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rogerwaters
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4,0
Publiée le 2 février 2018
Encore un film iranien bien énervant qui nous contraint à suivre la descente aux enfers d’un homme cherchant à rester droit et honnête en toute circonstance. Or, il est confronté à un pouvoir qui valide la corruption à une échelle assez impressionnante. Finalement, le cinéaste fait passer le pouvoir religieux pour une institution mafieuse qui use de pratiques d’un autre âge pour faire régner la terreur. La démonstration est implacable et ressemble à s’y méprendre au récent film égyptien Le Caire confidentiel. On y retrouve le même type d’engrenage fatal et le même fatalisme face à une situation où le petit ne peut jamais l’emporter sur le pouvoir en place. A noter que tous les acteurs sont bons et que la réalisation, bien que très austère, est de grande tenue. Une belle découverte assurément.
Dans Un homme intègre, film lauréat du Prix un Certain Regard lors du festival de Cannes 2017, Mohammad Rasoulof aborde à nouveau un sujet d’une grande pertinence. L’entêtement éthique du personnage principal est le parfait reflet de l’audace et du courage politique du cinéaste iranien. Désormais assigné à résidence dans son pays pour « atteinte à la sécurité nationale et […] propagande contre le régime », Rasoulof livre un film nécessaire et indispensable frappé, comme ses prédécesseurs, d’une interdiction de projection en Iran. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
Ami proche de Jafar Panahi, Mohammad Rasoulof est lui-même un artiste trop critique pour ne pas être soumis à une étroite surveillance de la part du régime islamique : il serait d’ailleurs actuellement en détention pour conspiration contre l’état, précisément à la suite de la présentation dans les festivaux internationaux de cet ‘Homme intègre’. Il faut dire que le regard qu’il porte n’est pas tendre avec le fonctionnement ordinaire de la société iranienne. Propriétaire d’une ferme piscicole, Reza est en butte aux manoeuvres d’une importante compagnie qui souhaite s’approprier ses terres, et ne recule devant rien pour l’obliger à abandonner la partie. Le problème, c’est que Reza veut rester droit dans ses bottes et se défendre par les voies légales, et c’est un réel problème dans un pays où le pot-de-vin est considéré comme un salaire à part entière et où seules l’entregent et les relations permettent de débloquer des situations volontairement inextricables. Dévoilant aussi subtilement les motivations et les blocages personnels et culturels des protagonistes que son compatriote Asghar Fahradi, on suit la descente aux enfers de cet homme confronté à sa propre impuissance et à son refus de transiger, alors que tout ce qu’il avait tenté de construire pour les siens s’écroule inexorablement. Personne, que ce soit dans les forces de police, l’administration ou la justice, ne fait preuve de la plus élémentaire notion d’honnêteté ou de justice, et tous s’inclinent face à la loi du plus fort ou du plus offrant. Si Rasoulof en profite pour décocher au passage quelques traits à l’intolérance religieuse, c’est surtout la corruption absolue du système, qui ne saurait d’ailleurs fonctionner autrement, qui le préoccupe, en ce que la corruption ne peut que pousser les hommes de bien à s’avilir moralement pour survivre. Ce n’est que dans les interstices de la répression qu’il est possible de souffler un peu, à l’image de cette source chaude que Reza est le seul à connaître et où il aime siroter son alcool de pastèques artisanal : ce sont d’ailleurs les seuls moments où il ne semble pas prêt à exploser sous le poids de sa colère rentrée. Car si le constat que dresse Rasoulof sur l’impuissance des justes et le triomphe final du mal est d’une noirceur absolue, la démonstration qu’il utilise pour le prouver est implacable de justesse.
Un film sur le système de corruption plus ou moins installé en Iran à travers un personnage central confronté à ce système. Le film est assez prenant et permet d'appréhender certains éléments de la situation intérieure iranienne.
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3,0
Publiée le 23 octobre 2020
Un Homme Intègre raconte l'histoire d'une famille de trois personnes essayant de se débrouiller en utilisant leur terre pour produire du poisson. Mais elle est mise au défi par une mystérieuse société qui corrompt toute la société même la police et la justice. Un film sur le petit homme pas prêt à s'incliner pour la répression et qui doit en fait adhérer pour s'en sortir. C'est un film bien fait et ce n'est pas très heureux. La narration est calme et assez lente même dans ses parties dramatiques. Un bon et important film d'un cinéaste renommé dans un pays qui a besoin de ce genre de films. Mais il avait encore un peu de mal à m'engager vraiment dans son histoire...
Le trait est forcé bien sûr, mais à la mesure d'une société catastrophique où tout reste à faire. L'acteur principal est excellent, et si la fin qui remet tout en perspective était attendue, elle n'en reste pas moins efficace. Quelques longueurs néanmoins mais dans l'ensemble une réussite.
Tout simplement un chef d'oeuvre sur un homme qui ne plie pas, qui refuse la corruption dans un monde où tout s'achète. C'est une ambiance dure et austère, à la limite du supportable tellement les problèmes s'accumulent sur le dos du héros, ne vous attendez pas à de grand moment de bravoure, juste un homme qui tient bon, qui incarne la résilience, la capacité de l'humain à s'adapter malgré les chocs subis. les acteurs sont parfaits, la mise en scène sobre et efficace. Du grand cinéma riche en émotions.
Venu de Téhéran pour s’installer à la campagne avec sa femme, directrice de collège, et leur fils, Reza vit modestement de son élevage de poissons rouges. Une compagnie privée, qui veut s’approprier son terrain, commence à l’étrangler financièrement, avant de passer aux voies de fait. Reza pourrait s’en sortir s’il consentait à fournir sa dîme au puissant qui a juré sa ruine. Mais Reza, « l’homme intègre », ne cède rien, au risque de tout perdre…
Dans la lignée des réalisateurs « politiques » iraniens, Asghar Farhadi (Une séparation), Abbas Kiarostami (Le Goût de la cerise) ou Jafar Panahi (Taxi Téhéran), Mohammad Rasoulof dénonce tout un système social, avec l’efficacité mais aussi la beauté et la subtilité que peut permettre l’art cinématographique. Malheureusement, tout comme Jafar Panahi, son passeport vient de lui être confisqué et il risque plusieurs années de prison, pour ce dernier film, Un homme intègre, primé au dernier Festival de Cannes.
Il faut reconnaître le courage du réalisateur qui met en lumière le sport national d’Iran c’est à dire, la corruption à toutes les échelles. Superbe interprétation des acteurs qui font bien vivre cet atmosphère corrompue de ce pays. Très bon scénario qui tient en haleine.
Un film grossier dans sa mise en scène et son scénario qui n'aidera certainement pas à lutter contre un régime tyrannique. On est à la limite de la manipulation et de la malhonnêteté. Kiarostami a beaucoup de soucis à se faire.
Grand film noir, rythmé par un drame social et familial haletant ... et conclu par le cynique prix du courage. On lui regrette simplement un ton trop moral. L’investissement des acteurs est impressionnant. Photographie, jeux de caméras et montage magnifiques.
Une charge implacable sur la corruption environnante, bravée par un incorruptible téméraire. Qui va manger l’autre ? La réalité est souvent dérangeante.
"Un homme intègre", c'est une plongée de 2 heures dans le pays des mollahs : un film tendu, étouffant, glaçant, inquiétant... Une peinture manifestement réaliste, et d'une noirceur complète, de la société iranienne après 45 ans d'une théocratie implacable avec son cortège de violences, d'agressivité, de corruption généralisée... Désespérant !
Quelle chef d'œuvre! Ce film est l'un des plus complets qui puisse exister, c'est un mélange de tous les genres cinématiques possible, de quoi satisfaire les plus grincheux. Le réalisateur nous a permis de découvrir une dimension humaine jamais découverte auparavant dans le cinéma, grâce à lui les spectateurs sont invités à porter un nouvel oeil sur l'Iran et sur la corruption.