Uncut gems fait partie de ces films toboggans qui vous emportent dans un tourbillon stylistique duquel il est impossible de sortir.
Pour aimer le film, mieux vaut donc aimer les flots incessants de parole, le montage speed, les surimpressions sonores, la caméra à l'épaule et l'impression générale d'assister à la course d'un poulet sans tête à qui l'on aurait donné des amphétamines.
Adam Sandler est excellent, en bijoutier juif possédé par toute une série d'addictions plus graves les unes que les autres : le sexe, la drogue, la famille, les bijoux, l'argent, le jeu, le sport, la gagne, le goût du risque, et peut-être tout simplement un appétit de vivre douloureusement insatiable.
Si on se laisse happer par l'ambiance si particulière du film et le brio d'une mise en scène de très haut niveau, l'expérience est presque physique : on est tendu comme un arc tout au long du film, se demandant comment Howard va s'en sortir, et partageant avec lui la moindre évolution de la situation désespérée dans laquelle il s'est mis lui-même, en dépit du bon sens le plus élémentaire. Dans le cas contraire, il ne sera pas facile d'aller au bout des 2h15 de cet exercice de style aux accents scorsesien, mené au rythme fou d'une valse jouée sur un tempo de hard rock.
Au début c'est un peu difficile à suivre, mais le film nous tient en haleine du début à la fin, on transpire avec le personnage qu'on sent plonger de plus en plus profondément dans la détresse. Et on arrête pas de se demander, comment va-t-il sortir de ce trou ! A voir !
Howard Ratner ne s’arrête jamais. Ce Juif new-yorkais de 48 ans, propriétaire d’une bijouterie, vit dans un angoisse permanente. Atrabilaire, il est convaincu de souffrir du même cancer du côlon que celui qui a emporté son père. Sa vie privée est chaotique, entre sa femme, dont il est en train de se séparer, ses enfants et sa maîtresse qu’il a installée dans l’appartement qu’il possède en ville. Mais c’est surtout ses problèmes d’argent qui le minent. Accro aux paris sportifs et au basket, Howard engage le moindre dollar qu’il gagne sur des mises de plus en plus hasardeuses sans mesurer l’impatience grandissante de ses créanciers qui entendent bien récupérer leur mise. Pour résoudre tous ses problèmes, Howard a peut-être trouvé la martingale : une opale noire éthiopienne dont la valeur estimée avoisine le million de dollars.
Imaginez un semi-marathon mené au rythme d’un 400 mètres, une voiture roulant en troisième à 180 km/h, une pavane jouée au tempo d’une mazurka. Bref imaginez un film en sur-régime de 2h15. Vous aurez "Uncut Gems".
Car sitôt passée la première scène qui se déroule dans une mine éthiopienne et aboutit par un étonnant tunnel dans le colon du héros, le film démarre à un rythme haletant qu’il ne quittera jamais. "Uncut Gems" ne nous laisse pas respirer, qui suit pas à pas la course folle de Howard – dont on s’étonne qu’il ne finisse pas terrassé par un arrêt cardiaque. Ce rythme fou est encore accentué par une musique envahissante.
L’expérience est rude. Et je mentirai en disant que j’y ai pris du plaisir. J’avais éprouvé les mêmes sentiments devant le précédents films des frères Safdie, "Good Time", en 2017. Mais, après la scène finale qui m’a cloué à mon siège – ou plutôt à mon canapé, car hélas, "Uncut gems", production Netflix, n’est pas sorti en salles – et le générique de fin, au moment de réfléchir à ce que j’allais écrire dans ma critique, je n’ai eu qu’un mot : Waouh !
Très bonne mise en scène . Ça va vite . Très bon jeu ! Mais quand même une des affiches les plus moche du cinéma ! ne vous y fiez pas, la lumière et le cadrage du film sont très réussi.
Filmer un « losers », quelqu’un qui a beau tout tenter mais ne réussira jamais, un homme à la grande bouche jamais fermé qui compense avec son apparence le manque de confiance en soi causé par les tonnes d’échecs s’est déjà vu de nombreuses fois dans le cinéma pour des histoires de tout temps, passant de Aladdin jusqu’à The Big Lebowski en passant par Lost in Translation notamment. Les classiques dans ce domaine sont nombreux et même si le potentiel d’attache au personnage y est très grand, se détacher de la masse est cependant assez compliqué pour Uncut Gems qui reste malgré tout un très bon film agréable à voir. Les frères Safdie proposent ainsi un thriller suivant un père de famille bijoutier, mais surtout endetté jusqu’au cou qui va devoir user de magouille et de manipulation pour s’en sortir. Etant donné que toute l’intrigue repose presque entièrement sur le personnage principal et la manière dont celui-ci va pouvoir s’échapper de l’étreinte qui se resserre sur lui, il doit alors se montrer parfait en tout point pour le spectateur et notamment sur le jeu, la crédibilité et la manière dont il est montré, point sur lequel il y a à redire tant Adam Sandler est caricatural par moment même si cependant le film en joue. En effet, cet archétype d’un personnage juif qui ressent la nécessité de se faire remarquer prête au comique par son extravagance, sa naïveté attachante par son envie maladive de plaire, d’impressionner, que ce soit aux yeux des femmes où des impressionnants basketteurs qui appartiennent au « grand monde », nous donnant aussi l’envie qu’il réussisse même si le manque de subtilité par moment dénote parfois pour nous faire entrer pleinement dans l’action.
Puisque par la suite, les multiples péripéties sont quant à elles très bien amenés, bien que manquant parfois de subtilité et d’originalité, le rythme est à couper le souffle tant l’action s’enchaîne sans pause avec une fluidité total et une mise en scène à son service qui en donne un sentiment éprouvant, presque fatiguant par certains moments tant la gêne et l’oppression ressentit est grande pendant certaines séquences. En effet, l’enchaînement perpétuelle d’action à l’écran permet, en plus de capter totalement notre attention, de réduire par conséquent notre temps de réflexion quant à l’histoire et sa résolution possible, minimisant notre capacité d’anticipation, ce qui fait qu’on est toujours surpris, ou en tout cas captivé par les différentes péripéties du héros. La mise en scène des frères Safdie appuient sur cet enchaînement d’action par beaucoup de mouvements, que ce soit de la caméra, des comédiens, ou encore par la ville de New-York en elle-même et ses millions de personnes qui y travaillent, amplifiant cette sensation d’étourdissement en extérieur. Avec en plus pour mettre en valeur tout ceci, cette oppression abusive lors de scènes de tension, crucial pour l’histoire, où les deux réalisateurs se régalent de plans très courts où tous les personnages parlent en même temps, cris, s’insultent avec très souvent plusieurs actions qui s’entremêlent où on étouffe, on ressort éprouvé de ses séquences, presque fatigué tant le rythme et la multitude d’éléments parasites et dérangeant défilent à l’écran.
Toutefois cette perpétuelle accumulation d’action empiète ainsi sur une quelconque réflexion morale ou politique où tous les enjeux sont expliqués de bout en bout avec quelques tentatives qui restent assez énigmatiques, sans que jamais rien y soit développé. La première séquence en Ethiopie sur les conditions de travail désastreuse qui ne sera plus jamais évoqué si ce n’est dans un vague dialogue avec Kevin Garnett qui sort un peu de nulle part où on semble dénoncer quelque chose sans pour autant en faire quoi que soit de pertinent. Par ailleurs ces images zoomées de diamant et de sang à la fin offrent de belles images qu’on saura apprécier même dans le reste du film, mais ne veulent rien dire et n’offrent réellement aucune analogie qui vaille la peine d’être interprété. En revanche, un des aspects les plus intéressant du film est sans doute le parallèle sportif auquel le film prête attention. L’athlète avec cette vie sans cesse vue, décortiquée, analysé, jugé et remise en question où le bonheur individuel lui-même est remis en jeu par le désespoir de n’être heureux que par un succès, une victoire encore et toujours, jusqu’à ce que malheureusement le sort de la vie les rattrapes, et que ces corps empêchent à un moment donné de se renouveler, d’évolué toujours plus haut. C’est bien seulement par cette idée qu’il est possible d’illustrer le train de vie d’Howard Ratner, qui ne peut s’empêcher de vivre qu’à travers l’œil admiratif des autres, laissant un vide d’autant plus lourd lorsque la défaite survient, mais où la victoire n’apparaît finalement que lorsqu’on a plus rien à perdre.
Après "Good Time", qui mettait en scène un amour fraternel sur fond de polar survolté, les frères Safdie enchaînent avec "Uncut Gems", qui va encore plus loin dans la frénésie et la folie. On y suit tant bien que mal Howard Ratner, minable bijoutier et parieur invétéré, qui tente constamment de se racheter auprès des personnes auxquelles il doit de l'argent mais en enchaînant les bourdes grotesques et monumentales. Tout comme le montage et le rythme du film, Howard est sans cesse mobile; son incapacité à se fixer et sa faculté à rebondir de lieu en lieu, de pirouette en pirouette, laisse le spectateur complètement groggy au bout d'une première heure où les transitions sont exclues. La démonstration est impressionnante mais menace de ne fonctionner qu'en vase clos; heureusement, les Safdie sont intelligents et le prouvent en ralentissant légèrement le tempo et en créant davantage de collisions entre la vie sentimentale d'Howard et ses affaires, deux procédés qui mettent mieux en évidence la complexité du personnage et cessent d'en faire un simple trublion antipathique. Car Howard est aussi ce gosse qui aurait oublié de grandir, un gosse insatiable et passionné. Sa déraison ne peut pas uniquement le discréditer, elle est aussi une facette de sa part joyeuse et enfantine – le grand moment de bravoure final qui voit Howard progressivement exulter en suivant à la télévision son pari gagnant en est une preuve frappante –, spoiler: à tel point que sa chute devient une libération (il meurt soudainement dans un moment de pure jouissance) . Pour incarner un personnage aussi insaisissable, il fallait tout le talent d'un Adam Sandler transfiguré, capable de relayer dans le même temps des sentiments contradictoires et de jouer l’exubérance sans empiéter sur une opacité tenace. "Uncut Gems" n'a pas le psychédélisme électrique de "Good Time"; il s'impose néanmoins comme un fascinant objet de mise en scène dans la mesure où sa marche effrénée n'écrase jamais l'histoire et les personnages : ce rythme et ce montage sont au contraire totalement raccords avec les tours de force scénaristiques et le caractère retors d'Howard. "Uncut Gems" procure ainsi l'ahurissement du film de funambule en faisant exister une pluralité de dimensions à haute vitesse et délivre une émotion intimement liée à cette histoire d'amour fou révélée dans un très beau dernier mouvement.
Uncut Gems est bien un diamant brut, une œuvre entropique d’une efficacité et d’une maîtrise incroyables. Lorgnant à la fois vers le thriller que l’étude de personnage ou la peinture d’un monde capitaliste cloisonné, les Safdie rentrent officiellement dans la cour des grands. Un incontournable à ne pas manquer.
Uncut Gems montre un rôle particulier d'Adam Sandler, dans la peau d'un loser juif avide de jeux d'argent. On suit l'histoire, regardant avec désarroi les mauvais choix constants d'Howard. On tente de comprendre ses motivations, on est troublé par tout ces enchaînements qui n'ont pas de sens, pour finir sur un drame fataliste prévisible.
C'est un bon film, intriguant, prenant et qui laisse place à toutes les éventualités. On reste agrippé à cette personne, qui est fondamentalement mauvaise, mais où l'on place beaucoup d'espoir. Tout le film gravite autour de ce concept, et c'est ce qui rend le film agréable, presque poétique.
Bonne production originale estampillée Netflix, qui nous plonge dans les affres de l'addiction aux jeux. Néanmoins, le scénario traîne bien trop en longueur pour laisser un souvenir impérissable, une bonne demi-heure en moins aurait dynamiser l'intrigue.
- Film où il ne se passe absolument rien, - toute l’audio du film est horrible, les personnages parlent les uns au dessus des autres on ne les comprend pas - il y a des scènes complètement inutiles qui ralentissent tout (déjà que ça n’avance pas) - il n’y a pas de fin Conclusion : regardez autre chose vraiment
film vraiment tres moyen. je suis bon public mais la je ne comprend pas les notes. le personnage principal est un horrible cliché et l histoire n a pas de sens. a eviter
Cinématographiquement le film est intense, irrespirable, la tension est permanente, le rythme effréné et violent, parfois trop étouffant, le résultat reste étonnant surtout avec A.Sandler qui sort de ses navets habituels pour sortir sa meilleure interprétation. Un thriller type Scorcese sous ecstasy.
J’ai trouvé ce thriller à très bon. J’ai bien aimé sa diversité car il mélange plusieurs styles. On peut trouver des tendances qui se complètent bien. Tout se résume avec le personnage d'Howard Ratner. Il est haut en couleur et j’adore ça. Grande gueule, il n’a pas la langue dans sa poche et va dynamiter les scènes. Ses interactions avec les autres sont géniales. À certains moments, ça devient un peu brouille et cacophonique, mais on lui pardonne car ça n’arrive qu’à deux ou trois reprises. Adam Sandler montre qu’il n’est pas bon qu’à faire des comédies potaches. Il prend parfaitement en mains ce bijoutier New-Yorkais, et son interprétation est parfaite. Ce n’est pas forcément évident de rentrer dedans, car dès les premières secondes ça va dans vif. On a l’impression d’avoir affaire à un OVNI qui va nous balader sans vraiment de ligne directrice, mais une fois qu’on a mieux cerné le protagoniste principal, c’est beaucoup plus facile. Il est tellement prenant, qu’on va s’attacher et suivre avec attention son histoire. Celle-ci va nous réserver quelques passages fort en émotion. Je ne m’attendais pas à vibrer autant et surtout être autant impliqué dans ce qui arrive. J’ai apprécié l’apport des personnages plus secondaire, notamment avec Julia Fox et Lakeith Stanfield (À COUTEAUX TIRÉS). Sans oublier l’apparition en guest de l’ancien joueur NBA Kevin Garnett.