, beaucoup trop atone dans son interprétation quand la tension monte crescendo (spoiler: date de péremption des yaourts, l'anniversaire de princesse, violence de la réaction à la plage, la maîtresse qui alerte, la carcasse de poulet, les traces de morsures… ). La petite Assya Da Silva, qui interprète la fillette, est, elle, très prometteuse. Dans ce drame annoncé, face à l'accumulation de doutes et le dangereux faisceau de présomptions, on peut s'interroger sur l'inertie des parents malgré leur inquiétude. Le film s'achève sans tout dire ni tout montrer mais on comprend. Et quand on sait que le roman, et donc le film, sont tirés d'un fait divers, ça glace le sang…
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3,0
Publiée le 26 octobre 2020
Karine Viard est la seule raison pour laquelle vous voudriez voir Chanson Douce. C'est l'une des meilleures actrices françaises contemporaines et tout repose sur ses épaules. Une femme très complexe qui fait penser au spectateur qu'elle est irrationnelle dès sa toute première scène. Elle est trop parfaite, trop gentille, trop dévouée. Petit à petit des fissures apparaissent dans le miroir elle est si possessive qu'elle ne veut pas que ses enfants jouent avec les autres dans le parc. Elle exhorte la petite fille à persuader ses parents de faire un petit bébé et parfois elle peut être presque effrayante quand elle joue le loup. L'actrice est si douée et si convaincante qu'on peut se demander pourquoi son réalisateur s'est senti obligé d'introduire un monstre rampant hors de l'évier. Malheureusement, les autres personnages sont en carton. Maman est comme c'est souvent le cas si l'on en croit les scénaristes une avocate et elle et surtout son mari sont totalement fades. Il aurait pu y avoir un problème intéressant lorsque l'homme crie «c'est notre employée» mais la relation sociale n'est que survolée. Le gaspillage des riches bourgeois Louise a parfaitement raison, en ce qui concerne les yogourts qui aurait pu convenir au concept de Chanson douce. L'actrice est tellement insupportable que c'est une bénédiction que son temps d'écran soit si court .Si ce n'était pas la performance de Viard le film serait dépourvu de toute progression dramatique et la fin n'aurait aucun sens. Le roman sur lequel est basé le film a reçu le Prix Goncourt 2016. Le film ne vaut pas un César mais je donne une étoile supplémentaire au film dédié à Madame Viard...
Karine Viard ne déçoit pas, c'est sûr. On est tenu en haleine pendant tout le film, c'est bien. Mais je ne suis pas content d'avoir vu ce film. Tout d'abord, spoiler: la fin est insupportable et on pouvait très bien trouver autre chose tout en restant dans le même esprit. Mais si la fin est difficile à encaisser c'est aussi parce qu'elle est largement illogique au regard de la névrose décrite tout au long du film : il y a des milliers de femmes abîmées qui ressemble à cette nounou spoiler: mais de là à faire ça. ... Il aurait fallu nous montrer autre chose de sa personnalité. Elle est soit en mal d'amour mais elle est aussi une bonne éducatrice, elle ne perd pas la tête toute les 5 minutes, elle ne montre pas de jalousie exacerbée non plus, elle a déjà gardé et cessé de garder des enfantsspoiler: sans les massacrer ... non, rien ne justifie cette fin. Il y a aussi la culpabilité de la mère qui est largement édulcoréespoiler: . En effet, c'est elle qui « abandonne » ses enfants pour son boulot et, surtout, qui refuse de voir la manipulation psychologique dont fait l'objet sa fille. Cette aspect étant pour moi l'un des principaux du film spoiler: alors que finalement il n'a aucun rôle dans le dénouement . La médiocrité du scénariste atteint son paroxysme spoiler: lorsque la mère laisse ses enfants à la nounou alors que la veille au soir elle était bouleversée par la carcasse de poulet laissée sur la table !
La réussite de ce film est le jeu absolument parfait de Karine Viard. A noter également les enfants dont les scènes sont très réussies.
N'ayant pas lu le roman de Leïla Slimani, je ne me prononcerai pas sur la fidélité avec laquelle Lucie Borleteau l'a adapté à l'écran. Le film est relativement court (1 H 40) et se laisse voir sans ennui, même si, objectivement, il faut bien reconnaître qu'il ne se passe pas grand-chose. Normal puisque l'on suit le quotidien routinier d'une nounou avec ses journées rythmées par les repas, les jeux, les devoirs et les sorties au parc. Pas vraiment grand spectacle. La nounou, c'est Louise. Interprétée par Karin Viard, Louise est embauchée par un jeune couple de parisiens pour s'occuper de leurs 2 enfants, Adam et Mila. Dévouée, impliquée, ne comptant pas ses heures, Louise est vite adoptée par les enfants et se rend tout aussi vite indispensable envers les parents. La perle. Pourtant, petit à petit, un malaise indicible monte face à cette nounou toute puissante dont les qualités initiales glissent vers d'inquiétants travers. Les passages à son domicile, dans son studio exigu, confirment les inquiétudes et dévoilent une personnalité psychotique dont le paroxysme est atteint avec la scène des poulpes. Sous influence, les enfants sont de plus en plus nerveux et perturbés. Les parents cauchemardent et, pressentant le danger, décident de changer de mode de garde… avant qu'il ne soit trop tard. Thriller psychologique à l'action lente, "Chanson douce" offre à Karin Viard un rôle dramatique à mille lieues des rigolotes fantasques qu'elle a souvent incarnées. Mais si la comédienne excelle dans les 2 registres, ici, je l'ai trouvée légèrement en-dessous, parfois à la limite de surjouer. Déception aussi pour Leïla Bekhti, beaucoup trop atone dans son interprétation quand la tension monte crescendo (spoiler: date de péremption des yaourts, l'anniversaire de princesse, la maîtresse qui alerte, les traces de morsures, violence de la réaction à la plage… ). La petite Assya Da Silva, qui interprète la fillette, est, elle, très prometteuse. Dans ce drame annoncé, face à l'accumulation de doutes et le dangereux faisceau de présomptions, on peut s'interroger sur l'inertie des parents malgré leur inquiétude. Le film s'achève sans tout dire ni tout montrer mais on comprend. Et quand on sait que le roman, et donc le film, sont tirés d'un fait divers, ça glace le sang…
Je peux comprendre certaines déceptions ; le fait qu’il n’y ait pas trop de cohérence, que la réalisatrice ne nous donne pas beaucoup d’information sur l’état mental de Louise, que les quinze dernières minutes peuvent paraître brutales car peu de tension croissante justifiant ces quinze dernières minutes. Mais ne peut-on pas accepter cette idée que personne n’a rien vu venir ? N’est-ce pas une réflexion employée au moins une fois dans sa vie pour chacun de nous ? En partant de ce postulat, la fin tragique de « Chanson douce » donne au film toute sa dimension horrifique. Justement, parce qu’on n’a rien vu venir ! Il suffit de fouiller les faits divers pour entendre cette réflexion. Je ne connaissais ni ce drame ni le roman ni le synopsis de ce film. Cependant, cette nounou m’a paru louche assez rapidement. Confirmé dès les premiers plans de son appartement au fin fond d’une banlieue triste. Un contraste saisissant entre son désordre personnel, certainement métaphore de son désordre intérieur, et dans son application, son implication à faire propre dans sa vie professionnelle, métaphore du paraître au yeux des autres. Et cela m’a suffit. Cette fameuse tension qui ne croît pas au fil du récit pour les uns, l’a été pour moi. Il n’y a rien de trop subtile chez la réalisatrice, Lucie Borteleau. La séquence où Louise arrive tôt à son travail au point de surprendre Myriam (Leïla Belhti) au sortir de sa douche est par contre appuyée. Ce qui est subtile, c’est le jeu de Karin Viard, dans ses silences, dans ses regards. Il y a certaines séquences qui interrogent sur la mentalité de Louise au-delà de cette inutile séquence décrite précédemment. A chacun son interprétation, il m’arrive aussi de ne pas voir ce que d’autres ont vu avec évidence. Cela dit, je reconnais avoir flirté avec l’ennui par moments. Un film inégal.
Film horriblement glaçant, après une première partie très réjouissante ; le bonheur ! Je ne le conseillerais à tous sans avertissement, mais en déconseillant, d'aller sur le net, d'aller voir de quoi il s'agit ! Karine VIARD y est au top de ce qui peut être fait dans ce rôle.
Le rôle de Karin Viard est époustouflant autant qu'épouvantable. Néanmoins, il nous manque des détails sur la santé mental de son personnage, bien que l'on sache à peu près à quoi s'attendre, il aurait été intéressant de couper quelques scénettes afin de laisser plus de place à l'histoire de cette nounou. Autre point négatif, la maman des enfants n'a pas vraiment d'impact sur le déroulé du film (sans parler du papa[spoiler][/elle n'intervient même pas lors de l'épisode où Louise laisse le poulet gratter à la poubelle sur la table...)]. Malgré tout, le côté tragique, et très glauque de l'histoire est assez impressionant. Une fin dérangeante qui donne envie d'en savoir plus malgré l'horreurs des scènes finales.