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Geneviève T
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2,0
Publiée le 11 juillet 2024
Si ce n'était la beauté d'Ava et la nostalgie glamour de ces films hollywoodiens bien surannés, cette histoire digne d'une novella est sans intérêt. Bogart s'ennuie et nous aussi.
L'objectivité oblige à dire qu'on n'est pas dans le chef d'œuvre. La faute à des dialogues interminables et moyennement gérés (attention on va discuter un moment je m'assois, et je pose mon chapeau), le face à face entre les deux milliardaires étant carrément raté (une confrontation en période de stress ne peut se passer de la sorte). Ces réserves faites le film n'en reste pas moins excellent, en tordant le cou au mythe de Cendrillon avec un prince charmant complètement dérangé, Mankiewicz en profite pour se payer le portrait de quelques types qui se croient tout permis parce qu'ils ont de l'argent et c'est plutôt bien vu. La construction du film à le mérite d'éviter le mélo. Ce film n'est pas celui ou Ava resplendit le mieux mais certains plans n'en restent pas moins assez fabuleux.
réunion de talent, l'œil perfectionniste de Mankiewicz, donne encore une fois une leçon de cinéma, sans temps mort, le film déploie avec justesse et finesse, les ficelles d'une histoire cousue de fil noir, il ne pouvait en être autrement, le cynisme de la société du "grand monde", hypocrite
et sans noblesse. la jeu toujours juste de Bogart, blaser au bord du gouffre, mais toujours droit dans ses bottes, il ne se laisse pas démonter, figure forte, paternelle, et Ava Gardner, naturellement belle et attirante, mais qui ne cherche pas à s'embellir, qui cherche la retenue, la justesse, encore une fois. Puzzle de flash back qui se construit pour un conte de fées, où le destin s'invite à la danse, danse gitane bien entendu.
Un drame très bien construit et subtilement équilibré. Il y a un thème mélodramatique central, mais aussi un aspect très autobiographique dans un scénario en mise en abîme (un réalisateur se filmant sous les traits d’un Bogart plus mur, clairvoyant et désenchanté que jamais), faisant la part de la satire sarcastique du monde du show-biz et de la jet set comme d’une mélancolie navrée. Le romanesque est lesté par un réalisme implacable, le monde du spectacle démasqué dans son cynisme et ses illusions mortelles. Qualité ultime de l’œuvre : elle montre comme très peu d’autres à quel point le spectacle est une excroissance du pouvoir de l’argent.
La Comtesse Aux Pieds Nus est un film remarquablement traité et qui pour l'époque bénéficie d'une narration aussi judicieuse qu'idoine. Mankiewicz, vous connaissez ? Le Reptile, Le Limier, Chaines Conjugales, Eve, La Comtesse Aux Pieds Nus, The Ghost And Mrs Muir, Soudain L'Eté Dernier... j'oublie Cléopatre qu'il renia. Mankiewicz ? Le genre de réalisateur d'une intelligence rare qui se focalise non pas sur l'action mais sur le travail d'acteurs, les dialogues... Une sommité en somme à l'instar de Welles ou Lubitsh. Ce film est bijou. 5/5
La comtesse aux pieds nus a très mal vieilli. Certes le film bénéficie de la présence d'acteurs fabuleux d'un réalisateur talentueux mais il manque du rythme et surtout des personnages et une trame mieux écrits. La construction en flash-back et la présence omniprésente de la voix-off (même si c'est Bogart qui s'y colle) est aussi inutile que pénible à la longue. Cela ne sert qu'à joindre des bouts d'actions qui ne sont pas forcément bien choisis. Dommage car il y a d'excellentes scènes ici et là, notamment toutes celles que partagent Ava Gardner et Bogart qui ont énormément d'alchimie à l'écran. Malheureusement ils n'ont pas assez de scènes ensemble pour sauver le film surtout que la deuxième partie vire dans le mélo pathos un peu beta. Les personnages sont peu crédibles et le tout est donc très artificiel.
Il était une fois, ou l'histoire de Cendrillon qui n'est pas si vierge et pure que cela et du prince charmant qui en fait est gay (impuissant, mon œil!), sur fond de pourriture hollywoodienne et de déliquescence sociale. Pour un film sorti en 1954 à l'ère de la toute puissance des studios de cinéma US, les thèmes abordés sont plutôt culottés et Mankiewicz un tantinet désabusé. On ne pourra cependant pas lui reprocher sa clairvoyance...
Ce film est une poésie fraîche comme les "Sensations" d'Arthur Rimbaud et d'une esthétique incomparable. Les yeux sont charmés par les plans, la beauté des images, les couleurs vives, la lumière éclatante ; le premier plan sur les pieds nus en mouvement de la danseuse est d'une grande beauté et d'une originalité très intéressante. L'élargissement lent et progressif du plan sur la danseuse en remontant provoque une émotion assez sensuelle et met en valeur la belle Ava Gardner. Le scénario se présente sous la forme d'une narration le plus souvent avec la voix grave d'Humphrey Bogart qui s'estompe pour laisser place à des flash back au fur et à mesure que son regard croise les personnes présentes à l'enterrement. 6 flash-back comme 6 personnages qui ont comptés dans la vie d'artiste de Maria vargas. Le rythme de l'action est calqué sur la lenteur de l'enterrement et la présentation des personnages suit le même rythme sans que le spectateur ne décroche. Quand aux messages du réalisateur, ils sont habilement glissés dans l'histoire : l'argent facile, la soumission à la volonté de ceux qui payent, la liberté perdue au profit des rôles imposés, l'impuissance sexuelle masculine et la non satisfaction de Maria, thème périlleux pour l'époque qui n'a pas encore connu le sujet de la femme libérée. Edmond O'Brien est magnifique en agent de pub "lourd", rôle qui lui valut l'Oscar du meilleur second rôle en 1954. Ce film eut un très grand succès à l'époque mais il est toujours d'actualité pour son côté "Star, pailette et argent". La perfection... Un chef-d'oeuvre...
Beaucoup de narration pour peu de choses. Une équipe de cinéma découvre par hasard Maria Vargas et de là, la narration sur Maria et les hommes qui la désirent s'enchaîne... Interminable ! Il ne semble y avoir que 30 minutes intéressantes sur les deux longues heures pendant lesquels on apprend très peu de choses intéressante quant à Maria Vargas. Pour une actrice, nous ne voyons aucun extrait de film, tout n'est même pas suggéré, seulement narré.
Variation autour d'une actrice mythique: la femme se dévoile dans le milieu fascinant du cinéma et devient une star C'est splendide et d'une grande classe. Ava Gardner est une reine (une comtesse en vérité!!!) d'Hollywood et même du cinéma mondial. Je la mettrais en deuxième après Lana Turner. Les hommes se battent autour d'elle, mais elle est fatale et "sans amour" sauf pour son prince charmant qu'elle va épouser mais le drame survient et c'est si triste. Magnifique film
Pas le meilleur film de Joseph L.Mankiewicz ( L'Aventure de Mme Muir lui est bien supérieur à tout les niveaux ) mais il s'agit tout de même d'une excellente réussite grâce evidemment à la superbe interprétation du duo Humphrey Bogart - Ava Gardner, mais aussi pour ses décors et ses costumes magnifiques qui apporte vraiment beaucoup de charme à l'ensemble. Un excellent long métrage donc de la part d'un metteur en scène passionnant et surtout atypique.
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5,0
Publiée le 3 octobre 2025
Que Sara Sara [...] Quand un destin se transforme en mythe, cela donne le sublime "The Barefoot Contessa" (1954) de Joseph L. Mankiewicz, avec la lègende Humphrey Bogart, tèmoin glacial de la vie de Maria Vargas alias Ava Gardner, plus belle que jamais en femme transportèe, tourmentèe et maudite par Hollywood! Une danseuse de flamenco hispanique marièe à un comte italien mutilè de guerre et son insatisfaction conjugale! Bogart raconte en voix off l'histoire de sa mort! Et le mythe Ava que l'on a vu naitre avec "Pandora" (1951) s'èpanouit sous nos yeux èbahis, objet le plus dèsirable qui soit, plus irrèelle que toutes les autres, que ça soit sur un yacht ou dansant pour son plaisir au milieu d'inconnus! Le film, lui, est un chef d'oeuvre, nous offrant de grands moments de cinèma, avec une recherche constante de la beautè, aussi bien dans les dècors et la musique que dans les mouvements de camèra! C'est anecdotique mais n'est-ce pas le petit garçon du « Voleur de bicyclette » que l'on voit dans un cabaret madrilène en dèbut de film ? Prèsentè au Cinèma de minuit...
Derrière le chef d’œuvre de Mankiewicz qui réunit Ava Gardner et Humphrey Bogard, je ne vois qu’un drame en trois actes bavard et ennuyeux. Mankiewicz utilise en voix off omniprésente tour à tour la voix des trois comédiens successifs qui seront les hommes de la vie de la Comtesse. J’accepte le concept sur la première partie souvent synonyme de mise en place dans les films ; mais lorsque je m’aperçois que c’est l’essence même du film çà finit par m’être pénible. De plus cette voix off vient percuter des plans ou des dialogues qui ne font que la faire bégayer. Très vite ce film tourne au roman-photo avec des comédiens devenant empruntés dans leur mutisme. Et pourtant ce film avait tant à dire sur les stars et les personnes qui se cachent sous le vernis : les failles, le conflit de loyauté via à vis de son milieu d’origine, la perte de repère et de sens. Tous ces thèmes sont bien présents et font jaillir quelque fois une étincelle, mais le parti pris artistique et la mise en scène ampoulée m’ont laissé de marbre devant ce que beaucoup appellent un chef d’œuvre. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Je suis déçu, déçu parce que le film commençait très bien, Bogart ultra charismatique comme à son habitude, racontant la mort d'une idole, tout en parlant du cinéma en même temps, des relations artistes/producteurs, comment l'argent corrompt Hollywood, ça me plaisait beaucoup. Tout était assez subtile et vraiment intéressant. Puis la narration change de point de vue. Je trouve le film assez fade lorsque ce n'est pas Bogart qui le raconte, pourtant l'histoire est intéressante, mais je sens comme une grosse baisse de rythme dans ces moments là. Après le film reste bien écrit, j'aime particulièrement l'idée de comparer la vraie vie avec un scénario de film, faisant passer le scénario de ce film pour la vraie vie ou bien le final, mais malgré tout j'en attendais beaucoup plus, surtout avec un titre aussi beau.
Un film réussi qui s'attache à décrire la trajectoire fulgurante d'une étoile partie d’en bas pour finir sacrifiée au sommet de son art et de sa notoriété. La narration est originale (flash back partant de l"épilogue qui est rapidement connu). Au tout début, un réalisateur vient repérer dans un cabaret à Madrid une chanteuse nommée Maria Vargas, Elle changera de nom au moment de lancer sa carrière. Mais finira assassinée au faîte de sa gloire par un millionnaire ivre de jalousie et frappé d'impuissance. Ratrappée par la fatalité. C’est Joseph Mankiewicz qui en parlait le mieux : "un conte de fée moderne, une version amère de Cendrillon où le prince charmant aurait dû, à la fin, se révéler homosexuel, mais je ne voulais pas aller aussi loin."