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gooneur
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3,0
Publiée le 11 février 2021
Une chronique sociale de l'Amérique ordinaire plutôt bien menée, portée par ses 2 interprètes féminines principales, très justes. Le scénario et le dénouement convenu n'apportent aucune surprise par contre, ce qui limite l'aura du film.
Un film très propret de R.Howard, qui avec une carrière de réalisateur en dents de scie, signe ici une oeuvre soignée, avec sérieux et sans ridicule, mais sans éclat non plus. En filmant une fresque familiale dans une Amérique profonde, minée par le chômage et flirtant avec une précarité sociale comme une certaine violence, "Une Ode Américaine" s'attache à décrire l'ascension absolument pas acquise d'un jeune homme qui n'est pas naturellement né dans les conditions requises pour accéder au rêve américain qu'on nous vante tant. Avoir amené ce film loin des standards hollywoodiens (personnages, décors, rythme, histoire) est la bonne idée et s'apprécie comme tel. Pour autant, il manque un peu de piquant de cette entreprise, qui frôle souvent le sentimentalisme tant redouté, mais l'évite de justesse. On retiendra surtout d'"Une Ode Américaine" les formidables interprétations de G.Close et A.Adams, sans fard et en total contre-emploi.
Une chronique familiale sur trois générations faisant le portrait d’une Amérique blanche défavorisée versant dans le misérabilisme et le consensualisme à tous les étages. En effet, la réalisation de Ron Howard est un sommet d’académisme tandis que le script décrit cette population ouvrière du Midwest et laissée pour compte de façon grossière en étant dépourvue de tout contexte socio-politique alors que le pays est gangrené par de fortes divisions sociales. Enfin, que dire de l’interprétation outrancière d’Amy Adams et de Gleen Glose bien loin de la nuance de jeu dont les deux sont capables. Un film à vocation aux Oscars raté pour le cinéaste.
On peut être certain que les critiques utiliseront cette période de transition politique américaine pour critiquer l’histoire d’Une Ode Américaine, notamment sur les problèmes sociaux du côté le plus pauvre de l’Amérique centrale. Le problème avec la dernière version de Ron Howard dans la médiocrité n’a rien de politique. C’est le fait que le film est inégal, passe trop de temps sur les dernières années et passe sous silence les problèmes sociologiques sans un regard plus profond. On a raté l’occasion de raconter l’histoire de la question criante de la toxicomanie et des soucis de santé mentale dans la région. Au lieu de cela, il a été remplacé par une vitrine d’acteurs mélodramatiques.
Critique disponible dans son intégralité : https://cestquoilecinema.fr/critique-une-ode-americaine-un-nouveau-rate-pour-ron-howard/
Un film de Ron Howard, c'est souvent la promesse d'un rythme soigné qui nous empêche de décrocher du récit qui dure (quasi-systématiquement) deux heures, une recette que l'on commence à connaître, sans pour autant s'en lasser. Cette fois, le papa de la saga Da Vinci Code, de Solo (A Star Wars Story) et surtout du très bon Rush, adapte le roman autobiographique de J.D. Vance, et nous amène dans l'Amérique rurale au sein d'une famille très attachante malgré ses lourds secrets. Nous suivons donc la vie du jeune garçon de la famille, qui doit composer au quotidien avec une mère toxicomane et violente (Amy Adams, en grande forme), une mamie qui tente de porter à bout de bras sa fille et son petit-fils, mais cache elle-même un drame effrayant, et un père aux abonnés absents. Sensible et un peu pataud, le garçon est le souffre-douleur des enfants du coin, et tentera en grandissant de s'échapper de ce lieu qui représente tout ce qui le hante. Mais en débarquant en ville, les problèmes continuent quand il se voit traité comme un véritable bouseux par les hautains rupins à la cravate bien nouée... On se prend vite au jeu de la pitié et de la compassion pour ce garçon et jeune homme (respectivement Owen Asztalos et Gabriel Basso, deux inconnus au bataillon qui font un joli exploit) qui endure tant bien que mal sa vie de malaimé et rejeté, sans pouvoir se plaindre (à part à sa mémé). Glenn Close est tout à fait convaincante, en plus d'être le sosie parfait de son modèle réel (on se demande si ce n'est pas elle, dans les images d'archives), et nous a déchiré le cœur en fin de film (sans en dire plus). L'intrigue est encore ce qui se fait de mieux dans ce drame qui sent parfois le mélo facile, en nous montrant le vrai sens de la famille, ses douleurs et ses moments de joie. L'interprétation est impeccable, voire impressionnante pour les deux acteurs qui campent J.D. Vance, deux découvertes en une. Une ode américaine n'a pas la prétention de révolutionner le récit de vie dramatique, et n'est pas toujours loin du mélo, mais il porte fièrement son casting dans une intrigue sensible et humaine.
" Une ode américaine" film en partie autobiographique diffusé sur Netflix est un drame social touchant. En effet le film doit beaucoup à son tandem actrices Amy Adams et Glenn Close qui pourraient être nommées aux oscars cette année avec la belle performance de Gabriel Basso également dans un mélo intense, poignant et dense qui décrit une certaine Amérique profonde et la difficulté de s'extraire de son milieu d'origine.
Si le best-seller de J.D. Vance une constante, l’engagement de Ron Howard en est donc la variable dans une adaptation qui tente, maladroitement, de dépeindre une Amérique Profonde. Bien que l’on ne puisse amputer de la personnalité dans son support littéraire, il reste bien des choses à combler, notamment dans les fossés générationnels que le récit exploite et suralimente à outrance. L’autobiographie de Vance perd ainsi toute la substance de crise qu’elle hurle, car elle ne parvient pas à être filmée comme une odyssée. Mais plus important encore, il nous sera rarement donné l’occasion de participer au caractère authentique de l’ascension. Nous cherchons ardemment cette fiabilité et nous la rechercherons encore dans les ultimes instants, censés réconcilier les esprits, mais à la surprise du spectateur, il sera le fameux délaissé d’une histoire aussi indigeste qu’oubliable.
Il manque fatalement de la chair dans cette famille qui n’a pas plus de fonctions qu’être dysfonctionnel pour la caricature. Pourtant, l’intention est ailleurs, mais alors où ? Sans doute dans une charte de reconstitution épineuse, afin de ne pas heurter la sensibilité et la cohérence de la jeunesse de J.D. (Gabriel Basso). L’enchaînement des péripéties, voire des anecdotes, témoignent toutefois d’une paresse de mise en scène et d’un aspecta aléatoire dans le miroir d’un univers que l’on cherche à nous présenter à l’état brut. Au lieu de cela, il sera très compliqué de lier deux temporalités sur la base d’une émotion, à la fois mélancolique et alcoolique. Oui, l’ivresse fait également partie des valeurs que partages une famille qui n’arrive évidemment à communiquer. Si un rapport de domination vient entrevoir nos espoirs d’un développement saisissant, ce sera à l’opposée que l’on se trouvera, démuni dans un glamour qui sonne faux et qui nous laissera surtout sur le palier de chaque problématique. Et quand bien même il ne s’agit que d’une seule forme de maladie, qui campe dans la cellule familiale depuis des générations, il y a un moment où les traditions s’éparpillent dans les crocs de la modernité.
Entre l’insécurité sociale qui enterre un peu plus ceux qui tentent malgré eu de survivre et le fauteuil confortable d’une classe aisée, mais ignorante, il y avait de la place pour bâtir une solide cristallisation d’une nation, plus que jamais en proie au doute et à ses propres valeurs, d’ordre religieux ou politique. Malheureusement, c’est un vide qui s’installe au-dessus d’une narration qui feint l’immersion et qui feint tout l’aspect ludique qui devrait s’en dégager. Et s’il fallait seulement se soumettre à ces absences, afin de nous confronter à l’humanité dans son habitat hostile et toxique, Bev (Amy Adams) manque de nous rassurer dans son angoisse et sur l’emprise qu’elle a sur ses enfants, comme sur ses aînées. En parallèle, sa fille Lindsay (Haley Bennett) est rongée par son envie d’assumer sa fuite et son émancipation par le mariage. Hélas, ce qui coule dans les gènes est bien plus fort que tout, à tel point qu’une interdépendance persiste à ramener chacun membre vers son remords. De même, la matriarche Mamaw (Glenn Close) incarne la droiture et inspire un respect qui ne sera qu’au service d’une empathie des plus discrète.
Les incompréhensions continuent de manquer et « Hillbilly Elegy » (Une Ode Américain) marche dans une toute autre crasse que celle qu’elle tente de décrire. Le montage cultive également de la lourdeur dans des propos, qui ne fait qu’avancer en justifiant des actes. Pire encore, Howard manque de capturer cette face cachée d’une Amérique qui ne vit pas uniquement dans le traumatisme. C’est bel et bien un récit horrifique, dont il valait mieux aborder à une échelle adaptée plutôt que de priver la vision symbiotique de toutes nuances, et même de sens. Ainsi, cet échec surligne un peu plus cette distance qui sépare le cinéaste de ses sujets.
L'objectivité d'Une Ode Américaine, via sa structure et l'impact de chacun de ses sujets traité, permet à Ron Howard de signer l'une de ses œuvres les plus envieuses. Non pas celle sur laquelle il peut intervenir sous n'importe quelle pression pour sauver un naufrage annoncé sous l'étiquette Disney, non pas celle où il lâche sa casquette d'acteur pour briller en tant que réalisateur, ni celle où il adapte le plus grand succès littéraire au monde pour en faire un succès cinématographique mondial, mais l'œuvre qui le place enfin en tant que très grand dans la profession. Une sensibilité et une compréhension du sujet toujours plus admirable.
Si les critiques américaines n'ont pas été tendres avec cette adaptation d'une autobiographie, ici nous ne ne crions pas à la caricature, d'avantage à l'hommage peut-être. Le retour du fils prodigue de Yale aux tréfonds de l'Ohio permet de mettre en lumière déterminisme et ascension sociale, famille dysfonctionnelle et addictions. Les actrices sont méconnaissables et malgré un côté un peu mélo, le film remplit plutôt bien ses objectifs (plus d'infos : https://pamolico.wordpress.com/2020/11/28/hillbilly-elegy-ode-americaine-ron-howard/)
Comme Ron Howard sait si bien le faire il nous parle d une famille dans l amerique profonde et comment assumer sa vie . Un joli film parfois assez dur mais qui au final nous touche . Les comédiens sont toutes et tous très bons . Du cinéma d émotions !
J’ignorais l’existence de ce film par Ron Howard ; et c’est une chouette petite surprise. Concrètement, c'est plutôt pas mal. Nous avons une histoire très simple mais très belle accompagnée d’une réalisation un peu basique mais bien immersive.
Effectivement, le scénario est très intéressant ; surtout que c’est une belle histoire. J’ai été captée par elle du début à la fin. Simplement, il y a énormément de moments de flottement un peu trop long. Les personnages sont relativement attachants et ils ont un développement et une évolution complète ; tout paraît cohérent.
Quant à la réalisation, je la trouve un peu fade ; Ron Howard nous montre de belles images avec beaucoup de sens mais je trouve que la mise en scène est relativement simple et manque un peu d’émotion. Il est vrai que le cadrage nous plonge véritablement dans l’histoire mais il est aussi facile d’en sortir. Par contre, la musique est très belle et vaut le coup d’être découverte.
Concrètement, je conseille ce film sans trop de priorité car malgré une mise en scène manquant d’ambition, l’histoire devrait être plus connue.
Belle prouesse d’actrices, avec un jeune pas mauvais non plus. Film bien américain qu’on pourrait mettre dans le paquet des drames familiaux, mais qui se démarque par l’originalité régionale choisie.
Un très beau film qui retrace une histoire bouleversante. On est très vite immergé dans cette famille grâce aux excellents jeux d'acteur (qui ressemblent aux vrais personnages)... Des va et vient entre présent et passé pour glisser les clés de lecture et de compréhension... Un film touchant et bien fait... je conseille