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benoitparis
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4,0
Publiée le 8 décembre 2010
Les japonais savent faire rimer Éros et Thanatos, lier la séduction et le sexe à la lutte à mort où le mâle se laisse aller à devenir une victime consentante. Oshima a, par exemple, mainte fois filmé des histoire de ce type. « Tatouage » est un conte cruel, une sorte de version maléfique du mythe de Pygmalion. Toute son ambiguïté vénéneuse réside dans la fait qu’il semble qu’à leur insu les personnages ayant réduit la jeune femme à l’état de prostituée ne semblent l’avoir fait que pour s’en faire tromper et dévorer à leur tour (et le marquent matériellement par la figure d‘araignée tatouée dans son dos). Le récit est fascinant, filmé par Masumura d’une manière très elliptique dans l’érotisme, plus explicitement dans la violence.
Drame dans la pur veine de son auteur, tout les thèmes du cinéaste sont présents. Femme soumise et manipulatrice, meurtres en séries et corps à corps. Scénario de bonne facture, les acteurs sont tous très bons et ne surjouent pas (cela fait du bien de voir un film japonais ou le jeu des comédiens est épuré). De très beaux plans qui se succèdent.
Une jeune fille fugue afin de pouvoir vivre avec l'élu de son coeur (chouette alors, encore une histoire d'amour!)...mais voilà, ils se réfugient chez un méchant môsieur qui la vend à une maison de geisha. Là, un tatouage lui est fait dans le dos représentant....une araignée...et c'est le début de la fin, elle décide de se venger des hommes, ils y passent tous et c'est sanglant! Délire érotique, graphisme exceptionnel et actrice sublime. Etonnant....détonnant, pour les cinéphiles qui ne l'aurait pas vu...et les téméraires!!!
Un très beau film japonais avec tout ce concentré d'histoire, de sensualité, de poésie et de fin tragique. L'actrice principale est merveilleuse à souhait dans ce rôle de mangeuse d'hommes, destinée à mourir, accompagnant dans sa chute les deux seuls hommes à qui elle a pu accorder encore un peu de confiance... Magnifique !
Un chouette conte morbide beau jubilatoire. Et c'est si beau . Quelques images font penser à des tableaux du peintre Hokusai Comme un thriller Masumura nous captive. Une histoire de geisha vieille comme le Japon avec ce petit côté moderne années 60 (le bondage, la comédie, le libération des femmes). Une belle curiosité.
Classique récit d'un amour contrarié par le poids de la tradition et l'oppression de l'honneur où la femme va se muer en une veuve noire, tissant toile et répandant venin dans un geste mariant fantastique gothique évoquant Edgar Allan Poe et érotisme nippon rappelant l'art de l'estampe époque Edo.
La transgression est le thème central du film, il y a tout d'abord celle de cette jeune fille de bonne famille promise à un homme digne de son rang qui préfère fuir avec son amant un simple commis du commerce paternel qui lui aussi se faisant commet un acte et même un double acte de transgression, le tout dans un Japon régit par les us et coutumes, qu'on ne saurait violer sans en subir les conséquences, tragiques et dramatiques.
Cherchant refuge auprès de Gonji, ce dernier transgressant à son tour et les règles de l'hospitalité en tentant d'abuser de la jeune fille d'une part et les fondements de l'honneur d'autre part en trompant le père de la jeune fille à qui il a promis de faire entendre raison à sa fille et la ramener au domicile familiale afin d'épouser l'homme qui lui est promis alors que face au refus de celle-ci de répondre à ses avances il l'a déjà vendue à une maison de Geisha.
C'est durant ce séjour, qu'un artiste fasciné par la peau et la beauté de cette fille à la beauté fascinante, lui tatouera dans le dos une araignée à visage de femme, dès lors la jeune femme n'aura de cesse d'assouvir un désir de vengeance en particulier envers la gente masculine, là encore la transgression est évidente, il y a celle gravée dans la peau sous la forme de ce tatouage symbole au pays du soleil levant, d'une appartenance à des milieux peu respectables - encore aujourd'hui dans un Japon pourtant moderne et libéré de pas mal de ses freins culturels ancestraux le tatouage est très mal vu - encré sur cette peau féminine et enfin la transgression suprême d'une femme qui par ce biais inattendu s'émancipe de la dominance patriarcale.
Mais comme un dernier avertissement, ce désir de vengeance qui semble nourri par la figure de cette araignée finit par confiner à une forme de possession surnaturelle vouée par nature à alimenter une destinée tragique.
Obsédant en tout le film est d'une plastique irradiante, vénéneuse, et fut pour moi un véritable plaisir de visionnage qui restera longtemps imprimé sur mes rétines et dont je ne fais ici qu'effleurer les nombreuses symboliques évidentes ou plus subtiles dont il regorge sans jamais se faire piéger par une toile de soie arachnide qui le rendrait indigeste et qui vous poussera, j'espère, à découvrir ce film japonais chef d'œuvre plus méconnu que les grands classiques venus de ce pays dont le cinéma ne cesse de me passionner et de m'intriguer au fur et à mesure que je le découvre.