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Kouto
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4,0
Publiée le 25 septembre 2025
Le réalisateur Barry Jenkins conte une histoire d’amour pure et passionnée servant de toile de fond à une dénonciation lucide de la haine raciale. Avec son style fait de longs plans serrés, de silence éloquents et d’un lyrisme appuyé dans sa mise en scène usant d’une photographie aux couleurs feutrées, le cinéaste frappe fort et pour cela se repose aussi sur la grâce de sa distribution de qualité.
2 ans après le triomphe de Moonlight, le réalisateur revient pour adapter un des romans phares de feu James Baldwin, auteur et figure incontournable de la culture afro-américaine des 40 dernières années.
"If Beale Street Could Talk" nous conte l'histoire tragico-romantique de Aflonso "Fonny" Hunt et Clementine "Tish" Rivers, 2 jeunes adultes s'étant connus toute leur vie, jusqu'au jour où une grossesse inattendue survient au même moment que l'emprisonnement de Fonny pour un crime qu'il n'a pas commis.
Barry Jenkins insuffle une pureté à cette histoire d'amour, retranscrite à l'écran avec une sincérité affolante, magnifiée par une mise en scène sublime. La caméra est fluide et capture des séquences de toute beauté où la photographie de James Laxton, renvoyant au travail de Roy Decavara, célèbre pour ses images de Harlem, compose de véritables tableaux.
C'est simple, on est dans des influences à la Wong Kar-Wai ou Jonathan Demme (pour les formidables close-ups des divers acteurs) le tout mélangé à la pertinence du texte de James Baldwin.
Les acteurs sont tous excellents, que ce soit le duo Fonny-Tish (Stephan James et la révélation Kiki Layne, tout en délicatesse et naturel) ou les rôles secondaires comme Colman Domingo, Brian Tyree Henry ou l'exceptionnelle Regina King (à noter la présence de Dave Franco, Diego Luna, Ed Skrein et Pedro Pascal qui font des caméos
La narration non-linéaire peut peut-être déconcerter par moments, mais le tout se révèle fluide et ne perd jamais le spectateur, dans cette histoire touchante où l'amour côtoie l'injustice pénitencière et sociale dans ce New York des années 70, superbement reconstitués par le chef décorateur Mark Friedberg dans un souci du détail auquel on ne peut que s'incliner.
Et que dire de l'OST divine de Nicolas Britell, nous abreuvant de passages lyriques à la puissance poétique sans précédent.
En conclusion, il s'agit ni plus ni moins d'un excellent film poignant, riche de maîtrise et d'émotion, ainsi que d'une superbe adaptation.
Une romance dramatique intimiste et touchante très centrée sur la relation naissante amoureuse d'un jeune couple noir dans les années 70 sur fond de relent raciste. L'histoire tourne parfois un peu en rond par manque d'évolution dramaturgique dans l'enquête pour essayer de prouver l'innocence du prévenu. Il n'en reste pas moins un joli film désenchanté, à la photo chatoyante et à l'ambiance seventies réussie.
Après le sublime Moonlight, Barry Jenkins est de retour sur le grand écran pour nous faire vivre une histoire d'amour qui manque de rythme et d'originalité. Conforme à ses habitudes, le réalisateur se distingue par un casting quasiment composé intégralement d'acteurs et actrices noires ce qui permet de faire exploser quelques talents à l'écran. En effet, Kiki Layne et Stephan James sont vraiment excellents. Les deux stars de ce film savent nous faire vivre à chaque instant leur histoire que ce soit simplement par un regard, un geste, une parole. L'alchimie entre les deux est telle que les longs monologues auxquels les long-métrages du genre ont pu nous habituer n'ont pas leur place ici. Tout se fait subtilement et en délicatesse et c'est rafraîchissant. Néanmoins, le reste du casting est quelque peu décevant, les deux acteurs monopolisent l'écran de par leur charisme et leur place dans l'histoire ce qui ne laisse aucune place aux autres personnages pour se développer ou nous exposer leur talent. De plus, le scénario qui accompagne cette histoire d'amour peut s'avérer considérablement clichée, bien loin de certains films actuels. Même si on adhère facilement à l'histoire, on se demande s'il n'aurait pas été plus judicieux d'y apporter une touche d'originalité par moments. Par ailleurs, en voulant défendre la cause des Noirs aux Etats-Unis à plusieurs reprises Barry Jenkins donne une certaine dimension moralisatrice à son long-métrage qui laisse à désirer. Il faut cependant souligner que le récit s'accompagne d'une très belle bande-originale. Bien qu'un peu clichée, celle-ci est très efficace pour nous faire rentrer dans le film, proposant des morceaux orignaux ou des grands classiques de la soul américaine pour nous plus grand plaisir. Dans tout ça, il est vrai que Barry Jenkins dirige son film d'une main de maître. Dans la lignée de la réalisation incroyable de Moonlight, le réalisateur américain continue à nous époustoufler. Sa façon de diriger la caméra, le regard du spectateur est impressionnante, tout est fait pour qu'on se focalise sur les personnages principaux, pièces centrales de son film. Si Beale Street Pouvait Parler est bien loin d'être ce que certaines critiques ont voulu nous vendre mais s'avère malgré tout être un bon film qui se regarde surtout pour ses qualités visuelles.
Éclipsé, seulement un court moment voilà déjà le retour de Barry Jenkis, après le triomphe de « Moonlight ». De Beale Street au pénitencier, la vie ne sait jamais arrêter. Derrière la douceur des couleurs et la composition de Nicholas Britell touchant au sublime. Impensable de ne pas tomber amoureux de Tish et Fonny dès le premier regard avec grâce et fragilité. Les prémices de l’amour ne s’oublient jamais, tout comme les voir retrouver un semblant de liberté. Les vingt-cinq premières minutes du film, sont tout bonnement magnifiques. Derrière l’injustice, se cachent des regards tout simplement déchirants et tellement inoubliables. On mettra le lit contre le mur, comme ça je verrais le rayon du soleil illuminé ton visage chaque matin. La beauté des textes de James Baldwin brille, quand cela s’accompagne du talent de Barry Jenkis rien n’entravent cette poésie elle s’illumine même face à l’injustice.
Un film beau et émouvant avec des acteurs au jeu impeccable. Néanmoins Barry Jenkins joue un peu trop avec ses personnages et le film traine en longueurs.
" Si Beale Street pouvait parler " de Barry Jenkins oscarise pour le chef oeuvre " Moonlight " est un drame romantique profond. En effet en dépit de longueurs et d'un thème rabâche (la ségrégation des noires aux États Unis ) est une oeuvre émouvante et cruelle avec une sublime bande sonore et mention spéciale à Regina King nommée au oscar en mére courage.
Récit d'un amour et d'une injustice, à Harlem, dans les années 1970. Barry Jenkins, c'est un peu l'anti-Spike Lee. A la violence et à l'humour corrosif des films du second répondent la douceur sentimentale et la jolie esthétique ouatée de ce film. A la révolte et au décryptage sociopolitique répond un mélo étonnamment lénifiant. On peut trouver le résultat gentillet, un peu esthétisant et longuet...
C’est surtout la référence à James Baldwin qui m’a poussé à voir cette adaptation de son roman « Si Beale Street Pouvait Parler ». La mise en images des personnages, fort bien interprétés d’ailleurs, est très belle mais cette retenue et lenteur narrative un peu maniérée m’a fait le même effet négatif que lorsque que j’ai vu « Moonlight » du même et prétentieux Barry Jenkins. A trop vouloir se la jouer, il loupe l’essentiel : faire passer l’émotion.
La grande majorité des films parlant d injustice raciale sont très engagés et très véhément. Si Beale street ... n enfonce pas spécialement la porte ouverte « l injustice c est mal, mentir n est pas bien ». Le film insiste plus sur la difficulté de se défendre contre l injustice, l impuissance des proches, le cercle vicieux financier et social (l avocat perd de sa réputation à défendre un tel pauvre).
Je regrette que le film montre une rencontre entre Fonny et le policier. Cela donne une explication à pourquoi le policier accuse Fonny. Il me semble que l explication proposée plus tard est bien plus intéressante et bien plus forte. Ils le font parce qu ils peuvent le faire. Donner une explication fait entrer dans des discussions du genre « cela ne méritait pas les conséquences qu il y a eu ». Cela ne devrait pas arriver, ne devrait pas être possible pour un détenteur d autorité d en abuser, peu importe ses raisons. Je ne pense pas qu il n’y ait de seuil à partir duquel on puisse comprendre (et encore moins accepter) le comportement du policier.
Dans "Si Beale Street pouvait parler", Harlem des années 60 devient l’écrin d’une romance naissante, brutalement frappée par une fausse accusation de viol, emprisonnant Fonny et laissant Tish, sa compagne, porter leur histoire à bout de souffle. Sa voix(-off) , à la fois résignée et combattive, traverse le récit comme un fil d’or, reliant l’intime au politique, le tendre à l’injuste.
Si l’amour entre Tish et Fonny illumine le film, Barry Jenkins ne détourne jamais le regard des réalités sociales et raciales qui les écrasent. Le système judiciaire, raciste et implacable, devient un antagoniste tentaculaire et inéluctable.
La mise en scène célèbre l’intimité avec une tendresse infinie. Jenkins capte les instants suspendus : regards échangés, caresses et expressions traversées d’émotions. La lumière, chaude et dorée, enveloppe les personnages d’un halo protecteur, fragile contre la brutalité extérieure. C’est un cocon d’humanité au milieu du chaos.
La musique de Nicholas Britell transcende les images. Ses cordes mélancoliques se mêlent aux silences, accentuant les douleurs et espoirs des protagonistes.
En somme, le film privilégie la parole à l’action, offrant à ces personnages, trop souvent réduits au silence, un espace où leurs voix s’élèvent en lieu et place des gestes, de toute façon contenus et retenus contre eux. C’est là que réside toute la puissance du récit : un cri contenu, magnifié, face à l’indifférence d’un monde sourd.
Je découvre ce film et j’ai passé un bon moment devant ! Par de simples petits dialogues ou moments de vie entre les personnages se dégagent un amour et une émotion qui est parfois difficile à retrouver dans certains films qui ne prennent pas autant le temps de poser leurs histoires comme Beale Street le fait. En revanche le contre coup de ça c’est que le film manque cruellement de rythme et qu’on tourne assez vite en rond, le film aurait sûrement gagné à être plus court. Les acteurs restent excellents et le film est touchant, je recommande !
Le prix de la mise en scène par l’excellence de ces angles de vue qui oriente l’intrigante caméra, le réalisateur de « Moonlight » poursuit sa quête dans ce scénario basé sur la littérature des années 70. Avec de longues séquences de réunions familiales secouées réveillés, des parties très intimistes, l’histoire est intéressante du point de vue venu de l’auteur afro-américain et personnalité des mouvements des droits civiques. Le racisme pesant dans cette société américaine du passé fut combattu avec hargne haut et fort, être au prise d’une injustice pour une minorité ethnique autrefois esclave affranchi de la dominante maître élitiste, c’était pas gagné. Le plus injuste des formes est d’être accusé d’un crime sans pouvoir se justifier de sa défense par une autre ethnie secondaire américaine, le dépassement des événements au vue du contexte socio-racial extrêmement tendu. Le seul moyen qui régit tristement la disparité entre les classes sociales de ce monde, l’argent n’a pu l’innocenté ni le poids de sa famille insignifiante. La pauvreté fut déjà comme une forme de punition judiciaire, une culpabilité qui s’accroche à la couleur de peau ciblée.
Un bon début. Tout est beau, les acteurs notamment. Quelques belles scènes entre les amants et les deux familles. Mais ce n'est pas abouti. L'alchimie du romantisme et de la pression sociétale ne fonctionne pas (contrairement au magnifique Carol de Todd Haynes). Et l'aspect judiciaire aurait dû être développé, et éviter au final de tomber à plat. Que les acteurs sont beaux... Certes...