Ma critique du film “Lee Miller”
Première chose à dire, après deux scènes : décors, musique, maquillage, costumes, voilà, quatre aspects pour lesquels, ce film semble très bien construit.
Ce film est un biopic.
Pas un biopic du berceau au cercueil. Un focus sur les années de guerre, le rôle de photographe de guerre de Lee Miller, un pan de sa vie, entre 1938 et 1945.
Je connaissais mal la vie de cette femme. LEE MILLER, ex-modèle pour Vogue et muse de Man Ray devenue l’une des premières femmes photographes de guerre. Je connaissais mal les autres films de la réalisatrice. ELLEN KURAS, un nom à noter sur les tablettes. Je connaissais bien KATE WINSLET. J’étais fan, je le suis encore plus.
J’ai décidé de regarder ce film en mai 2025 sur le replay de Canal+. Je ne comprends pas pourquoi, je l’avais loupé quand il était sorti.
Faut dire que quand je l’ai regardé, 411 critiques avaient été rédigées, dont plus de 300 avec une note supérieure à 3. La moyenne des notes était de 3,7 sur plus de 3500 notes données et l’indice d’affinité que me donnait AlloCiné était de 80%.
Ce que j’ai aimé, c’est avant tout ce que j’ai décrit au début.
Décors : très réussi, et ce tout le long du film, y compris la reconstitution des lieux de combat, des ruines, des camps.
Musique : pas mal choisie.
Maquillage : belle prouesse pour avoir fait vieillir le personnage, mais pas que.
Costumes : beau travail.
Mais c’est aussi l’interprétation. Kate Winslet est une grande actrice, on le savait, ce film le confirme. Les interprétations des rôles secondaires sont également très bonnes.
Passons enfin au scénario.
Je crois que je n’ai rien à redire. J’ai trouvé ce film plutôt bien construit. J’ai aimé l’effet narration entre le fils et la mère et les flashbacks. J’ai trouvé que l’équilibre sur la longueur des scènes était très bien vu. Certaines scènes, dans les camps par exemple, sont longues et insoutenables. Cela contribue à la force du film. Et que dire de la scène dans les bureaux de Vogue Londres quand elle découvre que ces photos ne sont pas publiées ? Cette scénographie rythme bien la fin du film, la fin de cette partie de l’histoire, mais aussi les révélations qu’elle va faire.
Et puis, vient la dernière scène.
Quelle surprise de découvrir que le fils ne discute pas avec la mère, mais avec son souvenir. Superbe ellipse. J'ai aimé, vraiment. Et j'ai été surpris.
Trois sujets que je retiens et qui seront pour moi de belles pistes de réflexion :
le rôle du photographe de guerre. Comment prendre des photos dans des circonstances comme celles des camps ? Est-ce imaginable de prendre un bain dans la baignoire d’Hitler ? Et s’y faire prendre nue en photo ? Même si des puristes diront que cette scène n’est pas véridique.
la personnalité de cette femme. Moi, j’ai aimé. Quel courage, quel cran. Admirer ce genre de femmes, bien mieux que n’importe quel discours féministe.
l’histoire d’amour entre Lee Miller et Roland Penrose. Belle histoire, non ?
Ces trois sujets sont liés. Comment exercer ce rôle, comment avoir une si belle histoire d’amour, sans avoir une personnalité si forte.
C’est bien cela le thème du film. La personnalité. Les raisons qui explique une telle personnalité.
Enfin, se dire aussi que la dimension historique de ce biopic n’est pour moi pas à nier. Montrer ce pan de l’histoire du vingtième siècle sous un autre angle, n’est jamais inutile.
En conclusion, je donne en hésitant quand même un peu, la note de 5 et je déclare donc que c’est un chef d’OEUVRE. Faut-il le regarder ? Absolument, et au plus vite, et plutôt deux fois qu’une.