Ce film hallucinant est inspiré de la jeunesse de la réalisatrice, Sarah Suco, et cette information est essentielle, tellement on a parfois du mal à croire ce que l’on voit.
Il raconte l’histoire de Camille, 12 ans au début du film et aînée d’une fratrie de 4 enfants dans une famille catholique pratiquante.
Si, à première vue, on a l’impression de revoir les Lequesnois dans « La Vie est un Long Fleuve Tranquille », on comprend rapidement que la tonalité du film sera loin d’être comique.
En effet, les parents de Camille, de plus en plus religieux, rejoignent progressivement « La Communauté de la Colombe », groupe de catholiques qui vivent ensemble et s’en remettent à Dieu pour tout, guidés par un prêtre appelé « le berger ».
Le bêlement des membres de la communauté pour acclamer le berger, les enfants abandonnés plusieurs jours car les parents partent faire une retraite, la fièvre de Camille soignée par la prière au lieu du paracétamol, les séances d’exorcisme … tels sont, entre autres, les effets de la manipulation psychologique dont sont victimes les membres de cette communauté.
Un sujet extrêmement intéressant qui n’est pas une caricature de la communauté catholique mais la description pure et simple du fonctionnement d’une secte, dans l’œil d’une jeune adolescente
qui garde son bon sens pour pallier les carences de ses parents et protéger sa fratrie.
Le casting de ce film est parfait : Jean Pierre Darroussin, dans le rôle du berger charismatique, Camille Cottin que l’on découvre dans le rôle dramatique d’une maman déséquilibrée, et Eric Caravaca, un papa prêt à accepter n’importe quoi, pourvu que sa femme soit contente.
On soulignera enfin la découverte dans ce film de la jeune et très talentueuse Céleste Brunnquell (Camille) ; elle a un jeu très juste et les expressions de son visage donnent autant d’informations au spectateur que son texte.
Un film qui met en lumière un thème, celui des sectes, qui n’a pas ou peu été abordé au cinéma jusqu’à présent ; à voir absolument.