Avis : BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan - Page 6
BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan
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ChauvelCinema
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3,0
Publiée le 4 janvier 2022
On a souvent du mal à croire cette histoire invraisemblable mais pourtant vraie, et qui méritait assurément un film. Réalisation efficace, casting au top, reconstitution soignée et bande originale rythmée (mais on ne peut qu'avoir du bon avec les 1970's) sont au rendez-vous. Néanmoins, si les images choc de fin nous ramènent à l'actualité récente et donc à un message anti-Trump très clair, on reste dubitatif sur leur place à la fin d'un film qui certes dénonce le racisme aux Etats-Unis, mais a souvent plus des allures de comédie et de buddy movie. On sent en conclusion que Spike Lee n'a pas su sur quel pied danser.
Inutile de tourner autour de la question puisque la réponse semble évidente. Oui, on pense fréquemment à Donald Trump pendant la projection de Blackkklansman. L'apparition d'Alec Baldwin d'entrée de jeu, interprétant une caricature "d'intellectuel" raciste, est un rappel assez cocasse au Saturday Night Live, émission satirique où le même Baldwin passe à la sulfateuse le 45ème président des États-Unis. spoiler: Puis les dix dernières minutes du long-métrage, qui saisissent tel un coup de poing à l'estomac et agissent comme une douloureuse piqure de rappel avant le retour à la réalité.
Bien que les deux heures qui les ont précédées faisaient aussi partie de l'Histoire, elles paraissent tout aussi incongrue que le fut l'élection de l'homme d'affaires hautement controversé. Heureusement, l'histoire que raconte le nouveau film de Spike Lee est bien plus plaisante à observer, à savoir l'infiltration d'un policier afro-américain dans le Ku Klux Klan. Le réalisateur engagé a manifestement retrouvé l'inspiration, après dix ans de films maladroits voire insipides (le fâcheux remake d'Old Boy). Il met les pieds dans le plat, quitte à brusquer ou gêner. Le plus souvent, ça fait mouche et éparpille façon puzzle les divers larrons qui représentent l'organisation suprémaciste blanche. Néanmoins, le cinéaste se garde bien de donner des sermons sur les solutions à apporter face à ce "mouvement de pensée". Il glisse même une petite réflexion vertigineuse, par le biais du personnage de Flip Zimmerman (interprété avec brio par Adam Driver). Flic intègre et ami du héros Ron Stallworth (épatant John David Washington), il est rapidement décontenancé quand il s'aperçoit qu'en infiltrant le Ku Klux Klan, son origine ethnique devient la source d'un questionnement qu'il n'avait jamais eu alors qu'il pensait déjà en savoir long sur le racisme. Derrière l'histoire rocambolesque de Stallworth, Spike Lee signe une charge d'autant plus forte que l'un de ces angles d'attaque est le cinéma lui-même. Et plus précisément deux films emblématiques qui font partie des plus cités dans les livres sur le médium même. Autant en emporte le vent d'abord, qui reste le recordman au BO américain (avec plus de 200 millions d'entrées), mais également une œuvre problématique au vu des relents racistes qu'elle pourrait contenir. Puis évidemment Naissance d'une Nation (1915), le temps d'une scène en montage parallèle implacable. D'un côté, le film-pamphlet-pro-esclavagiste (qui fut d'abord titré The Clansman à sa sortie, d'où la référence directe au film) est utilisé pour attiser les xénophobes. De l'autre, c'est l'acteur et figure des droits civiques Harry Belafonte qui conte l'histoire authentique du lynchage de Jesse Washington un an après la sortie du film. Le cinéma, Spike Lee l'envisage comme un geste artistique et politique, ça on le sait depuis longtemps. Voilà donc sa profession de foi renouvelée : le cinéma comme moyen d'aider à la prise de conscience par le partage et l'acceptation, et non par la haine et la violence. Et ce même s'il devait les évoquer. En dépit de son sujet éminemment difficile, Blackkklansman est très plaisant à suivre, tant il manie le sous-texte politique et l'humour avec soin. Il se montre un peu plus bancal dans sa dernière partie. Soucieux de montrer le racisme dans ses manifestations, il néglige la piste ouverte par le biais du policier raciste (et collègue de Stallworth). Trop brûlant? Difficilement compréhensible, car la plupart des personnages de flics entourant le héros sont montrés sous un jour favorable. spoiler: Je regrette également que la résolution de l'enquête soit très légère en termes de suspense.
Il y avait manifestement beaucoup à dire, et les 130 minutes ne peuvent malheureusement pas tout couvrir. Cela étant dit, Blackkklansman remplit haut la main son pari. Il divertit, interpelle et invite à la réflexion. Si en plus, il permet à Spike Lee de retrouver de sa superbe, alors ça fait déjà beaucoup de raisons pour s'y intéresser.
Les droits civiques sont au cœur de nombreux débats dans une société qui se souhaite progressiste, mais qui piétinent encore sur des bases conformistes. La même symphonie est à l’œuvre chaque année afin de nous rappeler dans quel monde nous vivons et comment la plupart vit aux dépens de discrimination, à la fois morale et raciale. Spike Lee a vite compris les nouveaux enjeux et signe un retour bluffant et qui repose sur un discours cinématographique et médiatique. L’équilibre semble parfait, mais il reste encore quelques détails à conter lorsque l’on aborde la suprématie blanches contemporaines. Avec « Do The Right Thing », « Malcolm X », « Crooklyn » et « Inside Man » notamment, le réalisateur parsème son appel à la révolution, preuve d’une défense solide pour des individus qui partagent aujourd’hui de nombreuses valeurs avec « l’homme blanc ». Entre un mélange d’exercice de style et une belle feinte morale, la mise en scène reste des plus alléchantes, jusqu’à la dernière image, lourde de sens et stimulante en questionnements.
Le Ku Klux Klan est une organisation qui répand la haine et qui la partage au sein d’une communauté qui évolue vers un état d’esprit violent. Cette idée ne cesse d’accroître sa pertinence dans le cœur de ceux qui tutoient les mauvaises expériences et qui entretiennent un sentiment de vengeance. Ici, on préfère ne pas justifier les origines, si ce n’est depuis quand cela remonte, et il suffit de faire écho à la guerre de Sécession pour affirmer que le dénouement est synonyme de mort. Bien des États sur le territoire américain regorgent de cette haine et on retrouve cette vicieuse caricature à chaque coin de rue.
Les forces de l’ordre du Colorado ne font pas exception, c’est pourquoi un regard depuis un œil neuf, celui du premier noir en service, Ron Stallworth, permettra de débattre quant au comportement humain et le phénomène de groupe dans une société qui tend à se diviser. John David Washington y est impérial dans un rôle taillé sur un demi-ton burlesque. L’autre part est réservée à l’objectivité du récit. C’est à ses côtés que l’on guette le double jeu qu’il a improvisé et dont la participation de son collègue Flip Zimmerman annonce un buddy-movie solide et efficace. Adam Driver lui donne du corps et de l’esprit dans un élan de rigidité qui convient à un personnage qui doit pouvoir passer inaperçu dans la masse. Mais l’engagement professionnel vire à l’implication très personnelle chez Stallworth, qui use d’un ton humoristique dans sa démarche. On en vient à ridiculiser la menace du klan et on s’engouffre dans de l’espionnage qui arpente bien les phases de tension et de suspense au fur et à mesure que les relations s’intensifient.
La chronique d’une initiative à la fois démesurée et inattendue fait de « BlacKkKlansman » une œuvre théâtralement jouissive à déguster. Cependant, Lee n’est pas toujours un simple cuisinier de fast-food, il peut aussi devenir le chef étoilé qui impose un regard sur le contenu de son menu. La saveur varie ainsi en fonction des acquis de chacun et selon l’expérience que chacun possède vis-à-vis de la discrimination. Bien que les personnes de couleurs et les juifs se font subtilement malmener dans ce film, le réalisateur parvient à extrait le discours de son divertissement et à le superposer aux tragédies actuelles, comme un hommage certain aux victimes de la suprématie annoncée. Il n’y a plus que deux camps qui doivent se refléter à la suite d’un tel exposé et ni les origines, ni le genre de l’être humain devront être dissociés. La personnalité reste le seul facteur qui induit obligatoirement la mentalité, ce dont on discute fièrement dans l’espoir que l’on reconnaisse les préjugés qui alimentent la haine et les pleurs.
Bien filme , casting tres bien mais trop long dans la duree. Le cote comedie est reussi mais rend le sujet moins fort. Heureusement la fin ramene a la realite. Un peu trop cinematographique par rapport au fait que le film soit inspire de faits reels.
Spike Lee signe un thriller aux situations humoristiques. L'ensemble manque pas mal de subtilités mais Lee a dit des choses à dire et sait les dire. Son discours s'est un peu assagi et sa dénonciation du racisme n'en est que meilleure. Celui-ci se construit sur les préjugés, les généralités, la peur et la colère des hommes. La réunification des hommes est possible mais demande de la compréhension de "l'autre"et des situations, plus d'amour et moins de discours. Spike Lee croit au cinéma et au pouvoir de son message en évoquant la porté néfaste d'Autant en Emporte Le Vent et de Naissance d'une Nation. Certaines oeuvres marquent durablement les esprit en bien comme en mal. Coté artistique, l'interprétation est brillante et la bande originale puissante (magnifique cette chanson lors de la rencontre du héros avec sa petite amie militante).
Tout à sa démarche militante, Spike Lee signe encore un film percutant sur les tares de l'Amérique, dessinant sous les apparences d'une comédie policière le fil conducteur des violences raciales aux Etats-Unis. Reconstitution et ambiance soignées, avec des personnages admirablement campés et en dépit de quelques facilités et raccourcis avec la véritable histoire, Blackkklansman a de quoi déranger et perturber le spectateur, en ne se contentant pas d'un happy end simpliste pour son sujet plutôt loufoque de prime abord. Très clairement, Lee ne prend pas l'affaire à la légère et livre un film au délire savamment maîtrisé, dans le droit fil de sa filmographie.
La prouesse de Spike Lee c’est de réussir à traiter un sujet dramatique avec humour et même parfois légèreté sans en atténuer la gravité. La réalisation, sans grande originalité, nous plonge bien dans l’ambiance, tendis que les interprètes font tous le job et en particulier Adam Driver que je trouve de plus en plus excellent au fil de ses rôles.
Basé sur une histoire (malheureusement) vraie. Ron, policier black et son collègue juif ("Ron" aussi en infiltration) intègrent simultanément les 2 mouvements extrémistes de l'époque (KKK vs Black Power). L'angle est intéressant pour un film puisqu'il permet de montrer les 2 côtés dans une même histoire.
Spike Lee, de retour sur grand écran avec une histoire inspirée d’événements réels, évoque à nouveau son thème prédominant toute sa filmographie, la lutte des noirs pour une reconnaissance de leurs droits fondamentaux. Cette étonnante histoire vraie d’un policier noir infiltrant le KKK est filmée par Spike Lee de façon très classique mais aussi très efficace, le cinéaste ayant compris que le scénario suffisait à lui-même pour captiver le spectateur. Ajoutons à cette mise en scène classique mais solide, une distribution tout aussi convaincante dominée par un John David Washington tout à fait convaincant. Cette histoire se situe au début des années 70 mais ce qui fait froid dans le dos, c’est que l’on sent bien que les thèmes abordés font écho à la situation actuelle en Amérique bien sûr mais pas seulement. 30 ans après « Do the right thing » ou «le biopic “Malcolm X�, le combat est donc loin d’être fini, un constat dont Spike Lee, certes moins arrogant et moins audacieux, continue de mener.
Hazard ou loi des séries, j’ai vu trois films qui affrontent tout de go la discrimination, la ségrégation sans précaution de langage. Les mots, les expressions sont cash et ça fait du bien dans un monde, qui de plus en plus, prend des pincettes par peur de représailles. « Jojo Rabbit », « Tout simplement noir » et « BlackKklansman - j’ai infiltré le Ku Klux Klan ». Ce dernier réalisé par Spike Lee conte l’histoire vraie d’un jeune flic afro-américain qui intègre la police de Colorado Springs. Nous sommes dans les années 1970. Le nouvel inspecteur de police noir, lassé d’être aux archives, répond à une petite annonce dans laquelle le Ku Klux Klan local recrute. Il se fait passer pour un blanc qui déteste les Noirs, les juifs et autres étrangers. Il infiltre le Ku Klux Klan par téléphone. Son représentant physique sera un collègue, blanc et juif ! John David Washington et Adam Driver sont les deux infiltrés. Spike Lee ne dénonce pas le racisme anti noir, il aborde tout aussi frontalement l’antisémitisme. Si les propos racistes et antisémites demeurent toujours aussi insupportables à entendre, le film n’en est pas moins dénué d’humour. Mais franchement, j’en reste à « Mississippi Burning » d’Alan Parker ou « La main droite du diable » de Costa Gavras où c’était à la fois insupportable et terrifiant. En effet, je n’ai pas trouvé terrifiant « BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan ». Je pensais être beaucoup plus mal à l’aise. Par contre ce qui est terrifiant, ce sont les dernières images insérées à la toute fin du film ; celles-ci relatent les faits de Charlottesville, une manifestation « Unite The Right » durant laquelle un supremaciste blanc fonce avec sa voiture dans la foule et tue une jeune femme. Ça, c’est vraiment terrifiant. Spike Lee a établi un pont entre l’Amérique récente de Trump et l’Amérique du passé. Non seulement les leçons du passé ne sont pas retenues mais passé et présent continuent de se confondre. Oui, c’est vraiment terrifiant.
Après une longue traversée du désert, Spike Lee revient en force autour d’un sujet polémique. Pour moi, le film est à plusieurs lectures : si le message pour la tolérance et contre l'extrémisme fait l'unanimité, on se rend aussi compte que les oppressés ont finalement les mêmes idéaux d’oppression s’ils avaient le pouvoir (je ne vais pas m’éterniser là dessus mais pour avoir des amis Antillais, ils ont une haine viscérale contre les Békés et leur seule proposition s’ils étaient décideurs, ce serait leur éradication ...). Bref, c’est un cercle vicieux et la seule chose dont je sois certain, c’est qu’avant que la notion de vivre ensemble et de partage soit effective, il y a un long chemin à parcourir ... Sinon, bon film ...
Bof. Tiré d'une histoire vraie -adaptation libre du livre de Ron Stallworth, "J'ai infiltré le Ku Klux Klan" Libre, sûrement, car le scénario de Spike Lee est assez abracadabrantesque....
Au début des années 70, à Colorado Springs, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, le maire et le chef de la police pensent qu'il est temps de recruter un officier noir. Pour infiltrer, par exemple, les associations d'étudiants progressistes qui vont applaudir Stokely Carmichael et autres militants des Black Panthers. Ron Stallworth (John David Washington, plus baraqué que son papa) est le candidat idéal: bien élevé, s'exprimant parfaitement, patriote, loyal..... et doté d'une véritable vocation pour la police! Dans ce milieu des étudiants noirs très politisé, il fera la rencontre de la jolie Patrice (Laura Harrier) ignorante, évidemment, de sa véritable identité....
Mais Ron se lance dans une enquête autrement plus périlleuse: infiltrer le Ku Klux Klan en se faisant passer pour un suprémaciste blanc. Ca marche au téléphone, y compris avec le "Grand Wizard", David Duke (Topher Grace), mais comme doublage corps Ron a besoin d'un collègue, ce sera Flip Zimmerman (Adam Driver) qui est lui même juif -autre race haïe par le Klan- mais qui, élevé à la laïque, ne se sent pas du tout concerné par l'antisémitisme. Après moultes péripéties, plus ou moins plausibles, le duo déjouera un attentat et fera donc arrêter les membres du groupuscule.
Naturellement, Spike Lee ne se prive pas de caricaturer les membres du Klan, défilé de bas du front, de trognes bestiales. La femelle obèse d'un de ceux ci, largement aussi fanatique que les hommes, est particulièrement croquignolette.... Bon, ce serait bien si les extrémistes étaient tous aussi grotesques, on les repérerait plus facilement....
Je n'ai pas du tout accroché à ce film dont le côté "grosse superproduction pour ados" m'a plutôt déplu. Un réalisateur plus sobre, j'oserais dire plus intello, aurait certainement tiré bien mieux de cet incroyable histoire! Mais Spike Lee frappe fort en finissant sur des images récentes des émeutes de Charlottesville, pour rappeler que le combat n'est pas gagné....
On suit ici l’histoire vraie d’un policier noir, Ron Stallworth, correspondant téléphonique des membres du Ku Klux Klan, dont le but était de faire tomber l’organisation, avec l’aide d’un autre policier (un blanc, juif) qui jouait le rôle de Ron pour les rencontres en direct. Cela amène des scènes humoristiques quand Ron critique et insulte les noirs au téléphone pour être crédible vis à vis des membres du Ku Klux Klan. C’est donc à la fois humoristique à plusieurs reprises, mais également glaçant car il s’agit d’un sujet grave, qui a toujours des répercussions aujourd’hui aux Etats-Unis (le film se termine d’ailleurs sur des images d’archives des derniers drames racistes commis). Les acteurs sont parfaits en particulier les deux principaux : John David Washington et Adam Driver. C’est un bon divertissement.
Oui mais… Oui un film intéressant, très bien réalisé et souvent drôle. Une interprétation solide et un casting remarquable. Mais … un propos volontairement caricatural qui finit par mettre mal à l'aise. La cible est bien évidemment l'électorat de Trump mais à force de le ridiculiser à outrance, le film glisse dans le vaudeville démonstratif. Un peu plus de nuances aurait profiter à cette œuvre, qui reste néanmoins à voir.