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Ernesto D.
14 abonnés
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5,0
Publiée le 5 novembre 2019
Personnellement je n'ai pas appris grand chose de plus sur la vie et la trajectoire de ce capo de la mafia sicilienne et son énigmatique repentance ( récits , films , documentaires ...) mais j'ai été bluffé par la mise en scène brillantissime et suffocante de Bellocchio mais surtout par la prestation habitée de Pierfrancesco Favino en Tommaso Buscetta plus vrai que nature . Le film est une démonstration hyper réaliste et très documentée sur le fonctionnement de Cosa Nostra et sur la personnalité très ambiguë et très ambivalente du mafieux ; sa notion très personnelle du repenti nous laisse dubitatif et des plus suspects . Buscetta décide un jour de 1984 d'aller voir le juge Falcone , non pas parceque le clan des Corleonese a tué une grande partie de sa famille mais parceque "l'idéologie" de la mafia sicilienne ne correspond plus aux valeurs et préceptes de ses débuts : " ce n'est pas en repenti que je suis là devant vous mais en témoin dégoûté de mon organisation qui bafoue toutes les valeurs auxquelles j'ai adhéré , où les enfants et les femmes étaient sacrés, jamais sacrifiés " dit-il au juge . Falcone , en stratège et enquêteur hors normes décide de faire semblant de le croire , le mettant en confiance , pour enfin connaitre le vrai fonctionnement interne de cette organisation criminelle et ainsi lui faire dévoiler le nom de tous les hauts dignitaires qui la compose . Plus de 400 mafieux seront condamnés à des peines très lourdes , peines signant , au passage , l'arrêt de mort des juges Falcone et Borsellino à plus ou moins brève échéance . Le maxi-procès sera une représentation théâtrale du type Comédia dell'Arte , dans une ambiance baroque digne d'une cour d'école . Même de président du tribunal apportera sa touche théâtrale , fleurtant parfois entre la farce et le pitoyable . Le décalage entre le niveau intellectuel et le niveau financier des prévenus fait peine à voir . On flirte avec le grand guignol : entre les fausses scènes d'épilepsie , le déshabillage total ou la couture des lèvres pour dire qu'on ne parlera pas , on assiste à une parodie de procès dans sa forme mais à une vraie tragédie humaine sur le fond où les dégâts collatéraux sont considérables . Bellocchio signe là une oeuvre majeure sur Cosa Nostra , quasi chirurgical , dont on pensait , pourtant déjà , avoir tout lu et entendu sur ce thème . La Mafia n'a décidément pas encore livré tous ses secrets .
Un bon biopic avec de très bonnes scènes de procès qui retrace la vie de Tommaso Buscetta, un mafieux qui va tourner le dos à ses compagnons, pour se tourner vers le chemin de la justice.
Le film commence par une scène de fête comme dans Le parrain. Celle-ci marque une trêve dans la guerre des clans, tout le monde est là avec femme et enfants, comme dans Le parrain. Et dès la fête passée les règlements de compte se multiplient, comme dans Le parrain. Il y a même un clan Corleone... Mais l'analogie s'arrête là. Ce n'est pas un film de gangster ou de mafia mais un biopic sur un mafieux, et qui oscille souvent avec le film de procès.
A tout ceux qui ont connu un tant soit peu les années 80 certains noms résonneront dans leur mémoire : le juge Falcone, le procès de Palerme, Toto Riina... Cette époque de l'histoire italienne est dépeinte à travers la vie de Masino Buscetta, un des plus importants homme de main de la mafia sicilienne. Le film se concentre sur la partie de sa vie correspondant à son "repentir", sur fond de guerre des mafias. Le film ne prend pas partie et ne fait l'apologie ni de la mafia ni de la justice. Il essaye de montrer les hommes et leurs sentiments, et ainsi de comprendre le choix de leurs actes. On voit ainsi se tisser des liens entre Masino et ses "ennemis" de l'Etat: de l'estime avec Falcone, de l'amitié avec les policiers chargés de sa protection, etc.
Individuellement Masino est un traître, il va témoigner contre d'autres mafiosi pour les faire tomber. Collectivement ce sont eux les traîtres. Ils ne respectent plus les règles tacites et séculaires de Cosa Nostra en premier lieu celle de ne pas toucher aux enfants. Hors quoi de plus sacré que la famille pour un sicilien ? C'est ce que Masino explique dans une des scènes de procès, " ils ont fait pire que la police, ceux sont eux les responsables, ils ont tués Cosa Nostra," Les nouveaux parrains ont trahi l'institution. Au début Masino refuse de parler puis il comprend que tout en aidant la justice et protégeant sa famille il peut instrumentaliser le procès pour accomplir sa vengeance et celle de son clan décimé. C'est là tout l’intérêt des scènes de procès : les joutes oratoires entre Masino et le clan Corleone. Ces procès sont parsemés de scènes burlesques (ou pathétiques c'est selon, quand on se dit que tout est tiré de faits réels ).Ce sera finalement quand il s'attaquera à sa cause la plus juste (faire tomber un politicien véreux) que Masino se verra rattraper par son passé mais aussi par son âge. L'orateur flamboyant apparaît usé et fatigué, sans ressources... Gloire et décadence d'un homme comme un autre.
Un peu indigeste. Le jeu des acteurs est ok mais il n'y pas d'émotion. Mais histoire vraie autant regarder les news ou lire les journaux. J'ai trouvé ça très long.
Un portrait passionnant du plus célèbre repenti de la Cosa Nostra, Tommaso Buscetta, l'homme qui brisa l'omerta et livra 350 mafiosi aux juges Falcone et Borsellino... La prégnance du baroque sicilien, le charisme de Pierfrancesco Favino, l'incroyable dimension tragi-comique des prétoires (dont le procès d'Andreotti) dignes de la Comedia dell'arte, font de cette fresque un des meilleurs chefs-d'œuvre du genre, un grand brûlot politique sur la destruction de l'intégrité morale, mais aussi, paradoxalement, et sans entretenir le mythe, une évocation des valeurs et principes intrinsèques aux clans... À ne surtout pas manquer !
J'ai vu pas mal de documentaires sur la mafia. Et évidemment je connaissais l'histoire célèbre de ce repenti, le procès ainsi que les confrontations. C'est pour ces raisons que j'hésitais à aller voir ce film. Mais les critiques, la curiosité et un bon pressentiment m'ont encouragé à y aller. Vu hier en VOST avec mon amie. Et vraiment je n'ai aucun regret. 2h30 qui passent comme une lettre à la poste. Cette histoire est brillamment portée à l'écran. C'est brut et puissant. Mais surtout, très intéressant. À voir sans hésiter.
Bellocchio, au crépuscule d'une longue et prolifique carrière, rejoint la cohorte infinie des réalisateurs de films sur la mafia. A son bénéfice, on peut lui accorder qu'il s'est attelé à un aspect pas très glamour, le portrait d'un repenti, d'un traître ou d'un homme d'honneur - au choix, on en décidera après avoir vu le film - depuis ses premières révélations au fameux juge Falcone jusqu'à ses dernières apparitions publiques. L'excellente interprétation du principal protagoniste, Pierfrancesco Favino, abominablement grimé cependant, finit par nous convaincre qu'un affreux bandit sanguinaire peut être un bon père de famille et un époux presque honnête. Les péripéties, parfois sanglantes, souvent embrouillées de ce film se concluent par quelques procès flamboyants nous prouvant que la commedia dell' arte est encore vivante chez nos voisins italiens. Au final, un film qu'il faut voir pour la relation historique d'un épisode important de l'histoire de l'Italie mais qui, cinématographiquement, ne restera pas dans les mémoires et demeure loin des chefs d'oeuvre de Bellocchio.
J'ai été fasciné par ce film, que je suis allé voir un peu par hasard pour cause de WE pluvieux sur Nantes. Magnifique fresque de l'histoire de Cosa Nostra. A ne pas manquer et à voir uniquement sur grand écran.
Passionnant, terrible mais parfois drôle. Quelle mise en scène forte et maîtrisée, quels acteurs parfaitement dirigés ! Regard aigu et sans complaisance sur ces horribles criminels qui prétendent être des hommes d'honneur. Bellocchio, un des derniers de la grande époque du cinéma italien, vieillit bien.
" le traître" présente cette année au festival de Cannes est un drame sur la mafia italienne prenant. En effet cette histoire inspiré du mafiaso repenti Tomasso Buscetta offre des séquences vertigineuses dont celle de l'attentat vécu à l'intérieur de la voiture des victimes, dans un film quasi documentaire qui propose une immersion captivante dans les coulisse de la mafia italienne des années 1980 avec un Pierfrancesco Facino impérial dans le rôle principal. Des longueurs et séquences inutiles cependant.
La mafia italienne a inspiré beaucoup de réalisateurs. Cette fois, le point de vue du cinéaste, Marco Bellochio, emprunte celui d'un membre actif de la Cosa Nostra, contraint de dénoncer à un juge tous les membres de son groupe, non par lâcheté, mais par volonté de remettre au cœur de son groupe, les valeurs morales qui le fondent. "Le traitre" est tiré d'une histoire vraie. Celle de Tommaso Buscetta, illustre soldat mafieux, qui se voit contraint de fuir au Brésil, pour échapper à la mort. Presque toute sa famille y passe, et l'on découvre au fur à mesure de l'histoire, que les ennemis se trouvent à l'intérieur même de sa communauté.
Le dernier film de Bellochio "Fais de beaux rêves" relevait du chef d'œuvre pur. Le cinéaste racontait sa vision tourmentée de l'Italie à travers la disparition d'une mère. Il récidive avec cette fresque, très bavarde, où l'on pressent la douleur d'un pays qui ne parvient pas à moraliser sa classe politique, et à sortir du spectre de l'argent sale et de la mafia. C'est presque 50 ans d'histoire qui se déroule à travers ces personnages corrompus, sans limite, qui vont jusqu'à s'entretuer, au mépris des valeurs familiales et humanistes.
Si le propos est tout à fait ambitieux et complet, le déroulement du récit manque parfois de clés pour percevoir toute la complexité du film. La longueur n'aide pas à s'accrocher jusqu'au bout au personnage de Tommaso et l'on regrettera une absence d'empathie et d'émotion.
Très grand film entre thriller et reconstitution historique de la repentance, même s'il ne le voyait pas ainsi de Tommaso Buscetta qui participa à la mise sous les verrous de tout un pan de la mafia Palermoise. Pierfranscesco Favino incarne un mafiosi extraordinaire, par sa seule présence et son aura. Nul besoin d'en faire trop, sa silhouette fait le travail. Le film fait peu à peu le portrait d'un système de plus en plus violent avec l'arrivée des drogues et "déglamoure" un milieu que le cinéma a longtemps iconisé, tout en offrant une réelle humanité à son héros, naviguant dans un milieu qu'il finit par rejeter. La mise en scène est d'une fluidité rare, avec au moins une scène époustouflante, celle de l'attentat contre le juge Falcone.
Film d'entomologiste, qui décortique un état dans l'état, en ne tombant jamais dans le spectaculaire ni le lyrique. Nousq ne sommes pas chez Coppola, et Marco Bellochio, dernier grand cinéaste italien de la grande période de celui-ci (60-70) s'attache aux faits, seulement les faits. Seul bé-mol, la longueur (25h30) avec une dernière 1/2h qui s'attarde sur le procès Andreotti, dont on n'a que faire. Sinon on tient là un grand film italien, encore...