La Fameuse invasion des ours en Sicile s’intéresse à la légende comme acte de lecture et de transmission orale d’une histoire que les conteurs successifs font varier, enrichissent, dévient de leur finalité première pour en complexifier la structure : ainsi, le premier récit recouvre l’invasion à proprement parler, ses motivations et ses modalités d’exécution ; puis ce récit se prolonge par une continuation soumise à une variation – qui ne nous sera pas révélée – et où transparaît une noirceur bien plus corrosive. Dans ce deuxième tableau est thématisée la solitude dans l’exercice du pouvoir, extension logique de la détresse affective qui poussait le chef d’un peuple à partir à la recherche de son fils ; une solitude qui met dos à dos le père et le fils, qui atteste la perversion d’un art de vie (la nature) par l’organisation des hommes en société (la culture). Argent et stratégies politiques scandent aussitôt la vie du monarque, annonçant dans ses remords et dans la nostalgie d’une époque où régnait l’insouciance une marche retour, une régression en direction de l’animalité. La composition actancielle de La Fameuse invasion des ours en Sicile place donc en tension différentes lectures et tonalités d’une légende, mais répète à chaque fois une axiologie simpliste : les hommes sont corrompus, les ours bons et victimes de la méchanceté extérieure. D’abord la guerre, ensuite le clivage entre père et fils, enfin le divorce des espèces. Et de cette contamination progressive ne ressort pourtant aucune altération de l’imagerie, magnifique au demeurant, mais comme tenue à l’écart de sa capacité à signifier : les belles images s’enchaînent à un rythme effréné sans que la poésie d’une pause n’ait le temps de s’engouffrer, tel un souffle d’émotion, dans la machine. Et c’est tout un dispositif de contage qui perd alors de sa puissance et de sa justification : la virtuosité esthétique vire à l’obsession et se détache de l’histoire dont elle est à la fois l’émanation et le vecteur de transmission (redoublée par la voix du narrateur), elle semble constituer la finalité du long métrage. Et si l’animation s’avère somptueuse et travaillée, ces deux qualités tendent à s’annuler à mesure que le spectateur se rend compte qu’elles tournent à vide. Dit autrement, La Fameuse invasion des ours en Sicile n’interroge pas assez les images qu’il compose ni leur agencement dans le récit ; tout coule naturellement, trop naturellement, et l’absence de rugosité dans l’animation, d’évolution dans la façon d’élaborer les textures, de choisir les couleurs, d’entrelacer aventure épique et destinée tragique, aboutit à une œuvre plus proche du catalogue d’exposition – par ailleurs, un magnifique catalogue pour une très belle exposition – que du cinéma.
On peut comprendre que ce dessin animé plait car il a l'originalité, la diversité, la façon littéraire et référentielle et un final assez compréhensible et utile. Il navigue sur l'air du temps de la faillite des sociétés humaines face à la nature, représentée ici par les ours mais qui en d'autres temps aurait juste été une opposition entre hommes des montagnes et hommes des plaines. Il se situe dans un passé indéterminé plutôt XVIIIe siècle. Le titre et l'ensemble est issue d'un roman de Dino Buzzati de 1945 auteur apparenté à de la S.F. fantastique. Le dessin animé est en deux temps et des dessins différenciés, en cela c'est ingénieux. C'est une histoire construite faite de mystères, de références culturelles italiennes et non de clichés et un récit qui a de la sensibilité. Les moins ce sont des ambiguïtés dues en partie à l'importance de la magiespoiler: notamment la magie noire qui fait apparaître des monstres un énorme chat et vers la fin un monstre marin qu'il va falloir tuer de façon peu convaincante. , l'histoire manque un peu de cohérence avec un anthropomorphisme des ours alambiqué (on créé en fait une sorte de race inexistante intermédiaire entre humains et animaux) spoiler: qui se mêlent et ne se mêlent pas aux humains, qui ne sont pas et sont aussi hypocrites que des humains. Le final est assez gracieux spoiler: chacun reprend sa place et on se sera pour un temps débarrassé des tyrans.
un bon conte fantastique adapté de l'œuvre de Dino Buzzati, les dessins sont simples, les idées d civilisation humaine et sa corruption et l histoire d'un père et d'un fils sont bien expliques, et ressenti.
Dessin animé original. L’histoire est vraiment cool et ça a plusieurs sens. Mon fils a adoré. Et moi aussi. Ça change des dessins animés que l’on a l’habitude de voir. C’était enrichissant. Je recommande.
Un dessin animé italien prometteur sur le papier et d'après la bande-annonce. Cela dit, j'ai été très déçue car il reste très enfantin, et il n'y a pas tellement de double lecture. Les deux parties du film sont trop disparates quant à la thématique de fond. Cela manque de structure. Quant aux graphismes, ils sont plus que sommaires. On reste sur sa faim, dommage...
Un excellent film d'animation franco-italien très beau visuellement (belles couleurs avec des graphiques épurés mais réussis) qui change des productions américaines ou japonaises. Le scénario basé sur le roman éponyme de Dino Buzzati tient bien la route (critique des effets néfastes de la conquête du pouvoir sur les individus et ode à la tolérance) et la musique qui accompagne les scènes est parfaite. Un excellent moment de cinéma.
Visuellement magnifique, le film fascine! Cependant le récit lasse un peu par moment, mais on se replonge dans l'histoire pour en ressortir les mirettes pleines d'images somptueuses.
Je n'ai pas été très réceptif à ce film d'animation. Le choix du mode d'animation à "l'ancienne" qui raconte un vieux conte, pourquoi pas... Mais l'histoire ne m'a pas emballé, et les 1h20 ont même été assez longue finalement. Un film qui plaira certainement aux enfants néanmoins.
Absolument magnifique !!! les dessins sont fins et poétiques, l'écriture est belle, tantôt légère et drôle, tantôt grave les personnages interrogent... la morale questionne !! un D.A grandiose !! bravo !
Ce film d'animation est vraiment trop caricatural, que ce soit pour l'histoire, les personnages ou même le dessin. Malheureusement, c'est impossible de développer un peu d'affect pour qui que ce soit ou quoi que ce soit dans ce méli-mélodrame animé. Le style est différent et peu présenté un certain intérêt, mais très vite déçu pour les adultes. Toutefois ce sera un chef-d'œuvre pour les très petits enfants adoreront cette vision très pastelle de l'aventure de ces ours.
Le dessin animé respecte assez bien le livre originel malgré quelques petites différences, des libertés que le réalisateur a prises. Le graphisme est beau et original et on plonge facilement et agréablement dans cette histoire féerique et pleine d’inspirations.
C'est entre ombre et lumière, au détour d'une grotte, que se dévoile ce fabuleux conte graphique. Les ambiances sont chaudes et maîtrisées, et on se plaît a flâner dans cet imaginaire circassien et chevalresque. 15 minutes de plus dans ce petit monde n'auraient pas été de trop.
Ce film est très bon . L'animation et les couleurs sont merveilleuses , les décors sont simples et pourtant si beaux ! Les personnages sont tous attachants . Je n'ai pas réussi à ne pas en aimer un ( peut-être que Tonio devient , par moment , un peu agaçant cela dit , au même que Salpêtre ou Almerina mais rien de viscéral . )L'intrigue est rondement menée excepté la résurrection de Tonio qui pour moi ne sert pas à grand chose et qui gâche un petit peu l'émotion ( Tonio dans la suite de l'histoire ne servira plus à grand chose , en effet , dans la scène du bois , son amie aurait pu partir seule , dans la prison il est inutile et ne sert qu'à constater et dans la scène du serpent , un autre personnage aurait pu s'en charger, cela dit la symbolique est belle entre le père qui sauve le fils et le fils qui "sauve" le père .) Le magicien au début , est un personnage mystérieux , fallacieux qui nous fait croire qu'il est quelqu'un de mauvais qui ne met en-avant que ses intérêts mais non ! Il est en fait bon , surprenant ! Le Grand Duc est un personnage oubliable sans intérêt . Cela dit , sa mort est si soudaine qu'elle en devient plus que correcte . Gédéon , Almerina et le vieil Ours sont des personnages sympathiques ( Almerina moins ;) ) mais je ne vois pas leur utilité , de plus , ils ne sont pas présents dans le livre de Buzatti , je ne sais donc pas pourquoi le réa voulut les introduire. La scène des sangliers est plaisante , tout comme celle du château et de l'auberge du Troll . Que dire de plus ? Oui ! J'aurais aimé voir Léonce déprimer un peu plus et une véritable mise en avant du grand méchant , à savoir Salpêtre qui est un personnage mille fois oubliable contrairement aux protagonistes (souvent l'inverse en animation d'ailleurs ) C'est d'ailleurs le grand défaut de ce film , les antagonistes ne sont pas marquants .
En bilan , ce film est un très bon film. Mention spéciale pour le titre ! Avec un titre banal , je serais passé à côté de ce bonheur de film !