10 595 abonnés
11 630 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 3 juillet 2019
Internet peut être une échappatoire, une bouffée d'air dans un quotidien morose, mais il ne faut pas oublier que derrière chaque écran il y a quelqu'un et c'est ce que semble oublier Claire qui entame une relation virtuelle avec Alex. Elle fait cela avant tout pour son plaisir, son bien-être personnel, elle qui a du mal depuis que son mari l'a quittée, mais elle a tendance à oublier qu'Alex est une personne avec des sentiments même si elle ne cherche pas à lui faire du mal. L'histoire de Claire et d'Alex, c'est probablement celle de nombreuses gens avec relation basée sur un mensonge, mais qui comprend de vrais sentiments. Après "Comme un homme" et "Dans les forêts de Sibérie", Safy Nebbou adapte encore un roman en l'occurrence celui de Camille Laurens pour proposer un superbe portrait de femme au cœur d'un récit parfaitement ficelé qui met notamment en avant le pouvoir des réseaux sociaux. Le réalisateur nous propose un vrai drame qui flirte très souvent avec la pure romance, le thriller et la chronique sociale. Un récit d'une grande richesse qui est parfaitement construit en plusieurs actes bien distincts. La façon dont ils arrivent à renouveler l'histoire est bluffante. On part d'un point de départ plutôt simple et pourtant l'histoire ne tourne jamais en rond. Entre fantasme et réalité, ce film est un drame psychologique sur l'être humain et sur la façon dont il gère la solitude. Ce n'est pas tout, car c'est un film qui réserve de nombreuses surprises. Scénaristiquement parlant, on n’est pas loin de l'excellence. Par exemple, j'ai beaucoup aimé la tournure que prend l'histoire vers la fin. Safy Nebbou propose finalement toutes les possibilités que cette histoire a à offrir. J'ai beaucoup aimé ce film, je l'ai trouvé profond, touchant et plein d'humanité. Tout ce que l'on peut ressentir est parfaitement transmis par Juliette Binoche qui est parfaite dans ce rôle. Sa présence, son jeu de regard, sa fragilité, sa force, ses faiblesses, ses peurs. Elle est de tous les plans et elle est éblouissante à chaque fois. J'avais bien aimé "Dans les forêts de Sibérie" de Safy Nebbou, mais ce nouveau film est bien au-dessus. Un très bon drame à la fois magnifique et bouleversant.
Le film montre avant tout que l'amour n'est pas un jeu et on peut tout à fait comprendre la souffrance du jeune homme. Je comprends pas pourquoi à la fin elle a voulu faire revenir Clara.... Le film veut montrer que la rencontre virtuelle peut engendrer des sentiments extrêmes qui vont de la haine au mépris mais à l'amour. C'est dommage car du coup c'est davantage une démonstration qu'une vraie histoire de couple.
Adapté d'un roman homonyme de Camille Laurens, "Celle que vous croyez" fusionne avec bonheur le refus de vieillir chez une femme de 50 ans et tous les faux-semblants que permettent aujourd'hui les réseaux sociaux. Des réseaux sociaux comme Facebook où il est possible de dévoiler en toute transparence toute une vie intime, que celle-ci soit véridique ou fantasmée. Dans le rôle de Claire, une quinquagénaire que son mari a quittée pour une "jeunette" et qui a créé un faux profil de jeune femme de 24 ans sur Facebook, stratagème qui lui permet de rentrer en contact avec Alex, un séduisant photographe de son (faux) âge, et d'en tomber éperdument amoureuse, Juliette Binoche est absolument remarquable, arrivant à montrer, sans avoir à forcer le trait, toutes les fêlures qu'elle porte en elle. Face à elle, Nicole Garcia, est également parfaite dans le rôle d'une psychothérapeute à qui Claire raconte son histoire et dont on devine, malgré le mutisme inhérent à sa fonction, qu'elle aussi porte un certain nombre de fêlures. On continuera dans le positif avec François Civil, excellent interprète d'Alex. Par contre, on aura envie d'interpeler le personnage Alex, un jeune homme bien au courant de tout ce que permet le monde d'Internet et à qui ne vient même pas l'idée de demander à Clara, l'avatar de Claire qui se refuse toujours à le rencontrer physiquement, de "skyper" avec lui ! Etonnant, non ? Par ailleurs, on retrouve d'autres qualités dans ce film : de nombreuses trouvailles de mise en scène, des rebondissements inattendus dans l'intrigue, la photo de Gilles Porte, la musique d'Ibrahim Maalouf, au piano cette fois ci, qui intervient toujours au bon moment et en sachant se faire discrète.
Le début de “Celle que vous croyez” n’est pas très rassurant. On y découvre une cinquantenaire vexée par une rupture, qui crée en ligne un profil de belle femme de 25 ans pour se venger. Mais contre ses attentes, elle va débuter une relation numérique avec le meilleur (et jeune) ami de son ex. On a l’impression au départ de voir un scénario similaire à « You’ve Got Mail », sorti 20 ans avant, sans vraiment intégrer les spécificités du web 2.0. Plusieurs éléments laissent même furieusement penser que les scénaristes ne sont en fait guère à l’aise avec les technologies (petit conseils messieurs : c’est la carte SIM qui définit un numéro de téléphone, pas le fait de récupérer un vieux smartphone dans un tiroir !). Heureusement, l’aspect numérique, peu maîtrisé, est vite laissé de côté. Le film se centre pleinement sur sa protagoniste, une femme écrasée par sa vie de mère de famille divorcée, qui s’éclate en se projetant dans l’état d’esprit d’une jeune. Langage, comportement, perspectives : elle finira par pleinement adhérer à ce mode de pensée ! L’autre intérêt est sa relation avec le jeune homme (touchant François Civil), à la fois salvatrice pour elle, et vouée à l’échec pour lui, sans qu’il ne le sache. Tout ceci enrobé dans un scénario qui passe une vitesse dans sa seconde partie, offrant tout un lot de rebondissements inégaux. Certains sont clairement à la limite du grotesque, d’autres plutôt bien vus. Quoi qu’il en soit, Juliette Binoche porte très bien l’ensemble, incarnant à merveille cette femme semi-écorchée, fatiguée, qui retrouve une jeunesse avant d’en payer le prix.
Juliette Binoche prouve, s’il était encore besoin de le signifier, qu’elle est une grande actrice avec ce rôle difficile de femme mûre et blessée qui ne s’accepte plus. On parvient à sentir toutes les fêlures qui l’habitent et le mal-être d’une femme que l’âge et ses conséquences vont pousser à s’inventer une vie. Elle d’une justesse remarquable. Elle n’en fait jamais trop et la moindre de ses expressions est en osmose totale avec le rôle de Claire. Cependant, « Celle que vous croyez » est loin d’être aussi bon et réussi que son interprétation. On pourrait même dire que le film rate un peu le coche de son sujet et s’avère moyennement réussi en dépit d’une réalisation froide et désincarnée en phase avec le script.
Safy Nebbou ne parvient pas à tirer parti de son histoire de base, la faute à un scénario qui avance à l’aveugle et ne tire pas partie de la force de son postulat initial. On pensait qu’on allait se retrouver face à un film qui ausculte les tourments des femmes mûres à l’heure des réseaux sociaux et de l’image que l’on renvoie et on se retrouve face à une œuvre bancale qui survole son sujet mais ne l’approfondit jamais. On aurait aimé que Nebbou fasse un constat des femmes quinquagénaires et célibataires qui se retrouvent perdues dans la jungle des applications de rencontres et des réseaux sociaux ou il semble si simple de se faire passer pour quelqu’un d’autre et de s’inventer une vie. Quitte à mâtiné tout cela de suspense. Au lieu de ça on a droit à un long-métrage qui a le cul entre deux chaises et dont le scénario s’éparpille dans une multitude de directions sans savoir en choisir aucune.
On passe donc du constat sociétal lors d’une première heure un peu plate et longuette pour bifurquer ensuite sur une romance contrariée puis un thriller psychologique à tiroirs avec changement de points de vue et retours en arrière. La mixture passe mal à l’écran et le film échoue à passionner si ce n’est lors d’un rebondissement inattendu aux deux tiers du film. « Celle que vous croyez » en devient quelque peu inintéressant et on finit par décrocher. Il y a bien quelques scènes réussies (celle où Claire se masturbe au téléphone dans sa voiture, étonnement pudique et belle ou celle du shooting, solaire) mais la mayonnaise ne prend pas et on ne sait pas trop ce que veut nous dire le réalisateur. Le rôle de Nicole Garcia en psychologue semble inutilement explicatif, cliché et déjà vu et on s’ennuie parfois, déçu qu’un tel sujet pourtant passionnant soit bradé de la sorte. Et de rêver à ce que ce sujet aurait pu devenir avec un scénario mieux bâti et un point de vue plus clair.
Plus de critiques cinéma sur page Facebook Ciné Ma Passion.
À travers le portrait d'une femme mûre complexée et névrosée, Safy Nebbou met en scène un drame romanesque subtil, portée par une Juliette Binoche impressionnante.
Sacrée prouesse que cette plongée dans les bas-fonds du monde numérique, omniprésent à notre quotidien, et malheureusement presque indissociable à notre identité et à l'image qu'on renvoie. Ce drame est très bien ficelé, décryptant succinctement la réalité où nait une passion profonde et le virtuel, faussé et sans échappatoire possible. Ou serait-ce l'inverse ? On ressent un vrai vertige face à ce tumulte d'émotions, dévorant et pulsionnel. La dimension psychologique et celle plus tragique alimentent un personnage aux ambitions complexes, contradictoires, en quête de sens, à la fois blessé et comblé. Je ne suis pas un fervent admirateur de Juliette Binoche mais les vagues émotionnelles qui rythment l'ensemble bouleversent et nous ramènent à nos propres désirs bafoués. De plus, le parallèle avec "Les Liaisons dangereuses" de Laclos en filigrane est assez intéressant du point de vue de la situation et des époques. Ici, l'amour nait à vue, caché des regards et des corps, brouillant le moindre sens, hormis l'ouïe. Les plans se resserrent à l'image du spectateur qui est témoin du mensonge de plus en plus irrécupérable. Jonglant entre des scènes de psychanalyse avec une Nicole Garcia impériale et des scènes du passé avec un François Civil envouté, le film aborde les thèmes du vieillissement, de l'emprise et de l'obsession passionnelle, la peur de l'abandon, et l'envie d'être unique, sans se conformer aux normes de la société. S'il fallait reprocher quelque chose à "Celle que vous croyez", ce serait son ton dramatique qui a tendance à tirer vers le pathos avec des notes de piano lentes et lourdes, grossissant toute la détresse de la situation. Non que ce n'est pas efficace, mais l'émotion est si palpable, qu'on se dit que c'est souvent accentué sans raison. Il y a aussi cette double fin, aux multiples rebondissements, et mettant en scène une réalité qui n'a jamais eu lieu, qui donne au récit un côté explosé et disparate. Ce tourbillon de temporalité apporte une confusion mais, comme celle-ci va de paire avec l'ambivalence des réseaux sociaux et du désarroi de ses personnages, elle nous guide vers la voie de la guérison. Mais l'oeuvre de Safy Nebbou laisse une marque et porte à réfléchir sur notre besoin d'être et d'exister aux yeux des autres.
Film relativement lent d'un amour virtuel car à distance. On suit cette femme qui cherche l'amour mais risque de se dévoiler. PLV à regarder jusqu'à la dernière minute impressionnante prestation de Juliette Binoche, parfaite dans toutes ses expressions
Belle adaptation littéraire, reposant sur un scénario à tiroirs subtil et décalé. Juliette Binoche est une fois de plus sublime, bien entouré par Nicole Garcia et François Civil dans des rôles difficiles.
un portrait de femme bercée d'illusions qui en vient à se créer une fausse vie et en devient prisonnière. un drame psychologique troublant, moderne, ayant comme support l'influence des réseaux sociaux, avec en outre l'originalité d'en réécrire l'histoire. une mise en scène sobre de S.Nebbou, une jolie photographie et une J. Binoche habitée par son personnage.
Le sujet m’attirait depuis un bon moment. Juliette Binoche est splendide dans ce rôle ambigu comme elle aime les interpréter. Le sujet du film est d’actualité et révèle vraiment le pouvoir des réseaux sur nous.
Un film qui m'a profondément ennuyé. Trop peu d'actions à mon goût. Et puis, même si j'aime bien l'actrice Juliette Binoche, je n'ai pas trouvé très crédible cette histoire. Et cela, même si c'est fréquent que des personnes ne disent pas la vérité sur les réseaux et s'inventent une autre vie et un autre âge.
Franchement, j'ai été agréablement surpris par ce film plutôt original. Autant la première partie est assez classique mais la seconde change vraiment tout. Le(s) dénouement(s) sont très réussis selon moi. Y a une chose qui m'a pas mal marqué tout au long de cette réalisation, c'est la B.O qui est au top. Les acteurs sont bons mais personnellement, j'aurai pas choisis François Civil. Ça fait un moment que j'avais pas vu un long métrage français de cette qualité et il faut le souligner. C'est bien beau de critiquer (ce que je fais assez souvent) mais il faut le dire quand c'est bien aussi ! On ne s'ennuie pas, il y a un peu de tout et en plus cela traite des réseaux sociaux et du virtuel donc en plein dans l'actualité. Après, je trouve un peu dommage que y ait certains passages un peu gros et comme je l'ai dis, la première partie est un peu en deçà du reste. Mais dans l'ensemble, je ne regrette vraiment pas d'avoir payé ma séance, ce qui est assez rare ces derniers temps. Je conseille assez vivement "Celle que vous croyez" car je pense qu'il va plaire à pas mal d'entre vous ! 13/20.
Un film d’une intensité et d’une profondeur incroyable, la maîtrise du scénario est impressionnante et l’interprétation magnifique. J’ai malgré tout ressenti une petite baisse de tension qui pour autant n’altère en rien ce grand film. Impératif !!
Ce film est d'actualité et reflète notre société connectée et les mauvais côtés qu'elle peut avoir. Il traite aussi de la psychologie et de la schizophrénie avec un scénario bien pensé et bien trouvé qui nous surprend jusqu'au bout !