Pour son premier long métrage, la réalisatrice a choisi de conter l’histoire lamentable de sa famille, entrée délibérément dans une secte religieuse de la province française, telles qu’elles fleurissent surtout, pour y défrayer la chronique, aux Etats-Unis. Il s’agissait sans doute pour elle d’exorciser un passé douloureux, ce que l’on peut comprendre, mais qui n’excuse en aucun cas un résultat aussi consternant. Comme elle ne fait preuve d’aucun talent dans l’écriture du scénario, la direction d’acteurs ou simplement la finesse d’observation, on subit un film indigeste du début à la fin, des scènes grotesques comme les bêlements moutonniers (de Panurge ?) des disciples destinés à appeler le gourou (J.P Darroussin, totalement caricatural), les inévitables abus sexuels, l’autocritique obligatoire façon stalinienne etc…On reste stupéfait devant la passivité et l’abandon de tout esprit critique de ce groupe d’adultes totalement infantilisés, et fiers de l’être. S’il est possible que de telles situations existent, que font donc la police et la justice ? De même, les prestations des acteurs adultes laissent pantois : comment des comédiens de talent tels Eric Caravaca, Camille Cottin, ou J.P Darroussin, déjà cité, ont-ils pu accepter de participer à cette pantomime ? Impossible de croire à cette invraisemblable aventure, tant la peinture qui en est faite est particulièrement malhabile. Pour un coup d’essai, c’est un échec magistral. Toutefois, il faut saluer la performance remarquable de la jeune Céleste Brunnquell qui, si elle ne peut sauver le film, lui donne le peu de sincérité qui lui manque si cruellement par ailleurs.