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In Ciné Veritas
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3,0
Publiée le 24 juillet 2018
Woman at war de Benedikt Erlingsson est une œuvre dont la portée est double : politique et écologique. A l’image de son personnage principal, Halla, interprété par Halldóra Geirharðsdóttir, l’œuvre se montre militante. Dans les vastes Hautes Terres de son Islande natale, le réalisateur véhicule d’abord un message contre l’industrialisation à outrance et les intérêts financiers qui l’accompagnent. La société Rio Tinto est ainsi nommément citée. Le combat d’Halla pour la préservation de l’environnement passe notamment - elle a plusieurs flèches à son arc - par le sabotage de lignes à haute tension. Cette action délictueuse est vite considérée comme un acte de terrorisme et exploité comme tel par les médias. Des mesures de (sur-)sécurisation ne tarderont pas à être prises : caméras et drones de vidéosurveillance, prélèvements d’ADN. Cette dénonciation d’un Etat sécuritaire est complétée par la mise en scène d’un touriste hispanophone en coupable-type et du déplacement de l’épilogue du film en terres ukrainiennes… inondées. D’un point de vue formel, Erlingsson dote Woman at war d’une réalisation soignée. Les efforts de mise en scène sont particulièrement perceptibles sur les scènes confrontant Halla à sa sœur jumelle, deux personnages incarnés par Geirharðsdóttir. Dans ces séquences, le réalisateur cherche à éviter la technique basique des champs-contrechamps.
Pour le poète, "La femme est l'avenir de l'homme"... Benedict Erlingsson semble de l'avis d'Aragon, il a plus d'un tour dans son sac pour nous convaincre et selon moi, il réussit fort bien son coup ! Halla, son héroïne, magistralement campée par la taciturne et néanmoins rayonnante Halldora Geirhardsdottir (aussi belle en commando qu'en chef de choeur ou qu'en sa soeur jumelle prof de yoga), a une pêche d'enfer et un coeur gros comme ça. C'est bien utile pour porter des coups qui font mal à l'industrie locale de l'aluminium, coupable selon elle de dégradations catastrophiques sur son magnifique et rude biotope . Ses moyens ? Trois fois rien : un arc et des flèches, du culot à revendre, quelques discrètes sympathies dans son voisinage, une vieille machine à écrire, un solide sens de l'a-propos pour déjouer les pièges des Big Brothers locaux, un pain de Semtex volé dans un entrepôt, et une sacrée condition physique façon green warrior. Son combat, palpitant, nous est balancé au visage l'air de rien, avec une bonne dose d'humour, de poésie et de musique décalée qui balance pas mal. Le twist final, surprise du chef de jumelles jusqu'auboutistes (beaucoup plus à mon goût, soit dit en passant, que les demoiselles qui chantaient à Rochefort), ce twist est bien un peu tiré par les cheveux mais bon, il n'est pas vraiment question de réalisme dans cette jolie fable, même si elle se donne de airs "high tech" avec drones et caméras de surveillance... Il est juste question de survie, et on ferait bien d'en prendre de la graine. Bravo !
Ce "petit" film islandais est une bonne surprise avec un côté écolo bien assumé. En effet, Halla, se bat contre l'industrie de l'aluminium armée de son arc pour faire "péter les plombs" aux grosses multinationales qui sabotent sa nature. Il y a parfois un aspect burlesque dans cette œuvre où l'héroïne est suivie régulièrement par un orchestre. L'actrice principale crève l'écran et la sensibilité de cette femme est bien dépeinte à travers sa volonté d'adopter un enfant (on ne connait pas son orientation sexuelle mais on la devine...). Un résultat plus que positif même si l'immersion dans cette œuvre est un peu poussive au début.
très bon. De l'humour tout au long de l'histoire. un fil conducteur décalé. du fond, de la forme. je suis toujours aussi étonné qu'un pays comptant si peu d'habitants puisse fournir autant d'acteurs de qualité.
Un film surprenant mais assez génial. L'histoire est super, l'image est belle, la musique excellente, les thèmes sont traités avec subtilité et il y a même de l'humour bien placé. Un excellent film
Ce film islandais est intéressant à plusieurs titres: -d'abord, son sujet, bien de notre temps, d'une écolo qui sombre dans le vandalisme en pensant faire avancer le monde contre la méchante industrie polluante et mondialisée... Alors que son court séjour en Ukraine lui montrera les limites du retour en arrière technologique. -ensuite, sa forme, qui emprunte au surréalisme (le chœur ukrainien ou le groupe de musique qui sont des vrais personnages du film, le migrant qui est toujours au mauvais moment au mauvais endroit ... Et qui joue le rôle du parfait bouc émissaire), et qui représente un style assez unique -enfin, le rythme soutenu du film, dans lequel j'ai pris un plaisir permanent, souvent avec le sourire... Car c'est aussi un film plaisant à voir Au global un film tout à fait appréciable.
L'acclamation qu'a reçu "Woman at war" au festival de Cannes me semble totalement mérité tant le film représente la bouffée d'air frais que l'on est en droit d'attendre de ce genre de production. On tombe sous le charme de cette activiste courageuse doublée d'une femme sincère qui se bat pour ses convictions tout en faisant preuve d'une grande humanité dans la vie de tous les jours. C'est un vrai portrait de femme forte comme Hollywood rêverait d'en faire même si, forcé de constater que le traitement des enjeux moraux reste très classique. Si le fond n'est pas forcément très original, la forme est très intéressante avec une mise en scène travaillée, parfois osée à l'image du choix de faire apparaître l'orchestre à l'écran, qui magnifie les merveilleux paysages islandais. Un mot également sur l'actrice principale qui est véritablement excellente tout comme l'ensemble du casting secondaire. Plus qu'un plaidoyer écologique, "Woman at war" est une ode à l'humanisme et la générosité, une oeuvre riche et sensible qu'il serait dommage de manquer.
Sujet d'actualité traité de façon très original, par une actrice talentueuse. Il y a de la poésie dans le combat que mène cette femme pour saboter des industries qui polluent la planète. Des paysages superbes et une musique qui nous accompagne tout le long du film.A voir.
Personnage intéressant et bien interprété, mais scénario invraisemblable à bien des égards. De plus la présence répétée de l'orchestre aurait pu être une bonne idée mais celui-ci revient beaucoup trop souvent au point de perdre son intérêt, sa pertinence, et de fatiguer.
Voilà longtemps que je n'avais pas vu un film aussi beau et puissant. Je ne vois pas de bémol et c'est pourquoi je mets la note maximale. Je n'ai pu m'empêcher de voir des références homériques, notamment Ulysse dans l'Odyssée (l'arc et la ruse pour échapper au Cyclope) et j'ai adoré le procédé cinématographique intégrant les musiciens. Je suis sortie du cinéma ne sachant plus où j'étais ni quel moment de la journée on était. Laissez-vous embarquer à votre tour pour un moment d'une grande intensité.
Le cinéma islandais et son côté décalé nous réserve souvent de bonnes surprises. Ce film en est une excellente. Quoiqu’on puisse penser de ce que fait l’héroïne (détruire des lignes à très haute tension, quand même ça ne se fait pas, dans le monde réel certains ont été accusés de terrorisme pour moins que ça…), et même s’il est fortement recommandé de ne pas faire comme elle si on ne veut pas se faire griller sur place, son personnage est attachant et convaincant, grâce à son jeu subtil et une bonne direction d’acteurs. Dilemme auquel elle est confrontée : l’amélioration de l’humanité passe-t-elle par la préservation de l’environnement ou l’adoption des orphelins (l’acceptation de sa demande d’adoption pouvant lui laisser moins de temps pour ses opérations commando) ? Coup de génie concernant la musique : les musiciens sont présents à l’image et parties prenantes de l’action. J’ai adoré le trio claviers / percussion / sousbassophone et leur musique tout en silences et rythmes décalés : leur contribution à l’esprit loufoque du film est capitale.
La lutte d'une femme contre les puissance qui détruisent la planète. Mais au final la lutte se transforme en survie post-apocalyptique, les pieds dans l'eau, à soutenir l'enfant, qui représente le futur et l'espoir. Original bande-son et mise en scène avec la présence des musiciens au cœur de l'action. Et la présence répétitive du cycliste/touriste, pareil à l’écureuil de l'age de glace cherchant sa noisette. L'islandais est une langue difficile, je m'endormais un peu au début. Personnellement j'ai trouvé l'échange final sympathique.