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mazou31
133 abonnés
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4,0
Publiée le 4 janvier 2018
Investigation documentaire et familiale, cette œuvre touche le cœur et l’esprit : profondément intime et pudique, elle bouleverse et déchire, superbement conçue, elle impressionne par son intelligence,et sa finesse. Face aux mystères familiaux, aux non-dits, Éric Caravaca explore avec discrétion et habileté l’histoire familiale et son contexte. Il ouvre les cœurs et fait revivre cette enfant “ disparue “. Un moment de cinéma très fort. Mais certains trouveront probablement ce film dérangeant par cette intrusion dans les douleurs familiales mais ne doit-on pas s’incliner devant les protagonistes qui volontairement tentent, enfin, de faire leur deuil.
beaucoup aimé ce film sur les non dits sur ces parents qui ont passé leur vie à cacher celle de leur enfant qui n'était pas normale au point de quitter le Maroc pour se réfugier en Algérie et même cacher l'existence de cette enfant auprès de leurs frères et sœurs une atmosphère difficile entre le contraste des jours heureux du mariage des baignades et la difficile réalité que la mère refuse de reconnaître même après le décès de sa fille. beaucoup apprécié
Initiative périlleuse que ce film d’Eric Caravaca. Film qui relève de son cercle familial, c’est-à-dire de son intimité. Un secret de famille doit par évidence rester non seulement secret et, si révélé, ne pas sortir du cercle familial. Un linge sale qu’on garde pour soi. Périlleux parce qu’il entraîne sa maman à se confier publiquement. Périlleux, car il expose sa maman au feu des commentaires, du jugement. A parcourir quelques réactions, ceux qui s’indignent sur la démarche morbide du réalisateur, sur l’intérêt de ce film, ne portent pas de jugements envers la maman. Non seulement ils la plaignent, mais ils reprochent au fils d’avoir forcé le verrou du passé. Un passé qui appartient à ses parents, un passé qui n’est pas contemporain du réalisateur et de son frère puisque cette petite soeur est morte bien avant leur naissance. Elle n’est pas un souvenir vague, fugace inscrit dans le tréfonds de leur mémoire. Si je m’interroge sur l’utilité de ce film diffusé à grand échelle, entendez dans des salles de cinéma, je ne juge pas pour autant Eric Caravaca. S’interroger me paraît légitime. Ressentir un malaise, une gêne d’entendre sa maman qui a sombré dans le déni me paraît légitime. Etre mal à l’aise quand il filme son père étendu mort sur un lit d’hôpital me paraît légitime. Ne pas adhérer à cette enquête familiale me paraît légitime. S’interroger sur le bien fondé de certains faits d’actualité concernant les guerres d’indépendance au Maroc avec des scènes d’une violence odieuse, tueries et exécutions, me paraît légitime. Je comprends qu’on puisse à la fois compatir et rester à distance. Mais ne pas juger. Eric Caravaca filme depuis longtemps son cercle familial et cette quête de la vérité, qui est de l’ordre de l’intime, lui paraît indispensable à révéler au grand jour. Est-ce pour aider sa mère ? Une forme de catharsis. Définition : «La catharsis est ainsi le processus, parfois émotionnellement violent, au travers duquel le sujet se libère du refoulement » Celui de sa maman ? Je ne le dirai jamais assez, rien ne me choque dans l’art. D’aucuns diront ce n’est pas de l’art, je suis de ceux qui pensent le contraire. On peut ne pas le comprendre, on peut ne pas aimer, mais ça reste de l’art. Eric Caravaca nous fait part de sa douleur, de la douleur de sa maman, de ses parents et c’est aussi un hommage à sa maman et à sa petite soeur. Il réhabilite sa mémoire et son souvenir. En soi, il réconcilie sa maman et sa fille. Il honore sa famille. Par contre il ne s’agit pas de plaindre sa maman. Il s’agit de la comprendre et de compatir. A bien y réfléchir, Eric Caravaca avec « Carré 35 » nous a proposé un sujet fort. Il aurait pu en faire une fiction, un scénario tiré d’un fait réel, il nous le propose sous la forme d’un documentaire. Courageux et périlleux.
Un docu-film troublant. En reconstituant un passé enfoui et caché, le réalisateur met à nu son histoire via plusieurs interrogatoire vis a vis de sa famille. En allant jusqu'à y joindre des images de son père sur son lit de mort, moment gênant mais hyper touchant, Eric caravaca signe une sorte d'enquête sur son propre passé en y retrouvant finalement ce qu'il y cherche. A voir, mais pas en présence de toute la famille.
Excellent documentaire sur un secret de famille. Montage très maîtrisé et narration sans fard pour ce film assez court (1h07) mais qui nous emmène très loin dans l'histoire d'une vie.
Un documentaire intimiste bouleversant où Eric Caravaca fait ressurgir les fantômes du passé et reconstitue, avec beaucoup de pudeur, la tragédie de sa propre famille accablée par l’omerta et le déni ...
On n’efface pas le passé d’une famille qui cultive le secret. Il faut savoir ce souvenir des belles choses. Carré 35 est plus qu’une belle chose, thriller familial terriblement émouvant sur les bonheurs et malheurs du passe. Le journal intime, d’Eric Caravaca, n’a plus rien d’intime, il résonne de façon universelle. Boulevarducinema.com
Documentaire très bien '' ficelé '' avec un montage très intelligent qui nous transporte dans une famille qui, comme beaucoup, possède un secret qui fuse et transpire de génération en génération. Ainsi, petit à petit, s'efface des mémoires par omission ou déni ce qui pèse sur les pensées. Un beau film. domi...
Devenu adulte, Eric Caravaca apprend qu'il a eu une sœur et qui souffrait d'une grave maladie et qu'elle est morte enfant. Ses parents n'ont gardé aucune photo d'elle. Il va peu à peu découvrir toute la tristesse d'une enfant qui ne devait pas grandir.
" carré 35 " plébiscité par la critique est un documentaire bouleversant . En effet à travers une enquête minutieuse ponctué de témoignage ,image archive et actuelle, Éric Caravaca essaye de faire la lumière sur la mort de sa soeur à l'âge de 3 ans et c'est poignant .
Un joli témoignage sur la mémoire, le secret, les effets transgénérationnels du silence. La plongée vers l'inconscient est au coeur de ce film. Le déracinement, l'exil, la mise au monde d'un enfant différent, l'ambivalence maternelle, ce que la mort d'un père enclenche chez ses descendants. Comment la subjectivité est complexe et combien en tant que telle, elle s'avère passionnante !
En racontant l’histoire de sa sœur décédée à l’âge de 3 ans, Éric Caravaca parvient à transformer un lourd secret intime et familial en un drame universel. Dans ce film documentaire bouleversant, l’acteur-réalisateur mène une enquête sur ses propres parents, qui ont toujours gardé le silence sur la mort de leur première fille, pour des raisons que l’on comprendra lors de l’interview de sa mère. Une œuvre sur la culpabilité, la mémoire, la honte mais aussi, car le documentaire ambitionne de lier la « petite » histoire avec la grande, sur le sujet de la présence française au Maroc. Déchirant.
Un pan de vie cachée - mystère & non-dits qu'Eric Caravaca essaie de comprendre et d'élucider. Tendre - triste mais plein d'amour, de pudeur, d'humanité.
Magnifique film documentaire, à la fois intime et d’une grande sincérité — car on sait qu’il adopte le point de vue du réalisateur —, qui met en lumière les violences qui traversent sa famille et la société.
Il s’agit d’une quête des traces de sa sœur aînée, morte très jeune au Maroc, où ses parents, migrants espagnols, ont grandi avant d’émigrer en France avec leurs deux fils, dont le réalisateur. Mais il lui est difficile de retrouver la trace de cette sœur : aucune photo n’a été conservée, et ses parents — surtout sa mère — peinent à raconter la vérité. Elle a été effacée de la mémoire familiale. En cherchant la trace de sa sœur, spoiler: qui s’avère avoir été atteinte de trisomie , le réalisateur découvre la vie de ses parents dans le Maroc colonisé, les rapports coloniaux qui imprégnaient leur existence, ainsi que les normes eugénistes qui ont probablement condamné sa sœur. Tout cela met en évidence l’ensemble des rapports de domination qui écrasent la vie et la singularité des êtres humains, mais que le film tente de réparer — ou du moins de surmonter — avec douceur. Il faut enfin souligner la beauté des images, à la fois sublimes et d’une grande recherche esthétique. Un film qu’on a envie de revoir.