Je suis ressorti assez mitigé de mon visionnage de Le Pire Voisin au monde. Loin d’être un mauvais film, il m’a cependant laissé une impression de tiédeur, comme si tout y était trop sage, trop calculé. Tom Hanks, toujours impeccable, porte le film sur ses épaules avec son charisme habituel, mais même lui ne peut totalement compenser une mise en scène sans réelle audace. On sent une volonté d’émouvoir, de faire sourire, mais tout semble un peu trop appuyé, comme si le film avait peur de nous laisser respirer.
L’histoire, celle d’un vieux grincheux confronté à une famille pétillante qui va doucement fissurer sa carapace, a déjà été racontée mille fois. Ici, elle est transposée dans un cadre américain propret, un peu trop aseptisé à mon goût. Tout est trop bien rangé, trop poli, et ça manque cruellement de tension ou de moments vraiment surprenants. Même les flashbacks censés nous aider à comprendre le passé du personnage principal tombent un peu à plat : j’ai eu du mal à ressentir autre chose qu’un intérêt poli.
Ce n’est pas que je n’ai rien ressenti, il y a bien quelques scènes touchantes, et l’émotion finit par affleurer à certains moments, notamment grâce à la sincérité de l’interprétation. Mais tout est si balisé que l’on devine rapidement où le film veut nous emmener, et on y va sans grand enthousiasme. L’humour, qui aurait pu apporter un peu de piquant, reste trop discret ou trop convenu pour vraiment faire mouche.
Au final, Le Pire Voisin au monde m’a laissé avec la sensation d’un film qui coche toutes les cases sans jamais vraiment sortir du cadre. Sympathique mais oubliable, il m’a donné l’impression de regarder une version trop lisse d’une histoire qui aurait mérité plus de rugosité. Une œuvre qui fait du bien, peut-être, mais qui ne m’a pas vraiment marqué.