Le Traître
Note moyenne
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229 critiques spectateurs

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tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 décembre 2019
Tommaso Buscetta, celui qui fit voler en éclat Cosa Nostra dans les 80’s et 90’s, méritait bien un film. Tout le monde se souvient des deux grands moments qui marquèrent ces années noires parsemées de meurtres et de règlement de compte par centaines : le maxi-procès des cadres de l’organisation mafieuse dans ce tribunal hors norme équipé de cages pour les inculpés ET l’attentat spectaculaire du Juge Falcone sur un autoroute sicilien. Au cœur de ces événements, deux hommes phares ; celui qui décida de faire tomber l’organisation (Buscetta) ET l’étoile montante corléonaise sans foi ni loi Toto Riina. Marco Bellochio en se concentrant sur le premier et en laissant dans la pénombre le second choisit de démystifier l’image romantique de la mafia que l’on se plait à idéaliser en regardant la superbe trilogie de Coppola, « Le Parrain ». L’italien se démarque ici des réalisateurs italo américain ayant traité par le passé le sujet mafieux : Coppola, Scorcese, De Palma,… Et pourtant au combien son ouverture autour d’une fête mafieuse luxueuse sur les hauteurs de Palerme ressemble à si méprendre à la scène du mariage du « Parrain 1 ». Cette séquence se termine par une photo aux sourires crispés et par un feu d’artifice annonciateur de la déflagration d’un système à venir. Et là Bellochio nous montre un Buscetta en retrait soit à travers une fenêtre ou une porte entrouverte observés complots et négociations allés bon train ; une mise en scène témoignant qu’il a déjà un pied dedans et l’autre dehors d’une organisation dont il ne reconnait plus les valeurs. Et le film va s’attacher durant 2h20 à cela, comment évolue la mafia et qu’est ce qui fait un homme d’honneur. Bellochio réussit un sacré tour de force en restant hyper fidèle à ce qu’était Buscetta, un homme d’honneur et non repenti. De fait, il désolidarise la question de l’aveu de celle de la repentance. Buscetta livrant ses anciens collègues par fidélité au premier code d’honneur de Cosa Nostra. Il incarne ainsi un personnage tiraillé entre sa collaboration avec le système judiciaire et sa fidélité à une mafia traditionnelle fantasmée. Et là les échanges entre Falcone et Buscetta sont de hautes volées. Buscetta ne se verra jamais comme une balance et ni comme un repenti ; ce film nous plonge dans la psyché complexe de ce personnage mais de tous ces mafieux aux références entre bien et mal perverti par des années de mafia. Après Bellochio reste dans une fracture très classique avec des ellipses académiques mais bien construites. Volontaire ou non, nous ne comprendrons pas tout dans un film centré autour des moments clés de la mise à mort d’un système. Le documentaire de Mosco Levi Boucault nommé « Corléone » bien plus complet est alors un bon complément à un film qui manque d’un petit supplément d’âme.
tout-un-cinema.blogspot.com
Guillaume
Guillaume

155 abonnés 1 753 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mars 2020
Un biopic passionnant et emprunt de véracité sur l'une des histoires criminelles les plus remarquables du siècle passé.
Si le premier tiers de l'intrigue manque de rythme, le spectateur est par la suite tenu en haleine dans ce jeu de pouvoirs où l'humanité ne fait plus plus souvent foi.
Nicolas S.
Nicolas S.

130 abonnés 1 591 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 juin 2023
Contant l'histoire de Tomaso Buscetta, le mafieux sicilien qui osa briser l'omerta et aida fortement à organiser les maxi-procès contre la Cosa Nostra, "Le Traître" est passionnant, même pour ceux qui connaissent déjà cette histoire.

C'est en grande partie dû à son acteur principal, Pierfrancesco Favino, grandiose et au charisme magnétique.

C'est simple : dès qu'il apparaît à l'écran, le regard du spectateur est capté et ne s'en détache plus.

Ce dernier a une présence impressionnante devant la caméra mais a su également insuffler la complexité nécessaire à son personnage.

Le film ne fait pas l'impasse sur la part d'ombre de Buscetta ni sur ses contradictions. Il n'en fait pas non plus un mythe.

On a d'ailleurs affaire à une belle réalisation, très sobre, et qui montre la violence brute, sans mise en scène ou glamourisation.

On est donc très loin du réalisateur fasciné par l'image qu'il se fait de la mafia. Ici, on a un film presque documentaire, passionnant et documenté.

Un film qui n'oublie toutefois pas de maintenir l'attention du spectateur par un rythme prenant.

Même si j'aurai aimé voir Borsalino, les partis pris artistiques m'ont fait oublier ce défaut.

Du coup, je ne comprend pas qu'il ait eu si peu de récompenses.

Ah et dernière chose : si vous le pouvez, regardez le en VOST. Avec les intonations et le parler sicilien qui est différent de l'italien, cela change tout.
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

94 abonnés 485 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 novembre 2019
Ce film relate une période dont nous nous souvenons précisément. Le juge Falcone et ses mises en cause de la Mafia, avait fait grand bruit.
La rigueur du film et son regard « clinique » font que la légende des « valeurs familiales ou humaines » de la Mafia
sont balayées par la sauvagerie, la haine, le mensonge….
C’est peut-être cette vérité qui m’a frustré ?
Malgré moi je recherchais le romantisme de Coppola (Parrain!). Seule la relation ambigüe de Tommaso Buscetta avec le juge Falcone, apporte un peu d’humanité.
La reconstitution, les comédiens sont irréprochables
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2019
     Le cinéma italien n'est pas mort, disions nous à propos du brillant "Martin Eden" du jeune cinéaste Pietro Marcello. Eh bien, c'est le vétéran Marco Bellocchio qui en fait une démonstration éblouissante avec Le Traitre. Chef d'oeuvre. Comme le double noir d'un autre incontestable chef d'oeuvre, Le Parrain. La version sale d'une version chic. Car, reconnaissons le: nous les aimions, les Brando, Pacino, Cazale, Duvall, Caan.... Ce n'était peut être pas des gens très recommandable, mais nous ne pouvions nous empêcher de les trouver sympathiques. Même la scène la plus dure de la série, celle ou un frère décide de l'exécution de son frère, elle était dure, mais belle. Dans le Traitre, rien n'est beau, et personne n'est sympathique. On nous montre des brutes, vulgaires, stupides.... Et je voudrais tout de suite saluer l'extraordinaire performance de Nicola Cali, qui interprète Toto Riina. Visage de paysan madré et inculte, dès sa première et fugace apparition sur l'écran, il nous terrifie. On le sait, il n'aimait pas l'argent; contrairement à d'autres, Riina ne recherchait ni les vacances dans des îles paradisiaques, ni la compagnie de jolies filles. Il vivait modestement. Ce qu'il aimait, c'était le pouvoir. Le pouvoir indicible de vie et de mort sur les autres...
       Au contraire de son second, Pippo Calo (Fabrizio Ferracane), la face la plus distinguée, la plus montrable de Cosa Nostra...
       Tout est sale, tout est moche, les meurtres qu'on nous montre -dans la réalité ils se comptaient par centaines-, celui du juge Giovanni Falcone en particulier, dans une explosion de boue et de terre. Et le juge (Fausto Russo Alesi) est, d'ailleurs, le seul qui soit beau; qui ait un visage noble; presque celui d'un saint, avec sa barbe bien taillée, lui qui est allé au devant d'une mort probable pour accomplir son devoir.
       Une chose très intéressante dans ce film, c'est que la personnalité de Tommaso Buscetta (Pierfrancesco Favino) restera opaque. Pourquoi s'est il décidé à parler, lui qui avait tout fait pour éviter son extradition? Parce qu'on a tué ses deux fils aînés, sans doute, d'autant plus qu'il se sent responsable, coupable même, sans doute de les avoir mal élevés -l'un d'eux est déjà un drogué pitoyable-, et puis de les avoir laissés avec leur mère lorsqu'il est parti se planquer au Brésil, alors qu'il emmenait tout le reste de sa (nombreuse) progéniture. Mais aussi, pour affirmer à la face du monde sa "dignité": non, cent fois non, il n'est pas un "repenti" oui, il est resté un homme d'honneur! ce sont les autres qui ont changé. Cosa Nostra défendait les pauvres contre les riches; Cosa Nostra ne s'en prenait ni aux femmes, ni aux enfants, ni aux prêtres.... Dans quel mesure croit il à ce discours? Dans quelle mesure s'abuse t-il lui même? On ne le saura pas. Ce qui semble évident, c'est qu'il a changé; que sa longue confrontation avec Falcone l'a sans doute, changé. Qu'il soit revenu au péril de sa vie, alors qu'il vivait sous protection (et de nombreux déplacements, un jour, Salem, le lendemain, le Colorado...) aux Etats Unis pour témoigner aux procès de Riina puis de Giovanni Andreotti le montre. 
       Le début du film est joli comme du Visconti; c'est la grande fête de réconciliation de la mafia palermitaine et de celle de Corleone, avec femmes décolletées et bijoutées et enfants. On boit, on danse, on farandole, on fait la photo de famille sous l'oeil bienveillant d'une grande vierge de plâtre vivement coloré. Le massacre pourra commencer le lendemain.... A part ce début sicilien, le film se passera surtout dans des bureaux, des prisons où les repentis sont plutôt choyés, des prétoires... Au procès, les brutes sont comme des animaux en cage, vociférant, coupant la parole aux témoins, se livrant à toutes sortes de parodies, strip-tease, crises d'épilepsie.... ou citation de Michel Butor! Les juges, dans leurs élégants rabats à dentelle, ont du mal à faire régner l'ordre dans cette ménagerie. Et quand un autre repenti, Totuccio Contorno (Luigi Lo Cascio), vient témoigner, les avocats de la défense aussi participent au cirque: il ne parle que le sicilien! on ne comprend rien! qu'il parle italien, enfin, on est à Rome....
       La troisième femme de Buscetta (Maria Fernanda Candido) est bien belle, mais plus toute jeune. Comment se fait il qu'on ne l'ait jamais vue à l'écran?
       Bref, ce chef d'oeuvre est à voir absolument. Les deux heures trente passent comme un rêve, tant on est pris par l'action de ce polar -qui est une histoire vraie. Et naturellement, c'est magnifiquement filmé....
leobis
leobis

71 abonnés 260 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 novembre 2019
Les 2 heures et demi du film passent sans problème, que des moments forts. Un vrai documentaire captivant sur la mafia sicilienne dans les années 80. La bande son est très appropriée et l'image est d'un esthétisme à la Visconti;
cineccita
cineccita

63 abonnés 1 508 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 novembre 2019
Un retour fascinant sur cet épisode sanglant de la mafia sicilienne, le film retrace les grands moments du procès.
cinesylvain
cinesylvain

45 abonnés 215 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2019
Un biopic prenant et passionnant de bout en bout malgré sa durée de 2h30 et qui nous montre, même si ce n'est pas la première fois, la mafia italienne ou plutôt sicilienne, leurs codes d'honneur, les assassinats perpétrés entre les différentes familles, et les procès qui en découlent suite au repenti de l'un de leurs membres. Certes, ce n'est pas un sujet qui va attirer en ce moment les foules, mais ça vaut l'effort d'y aller, ne serait-ce pour voir un très bon film du dernier festival de Cannes et réalisé par l'un des derniers grands réalisateurs italiens...
chas
chas

38 abonnés 180 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 novembre 2019
Des critiques ont parlé de Shakespeare pour une dramaturgie qui va chercher vers la mythologie et de la Commedia del arte pour le barouf pathétique des mafieux inculpés grâce à Tommaso Buscetta qui avait parlé. Celui-ci avait récusé le terme de « repenti » préférant celui d’ « homme d’honneur » rejouant de valeurs oubliées de Cosa Nostra.
Le trafiquant, assassin, n’est pas un enfant de chœur mais sa connaissance du Milieu au cours de conversations avec le juge Falcone lui ont demandé un courage exceptionnel et à l’état italien des moyens colossaux pour inculper 350 mafiosi et assurer la protection de sa famille. C’est bien de famille dont il s’agit après le meurtre de ses fils et que la fidélité, les silences sont remis en question. C’est la fin d’un monde rural, mais pas la fin du mal. L’omerta est une loi qui s’étend bien au-delà de la Sicile, ainsi que la haine qui voit des hommes fêter la mort de Falcone ou lorsqu’elle s’exprime dans des insultes qui accompagnent les interventions de Buscetta au Maxi-procès de Palerme en 1986.
Bien que la séance dure plus de deux heures, les suites de ce procès ne sont pas traitées. Elles pourraient également faire l’objet d’un autre film qui ne manquerait pas d’être ahurissant.
Cette histoire d’un individu courageux confronté à un groupe ô combien nocif ne sont pas exotiques, elle offre un film intéressant tant la remarquable interprétation de Pierfrancesco Favino nous laisse à méditer sur l’âme humaine. Depuis l’œuvre précédente "Fais de beaux rêves" de l’octogénaire à la modernité épatante, ses lunettes noires ont varié leurs nuances.
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 novembre 2019
Bellocchio s'attaque à un genre, le "film de mafia", par le biais du biopic et du film-dossier, dans une veine réaliste et factuelle, loin de toute mythologie ou vision fantasmée. On n'est pas chez Coppola. Tout en gardant une distance critique, et sans empathie, le réalisateur épouse le regard de son personnage principal, personnage complexe, soucieux de sa protection et de celle des siens, mais aussi très enclin à donner le coup de grâce à une organisation qui, selon lui, a perdu ses "valeurs"... C'est donc un tableau sans grandeur, sans lyrisme, qui est brossé ; tableau d'une trivialité aux accents tantôt cruels et tragiques (les règlements de compte), tantôt burlesques (les scènes de procès). Ce tableau à hauteur d'hommes et de leur vil pouvoir fait tout l'intérêt du film. La photographie est d'ailleurs à l'image du contenu et du point de vue, sombre et pas très belle. Concernant le déroulé dramatique (scénario et montage), on pourra trouver à redire de la première partie du récit où la multitude des personnages, les ellipses, les allées et venues dans le temps ne rendent pas l'histoire très lisible. Mais on capte l'essentiel et on se laisse facilement gagner par l'intensité générale.
Jonathan M
Jonathan M

163 abonnés 1 528 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 février 2020
C'était la passion cannoise 2019, après le Parasite de Bong Joon-Ho bien sur. On est sur un film italien traitant de la mafia sicilienne. Un air de déjà-vu, non vous pensez ? Sans ironie, l'idée que ce genre de film est en un sous-genre en soi, fait plaisir aux cinéphiles présent sur la croisette. Un film époustouflant qui arrive à recentrer tout le démantèlement d'une organisation qui a connu ses heures de gloire au XXème siècle. C'est un film de procès, où y ruisselle les meilleures crapules du pays. "L"inspiré de fait réel" fait son effet, mais j'avoue avoir cette sombre impression d'avoir déjà vu le film 20 fois. C'est certainement bien ficelé, mais question originalité... N'a t-on déjà pas fait le tour de la question par le passé ?
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 mai 2021
Le traître raconte l’histoire de Tommaso Buscetta, l’un des plus célèbres « repentis » de la mafia sicilienne qui collabora dans les années 80 et 90 avec le juge Falcone et la justice italienne. Le film nous fait ainsi vivre le « maxi-procès » de Palerme, au cours duquel pas moins de 475 personnalités liées à la mafia furent condamnées. Marco Bellocchio filme avec sensibilité et intelligence le processus de repentance d’un homme qui, dégoûté de la tournure prise par Cosa Conastra qui multipliait les exécutions sommaires, décida de faire vaciller tout un système. Un long-métrage ambitieux et réussi, qui explore tout un pan de l’histoire contemporaine de l’Italie, sans jamais se départir de la plongée dans l’intimité multiple de cet ancien gangster.
Serge V
Serge V

88 abonnés 446 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 novembre 2019
un film sur la cosa nostra sicilienne et le procès qui l ' a démantelée à l ' instigation du juge Falcone et du " traître " héros du film . le déroulement du procès est très long et souvent brouillon ! les 2 h 31 passent rapidement , signe de la qualité du film ! l ' interprétation est remarquable , les scènes de violence ne manquent pas , on s ' en doute mais ne constituent pas l ' essentiel du film ! je ne peux m ' empêcher de penser que la figure forte de cette histoire dramatique est le juge Falcone et que son impact dans ce film est trop épisodique !
haring.k
haring.k

21 abonnés 66 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2020
Magnifique du début à la fin, à voir absolument en VO. La longueur du film n'est pas un problème, je n'ai pas vu le temps passer.
Krebs
Krebs

37 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 novembre 2019
Un très bon film sur les "repentis" de la mafia et leur procès. Joué à la perfection, avec une forte intensité dramatique - notamment pendant le procès, et un contenu scénaristique très puissant. J'ai toutefois trouvé le film un peu long, notamment au début; le réalisateur aurait pu couper 30 minutes sans que cela n'enlève rien à la force du film.
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