Avis : BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan - Page 10
BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan
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Guillaume C.
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4,5
Publiée le 28 août 2018
Spike Lee s’inspire d’une histoire vraie et aurait pu s’en tenir à nous la raconter en la romançant un peu et on aurait obtenu un sympathique film policier un peu rigolard sur un sujet sérieux. Mais Lee fait bien plus que ça, il prend le prétexte de cette histoire pour nous parler de la Grande Histoire tout en la relayant à l’actualité. Et c’est là son grand talent. Avec ces faits inspirés d’une histoire vraie, Spike Lee tient l’emballage, c’est sympa, assez joyeux, marrant. Mais il y ajoute le contenu qui est tout l’inverse : terrible, brutal et faisant réfléchir.
Car au-delà de l’histoire du 1er policier afro américain du Colorado, Blackkklansman est avant tout une plongée dans le Ku Klux Klan comme rarement le cinéma nous en a offert. Et c’est là l’une des forces de ce film, faire de cette organisation l’un des principaux personnages du film. Le KKK nous est ainsi montré sans caricature, dans une époque où à l’image des Afros Américains qu’il veut éradiquer, il est la croisée des chemins, doit-il se débarrasser de son récent passé ultra violent et policer son discours pour accéder aux plus hautes responsabilités du pays, ou doit-il continuer son action armée. Il en va de même pour les Afro Américains, doivent-ils continuer la lutte pacifique de Luther King, où grossir les rangs des Black Panthers et prendre les armes contre cette Amérique si violente envers eux. Sans cesse Spike Lee met en parallèle ces 2 mouvements que tout oppose et cela donne des séquences fortes. Mettant en regard une société Américaine alors à la croisée d’un moment historique pour son avenir. Une société sous extrême tension où s’affronte les 2 mouvements jugés les plus dangereux à l’époque par le gouvernement américain.
A contrario l’excellent duo Washington-Driver (Jasper Pääkkönen méritant aussi des louanges) apporte une fraîcheur propice à détendre l’atmosphère de fond. On suit avec grand plaisir ce duo improbable qui se retrouve aussi confronté à ses propres choix et convictions, Spike Lee leur donnant ainsi une vraie profondeur. Le duo est d’emblée sympathique mais ne vire jamais au comique, si l’atmosphère générale est assez détendue, la tension et le stress, bien que ténus sont toujours présent. Lee flirte avec le Buddy movie sans jamais tombé dans le piège mêlant habilement thriller et pamphlet anti Trump (discrètement mais régulièrement chargé par Lee, notamment lorsque des membres du KKK reprennent ses slogans de campagne) le mélange est subtil et intelligent. Et c’est une des forces de ce Blackkklansman. Parler du passé en suggérant régulièrement le présent. Jusqu’à cette fin inattendue, abrupte, glaçante, un coup de massue énorme qui balaie en quelques instants l’apparente bonne humeur du film.
Blackkklansman aurait pu être un film sympa relatant une histoire dingue du passé qui nous fait aujourd’hui sourire, il est bien plus que ça. Charge contre l’Amérique de Trump, il dépeint un pan majeur de l’histoire américaine et nous met face à toutes les contradictions de ce pays. Où comment s’affronte 2 Amériques avec 2 visions radicalement opposées. Blackkklansman est plus que jamais d’actualité et est une très bonne piqure de rappel, pas seulement pour les Américains.
Pour la rentrée scolaire, je m’étais fixé un objectif, celui de retourner dans les salles obscures au moins une fois par semaine. Avec l’arrivée de mon fils, c’est devenu un peu compliqué d’aller au cinéma autant que je le souhaite mais maintenant qu’il a un an, je pense que cet objectif est jouable. Pour inaugurer le bal, mon choix s’est porté sur « Blackkklansman – J’ai infiltré le Ku Klux Klan ». La séance collait à mon planning, j’en avais eu de bons échos et son sujet faisait que j’étais très curieux de voir le résultat donc tout était fait pour que je passe un bon moment.
Je ne connais pas spécialement le cinéma de Spike Lee mais ce long métrage m’a en tout cas beaucoup plu. Plongeant en plein cœur des années 70, on assiste à cette guerre raciale avec autant d’étonnement sur cette infiltration que d’écœurement sur le racisme en général. Faisant tragiquement échos à notre société actuelle comme ci rien n’avait beaucoup changé en 40 ans, le film ne nous laisse pas indifférent et nous interroge sur la bêtise humaine. Peu importe le côté où il se trouve (anti-noirs, anti-blancs, anti-juifs…), le racisme se voit mis à découvert avec ses contradictions et ses fausses excuses appelant à la violence. Au milieu de tout ça, on retrouve le personnage de Ron Stallworth qui fera un peu bouger les choses à sa façon avec son travail et sa détermination. Tragique dans sa façon de viser juste et dramatique sur ce que cela nous dit de la nature humaine qui n’hésite pas à se trouver des excuses (religieuses ou autres), le scénario a la bonne idée de glisser quelques touches d’humour qui apporte un peu de fraîcheur et nous empêche d’étouffer dans toute cette tension.
Fils de Denzel Washington (ça n’apporte rien à mon avis mais ça me fait plaisir d’apprendre des choses), c’est la première fois que je voyais à l’écran l’acteur John David Washington (L’Inspecteur Ron Stallworth). Je l’ai trouvé parfait dans son rôle. Charismatique tout en mettant de la naïveté et de l’innocence dans son combat, on a tout de suite de l’empathie à son égard. Son duo avec Adam Driver (Flip Zimmerman) est excellent, ce dernier n’hésitant pas une nouvelle fois à nous prouver qu’il fait parti des meilleurs acteurs de sa génération. Le reste de la distribution est également efficace. Topher Grace (David Duke) est saisissant dans son interprétation tandis que Laura Harrier (Patrice Dumas) incarne de très belle façon son rôle de militante combative même si on n’échappe pas à quelques stéréotypes. Ryan Eggold (Walter Breachway) montre un visage intéressant de son personnage et du danger que l’aseptisation d’une image peut représenter.Quand à Jasper Pääkkönen (Félix Kendrickson), il est plus dans la caricature (et je ne parle même pas du personnage de sa femme) mais cela fonctionne bien malgré tout. Parfois, les traits sont un peu grossiers chez certains personnages mais dans l’ensemble de toute façon, cela reste réussi.
De Spike Lee, je n’avais vu à ce jour que « She hate me » qui m’a laissé un souvenir tellement magnifique que je me souviens juste m’être ennuyé durant ma séance (je serais bien incapable d’en parler aujourd’hui). Fort heureusement pour moi, ici c’est différent. Je ne sais pas si je me souviendrais de tout dans le temps mais mon ressenti à la sortie de mon cinéma est bien meilleur. J’ai trouvé que la mise en scène du réalisateur était rythmé et forte. Il exploite très bien les années 70 à travers ses décors et ses costumes tout en jouant bien avec la musique composée par Terrence Blanchard sans pour autant trop alourdir son récit. Certains plans sont très fort et cela reste plaisant à regarder même si je trouve le long métrage par moment un poil trop bavard. Les images de fin qui donne encore plus de force à son sujet sont également une très bonne idée. On n’est pas dans le voyeurisme gratuit mais on ne peut pas rester indifférent. Spike Lee réussit à nous montrer que la guerre est toujours présente, qu’il ne faut pas la banaliser et qu’il est important de combattre le racisme sous toutes ses formes.
« Blackkklansman – J’ai infiltré le Ku Klux Klan » est un film intéressant qui vaut indéniablement le coup d’œil. Sur le fond et sur la forme, il n’est pas novateur. Spike Lee diffuse un message prévisible et connu mais cela reste un message qu’il est quand même important de faire passer. Porté par un John David Washington excellent et un Adam Driver tout aussi bon, je ne regrette vraiment pas mon visionnage en tout cas. Le film est parfois un peu trop propre sur lui, un peu trop prévisible et joue parfois un peu trop avec les codes du genre mais il n’en demeure pas moins un vrai coup de poing à découvrir.
L'histoire se situe en 1970 quand un policier noir décide d'infiltrer le Ku Klux Klan avec l'aide d'un collègue blanc, se faisant passer au téléphone pour une personne désireuse d'intégrer le Klan. Pour cela, Spike Lee s'entoure de deux acteurs talentueux, John David Washington (le fils de Denzel) et de l'incontournable Adam Driver. Le film n'est pas classifiable dans un genre, tant il alterne les scènes de tension, de comédie ou d'images d'archive. Le réalisateur gagne ce pari risqué en mettant en avant ses convictions quitte à heurter mais surtout interroger le spectateur. Spike Lee ne réalise pas un chef-d'oeuvre, la faute à trop de longueurs, mais le message passe clairement dans cette Amérique trumpiste pour continuer le combat contre le racisme.
Blackkklansmann tient ses promesses pour raconter cet épisode peu connu de lutte contre le kkk. La touche seventies et les notes d'humour ainsi que la bêtise profonde de certains personnages allègent le propos. Spike Lee pour une fois n'en rajoute pas dans le didactisme. Manque peut-être quelques originalités de mise en scène dont il a le secret.
Les productions historiques contemporaines semblent avoir définitivement décidé de célébrer les héros oubliés plutôt que les figures historiques établies, tel ce combattant de l’ombre que fut Gareth Jones, un journaliste gallois qui découvrit le premier la réalité de l’Holodomor, la grande famine ukrainienne des années 30 qui fit plusieurs millions de victimes et fut causée par un mélange d’incompétence et d’opportunisme cynique de la part du régime soviétique, désireux de briser les reins de la société ukrainienne. En dépit de la gravité du sujet, ‘L’ombre de Staline’ demeure une production historique assez scolaire, légèrement romancée, et dont la seul spécificité est de voir ses couleurs passer au noir et blanc lorsque Jones traverse l’Ukraine, terre désertée peuplée d’ombre fuyantes et de paysans silencieux et faméliques. Si en apprendre un peu plus sur un événement historique longtemps relégué aux marges de la mémoire collective européenne n’est jamais à négliger, ‘Dans l’ombre de Staline’ présente surtout de l’intérêt en ce qui concerne les intentions qu’on peut lui prêter en 2020. Si les recherches historiques sur l’Holodomor ont réellement débuté avec la chute de l’URSS, on peut trouver singulier qu’il ait fallu plus d’un quart de siècle pour qu’une grosse production l’aborde frontalement...et qu’il s’agisse justement d’une co-production entre la Pologne, la Grande-Bretagne et l’Ukraine, trois pays qui entretiennent les plus mauvaises relations possibles avec la Russie. D’autre part, si le scénario relate évidemment le danger encouru par Jones lorsque les Soviétiques mirent la main sur lui après sa petite escapade, il s’attarde aussi sur l’aveuglement des pays occidentaux sur la véritable nature du régime communiste : lorsque Jones commence à raconter ce qu’il a vu et devient source de gêne pour un gouvernement soucieux de conserver de bonnes relations avec l’Union soviétique, la manière dont ses affirmations seront ridiculisées et sa carrière brisée par d’autres journalistes, parfaitement conscients de la situation réelle, laisse songeur. Critique d’une presse aux ordres ou d’une impossible objectivité ? On prendra le temps d’y réfléchir, et c’est déjà quelque chose.
J’ai bien aimé ce film de Spike Lee. On retrouve non seulement son style plein de panache et de couleur, mais aussi toute sa colère et sa hargne face au racisme et à la bêtise. La peinture qu’il fait des membres du KKK est à la fois tordante et effrayante. Surtout quand on se dit que dans la réalité, ils sont vraiment comme ça - les images des actualités malheureusement nous donnent assez souvent à voir ce type d’energunèmes les derniers temps. C’est un film qui change pas mal de ton au fur et à mesure qu’il avance dans sa narration, une même scène peut passer très vite de la comédie à la noirceur ou à la gravité, on a souvent envie de rire, mais ce rire nous reste presque toujours en travers de la gorge. Les acteurs sont très bons, les dialogues également, et la bande sonore excellente. C’est parfois un peu long, je vous le concède, parfois un peu militant, mais assez régulièrement on a droit à quelques séquences de pur cinéma assez époustouflantes. Je retiens aussi un grand moment d’émotion : la scène où l’immense Harry Belafonte fait le récit, devant une assemblée de jeunes accrochés à ses lèvres, d’un assassinat abject commis collectivement 50 ans plus tôt sur un jeune homme. C’est pour cela que le rire ne l’emporte jamais vraiment : les injustices qui ont été commises ne peuvent pas être oubliées, et les maux qui les ont engendrées sont toujours vivaces. C’est l’une des forces du film, dire tout haut que l’actualité est tout aussi révoltante que les crimes et les haines enfouis dans le passé.
"BlacKkKlansman - j'ai infiltré le ku klus klan" est un trés bon film tirée d'une histoire vraie. Le scénario trés bien réussi avec de super acteur qui jouent super bien leur rôle, j'aurais bien aimé que le film soit un peu plus rythmé et le film et un peu long à certains moment du film mais reste sympa et la fin du film est excellent.
Un très bon Spike Lee avec des acteurs à la hauteur. Le kkk et une certaine catégorie d'américains, lie de l'humanité, sont toujours aussi gerbants ... Film évidemment à voir !!!!
Film superbe sur des faits malheureusement réels! On aurait aimer se dire que c’était de la pure fiction mais non… Spike Lee signe là un film poignant, dérangeant, tout en y apportant des moments drôles, léger en tout cas. Quelques longueurs sont à noter! Très bon film. À voir absolument.
Un film incroyablement bien écrit du début à la fin. Chaque personnage joue un rôle essentiel au déroulement de l'histoire. Spike Lee arrive à rendre cette histoire dramatique un côté "humoristique" en tournant le Kkk au ridicule. Malgré cela, il n'en reste pas moins que les idées mises en avant par cette "organisation" sont encore aujourd'hui soutenues par des milliers de personnes...
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas vu le "dernier Spike Lee" et je suis bien content de le retrouver ici en forme, toujours aussi en colère. Son film narrant l'infiltration d'un noir et d'un juif dans le Ku Klux Klan des années 60 entre en résonance avec l'Amérique de Trump, les horribles images de Charlottesville concluant la séance nous le prouvent. Puisant dans différents genres comme la Blacksploitation et même la comédie ce brûlot politique est une formidable charge contre l'Amérique contemporaine et la rhétorique simpliste de son leader actuel.
Spike Lee nous offre encore une oeuvre très politique et forte en message. En effet, cela ne se passe pas à notre époque actuelle mais certaines choses dans ce film sont faites pour qu’on retrouve des simularités avec le monde actuel. C’est donc très fort en message et parfois très marrant. C’est un film jouissif et portant un grand messages sur la dangerosité des extrêmes.