Film d'action, écrit et réalisé par Jason Lei Howden, Guns Alimbo est un très bon divertissement. L'histoire se déroule dans une réalité alternative pas très éloignée de la nôtre, où une émission clandestine hyper-violente, Skizm, cartonne sur le dark web. Retransmise en direct, elle consiste à montrer en live un jeu mortel dans lequel des inconnus et des criminels s'entre-tuent. Pourtant loin de tout ça, Miles, un développeur de jeux vidéos raté, va se retrouver malgré lui dans la partie armé d'une sacrée particularité. Ce scénario s'avère extrêmement réjouissant et prenant à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue originale et décomplexée démarrant sur les chapeaux de roues et ne perdant rien en intensité au fil des minutes, bien au contraire. En effet, le rythme est ultra nerveux et dynamique, à la faveur de scènes toutes plus folles les unes que les autres qui s'enchaînent sans aucun temps mort, le tout dans un bain de violence. Mais ce défouloir n'est pas seulement bête et méchant puisque son sujet traite de l'impunité sur le net face au déchaînement de haine qui sévit derrière les écrans et il ne se prive pas pour critiquer cette méchanceté gratuite numérique et ce voyeurisme malsain. De plus, malgré de nombreuses fusillades et des morts en pagaille, le récit ne se prend pas vraiment au sérieux. En effet, le ton se veut comique et dédramatise pas mal de situations sanglantes grâce à sa grosse dose de fun. Et tout cela fonctionne à merveille, c'est tout aussi drôle que jouissif. L'ensemble est porté par des personnages appréciables, interprétés par une distribution qui l'est tout autant avec Daniel Radcliffe en tête d'affiche dans un rôle qui lui va très bien. Il est entouré par Samara Weaving, Natasha Liu Bordizzo, Ned Dennehy ou encore Grant Bowler. Tous ces individus entretiennent des rapports conflictuels provocant beaucoup de casse et de désordre. Des échanges soutenus par des dialogues amusants arrachant quelques sourires et par quelques références sympathiques. Mais là ou le métrage se démarque le plus, c'est sur sa forme. La réalisation du cinéaste néo-zélandais jouit d'une totale liberté et se veut très graphique. Sa mise en scène est survitaminée et part dans tous les sens, nous gratifiant de plans de caméras créatifs et novateurs. De plus, même si le montage est frénétique, l'action reste cependant lisible. La photographie est pour sa part particulièrement colorée à la faveur d'un étalonnage jouant avec les lumières et les couleurs afin de donner une atmosphère esthétique à chaque séquences qui évoluent en plus dans des environnements variés. Les effets spéciaux sont quant à eux très visibles mais collent parfaitement avec l'ambiance générale se voulant dans l'exagération. Ce visuel explosif est accompagné par une très bonne b.o. éclectique composée de titres connus dénotant souvent avec les situations afin de créer un décalage entre les images et la musique. Et cela fonctionne bien en donnant encore plus de peps aux scènes. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Guns Akimbo, qui, en conclusion, est un film méritant grandement d'être découvert tant il fait passer un moment jubilatoire.