Assassination Nation
Note moyenne
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104 critiques spectateurs

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Nico P
Nico P

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 décembre 2021
Assassination Nation raconte le quotidien de 4 lycéennes (Lily, Sarah, Bex et Em), bouleversé lorsque les données personnelles des habitant.e.s de leur ville sont piratées et dévoilées au grand public. Entre chasse aux sorcières du 21ème siècle et American Nightmare , Assassination Nation dépeint d’explosion d’une société névrosée aboutissant à un survival divertissant et très bien réalisé. Si ce film reprend les codes classiques qui font le succès du genre horreur/teen, il parvient à porter un propos pertinent en restant accessible au-delà d’une « minorité éclairée ». Porté par une bande son, une réalisation et une identité visuelle parfaitement choisies, ce thriller/film d’horreur pose une question: à quoi aurions-nous le droit si American Nightmare avait su porter son concept jusqu’au bout, tout en étant fun et en portant son propos avec plus de justesse ?

Pour commencer, il convient de souligner une qualité majeure de ce film. Assassination Nation, n’en déplaise aux critiques traditionnels, se permet d’utiliser toute la palette d’outil du réalisateur tout en nous livrant un film accessible au plus grand public.
Jouant entre bande sonore vivante, usage créatif de la caméra, photographie expressionniste et effets spéciaux mécaniques , Sam Levinson donne vie à un film extrêmement divertissant qui, loin de certains productions Netflix ou des grandes franchises, sait conserver une identité forte. A cet égard, la scène d’invasion de la maison d’Em offre un parfait exemple, en se permettant un plan séquence qui met en exergue l’étau se refermant sur les protagonistes et annonce une scène brutale, sans échappatoire. En parallèle, et anticipant les critiques qui souhaiteraient prendre un peu trop au sérieux leur propre regard sur ce film, le réalisateur leur adresse un clin d’œil appuyé en dernière réplique, rappelant que ce cinéma est avant tout, « for the LOLs ».
La bande originale d’Assassination Nation mérite également d’être mise en avant, tant elle sait porter les propos du film, magnifier sa narration et sublimer ses personnages. Elaborée en majeur partie par Ian Hultquist, qui a récemment travaillé sur la BO de Night Teeth. Ce dernier film, s’il ne partage pas nécessairement les qualités de Assassination Nation, parvient à créer une ambiance particulière, ce qui est également le cas pour l’œuvre de Sam Levinson. La musique « Slay’em High Kill » est à ce titre un parfait exemple, tant l’usage des basses apporte une parfaite transition vers les éléments qui sous-tendront le dénouement du film. Par son ton à la fois sobre, inquiétant et lancinant, il vient rappeler que la succession d’actions qui sont à l’œuvre à l’écran ne sont que le prélude d’événements bien plus graves. Il convient également de souligner le travail d’Isabella Summers, dont le travail sur la musique « Rage », à la fois brutale et minimaliste, vient parfaitement accompagner une scène qui parle de conflits intérieurs forts.
Il convient de s’attarder sur une scène en particulier, celle de la fête. Cette dernière est fascinante en ce qu’elle montre ce à quoi peuvent servir les outils qu’offre le cinéma moderne pour exprimer l’état des personnages ou l’ambiance d’une scène. Dans cette séquence, c’est bien l’ébriété, les mauvaises décisions, la dimension éclatée de notre esprit dans certains fêtes (trop ?) arrosées qui sont soulignées par la réalisation. La représentation de l’état d’ébriété et de ce qui l’entoure à été mise en scène à de nombreuses reprises au cinéma, et Sam Levinson n’a pas à rougir de l’usage qu’il fait du split screen, qui porte parfaitement son propos tout en préfigurant les nombreux facteurs qui seront potentiellement à l’origine du dramatique dénouement de l’histoire. Lumière, bande originale, caméra, photographie sont parfaitement maitrisés pour porter le propos du film.

Globalement, ce film est plutôt réussi, en ce qu’il vient proposer quelque chose de frais, de parfaitement réalisé et d’engagé. C’est une critique qui est plutôt partagée de l’autre côté de l’Atlantique, mais absolument pas en France. Cela pose la question du regard que porte le milieu du cinéma français sur ces œuvres plus accessibles aux différents publics, ainsi que sur la représentation de la sexualité au cinéma.

Revenons donc sur la question de la sexualité à l’écran, et plus particulièrement dans le film de Sam Levinson. La critique la plus récurrente est celle de l’utilisation de la sexualité comment un argument commercial. Cependant, cette représentation vient également porter un autre propos. Les protagonistes sont vêtues de façon sexy, comme des femmes qui assument leur corps et portent un point de vue critique sur un quelconque droit de regard de la société quant à leur apparence. Finalement, ce film porte un propos : « si cela te dérange, ne regardes pas », quelque peu évident. Cependant, et c’est bien là tout son intérêt, en sexualisant ces personnages principaux, qui seront ensuite la proie de plusieurs hommes du fait notamment de l’interprétation que ceux-ci font de leurs tenues, ce film vient rappeler une leçon importante : les protagonistes (et les femmes de manière plus générale) ont un droit absolu à disposer de leur corps, à gérer leur sexualité, qui ne donne en retour aucun droit aux personnes qui les entourent, et ne justifie donc aucune agression. Il est parfois important de le rappeler.
Si cet angle sur les agressions sexuelles est relativement classique, Assassination Nation parvient cependant à se démarquer par la façon dont il porte sa critique. Dans ce film, la violence sexuelle n’est pas cachée. AN vient rappeler que, dans ce type de situation, c’est bien à l’agresseur d’avoir honte et non à l’agressée. Il se démarque ainsi du cinéma mainstream qui, en suggérant généralement l’agression (si ce n’est en la cachant), vient supposer que celle-ci mènerait à une désacralisation de la protagoniste en la mettant dans cette position de personne violée. Être une personne violée n’est pourtant absolument pas un problème. C’est le viol et le fait d’être un violeur qui pose un problème. Ensuite, ce film parvient à montrer l’agression sans tomber dans le travers de certaines œuvres du même genre, gratuitement violentes. Au contraire, et plus justement, Sam Levinson choisit de dépeindre plus spécifiquement la situation qui précède l’agression sexuelle, sa dégradation, le moment de ces choix souvent contraints où la peur monte et la fatalité s’approche. Cette dimension de l’agression sexuelle est presque toujours oubliée au cinéma, alors qu’elle représente une part importante du vécu des survivantes.

Enfin, le début du film vient presque nous prévenir des critiques que certains pourraient en faire. A travers un message sur le ton du « trigger warning », Assassination Nation vient prévenir, sur le ton de l’humour, les commentateurs qui portent un regard trop élitiste ou universaliste sur le sujet. Si cette approche est plutôt destinée à une audience nord-américaine, elle a cependant une pertinence très importante dans le contexte français. Face à des médias mainstream et une classe politique qui tend à s’insurger face à la moindre remise en cause des modèles dominants (esthétiques, littéraires, idéologiques, etc.), Sam Levinson prévient son audience française que le contenu de son œuvre pourrait heurter leur sensibilité et leurs égos.
𝓂𝒶𝓉 𓆈 𝒽𝒾𝓈
𝓂𝒶𝓉 𓆈 𝒽𝒾𝓈

171 abonnés 1 143 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 décembre 2021
Audacieux et surprenant ! Sam Levinson nous propose là quelque chose de frissonnant… Le rythme est très bon, j’ai étais complètement absorbé par l’histoire, les actrices principales tiennent le file et sont convaincantes. Le dénouement est bien, même très bien. De très bons plans. Film qui peut laisser perplexes certains, moi il m’a fasciné. À découvrir à l’occasion !
Liliane G
Liliane G

5 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 13 décembre 2021
Le seul point positif : leur bande son. Je comprend le message au cœur de ce film, mais il n'a pas réussit à être bien passé malheureusement.
françoise Devaux
françoise Devaux

41 abonnés 350 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 décembre 2021
La première partie est assez brouillonne et on ne comprend pas très bien où l’auteur veut en venir. puis tout bascule dans la deuxième partie où tout y passe: le danger des réseaux sociaux, le machisme, la beauferie, la délation, la pullulation des armes...
C'est trash et l'explosion de violence me fait un peu penser à Tarantino.quand les choses partent en vrille avec force d'hémoglobine..
C'est brutal mais efficace.
Arthus27
Arthus27

127 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 décembre 2021
Un film brillant et sans compromis. Transposition au premier degré des lynchages en ligne, Assassination Nation nous plonge dans son univers sombre et violent grâce à une réalisation extrêmement soignée. La puissance de son message politique et féministe en est d'autant plus puissant, preuves en est les vives réactions qu'il suscite. A voir absolument !
JusteMoi
JusteMoi

74 abonnés 433 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 décembre 2021
Bon, ce n'est clairement pas ma came.
Malgré une idée de base intéressante, et la multitudes de sujets d'actualité abordés, le résultat est ostensiblement outrancier.
Déjà, il faudrait vraiment arrêter de faire jouer des rôles de personnages de 18 ans à des acteurs qui en ont 30.
Ensuite, il faudrait arrêter de faire croire que des adolescents sont capables de tuer des gens de sang froid, sans éprouver la moindre petite hésitation.
Ça démarre délibérément sex, avec des dialogues vulgaires, des scènes de cul, etc... Ambiance que l'on retrouve tout au long du film. Puis ça part en une sorte de Kill Bill, en beaucoup moins bon, avec des tueries à tout va.
Tout est extrêmement, outrageusement, exagéré, et c'est bien ce qui m'a dérangé.
Le sujet abordé méritait un traitement plus subtil.
C'est un peu comme si on allumait une bougie avec une Kalachnikov... Ça part d'un bon sentiment, mais ce n'est pas adapté et au final, ça détruit toute la baraque.
Alasky

456 abonnés 4 638 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 juillet 2021
Un film badass et trash avec des héroïnes vengeresses et sexy, dans un monde où les réseaux sociaux et le voyeurisme "dominent" le monde. La mise en scène et la photo sont vraiment impeccables, tellement impeccables, qu'on sent un certain narcissisme à plusieurs reprises. Longuet mais agréable à regarder quand même, du coup avis mitigé pour ma part.
2985

317 abonnés 1 283 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 21 juin 2021
Une purge qui se donne des airs en voulant dénoncer une certaine jeunesse rythmée par les réseaux sociaux. Mal filmé et monté le film n'est qu'une succession de clichés sur le modes de vie d'ados déjà perturbés, en voulant dénoncé le film se vaurtre constamment dans des scènes se voulant choc le tout affublé d'une morale de comptoir mal traitée. La fin du film sombre dans le grand guignolesque sanglant sans raisons particulières si ne n'est de vouloir marquer les esprits mais c'est surtout ridicule. Sam Levinson qui apparemment se passionne pour les mœurs de la jeunesse américaine fera tous de même mieux avec sa série Euphoria. En tout cas cette pseudos chasse aux sorcières 2.0 est à oublier
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 février 2021
Film extraordinaire qui fait vraiment réfléchir sur le regard de la société le regard des autres les dangers d'Internet et la politique des États-Unis dans ce film on comprend que les humains sont habitués à la violence et non aucune réaction face à ça et qu'il faut se méfier des apparences j'ai vraiment adoré et ça m'a ouvert les yeux sur certaines choses
weezlesanguinaire
weezlesanguinaire

90 abonnés 468 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 janvier 2021
Une énorme claque ! Quand je vois les critiques aussi peu élogieuses je me dis qu'on a absolument pas vu le même film. Aucune star et pourtant ce film aurait mérité très clairement d'avoir plus de succès.
jthuil
jthuil

23 abonnés 365 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 novembre 2020
Assez laide visuellement, cette chasse aux sorcières à l'époque du hacking et des réseaux sociaux peut intéresser par son caractère expérimental, mais manque d'un supplément d'âme pour être vraiment aboutie.
gregbutton
gregbutton

42 abonnés 1 016 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 octobre 2020
[Terrible ce synopsis qui résume intégralement le film excepté les dernières minutes..!] Reste tout de même à savourer la superbe photo, les nombreuses références, l’originalité et globalement l’intelligence. Réalisateur que je suivrai !
Serge K
Serge K

22 abonnés 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 août 2020
Curieux, un film qui dénonce le puritanisme américain , alors que toutes les scènes "hot" de Sam Levinson, le metteur en scene, sont censurées, les couples font l'amour tout habillés, pas une poitrine est dénudée, pas un sexe non plus, ce qui n'est absolument pas le cas dans Euphoria,
Ykarpathakis157

6 209 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 19 juin 2020
En tant que cinéphile, il est courant pour moi d'essayer de trouver ce qui est bon dans chaque film. Assassination Nation a rendu cette recherche un peu plus difficile. Des scènes esthétiquement agréables avec beaucoup de gros plans couplés à une bande sonore éthérée et actuelle étaient les seules aspect agréable d'un film par ailleurs insensé et souvent confus. L'histoire semblait incapable de se trouver et de s'en tenir à un message central ; était-ce Girl Power ? Ou une déclaration sur la mort apparente de la vie privée pour faire place à l'ère numérique. Mes grands espoirs pour le film ont été réduits par une incapacité à transmettre un quelconque message et par un scénario finalement confus...
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 avril 2020
Oubliez l’affiche, le titre et la bande-annonce qui sont racoleurs au possible et semblent promettre une espèce de teen-movie idiot, trash, sexuel et ultra-violent. Il y a un peu de ça en effet dans « Assassination Nation » mais c’est surtout bien plus. Un film dérangé et secoué que son distributeur a certainement bien eu du mal à vendre ce qui explique son peu d’exposition en salles lors de sa sortie et son insuccès. Sam Levinson (le fils de) change radicalement de registre lui qui nous avait agréablement surpris avec son premier film, la chronique en forme de repas de famille qui dégénère « Another Happy Day ». Le long-métrage a des airs de film pop sous acide à la « Spring Breakers » teinté de « American Nightmare ». En fait, il fait la synthèse des deux, se parant d’un quartet d’héroïnes délurées à l’instar du premier et de l’imagerie du second pour un portrait au vitriol d’une Amérique malade et contenant une violence sous-jacente, hypocrite vis-à-vis de ses valeurs. Le film n’a pas plus dans son pays d’origine et comprend pourquoi au vu du miroir grossissant et peu aimable qu’il renvoie à une partie de sa population. Le film dézingue à tout va à la manière du récent et excellentissime « The Hunt » (entre violence et satire qui charge à boulets rouges) avec moins de réussite tout de même et de menus défauts. En effet, c’est un petit peu long au démarrage, l’interprétation manque parfois de nuances, il y a quelques fautes de goût et certains tics de mise en scène qui font penser aux clips s’avérant dispensables. En outre, Levinson cède sur la fin à un penchant pour la violence qu’il dénonce (comme la saga « American Nightmare ») et à des plans gratuits (les filles armées jusqu’au dent en tenue sexy). Paradoxalement, ils sont tout de même tout à fait plaisants voire jouissifs pour le spectateur. Tout cela ne gêne en rien l’appréciation de ce pamphlet féministe osé et radical qui s’avère jubilatoire presque du début à la fin.



« Assassination Nation » part d’un postulat à priori probable (un hacker dévoile tous les échanges privés des habitants d’une petite ville sur la Toile, entre textos pornographiques et petits secrets de chacun, ce qui va faire l’effet d’une onde de choc sur la communauté) et le pousse à l’extrême, voire dans l’absurde. C’est totalement abouti et cela permet à Levinson de mettre en avant le puritanisme d’une certaine Amérique en pleine face et ses contradictions, de l’homophobie au sexisme en passant par le goût pour la violence et les armes ou le jugement d’autrui sans procès. Les réseaux sociaux et moyens de télécommunication contemporains sont au centre du film et cristallisent les errements et les défaillances morales d’une partie de la population, schizophrène, bête et violente. La démonstration n’est pas si lourde qu’on voudrait/aimerait le penser et c’est édifiant. La chasse aux sorcières qui s’organise contre ces jeunes filles à Salem (forcément) rappelle aux pires heures de l’Histoire et pourrait tout à fait se dérouler aujourd’hui, sans le dernier tiers, excessif (quoique ?), mais qui sert de défouloir et de catharsis au spectateur. Notons également une bande-son hypnotique et pas mal de plans très stylisés et magnifiques. La mise en scène de Levinson est excellente et augure du bon pour la suite de sa carrière et on retiendra cet incroyable plan-séquence sur la maison assiégée par des hommes masqués entre home invasion à la « The Strangers » et film éthéré à la « The Bling Ring ». Une diatribe puissante et outrancière, sans concessions, qui fait partie des films qu’on aime ou qu’on déteste mais qui n’est pas ce qu’il semble être à première vue. Quant au dénouement il est aussi étonnant qu’évident et le générique de fin, très clip post-apocalyptique est de toute beauté.



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