Star Wars, la guerre des étoiles, un film qui a révolutionné le cinéma (effets spéciaux, trucages musique) mais aussi la science-fiction (sabre-lasers, pistolasers, designs des vaisseaux, la Force), malgré le fait qu’on ait du son et du feu dans l’espace.
L’un des films les plus rentables et regardés de l’histoire du septième art.
Le premier film d’une saga mythique, avec ses personnages, costumes, coiffures, vaisseaux, planètes cultes, une saga imaginée par un George Lucas en qui personne n’avait confiance au départ, ce qui a valu à ce premier épisode un tournage un peu… cardiaque (retards, guerre en Tunisie, incendies, Alec Guinness qui voulait arrêter
car son personnage mourrait
, Harrison Ford qui improvisait).
Enfin, un de mes films préférés de tous les temps, pour son charme et sa nostalgie infinie, le rêve qu’il nous vend, les sentiments de jouissance qu’il nous procure lorsque le fameux générique jaune défile dans l’espace ou que Luke fonce pour détruire cette foutue étoile.
Star Wars, avec ses deux heures tout pile de durée, dispose d’un découpage très équilibré dans ce qu’on pourrait appeler des “actes” (L'introduction, la partie sur Tatooine, le rayon attractif de l’étoile, la destruction de l’étoile). Les plans sont séparés par des transitions qui ont gardé leur charme : un balayage d’écran souvent suivi d’une fanfare ou du leitmotiv musical de ce qu’on verra sur le plan suivant.
Le plus impressionnant est de se dire que tous les vaisseaux sont en réalité des maquettes, filmées par des caméras contrôlées par ordinateur ! Les plans sont si bien superposés et truqués (le mythique plan interminable sur le croiseur qui arrive par le haut en est un très bon exemple) que l’expérience reste immersive aujourd’hui. Bien sûr les explosions qui ressemblent à des feux d’artifice, les côtés cartons de l’étoile de la mort et les tirs de pistolasers font sourire aujourd’hui, tout comme le duel de sabre digne d’un ehpad, mais quelle claque ce devait être à l’époque !! Tous ces effets spéciaux ont été réalisés dans un très court laps de temps !!
Que dire de la version restaurée de 2002 ? Une photographie moins sombre, beaucoup d’éléments tant visuels que sonores ajoutés, des scènes entièrement restaurées. Un crime ? Pas forcément, après tout c’est le patron Lucas lui-même qui a opéré ses modifications.
Le casting est assez hétérogène, avec une Carrie Fisher qui s’est déjà fait un nom, un Alec Guinness légendaire, un Harrison Ford qui le sera bientôt, et un Mark Hamill sorti de nulle part, tous deviendront indissociables de leur rôle sauf peut-être Guinness qui sera devancé dans les mémoires par Ewan McGregor dans la prélogie. Pour la petite anecdote, Fisher et Ford ont eu une relation secrète pendant le tournage, comme leurs personnages dans les épisodes suivants. Quant au grand Dark Vador, il est campé par le regretté James Earl Jones. Il faut reconnaître qu’il n’avait pas besoin de la marche impériale pour avoir déjà de la gueule. Il n’était pas encore le personnage principal de la saga qu’il était déjà un des méchants les plus emblématiques du septième art, avec son armure sombre, ses longues respirations et ses étranglements à distance.
De nombreuses répliques iconiques de la saga parsèment déjà le script : “Que la force soit avec toi”, “Que la fête commence” “J’ai un mauvais pressentiment”, “Hello there” ; et d’autres spécifiques à cet épisode:
“Manque de conversation ce type-là” “Qui est le plus fou des deux, le fou, ou le fou qui le suit ?”, “Votre manque de foi me consterne”. Les deux droïdes, principaux moteurs d’humour dans ce film qui n’en manque pas, possèdent eux aussi leur lot de répliques mémorables (“Ah non pas de mots techniques” “bip bip bop”)
Plus que tout, Star Wars dispose à mes yeux de la meilleure bande-originale jamais composée. La plus riche, adaptée, lyrique et jouissive. Le sommet ultime de la carrière de ce génie musical qu’était John Williams. Souhaitant un retour aux BO symphoniques, il s’inspire de Stravinsky, Holst, Dvorak, Wagner, Dukas, du Dies Irae grégorien et du thème principal du film Kings Row pour composer son plus grand chef-d’oeuvre : une longue suite de thèmes mémorables (le générique), leitmotifs magnifiques (celui de Leia, de la force) ou jouissifs (The tie fighter attack, le motif des jawas) ou effrayants (les motifs impériaux), fanfares joyeuses, passages à frissons qui ont l’air de parler (le morceau “Imperial attack” à 3:55 a l’air de dire “Et c’est là que la plus grande aventure commence” ou “This is where the fun begins”, le morceau “Inner city” à 2:35 est la plus belle musicalisation de la nostalgie que j’ai jamais entendue). Le passage “Ben’s death” est absolument magnifique de lyrisme, “The last battle” contient tellement de tension qu’on se lève toujours pour applaudir lorsque l’étoile explose, après les frissons du thème de la force qui arrive juste avant que Luke fonce pour son dernier assaut, “The throne room” est une musique de cérémonie si parfaite qu’elle nous paraît familière la première fois qu’on l’entend. “Cantina band” reste dans les mémoires comme la meilleure musique de bar jamais composée. Je m’arrête là parce qu’il s’agit de mon album musical favori et qu’il y a tellement de choses à dire dessus qu’il faudrait des dizaines et des dizaines de critiques, j’ai eu la chance de l’entendre en live lors d’un ciné-concert que je n’oublierais jamais. Je me contenterais de dire que j’ai toujours été mécontent du mixage du son déséquilibré, certains passages absolument géniaux de la BO sont complètement masqués par les effets sonores (surtout dans “The last battle”).
Puisqu’on parle des effets sonores d’ailleurs, il faut savoir que ces sons mythiques ont été créés de manière assez absurde (une imprimante pour les sabre-lasers, des coups sur des câbles pour les tirs de pistolasers, des barrissements d’éléphants pour certains vaisseaux.
Star Wars comporte tout de même des défauts : quelques longueurs (scènes dans l'espace), une trame extrêmement classique, des dialogues parfois niais, des actings débutants, beaucoup de clichés (costumes blancs pour les gentils vs noirs pour les méchants, Leia fille facile). Mais on parle là d’un film au départ destiné aux petits et grands enfants, tous ces défauts qui à première vue pourraient paraître énormes, sont assumés et constituent une grande part du charme de l'œuvre.
C’est amusant de voir qu’à l’époque les suites et préquels n’étaient pas prévus, il n’y a qu’à voir la relation ambiguë entre Luke et Leia qui deviendront plus tard frères et sœurs ou encore Obi-Wan qui ne semble pas reconnaître R2-D2, qui lui semble tout juste avoir rencontré C3PO. Néanmoins lorsque la saga fut achevée en 2005 avec la sortie de La revanche des siths, ce premier Star Wars prend le nom de “Un nouvel espoir” puisqu’il présente les héros qui peuvent encore sauver la galaxie.
Pour plus d’anecdotes sur ce film génial je recommande la super BD sur son making off “Les guerres de Lucas”.
Ainsi donc un des films les plus révolutionnaires et les plus cultes du septième art, qui a remporté six oscars (musique, effets visuels, effets sonores, costumes, montage) qui a inspiré la pop culture plus que n’importe quoi d’autre. Pour ma part, Star Wars est un rêve qui me poursuivra à jamais.