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    Bonhomme
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Bonhomme" et de son tournage !

    Intention de départ

    Marion Vernoux avait pour intention de départ de poser la question des raisons profondes pour lesquelles une personne en aime une autre. Dans Les pensées de Pascal (Qu’est-ce que le moi ?), l’auteur écrit « qu’on aime donc jamais personne, mais seulement des qualités ». La réalisatrice explique : "Qu’advient-il si ces qualités se trouvent altérées ou retirées ? Quelle est la permanence du langage dans un couple quand celui-ci est désarticulé  ? La connexion s’est faite un jour où j’ai entendu à la radio un reportage sur le syndrome frontal. Les séquelles dont souffrent les traumatisés crâniens sont communément appelées handicap invisible. C’est le cas de Piotr dont, à première vue, on ne peut deviner le chaos intérieur."

    Enquêter...

    Marion Vernoux s'est dans un premier temps concentrée sur l’histoire. Pour construire le personnage de Piotr, la cinéaste a visionné des documentaires dont Je suis d’Emmanuel Finkiel, centré sur le quotidien de personnes cérébro-lésées. Elle a ensuite enquêté et L’UNAFTC (Union Nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et de cérébro-lésés) l'a alors beaucoup aidée. 

    "Les hommes et les femmes avec lesquels je me suis entretenue m’ont permis de comprendre les dysfonctionnements dont ils souffraient. Ces troubles peuvent être liés au langage, à des difficultés de concentration, de mémorisation, de réflexion, de planification des tâches. Cela peut aussi conduire à une apathie ou une désinhibition qui peut se traduire par une hypersexualité. Ces troubles entraînent une modification du caractère. La plupart des traumatisés crâniens n’ont pas forcément conscience de leurs actes. Ils sont sans filtre, ne se soucient pas du regard des autres. Cette nouvelle forme d’innocence mêlée à cette douleur liée à la perte de l’autre (celui d’avant le traumatisme) m’a profondément touchée", se rappelle Marion Vernoux.

    Un projet de longue date

    Marion Vernoux a débuté l’écriture de Bonhomme en 2009. La réalisatrice a écrit un nombre considérable de versions, et à mesure qu’elles s’accumulaient, elle a eu peur de perdre l'essentiel de ce qu'elle voulait raconter. Elle confie : "Cet handicap si singulier me mettait mal à l’aise. Le sujet semblait délicat à transposer à l’écran sans verser dans le pathos ou l’outrancier. Cela posait la question du registre du film  : Plutôt Haneke ou Farrelly ? Le fait d’avoir beaucoup réécrit m’a permis de gratter l’histoire jusqu’à l’os."

    Milieu précaire

    On dénombre dix mille cas de traumatisés crâniens dits sévères chaque année en France, sans distinction de milieu. Le personnage d'Ana Girardot est caissière chez Go Sport et celui de Nicolas Duvauchelle vend des cuisines chez But. De par ces choix, Marion Vernoux témoigne de son attirance pour la vacance, la précarité et aussi pour la marginalité. Elle note : "Ce milieu dit modeste, je l’ai traité dans Rien à faire. La vacance, dans Les beaux jours. Je n’ai pas envie de raconter ce qui se passe en bas de chez moi. Mon imagination me téléporte ailleurs. Le dénominateur commun n’est donc pas tant le milieu dans lequel je pose ma caméra, mais la périphérie, au sens propre et au sens figuré. Comme un bord cadre."

    Les prénoms des personnages

    Dans les films de Marion Vernoux, les couples s'appellent toujours Pierre et Marie. Pour Bonhomme, la cinéaste voulait que le garçon ait des racines slaves, qu’il soit d’origine étrangère et parfaitement intégré, ce qui a donné Piotr. Quant à Marilyn, Vernoux a rajouté un « Lyn » à Marie : "J’avais en tête une jeune femme dont le destin n’est pas celui qu’elle s’était rêvé. Fille unique, père inexistant, famille monoparentale, élevée par sa mère. Je voulais que le pôle libertaire soit féminin. Marilyn a une espèce de veine artistique, elle est solaire, créative, cash, débrouillarde, parfois bizarre sans être godiche, elle est caissière, elle n’est pas à sa place. Le pôle familial dans les clous, un peu rigide, plutôt catho coincé vient du côté de Piotr", explique-t-elle.

    Sara Forestier quitte le navire

    Sara Forestier, l’actrice pressentie dans le rôle de Marilyn, s'est désistée un an après avoir donné son accord et après trois jours de tournage (en raison de sa brouille avec son partenaire). Elle a été remplacée par Ana Girardot. La nature de cette dernière a modifié le profil de la Marilyn initiale comme l'explique Marion Vernoux : "Dans les premières versions du scénario ma Marilyn était plus dingue, plus dérangeante. On pouvait la soupçonner de tirer la couverture à elle, d’être intéressée, de se servir de son bonhomme comme faire valoir. Ana a eu une tout autre lecture du personnage. Tout en préservant sa complexité, parfois même son opacité, sa Marilyn dégage une énergie et une spontanéité authentiques qui doivent beaucoup à la personnalité d’Ana dans la vie."

    Changement de titre

    A l'origine, le film s'appelait "Vérifier le système", avant de devenir BonhommeMarion Vernoux aimait beaucoup ce titre mais il s'agit d'un nom de code puisqu'il évoque le message qu’indique un ordinateur quand il bug. "Si Bertrand Blier n’avait pas réalisé Mon homme, j’aurais appelé mon film comme ça. Mais dans Bonhomme, il y a aussi cette notion de douceur, de bonté, d’humanité. C’est aussi le prénom du chien de ma voisine, et surtout le titre d’une chanson de Georges Brassens que j’adore", précise la cinéaste.

    Béatrice Dalle mère de l’héroïne

    Béatrice Dalle joue la mère de Marilyn. La comédienne a commencé par accepter le rôle, puis a lu le scénario et a refusé en disant à Marion Vernoux : « moi, jouer une esthéticienne qui s’appelle Annick... Jamais ! ». "Je l’ai embobinée, la négociation a tourné autour du fait qu’elle voulait s’appeler Kurt Cobain. Je lui ai dit que ça allait être un peu compliqué, mon héroïne s’appelant déjà Marilyn Moreau. Finalement c’est Jo", se rappelle Vernoux.

    Souvenir de tournage

    Marion Vernoux avait déjà tourné avec Nicolas Duvauchelle dans la série Rien dans les poches où le comédien jouait un personnage qui meurt du sida dans les années 1980. La réalisatrice se souvient d'une anecdote à ce sujet : "Sur le tournage, il y avait une scène de lit avec Emma de Caunes. Elle est à plat ventre sur le lit, nue, je la recouvre avec le drap et lui est à ses côtés, allongé sur le dos. En général quand on tourne ce genre de scène, les acteurs enlèvent leurs sous-vêtements au dernier moment. Or, au moment où je lance le moteur, Nicolas enlève son caleçon. Je dis «  Stop  ! Coupez  !  » Nicolas me regarde et me dit  : «  tu crois peut-être que le mec a chopé le sida sans enlever son slip ? ». Je n’osais pas le regarder et lui réponds  : «  Non, mais tu ne peux pas te montrer nu devant moi, c’est impossible  ». Goguenard, il m’a proposé de quitter le plateau et qu’on tourne la scène sans moi ! Depuis ce jour, je sais que Nicolas n’a pas de problème de pudeur, ni d’impudeur, il a un juste rapport avec son propre corps."
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