Makala
Note moyenne
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51 critiques spectateurs

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islander29

1 028 abonnés 2 664 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 décembre 2017
film très abouti, qui n'est pas pour moi, un documentaire, car il accompagne des personnages attachants et propose une histoire scénarisée relativement éloignée d'un documentaire réaliste .....les images et la musique sont très belles, il y a une atmosphère qu'on ne trouve qu'en Afrique, pauvreté, nonchalance, convivialité ou partage, l'harmonie règne tout au fil des images , et l'on, s'imprègne d'émotions riches et conviviales.....Bref un film à ne pas rater, surtout qu'il risque de disparaître vite des écrans....
Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 décembre 2017
Kabwita vit dans la misère au Katanga, dans un petit village reculé à une cinquantaine de kilomètres de Kolwezi. Avec sa femme et ses enfants, il aimerait faire bâtir une maisonnée sur son terrain et quitter le taudis dont il est locataire. Il fabrique du charbon de bois.
Sans moyen de locomotion, il n'a guère qu'un vélo, qu'il peut arnacher avec de lourds sacs de charbon et pousser jusqu'à la ville où il tentera d'en obtenir un bon prix.

Emmanuel Gras vient du documentaire. "Makala" est sa première œuvre de fiction - si tant est que c'en soit une. Ses deux premiers films avaient pour cadre, le premier ("Bovines") le Calvados et ses champs où paissent des vaches silencieuses, le second ("300 hommes") un asile de nuit à Marseille et les réprouvés qui y dorment.
Il plante cette fois ci sa caméra dans un tout autre environnement. Mais, de la France au Congo, sa démarche reste la même : filmer au plus près la réalité au point de produire parfois un malaise, dans l'intimité contemplative qu'il crée avec son sujet.

"Makala" est un film âpre, exigeant qui se fixe un sujet et s'y tient inexorablement. Il ne quitte pas son héros d'une semelle durant les trois parties qui le composent. Dans la première, on le voit chez lui faire son travail : abattre laborieusement un arbre immense avec une simple hache, le débiter en bûches, préparer avec soin le four, faire cuire patiemment le charbon de bois. Dans la deuxième, la plus poignante, on le suit sur la route qui le conduit jusqu'à la ville. Cinquante kilomètres, qu'on ferait sous nos latitudes, en train, en voiture ou en moto, en moins d'une heure. Cinquante kilomètres qui, sous les siennes, semblent une odyssée harassante où l'on voit Kabwita pousser son vélo lourdement harnaché sur des routes escarpées, poussiéreuses, dangereuses. Dans la troisième, Kabwita est enfin arrivé en ville. Il s'arrête chez sa belle sœur dont on comprend qu'elle héberge sa fille aînée qu'il a envoyée étudier à la ville ; il négocie sur le marché ses sacs de charbon inlassablement ; il trouve dans une église évangéliste un repos trompeur.

Rien de plus. Rien de moins non plus. "Makala" frappe par l'exigence de sa forme, qui ne s'embarrasse d'aucun artifice, d'aucune béquille. Le film est quasiment muet. Il ne comporte presqu'aucun autre événement que ceux que je viens d'énumérer. S'y ennuie-t-on pour autant ? Pas une seconde. Car on est happés par cette histoire, alors même qu'elle est d'une simplicité enfantine et qu'on en connaît par avance l'issue. La raison de notre intérêt est la fascination qu'exerce cet homme frêle et doux, qui n'élève jamais la voix, qui ne manifeste ni joie ni colère, qui se contente de pousser son vélo, comme Sisyphe roulait son rocher. Un homme qui ne dit rien. Mais qui exprime tant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 décembre 2017
Puissant....onirique...cruel...pas voyeur pour un sou contrairement à ce qu on peut lire.....une claque recue en sortant de la salle...des plans magnifiques..(. spoiler: la montee des velos charges sur les paysages rocailleux.... )
....magnifiique.
chas
chas

38 abonnés 180 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 décembre 2017
Le réalisateur qui avait réussi son premier film « Bovines », autour de vaches en Normandie, nous a emballé avec cette dernière production se déroulant au Congo. En Swahili, Makala signifie : charbonnier, celui qui fabrique du charbon de bois sous des meules recouvertes de terre. Nous suivons l’homme qui coupe des arbres, compose patiemment sa motte et achemine une quinzaine de sacs volumineux au moyen d’une bicyclette invraisemblable, très lourde à traîner, que les camions lancés à toute vitesse sur les pistes menacent sans cesse, jusqu’à renverser le chargement. Quelques villageois l’aident à reprendre son chemin de croix mais un autre individu lui prélève un sac après l’avoir intimidé. Les négociations pour écouler sa marchandise seront serrées. De magnifiques images et un tempo parfaitement maîtrisé nous font partager tant d’efforts insensés. Quand le film se clôt par un office religieux on peut comprendre qu’il puisse y recharger ses batteries. Esthétiquement pleinement réussi, sociologiquement juste, il est dépourvu de tout misérabilisme qui accompagne souvent les films du continent noir. Une paire de chaussures en plastique pour un cadeau à sa petite fille marque toute l’attention de cette belle figure humaine. Le courage, l’opiniâtreté de cet homme laissent croire à quelques moments de répit à l’avenir.
Les émotions sont violentes lorsque les camions déboulent en direction de la ville chaotique. Et nous sommes ramenés aux éléments essentiels : le carbone qui se consume sous la terre, les arbres, les enfants, un poster de Drogba, un rat qui cuit sur le brasero. L’ambition de cet homme pour survivre appelle les mots qui s’appliquent aux récits mythologiques. Un grand film.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 8 décembre 2017
Kabwita habite avec sa famille un village de brousse katangais, au sud de l’immense Congo (RDC). Il se rend régulièrement à Kolwezi, à une cinquantaine de kilomètres, pour vendre le charbon de bois (makala) qu’il fabrique en forêt. Il fait la route à pied, en poussant son vélo surmonté d’une charge à faire pâlir un mulet. Négociés en ville, les sacs lui permettront d’acheter des tôles pour couvrir sa maison. Alors il pousse, nuit et jour, sans broncher.
La piste est piégeuse. Au passage des camions, le chargement culbute au fossé et d’autres miséreux le rackettent en chemin. Le forçat se plaint à peine. Seule l’espérance le guide. Parfois il implore le ciel. Et dans une église, il partage la transe des fidèles, pour demander à Dieu de ne pas l’abandonner. Marathonien sans espoir de médaille. Riche de l’or noir des prolétaires de la forêt. Le héros incarne toute la misère de la condition humaine. Kabwita est un Sisyphe africain.
Le film d’Emmanuel Gras s’apparente à un docu-fiction. Avec ses parties distinctes qui ajoutent au réalisme sec et aride. Il est d’une beauté formelle irréprochable, malgré les moyens réduits. Les lumières sont superbes et un violoncelle ajoute à la dramaturgie. Sa signification est plus ambigüe. Si bien qu’on s’interroge sur son ambition réelle. Description clinique, épopée mythologique, cheminement onirique, quête initiatique ? Qu’importe, il faut aider Kabwita à cheminer vers l’impossible.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 9 décembre 2017
Tourné au Congo, le documentaire suit le périple d'un jeune frabricant de charbon de bois de son village jusqu'à la ville la plus proche (plusieurs dizaines de kilomètres tout de même). Il est difficile d'en dire plus sur l'histoire sans dévoiler trop d'éléments qui sont extrèmement bien distillés au cours du film. On ne comprend que progressivement ce que l'on est en train de voir: ce que fait le héros du film, ce qu'il construit au milieu de la brousse, ses buts, ses envies. Tout cela donne une dimension quasi mythologique à ce film qui le tire largement au-dessus de ce que l'on est habitué à voir en documentaire.
Il est également construit comme une fiction. J'ai lu d'ailleurs des critiques spectateurs qui n'avaient pas compris les propos du réalisateur: celui-ci dit qu'il avait repéré les endroits intéressants sur la route, qu'il avait la structure du film avant le tournage et qu'il intégrait des scènes au fur et à mesure de ses discussions avec son personnage. Du coup certains pensent qu'il avait tout préparé. En fait le réa explique simplement qu'un documentaire comme celui-ci se fait en collaboration avec les personnes qu'il filme et qu'il se pense en amont. La base d'un travail de documentariste à mon humble avis. En tout cas c'est un des documentaires les plus puissants et beau que j'ai vu depuis très longtemps.
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 décembre 2017
Le parcours difficile d’un jeune charbonnier qui rêve d’un avenir pour sa famille. La caméra habile du cinéaste se place toujours au plus proche de la vérité.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 décembre 2017
un nouveau Depardon, Réalisme sans faille dans une photo splendide.
Il faut aller voir la vie sans fard de beaucoup de familles africaines
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 décembre 2017
Emmanuel Gras nous révèle, par le placement de sa caméra au plus près de son personnage, la vie ou plutôt la survie d'une famille en RDC mais aussi la violence d'une société dénuée de protection, dans laquelle chacun ne peut compter que sur sa propre force et celle de sa famille. De l'abattage de l'arbre à la vente du charbon de bois, qui en est issu, à la ville située à 50 km, sans autre moyen de transport qu'un vélo, le cinéaste nous emmène sur les chemins de brousse déserts et les routes parcourues à toute vitesse de camions fous jusqu'à la ville où d'autres négoces se jouent. La scène de prière évangélique vient compléter ce tableau d'une humanité qui nous parait ancestrale et est pourtant bien celle du temps actuel à 8h de vol de Paris.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 décembre 2017
Très beau film. L'état d'un travail, l'état d'un rêve pour une famille africaine du Congo. Peu de mots, une vie éprouvante, et il faut tenir. On est avec cet homme qui peine pour nourrir sa famille et agrandir la maison... caméra pleine de tendresse, on peine avec lui... Beaucoup d'amour entre l'homme et la femme... Beaucoup de difficultés, le projet n'était pas très bon, les prix mal calculés... C'est leur vie... Bravo au cinéaste et aux acteurs.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 décembre 2017
La critique sévère de « Makala » parue dans Les Cahiers du Cinéma accuse un peu vite le cinéaste d’avoir opté pour un parti-pris esthétisant qui néglige totalement l’aspect politique d’un récit se fondant sur ce qu’on appelle aujourd’hui la « pénibilité » du travail. Dans une interview, Emmanuel Gras, le réalisateur répond indirectement à ces reproches en expliquant que, sans aucunement ignorer la dimension politique de ce qu’il montre, il a préféré se focaliser sur l’accomplissement du travail effectué plutôt que sur les souffrances qu’il génère. Ce choix, à mon avis, n’a rien de choquant. Quant à prétendre que le cinéaste se complaît tellement dans la beauté des images que sa « posture éthique en devient intenable », c’est une accusation qui me semble injustifiée. La caméra, bien au contraire, demeure presque constamment à hauteur de son personnage et le film reste, d’un bout à l’autre, fortement marqué par son ambition quasi documentaire.
spoiler: « Makala » (qui veut dire charbon en swahili) peut se résumer facilement : il nous est montré comment Kabwita Kasongo, un homme du fin fond du Congo, choisit et abat un arbre, puis fabrique le four en terre avec lequel il produit son charbon de bois. Ce travail effectué, le plus dur reste à faire : le charbon doit être mis dans des sacs, eux-mêmes fixés sur un simple vélo, et être acheminé par ce moyen jusqu’à Kolwezi, à une cinquantaine de kilomètres de là, afin de le vendre. Tendu vers son projet de gagner l’argent qui lui permettra de procurer une vie meilleure à ses proches, le charbonnier, poussant son véhicule si surchargé qu’on se demande comment cela peut tenir, accomplit ce trajet comme un forçat. Emmanuel Gras met peut-être de côté la dimension politique du récit, mais il prend délibérément le parti de l’homme : il l’accompagne patiemment, n’ignorant rien de son obstination ni des dangers qui le menacent. Après les chemins rocailleux qu’il emprunte au début de son voyage, la route à laquelle il parvient (si l’on peut parler de route) n’est plus facile pour son vélo qu’en apparence car le risque d’être renversé par un des camions qui y roulent est énorme. Il s’y trouve même des hommes peu scrupuleux qui exigent leur rançon pour le laisser passer. Pourtant, et c’est ce que s’attache à montrer le réalisateur, la détermination de l’homme reste entière. On devine qu’il puise sa force en ne perdant jamais de vue son objectif : le travail harassant qu’il accomplit, c’est pour le bien de ses proches, c’est pour gagner l’argent qui permettra de mieux vivre. Mais on perçoit aussi nettement autre chose, une autre source où puiser l’énergie nécessaire, et cette source a pour nom la prière. L’homme prie à deux reprises au cours du film : au début, après avoir abattu l’arbre avec lequel il fera son charbon, il demande à Dieu la force dont il a besoin et lui confie sa famille ; et à la fin, arrivé à Kolwezi, il entre dans un lieu de culte et fait une prière semblable, sans se laisser gagner par l’exaltation des autres chrétiens présents, mais en préférant une manière plus recueillie d’affirmer sa confiance en Dieu. Et si la prière de la fin du film ressemble à celle du début, tout en étant plus développée, c’est sans doute parce l’homme sait que son chemin de labeur est loin d’être fini et qu’il lui faudra encore bien du courage pour le parcourir, et un courage tel qu’il n’est pas possible d’en trouver suffisamment en ne comptant que sur soi-même.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 décembre 2017
On se pose des tas de questions en regardant Makala. Déjà, sur son essence de documentaire puisque, visiblement, tout était scénarisé et a été joué ou rejoué. Mais on en accepte le principe parce que tout sonne vrai et réaliste. Kabwita abat un arbre, en fait du charbon de bois, charge un vélo d'un nombre incalculable de sacs du précieux matériaux et chemine pendant 50 kilomètres, frôlé par les camions sur une route de latérite, avant de vendre son charbon aux habitants de la ville. Le réalisateur, Emmanuel Gras, n'a pas voulu de voix off ou de commentaires. Le montage dynamise un sujet et une mise en scène plutôt austères et contemplatifs malgré la beauté de certaines images. De la pudeur, oui, sur la condition de ce Sisyphe moderne mais aussi une certaine vision de l'Afrique, comme abonnée à la pauvreté et à l'exploitation. Il y aurait beaucoup de choses à dire d'autre sur le continent noir et on aimerait que ce soient justement des réalisateurs africains qui puissent l'exprimer. C'est une autre histoire ? Peut-être, mais aussi celle-là qui vient à l'esprit en regardant Kabwita s'échiner à pousser son vélo chargé de sacs de charbon, comme un mineur de fond derrière son wagonnet.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 6 décembre 2017
Mes sentiments à chaud:
- sur le fond: on en prend plein la figure par rapport à nos problématiques futiles d’européens gavés: retour sur terre brutal !
- les personnages: beaux, émouvants, dignes. La pureté d’âme du gars face à la dureté de la vie nous prend aux tripes, sa volonté d’y arriver quoi qu’il arrive nous renvoie à nos pleutreries. Un bel exemple d'humanité.
- sur le film:
- le son: la qualité du son est exceptionnelle, les voix sont distinctes, le bruit des camions sur la route et le côté spatial du son fait qu'on est totalement dans le film.
- l'image très belle et fluide, on a l'impression de ressentir la chaleur et cette satanée poussière
- des scènes marquantes:
- la marche du début et l’abattage de l’arbre: image douce, le son du vent fait une trame sur laquelle les coups de hache sonnent comme de la percussion
- la scène de l’épine dans le pied: beauté de l’image et des voix (elle surtout), émotion avec les enfants
- le trajet pour aller en ville, véritable procession: l’image est telle qu’on a mal avec lui physiquement, la chaleur, la poussière, le danger de la circulation, le racket, c’est très fort!
- la nuit sur la route: des plans extraordinaires avec comme seul projecteur les phares des voitures, la poussière envahissante, les silhouettes qui apparaissent et disparaissent.
- après avoir mal vendu son charbon, la nuit: une femme dans l’entrée d'une maison : bordel ? Non, église! Délire collectif, drogue de l’esprit et en même temps source de force pour continuer à vivre.
- le plan de fin: et maintenant ? Cap sur l’Europe et mort en Méditerranée?

Alors, film de fiction ou documentaire ? Les 2 mon colonel ?

Je ne suis pas sorti indemne de la projection!

A voir absolument !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 décembre 2017
le plus beau et émouvant film que j'ai vu de ma vie et je ne suis pas tout jeune dommage que jean Rouch ne puisse pas le voire
Geneviève B.
Geneviève B.

2 abonnés 14 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 décembre 2017
Une histoire simple et passionnante: transporter une centaine de kilos, sans doute, en poussant un vélo sur 50 km pour vendre des sacs d charbon de bois à la capitale du Katanga Kolwezi. Un vrai thriller depuis l'arbre que le héros, au sens propre, abat jusqu'a l'arrivée à Kolwezi et…vous verrez bien.
Ce n'est pas un film de pleureur sur lAfrique mais simplement un mise en image de la pauvreté et de la volonté humaine. On pourrait lui reprocher de ne pas prends parti mais c'est à chacune de faire son chemin pour saisir la réalité au delà des images, lesquelles sont fabuleuses par leur beauté. Le son et la musique sont au niveau de ce que l'on pourrait appeler la finesse de l'intrigue sur le chemin. Regard tendre, sans parti pris de dénonciation mais qui nous en apprend plus sur l'Afrique que tous les documentaires misérabilistes, et sur l'âme humaine au delà de toutes les races et les conditions sociales.
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