J'avais quitté Laurent Tirard sur une bien mauvaise note. En effet, "Un homme à la hauteur" m'avait profondément débecté. Sur tous les points. Bref, assez parlé de ce navet. Venons-en à ce "Retour du héros". Moi le premier, je taille souvent la comédie française, la dénigrant pour son manque d'audace et/ou d'originalité. Ici, le postulat de départ offre les deux. Génial hein ? Bon, le premier truc qui frappe ici, c'est qu'on semble être dans un hommage aux films ou de De Broca ou de Rappeneau. D'ailleurs, on imagine sans aucun problème Belmondo, quarante ans auparavant, tenir le même style de rôle. J'avoue qu'au début, j'étais vachement sceptique. J'aimais bien l'idée des lettres soi-disant écrites par le capitaine, mais je trouvais que ça tournait en rond. Qu'il ne fallait pas que ça dure cinq minutes de plus. Le film se décante vraiment lorsque Dujardin, tout sale et avec une grosse barbe se repointe après avoir déserté. On prend l'envol. A titre personnel, j'ai eu un fou rire quand le môme dans la poussette se ramasse le crachat dans la figure. La fourberie du personnage principal est irrésistible. Ainsi que sa faculté à mentir. Qui nous renvoie illico à "L'incorrigible" de De Broca. Le ton du film est résolument immoral. Et ça n'est pas pour nous déplaire. Mais, il y a un souci : nous sommes en 2019 et en cette époque que nous vivant, les films français n'assument pas leur audace. Ne vont jamais jusqu'au bout de leurs idées. Ainsi, malgré une dernière scène laissant supposer que l'histoire va se répéter, on tombe alors dans un truc consensuel avec amour et mariage à la clé. C'en est d'ailleurs frustrant au regard de ce qui a été fait avant. Là n'est pas le seul défaut. Bon, Dujardin, pas de problèmes. Il est dans son élément. Même si dans le cabotinage, on l'a vu bien plus drôle dans les OSS 117. La réalisation hyper plate de Triard n'aide jamais à donner un film un rythme fou. De plus, elle n'exploite jamais le décorum à sa disposition, alors que cette demeure bourgeoise et le jardin qui l'entoure pouvait représenter un sérieux atout. Et j'en viens à ce qui finalement m'a gêné le plus : Mélanie Laurent. Quel faible jeu. On n'y croit pas une seconde. La scène où elle pète une durite en est même gênante tant son jeu sonne faux. Ses échanges avec Dujardin ne sont pas vraiment réjouissants. Pour un rôle comme ça, j'aurais bien vu Anaïs Demoustier par exemple. "Le retour du héros", faut pas être vache, ça se situe nettement au-dessus de la moyenne des comédies qu'on nous sort à longueur d'année, mais ça n'est pas un must du genre. Loin s'en faut.