Petite déception que ce film fantastique réalisé par Henry Levin et Mario Bava. L'histoire n'est pas désagréable à suivre en soit et il y a bien quelques moments qui possède une certaine magie. Mais la mise en scène s'avère en règle générale beaucoup trop académique, les effets spéciaux ne sont pas une grande réussite et l'interprétation du casting est assez fade.
« Les mille et une nuits », co production italo-américano-française, réalisée par Henry Levin et Mario Bava, hésite sans cesse entre l’aventure épique et le burlesque, Duccio Tessari (qui a écrit l’histoire) le futur réalisateur de « Les Titans » (1962) n’est sans doute pas étranger à ce style. Le choix de Donald O’Connor, Terence Hill (crédité Mario Girotti, son nom pour l’état civil) et Aldo Fabrizi aide au développement de la verve comique, portée par un excellent Raymond Bussières (le magicien). Le côté plus sérieux est apporté par le casting féminin où Noëlle Adam et Michèle Mercier tiennent la vedette, entourée par des nymphettes en petite tenue, faisant admirer leur plastique aguichante. C’était l’image fantasmée des mille et une nuit, des splendides créatures des harems, des danseuses fort dévêtues qui paradaient dans les rues... Bref ça n’a sans doute jamais existé, mais c’est du cinéma et donc… Il y a aussi le fakir et génie (petit rôle pour Vittorio De Sica), qui dament le pion à un méchant grand vizir (Fausto Tozzi) qui n’effraie que les enfants de moins de douze ans. En tenant compte d’effets spéciaux complètements ratés (Bava en petite forme) et une photographie des plus approximatives (scènes de bataille) de Tonino Delli Colli, le choix de la comédie agrémentée de jolies filles permet donc de passer un bon moment et de supporter le pénible Donald O’Connor. Mais tout de même, qu’est ce que Bava est venu faire dans ça ?
Après une première demi-heure plutôt sympathique, le film s'enlise un peu, avec une histoire tout à fait classique : un grand vizir qui convoite le pouvoir et la fille du sultan va tout faire pour arriver à ses fins. On retiendra les décors et les costumes assez beaux. Par contre, le jeune Aladdin et le génie de la lampe sont typés européens, ce qui fait bizarre pour un conte du Moyen-Orient. Les effets spéciaux ont mal vieilli, mais j'imagine qu'à l'époque ça devait plaire au public. En somme, un film qui ne vaut pas spécialement le détour, à part si on apprécie ce genre de cinéma.