Avis : BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan - Page 9
BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan
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Un visiteur
4,0
Publiée le 2 septembre 2018
Spike Lee nous livre une histoire véridique aussi incroyable que raisonnante d'actualité. Un jeune flic noir infiltre la branche locale du KKK par téléphone tout en se faisant représenter un collègue blanc lors des réunions.
Difficile de ne pas voir ce film comme une réponse voir une argumentation de Lee au débat qui anime nos voisins états-uniens. Un débat qui fait rage depuis des décennies et qu'un président noir à la maison blanche n'a pas su régler : l'héritage de l'esclavage, de la ségrégation et de la vision très américaine de la place des races (comprendre pour nous, les blancs et les gens "de couleurs").
Par cette histoire rocambolesque, Lee attire notre attention sur la virulence et des tensions qui peuvent facilement apparaître lors de la confrontation des "bons" et des "méchants". Le réalisateur joue d'ailleurs sur cette ambiguïté en faisant d'abord infiltrer notre jeune héros un rassemblement de jeunes noirs autour d'une figure des Black Panthers qui lui conseille sans détour de s'armer et lance des appels tout à fait explicite aux meurtres des "racists pigs" (comprendre les policiers racistes -blancs-). Si le film se concentre sur les charmants boy-scouts du KKK, il n'hésite pas à insister sur la place du héros qui se retrouve écartelé entre ses identités américaine-flic-noir. Son love-interest ne peut pas d'ailleurs concevoir qu'on puisse être flic sans être pourri et n'imagine pas une seule seconde qu'elle parle justement à un flic. Ce dernier doit faire face aux comportements ambivalents de ses collègues entre ceux qui sont des racistes décomplexés, les progressistes qui ferment les yeux sur les frasques et abus de pouvoirs de leurs collègues et ceux aussi qui n'en n'ont rien à cirer de ces débats à la con : le commissaire par exemple.
Difficile aussi de ne pas regarder ce film comme une saillie anti-Trump lorsque les membres de l'Organisation (ne l'appelez plus Klan) scandent "America First" ou les multiples références à "l'Amérique blanche".
Deuxième film où je peux supporter Adam Driver, ça commence à m'embêter, je ne peux plus le détester comme je le faisais avant, zut ! John David Washington est impressionnant même si je lui reproche de surjouer ses expressions faciales de temps en temps. Je pense malgré tout qu'il peut aller loin. Tous les autres arrivent à se rendre insupportables comme ils le doivent, de ce côté, c'est réussi.
Que dire-de-plus ? C'est réussi, prenant, très référencé et fin est assez déprimante. Ce qui indique, je suppose que le film a touché au but.
Dès le départ, et sans jeu de mots, Spike Lee annonce la couleur : Black is beautiful ! Mais pour pouvoir le clamer haut et fort, les afro-américains seront passés par toutes les couleurs : esclavage, ségrégation, lynchages, massacres, pogrom (pour rappel : il arrivait que des fidèles se rendant à l’église, qui depuis la nuit des temps est LE lieu par excellence du droit d’asile, se retrouvaient enfermés, portes et fenêtres clouées puis ladite église incendiée). Sans oublier la vedette principale ici : le KKK. Certaines scènes sont présentées comme un documentaire (manifs, projection du film « La naissance d’une nation » devant une audience KKK dont les réactions sont carrément sidérantes), d’autres sont hilarantes, absurdes, caricaturales, drôlissimes, jusqu’au moment où on se souvient qu’on n’est pas dans une fiction. Il faut dire que cette histoire (vraie) d’un afro-américain enrôlé par le KKK en se faisant passer au téléphone pour un suprémaciste blanc, doublé sur le terrain pendant cette mission d’infiltration par son collègue blanc ET juif, avouez qu’il y a de quoi hurler de rire. Mais aussi qu’il fallait surtout beaucoup d’audace et de culot pour avoir pensé puis osé se lancer dans cette équipée. Spike Lee a parfois eu la main lourde dans la surabondance des termes racistes ou du burlesque de certaines situations mais encore une fois il n’a rien inventé. Si le KKK a été fondé en 1865, l’Organisation, comme l’appellent ses klansmen, se porte comme un charme dans l’Amérique de Donald Trump. Soulignons au passage que c’est John David Washington (autrement dit le fils de Denzel, si si) qui porte sur ses épaules le double rôle du premier flic afro dans un commissariat de Colorado Springs en 1978, et de l’inénarrable recrue-au-téléphone du KKK. Mais ne vous y trompez pas, on a beau souvent jubiler et trépigner, c’est tout sauf un film comique, et pour nous le rappeler, le récit des tortures subies par un jeune retardé mental afro accusé de viol, puis sa pendaison (c’est, svp, le grand Harry Belafonte himself qui incarne le vieux narrateur de cette tragédie), et surtout la fin du film nous refait vivre les émeutes de Charlottesville (2017, pas si lointain) au cours desquelles Heather Heyer, jeune assistante juridique (blanche), a été percutée-écrasée par la voiture d’un suprémaciste (blanc). Pour conclure : une étoile supplémentaire pour la musique du film carrément super.
Voici le genre de film où on se dit "heureusement que les choses changent...mais pourquoi ne changent elles pas plus vite ?". Il est toujours choquant de voir le sort réservé aux noirs dans la société américaine. Mais ici le tout est fait avec une relative légèreté. Point de pathos, on a même droit à quelques traits d'humour. On apprend surtout beaucoup de chose sur le KKK dont on ne connait, nous européen, souvent que le concept des cagoules et des croix brulées. Le film peine un peu à démarrer mais une fois lancé on ne s'ennuie pas un instant. Et la scène finale qui nous ramène cruellement à la réalité sonne comme un électrochoc. Très bon
Du super lourd. Même avec quelques longueurs ce film frappe fort. La dénonciation du racisme anti-noirs des années 60 à nos jours. Spike Lee ne se gêne pas, en plus, pour montrer du doigt son cher président en reprenant sa réaction après des images de l'affrontement de Charlottesville de 2017. Édifiant !
sans être un chef d'œuvre, ce film à au moins l'intérêt de nous faire réfléchir. Le racisme primaire du KKK est tellement pathétique qu'il en est comique. La dernière scène est bien réelle; comme un upercut, elle nous sort d'un coup du virtuel du cinéma. La réalité dépasse la fiction et ça fait froid dans le dos.
Spike Lee parvient à traiter de problématiques sérieuses avec une légèreté déconcertante. Suspense , humour et pamphlet politique réussissent à cohabiter pendant plus de deux heures.
Jubilatoire de bout en bout, le dernier film de Spike Lee est aussi un film formidablement scénarisé qui trouve un écho toujours aussi inquiétant dans l'actualité récente des États-Unis. Le travail sur la bande-son et la BO ajoutent à la qualité documentaire du long-métrage.
Un film déroutant qui surfe sur tous les styles. Du film policier au film politique, de l'horreur mais aussi de l'humour. C'est un véritable pamphlet que nous livre ici Spike Lee. La mise en scène est soignée, la photo superbe et la BO est top! A voir !!
B.O 1 305 781 Spike Lee nous livre un film dont il a le secret...l'histoire vrai d'un flic noir qui infiltre (enfin par son collègue blanc!) le KKK (des sous humaine quoi). Alors malgré le ton et le sujet sérieux il y a tout de même de l'humour qui décontracte quand même car tout le long voir ces grosses m....déblatérer leur immondices j'avais juste envie de les flinguer. Après il y a cette tension de peur de les voir ce faire démasquer qui joue aussi, les acteurs sont juste au top et à la fin les scènes tirés de la réalité font froid dans le dos...c'est ici dans ces regroupements de ces m...(oui compris que je partage pas leur idée!lol) ben une ptite bombinette et pouf des centaines et plus en moins... NOTE: 8/10
La nouvelle réalisation de Spike Lee est intrigante, un excellent film sur le débat du racisme aux États-Unis qui fit rage dans les années 70 et vers une lointaine époque. Les trois K où l’obsession de la préservation de leur idéal racial, le danger du communautarisme extrémiste, White Power qui s’oppose au Black Power avec une touche d’humour à l’ambiance disco, la mise en scène est amusante. N’oublions pas que la haine continue malgré le temps très avancé des droits civiques, le sombre passé revient au galop face à la minorité radicale.
Un excellent film qui ne plaira certainement pas aux affreux d'extrême droite, mais c'est normal puisqu'il parle d'un policier noir infiltré dans le KKK aux détours des années 1960. Un épisode de la guerre qui sévit aux Etats-Unis depuis l'arrivée des premiers noirs. Ce film fait donc réfléchir parce qu'il met en avant des événements encore présents, propulsés par une montée de haine qu'il faudrait arriver à surmonter un jour. On est surpris de voir comment les tolérances sont si réduites, comment le dialogue reste impossible pour bien des gens, et cette réflexion se prolonge sur toutes les couleurs et toutes les cultures. La Terre mérite-t-elle ça ? Bande son de Terence Blanchard, excusez du peu, le frère Buscemi (on croirait voir Steve lui-même), et Adam Driver, excellent. La musique accroche dès le début.
Ce film vaut la peine d'être vu rien que pour la fin! Le film commence doucement et franchement dans la salle je craignais le pire. En effet, je trouvais le film assez lent et pas forcement fun. Mais plus le film avançait plus il était violent, drôle et les situations devenaient très intéressantes. Dès que les protagonistes se mettent dans des situations compliqués, le film devient vraiment excellent! Les acteurs n'en font jamais trop et dans un film aussi important que celui-ci c'est très bien. Pour moi dans cette salle j'ai vu plus qu'un film, j'ai surtout vu une expérience du racisme! Et c'est surtout la fin qui mettra un terme avec ce feu d'artifice. Jamais, au bien jamais, après une séance de cinéma je n'avais entendu un tel silence, pour vous expliquer la violence de la fin! Bref, allez le voir, ce n'est pas un conseil mais un devoir.
Le maître de la cause noire-américaine renoue avec l’engagement qui est le sien, et également ce qu’il fait de mieux, dans un film se situant dans les années 70 mais retentissant d’une résonnance toute particulière dans l’Amérique actuelle. Traitée avec beaucoup d’humour, cette histoire surprenante mais vraie ne peut que faire écho à la politique Trump et à la montée inquiétante d’un suprémacisme blanc.
Pris dans l’intrigue et porté par l’humour mordant du réalisateur, on en oublie la gravité des faits énoncés. Mais Spike Lee nous assène, dans les dernières minutes de son film, une claque de rappel avec les images vraies de 2017 tournées à Charlottesville où des violences entre partisans de l’extrême droite américaine et contre-manifestants ont fait un mort et une vingtaine de blessés.
Soignant autant le message que l’intrigue, Spike Lee ne s’arrête pas au pamphlet anti-rednecks mais nous offre une histoire aussi prenante qu’intéressante dans ses dénonciations. Pour notre plus grand plaisir, "BlacKKKlansman" signe le retour d’un Spike Lee à la verve haute en couleurs et à l’humour corrosif.
de chroniques sur mon blog : plumeetpellicule.wordpress
Parce qu'il est essentiel de se dire que la lutte contre le racisme et les discriminations n'est jamais achevée, un film tel que celui de Spike Lee intègre des images d'archives parfois anciennes, parfois très récentes. Duke serait un futur présidentiable, mais ces discours démagogiques semblent tellement énormes, que cela semble improbable. Nous terminons le film avec celui dont le prénom est un personnage de canard chez Disney et qui est parvenu à être justement président... Il n'y a pas les bons et les méchants, mais des idéologies folles peuvent toujours advenir aux commandes du pouvoir. A nous de réagir, c'est ce à quoi nous invite le cinéaste tout en maniant l'humour et la légèreté.