Nouvelle adaptation d’un héros de l’imaginaire culturel français qui est quand même énormément tombé dans l’oubli, renaissant de temps à autre lorsqu'un réalisateur de l’Hexagone s’y frotte (avec plus ou moins de succès d’ailleurs) mais ayant toujours la fâcheuse tendance à très mal vieillir. Alors bien évidement l’adaptation plus connue reste de celle de PITOF dans les années 2000, qui avait une atmosphère et une ambiance certes spéciales mais qui avaient le mérite de proposer des choses nouvelles, tant dans l’image que dans l’ambiance, tout le contraire donc de ce que J. François RICHET propose dans cette nouvelle vision, quelques chose de bien moins romanesque dans le rendu, mais bien plus documenté et mise en scène de tout ce que l’on à pu voir auparavant au sujet de Vidocq. Et quelque soit l’impression une fois arrivé au bout, il faut reconnaître une chose à ce film, c’est que ce qui est mis en image est d’un certain réalisme assez plaisant, donnant cet aspect beaucoup plus historique, mettant en lumière de façon bien plus documenté un aspect important et pourtant souvent mal traité dans ce type d’adaptation d’œuvre, soit l’ambiance et l’atmosphère qui régnaient dans les rues de Paris au début du XIXe siècle, bien moins stylisés donc mais qui servent totalement l’angle de vue pris par le film. En effet, si Paris de l’Empire et ses protagonistes deviennent de véritables personnages clés ici, cela est clairement dans le but de souligner le développement du héros que représente Vidocq, illustrant de façon assez intéressante le cheminement de la création de ce flic qui sort des sentiers battus par son passage d’un côté à l’autre de la ligne rouge, et tout le film se met en place afin d’illustrer cela en oubliant jamais de lier à l’époque qui semble aussi avoir créer ce mythe. Ce côte historique apporte un certain intérêt en ce qui concerne ce qui est dit et montré tout au long du film, jouant intelligemment avec l’Histoire puisque le metteur en scène ne se contente pas de proposer en image dans lesquelles seules les costumes et les décors illustreraient l’époque, mais il parvient aussi à confronter des idéaux, des formes politiques et même à y insérer des personnages historiques célèbres (et en plus par un bon acteur) sans se contenter de le montrer mais en lui donnant bel et bien de bonnes répliques et une place intéressante dans le lien fait avec le personnage principal. De plus, même si on ne peut pas dire que toutes les scènes soient d’une justesse exceptionnelles, le casting principal se tient pas trop mal, Vincent CASSEL portant parfaitement le costume de Vidocq, bien que ce soit le premier à faire quelque entorses à sa grande qualité d’acteur, tellement certaines tirades semblent surjouées (ce qui est étonnant autant de la part de CASSEL que de RICHET, assez justes quand ils sont ensemble…) et que la plupart des scènes de combats sont assez sous-chorégraphiés, puis Denis MENOCHET ou encore Olga KURYLENKO pour ne citer qu’eux, sont tout de même pas mauvais et apporte par leur simple charisme (comme de nombreux acteurs de ce film donc) quelque chose, mais pas de quoi frémir non plus, puis on peut tout de même parler de F. LUCCHINI car quand ce dernier apparaît à l’écran la première fois, l’idée même de le voir ici présage le pire, mais finalement sa première longue réplique dans le film marque clairement le moment où le film reprend un rythme qui commençait retomber gentiment. Et voilà l’un des principales faiblesses qui ne font pas de cette histoire un moment d’extase car la chose la plus évidente, c’est tout se prend bien trop au sérieux ici, beaucoup trop même, à tel point que certaines scènes sembles plus que surjouées, certains dialogues ne donnent pas vraiment de relief et puis le rythme général est bien trop fluctuant. On comprend rapidement que l’intrigue va s’intéresser à la genèse du personnage de Vidocq, racontant ainsi son ascension de manière détaillée, et rappelons-le, en le liant totalement à l’époque qu’il le berce, ceci se faisant, on prend tout de même un certain plaisir lors de premiers instants, tant par le scénario qui annoncent de bonnes choses et un traitement réaliste plaisant. Sauf que cela ne dure pas longtemps, l’intrigue chute rapidement en intérêt, à tendance à se relancer quelques fois, mais pour arriver difficilement à son dénouement, et sans vraiment briller en globalité, et finalement les choses qui devinent intrigantes sont les aspects techniques de mise en scène, assez sobre ne cherchant jamais à trop en faire (ce qui est une bonne chose pour ce genre de film qui pourrait se perdre rapidement de l’action pure et dure), sur les aspects historiques, et sur le caractère même du héros, alors certainement que c’était la volonté du réalisateur de raconter cette histoire à travers ce prisme là, mais cela reste bien trop inégal et manque crûment de rythme, mais aussi sur un manque de qualité dans lesquels scènes un peu plus combatives, alors même si ce n’est pas le but premier ici, il aurait tout de même fallu travailler cet aspect-là. Ce qui est d’autant plus frustrant, c’est que J.F RICHET est largement capable d’offrir ce minimum, au regard des ces précédents films qui ont cette qualité indéniable (prouvant qu’il maîtrise cet aspect là), et le sentiment final n’est pas forcement la déception car de bonnes choses ressortent tout au long de ce qui se déroule, mais c’est plutôt que cette nouvelle vision du très romanesque personnage de Vidocq n’offre pas beaucoup plus de force qu’à l’occasion d’un pur film historique, et ainsi le regret reste sûrement le sentiment le plus prédominant.