Bellocchio décrypte la pieuvre, Cosa Nostra brute de décoffrage où des animaux s'entredévorent. Acteurs remarquables donnant un grand film ! Pierfrancesco Favino était hanté dans et sous la direction de Bellocchio, c'est tout aussi magistral. Avec ce petit air d'Anthony Quinn ;*)
Excellent - pas "le Parrain 4" - mais tellement plus réaliste... Pierfrancesco Favino est excellent (il a la tête de l'emploi !), film intelligent et dense, excellente surprise ! Qu'il n'aie pas eu de prix à Cannes est étonnant - trop "vrai" peut-être ?...
Retour en compétition pour Marco Bellocchio, après un passage à la quinzaine des réalisateurs en 2016 pour le très beau » Fais de beaux rêves « . Dans un registre assez différent, voici une nouvelle fresque historique sur l’Italie et plus précisément sur la Cosa Nostra. Bellocchio reste un formidable conteur d’histoire, cependant la première partie du film reste assez confuse par son montage. Tout va un peu trop vite, on se sent relativement perdue. Puis arrive enfin, la partie qui se déroule au tribunal et la cela impressionne sévèrement. On ne sait plus ou donnée de la tête, toutes les cages du zoo semblent occupées. Et là on se délecte du vacarme, des insultes. Pierfrancesco Favino est remarquable et mouche un as un, le reste du clan. Le bougre fait cela avec une classe redoutable, touchant avec une précision millimétrée chaque adversaire bien plus efficace qu’un 11,43 mm. Une légère déception, par contre du côté de la mise en scène, à part la partie dans le tribunal. Le film manque d’ambition, pas non plus aidé par le montage. Reste un biopic, très plaisant, qui aurait mérité d’être un peu plus long, car il se dégage tout de même la sensation d’avoir devant nous la Cosa Nostra pour les nuls. Boulevardducinema.com
On croît dur comme fer qu'on a en face de nous l'homme qui a balancé Cosa Nostra. Pendant deux heures et demi qui filent très vite, on a la tête dans un film de mafia vibrant, réel, si réel qu'on s'en accroche parfois au siège !! spoiler: (L'attentat contre Falcone par exemple) L'acteur principal est dingue de vérité, impressionnant, presque flippant, mais toujours humain, toujours confronté à sa propre morale. Un coup de coeur pour moi, un grand film de mafia.
Difficile quand, comme moi, on a connu la chute de Cosa Nostra à la télévision, de ne pas être fasciné par ce film. Loin de la construction du mythe du Parrain de Coppola, Le Traître propose une nouvelle version du film de mafia, en alignant des faits, en laissant le spectateur seul juge, devant, entre autres, un gigantesque procès aux allures de cirque. Le personnage principal a beaucoup à se reprocher, mais c'est ce qui le rend logique, humain, charismatique dans sa manière de confronter ses anciens camarades à leur sens de la morale. Difficile, donc, quand on sort de la séance, de ne pas se poser des questions, notamment sur le titre. Le traître pourrait ne pas être celui que l'on croît...
Ne manquez pas ce grand oublié du palmarès de Cannes où j'ai eu la chance de le voir. Une fresque impressionnante qui mérite d'être vue sur grand écran tant elle est grandiose. Le film est si dynamique qu'on ne voit pas ses 2h30 passer. Une nouvelle manière d'aborder le film de mafia, où le spectateur seul décide de la moralité (ou de l'amoralité) des personnages qui se déploient devant lui. Plusieurs séquences scotchent au siège, l'interprétation de Pierfrancesco Favino est époustouflante tout du long. Très fort.
Cinq mois se sont écoulés depuis la distribution des prix au Festival de Cannes 2019 et on ne comprend toujours pas comment "Le traître" de l’octogénaire italien Marco Bellocchio a pu repartir bredouille de la cérémonie. On n’a pas voulu donner une Palme d’or pourtant méritée à un réalisateur dont le premier long métrage, "Les poings dans les poches", est sorti en 1965 ? Passe encore, mais qu’au moins on décerne le Prix d’interprétation masculine à Pierfrancesco Favino, extraordinaire dans le rôle d’un mafieux repenti ! "Le traitre" est un film passionnant, haletant, un film qui a su utiliser à bon escient les moyens importants dont il a manifestement disposé et qui jouit d'une interprétation remarquable, tout particulièrement celle de Pierfrancesco Favino dans le rôle principal : que des bonnes raisons pour aller voir ce film et augmenter le nombre des cinéphiles qui s’étonnent qu'il soit reparti bredouille du dernier Festival de Cannes.
Superbe film italien sur la mafia sicilienne ou devrais je dire la Costa Nostra...Pierfrancesco Favino est un grand acteur italien et joue le traitre "Tommaso Buscetta" avec brio..on y croit du début à la fin..Le directeur Italien Marco Bellocchio s'inspire toutefois des grand films Américains sur la mafia et les trafiquants de drogue on pense au début au Brazil au "Scarface" De De Palma ou "Le Parrain" de Coppola pour les villages Siciliens..mais le fait que le film soit italien prend toute son importance lors des procès de la seconde partie..et de la relation entre le Célèbre Juge Falcone et Tommaso Buscetta qui devient plus un héros qu'un traître finalement....À voir un bon film italien...
Un film fort avec une performance d'acteur époustouflante de Pierfrancesco Favino. Une piqûre de rappel sur les liens entre la Mafia, des politiques, l'église, l'Etat ... et que certains au péril de leur vie on su combattre.
Polar passionnant consacré à l'homme qui a fait chuter la Cosa Nostra, où Bellocchio mise sur un rythme implacable et un développement habile de ses personnages afin de corriger le prétendu classicisme du sujet (avec en prime d'excellentes séquences de tribunaux).
Un récit dense et passionnant de 2h20 qui nous plonge dans les guerres de clans entre familles siciliennes au coeur de Cosa Nostra. À travers le personnage emblématique de Tommaso Bruscetta qui permit l'arrestation de plus d'une centaine de membres de la mafia après ses révélations au juge Falcone dans les années 80, c'est tout un pan de l'Histoire italienne contemporaine qui est relatée ici dans la tradition des films de Francesco Rosi. Depuis la capture de Bruscetta au Brésil en 1963, Bellocchio s'est intéressé à la personnalité particulièrement complexe d'un repenti considéré comme l'un des premiers à avoir brisé l'omerta. L'acteur Pier Francesco Favino est extraordinaire. Doté d'une ressemblance étonnante avec le vrai Bruscetta, Favino porte le film sur ses épaules et réussit à retranscrire tout l'aspect énigmatique d'un personnage hors normes, faisant voler en éclats les archétypes de mafiosi représentés à l'écran. Doté de solides convictions dans ses valeurs, Bruscetta incarne la transition entre un monde ancien où les codes d'honneur étaient en vigueur et l'ère moderne où, débarrassée de ses traditions, les nouvelles générations de la mafia sont devenues encore plus violentes en multipliant les meurtres de femmes et d'enfants au sein des clans. En désaccord avec ces méthodes Bruscetta rompit brutalement le cercle. En toute conscience et au péril de sa vie il se rangea du côté de l'Etat et contribua à démanteler tout l'organigramme des chefs de la mafia devant les autorités lors d'un procès retentissant qui conduisit à l'emprisonnement à vie de Totò Riina. C'est la fin d'une ère que Bellocchio dépeint et qui aura pour conséquence l'assassinat en représailles du juge Falcone ainsi que le départ sous protection de Bruscetta vers les Etats-Unis jusqu'à la fin de sa vie en 2000. Le film met à jour une documentation sidérante sur le dispositif pyramidal de la mafia sicilienne, chacun de ses membres ayant une fonction digne d'une organisation gouvernementale. Il faut louer le travail de Bellocchio et de ses scénaristes qui entremêlent thriller et film historique dans la lignée des grands films italiens des années 70.