Le Quai des brumes
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brianpatrick
brianpatrick

119 abonnés 1 870 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 juillet 2021
Le quai des brumes est tourné la même année que la bête humaine et dans la même ville, la ville du Havre. Et avec le même acteur principal, Jean Gabin. D'ailleurs pour l'ambiance du film, on se rapproche de la bête humaine. Le Havre parait cette année-là rempli de terreur. Il semble qu'il ne fallait pas bon vivre dans cette ville en ce temps-là. La brume, toujours la brume, sauf un tout petit rayon de soleil juste à la fin. Des êtres bizarres remplis de haines et mauvaises intentions. Un bon scénario et des dialogues réfléchis. Pis il y a Michelle Morgan, belle et passablement insouciante. Deux films, deux chef d'oeuvres, en concurrences la même années, l'hôtel du nord et le quai des brumes.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 22 avril 2020
Film sympathique, mais malheureusement assez peu crédible spoiler:
(les soi-disant voyous) et le jeu de Nelly n'est pas très convainquant. Heureusement que Gabin rattrape le coup mais si cela reste un chouette film.
Jack G
Jack G

12 abonnés 175 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 avril 2020
Après Jenny (1936), son premier film, et Drôle de drame (1937), Marcel Carné, âgé de seulement 32 ans, signe sa troisième collaboration avec le poète, scénariste et dialoguiste Jacques Prévert, grâce au sombre, mélancolique et engagé Quai des brumes, représentant le plus célèbre du réalisme poétique des décennies 1930-1940.
Les circonstances de production de ce monument cinématographique français sont connues grâce aux Mémoires de Marcel Carné publiées en 1996. En 1937, Raoul Ploquin, responsable des films français pour la société de production allemande UFA, cherche un nouveau rôle pour Jean Gabin, sous contrat avec le studio, et contacte donc Carné. Ce dernier propose alors d’adapter le roman de Pierre Mac Orlan, Le Quai des brumes, publié en 1927. Après la lecture de l’œuvre, Ploquin et Gabin manifestent leur intérêt pour une adaptation, tout comme Jacques Prévert, qui apprécie beaucoup le roman.
Dès le début du projet, Marcel Carné pense à Michèle Morgan pour jouer le rôle de Nelly, qu’il a découverte dans Gribouille (1937), de Marc Allégret, mais l’actrice est déjà engagée pour le tournage d’un autre film du même réalisateur, Orage (1938). Mais les retards accumulés par la production permettent à Michèle Morgan de rejoindre le film après la fin du tournage d’Orage.
En effet, la concrétisation du nouveau projet de Carné prend du retard en raison des refus essuyés quant au choix du lieu de tournage. Alors que l’action du roman se déroule essentiellement à Paris, Carné décide d’opter pour le port d’Hambourg après avoir visité les studios de la UFA, qu’il juge inadaptés à l’atmosphère qu’il souhaite donner à son œuvre. Mais les services de propagande allemande, entre les mains de Joseph Goebbels, refusent d’ouvrir les portes de l’Allemagne au tournage d’un film qui met en avant un déserteur. L’UFA refuse donc le projet, et ironie de l’histoire, celui-ci est racheté par le producteur juif Gregor Rabinovitch, qui a fui l’Allemagne nazie en 1933. Finalement, c’est le port du Havre qui est choisi comme cadre. En France, le scénario passe le cap de la censure, mais le représentant du ministère de la Guerre demande que le mot « déserteur » ne soit pas prononcé dans le film. Néanmoins, après la défaite de 1940, les autorités vichyssoises accusent Carné d’en être à l’origine, ce à quoi le cinéaste répond avec finesse en déclarant : « On ne rend pas le baromètre responsable de l’orage et la fonction de l’artiste est de se faire le baromètre du temps qu’il fait ». Quant à l’Italie, le régime fasciste transforme le personnage du déserteur en un militaire en permission, et modifie également certains dialogues.
Outre le cadre de l’action, Marcel Carné procède à plusieurs modifications par rapport à l’histoire du roman, en particulier au sujet des personnalités des personnages interprétés par Gabin et Morgan, mais également quant aux motivations criminelles du tuteur, qui tue initialement pour l’appât du gain et non par amour.
Avant les premiers films noirs du début des années 1940 et leurs réflexions pessimistes sur les changements moraux qui surviennent dans la société américaine de l’après-guerre, l’expression de « film noir » existe déjà pour qualifier des films français appartenant au mouvement du réalisme poétique. Considéré comme le porte-voix du Front Populaire, en plein essor après sa victoire de mai 1936, ce mouvement cinématographique caractéristique de cette période puise ses racines dans l’expressionnisme allemand et la littérature naturaliste. Les thèmes, personnages et environnements se résument en plusieurs tendances, que Le Quai des brumes englobe de manière assez représentative. L’intrigue est le plus souvent concentrée sur un milieu populaire (ouvriers, soldats, prostituées). Elle met également en avant le cadre urbain et les échanges qui s’y produisent dans un souci de réalisme. Les personnages sont souvent des parias, des individus évoluant à l’écart de la foule et menant une vie solitaire et mélancolique, comme c’est le cas pour le déserteur interprété par Gabin. De plus, en tant que premier grand courant du cinéma français parlant, le réalisme poétique consacre une place essentielle aux dialogues insufflant mélancolie et désespoir.
Ainsi, grâce au talent de parolier de Jacques Prévert, maître dans l’art de manier les mots et les idées, Le Quai des brumes est surtout connu pour quelques fameuses répliques, dont la déclaration légendaire : « T’as d’beaux yeux, tu sais ». Cette phrase, devenue culte seulement à partir des années 1960 et absente du livre de Pierre Mac Orlan, aurait été le fruit de l’imagination de Jacques Prévert, fasciné par les yeux bleus et envoûtants de Michèle Morgan. Anecdote intéressante : avant d’être inspiré par l’actrice, Prévert avait prévu un dialogue bien moins romantique dans lequel Gabin complimentait les jambes de Morgan.
Influencé par le cinéma expressionniste allemand, les films français du réalisme poétique, Le Quai des brumes en premier lieu, représentent la ville comme la personnification du vice, avec une lumière nocturne particulièrement travaillée et une ambiance sombre et brumeuse particulièrement inquiétante. A l’image des personnages, les lieux choisis sont réalistes, mais ils sont aussi le reflet d’une classe rejetée (la cabane au bord de l’eau, le magasin de bibelots et le bar de marins).
Le réalisme poétique donne également la part belle au romantisme et aux histoires d’amour impossibles, comme celle de Jean et de Nelly. Amoureux passionnés dans un monde sombre et sans espoir, ce couple tourmenté vit donc leur idylle, caché des yeux du monde, de leur rencontre dans la cabane à leur premier baiser dans le recoin d’une fête foraine. En mettant en scène ces héros reclus, on ne peut s’empêcher de voir dans l'univers de Marcel Carné l’augure d’une période sombre où les hommes vivent terrés pour affronter le monstre totalitaire. Ainsi, à travers le personnage du déserteur de l’armée coloniale, Le Quai des brumes cherche également à dénoncer l’absurdité de la guerre.
Fort d’une distribution prestigieuse, Marcel Carné profite de l’honneur de quelques-unes des plus grandes figures du cinéma français. Aux côtés de Jean Gabin et Michèle Morgan, on retrouve ainsi Michel Simon dans le rôle de Zabel. Le rôle du père est souvent mis à mal dans l’œuvre de Prévert, et ce personnage répugnant et détestable incarne le pinacle de cette tendance. Plongé dans la brume, son apparence innocente et ordinaire cache en réalité l’incarnation du mal. Pierre Brasseur, qui est à l’époque surtout connu pour sa contribution au théâtre, se fait connaître du grand public grâce à son rôle de Lucien, misérable petit mafieux sans charisme. Sont également présents Edouard Delmont, connu pour ses rôles dans la trilogie marseillaise de Pagnol, il offre une sagesse rassurante dans cette atmosphère sombre ; et Robert Le Vigan, émouvant dans le rôle d’un poète suicidaire. Dommage que son talent de comédien ne soit tâché par sa collaboration active avec les nazis dès l’armistice signé par la France.
Malgré son succès auprès du public et de la presse dans son ensemble, ce « film d’atmosphère » (expression utilisée par Carné lui-même) est pourtant l’objet d’attaques virulentes de la presse politisée au moment de sa sortie. D’abord, l’extrême droite attaque le film qui oserait mettre en scène dans le rôle principal un soldat de l’armée coloniale déserteur. Lucien Rebatet manifeste ainsi son hostilité pour le film dans les colonnes de L'Action française. De son côté, le Parti Communiste Français condamne le pessimisme et le climat de désolation dans lequel baigne le film et certains détails sordides attachés à des personnages issus du prolétariat. Dans l’Humanité, Georges Sadoul dénonce la « politique de chien crevé au fil de l'eau » véhiculée selon lui par Le Quai des brumes. Néanmoins, ces attaques n’empêchent pas le film de rapporter plus de 500 000 francs, dépassant les recettes de La Grande Illusion (1937) de Jean Renoir. D’ailleurs, Marcel Carné explique dans ses Mémoires que Renoir provoqua la colère de Jacques Prévert (avec lequel il avait travaillé en 1936 pour Le Crime de monsieur Lange) pour avoir qualifié Le Quai des brumes de « film fasciste ». Il a également usé d’une contrepèterie cinglante pour critiquer la décadence des personnages : « Quai des brumes, cul des brêmes ». Enfin, le film est interdit aux moins de 16 ans lors de sa ressortie en salles en mai 1946, et interdit sous l'Occupation par la censure française. Il doit attendre mai 2011 pour obtenir la classification tous publics. En 1939, le film est récompensé par le prix Louis-Delluc, le « Goncourt du cinéma ».
Pendant les années soixante, les jeunes critiques de la Nouvelle Vague attaquent à leur tour Carné, qu’ils considèrent comme l’antonyme de la modernité cinématographique. Son cinéma noir et blanc aux dialogues ciselés, ses plans d’une grande rigidité et son approche poétique étant qualifiés de désuets. Bien que ces critiques soient virulentes et parfois injustes, Le Quai des brumes présente tout de même quelques défauts. Soucieux d’apporter une forme caractéristique à son œuvre, un style qui a quand même mal vieilli, Carné en oublie le fond. En effet, l’intrigue sommaire peine à captiver. Il faut attendre les dix dernières minutes pour trouver une tension dramatique qui tient le spectateur en haleine, mais cela ne relève pas la barre malgré le caractère inattendu du dénouement. Soulignons néanmoins la puissance dramatique de la musique de Maurice Jaubert, reflet magnifique de cet environnement délaissé et de ses personnages en quête d’espoir, et les interprétations de Gabin et de Morgan, devenant ainsi l’un des couples les plus emblématiques du septième art français.
ldi-maria78
ldi-maria78

3 abonnés 95 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 décembre 2020
L’humanité, et l’amour, profond, brûlant, flirtant avec une émouvante dévotion. Ce drame de Marcel Carné n’a rien perdu de son charme, notamment avec le personnage de Gabin, homme sans mauvais fond et amant protecteur. Une belle œuvre à (re)découvrir.
Fabios Om
Fabios Om

73 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 5 juin 2019
Ce film qui en noir est blanc ne gêne pas trop pour l'époque alors que des fois à l'époque le manque de couleur pouvait nous faire manquer des détails ou des chose mais ce n'est pas le cas et c'est déjà pas mal . Pour le reste interprétation Jean Gabin et Michelle Morgan sont juste grandioses est la fameuse réplique culte que l'on attend durant tous le film peut être même trop . Le reste du film est un peu simpliste au niveau scénario et aussi un peu gnier et gnian gnian comme film d'une lenteur forte !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 mai 2019
Marcel Carné signe ici un film phare du réalisme poétique: sur un scénario de Jacques Prévert il nous raconte une histoire où règnent subversion et passion. Que cela soit le soldat déserteur, la jeune fille en fugue, le mauvais garçon du quartier ou encore le barbon hypocrite, tout a un délicieux parfum de débauche qui englobe l'ensemble des thématiques du film. Aucun personnage n'est épargné. La réalisation de Carné est soignée et parfois en avance sur son temps! (avec le traitement du mouvement par exemple) Et il faut dire que le casting doit aider la réalisation: en effet quoi de plus jubilatoire que de filmer les magnifiques yeux bleus de Jean Gabin et Michèle Morgan même en noir et blanc! Effectivement, la distribution des acteurs est incroyable, c'est un véritable rêve de cinéphile: le légendaire Jean Gabin qui brille tout au long du film et la talentueuse Michèle Morgan qui n'avait alors que 17 ans lors du tournage du film! Le reste du casting est tout aussi incroyable: Pierre Brasseur ne m'avait jamais autant émue qu'avec son rôle dans Le Quai des Brumes et Michel Simon fidèle à lui même est littéralement un monstre de génie et de talent qui en devient presque effrayant. Bref un très beau classique du cinéma français comme on les aime, qui aurait le seul défaut d'avoir un peu mal vieillit parfois mais qui reste un chef d'oeuvre de Carné et Prévert.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 février 2018
Un film très beau avec Gabin et Michèle Morgan . Marcel Carne signe un classique de très bonne qualité. A voir et à revoir. 5/5
Eselce

1 626 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 février 2018
Un drame d'avant guerre qui vaut le coup d’œil pour ses acteurs, certaines de ses scènes cultes du cinéma ainsi que certains décors réutilisés notamment la cave du final qui ressemble à celle de "La traversée de Paris", toujours avec Jean Gabin. Les acteurs ne manquent pas de charisme, les paires de baffes tombent et les regards sont mythiques ! Un vrai bonheur de le voir en bonne qualité !
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

258 abonnés 2 705 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 janvier 2018
Le Quai des Brumes est un bon classique.
C'est une belle histoire, très poétique. Les personnages sont forts et complexes. On reste assez accroché au scénario.
Jean Gabin est toujours aussi bon et élégant. Michèle Morgan (les plus beaux yeux du cinéma) est bien elle aussi mais on voit bien que Gabin est la vedette.
Ce n'est peut-être pas le meilleur classique (un peu surcôté grâce à sa réplique culte), mais c'est bien à regarder.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 5 juin 2017
Tout juste après avoir vu « Drôle de drames » dans les salles, Jean Gabin était décidé de jouer pour le prochain Marcel Carné. Alors lié à l’UFA (société de production allemande très influente), l’acteur de « Pépé le Moko » fit tout pour que « Le quai des brumes » puisse sortir. Et ce, face à des productions très hésitantes et à des problèmes de censure en cette période de fin des années 1930. Merci pour votre détermination Monsieur Gabin !
Synopsis : de nuit, un déserteur arrive au Havre pour partir vers de nouveaux horizons. Sur place, il tombe amoureux de Nelly et prolonge ainsi son séjour… .
Adapté du roman éponyme de Pierre Mac Orlan (écrivain influent du début du vingtième siècle), « Le quai des brumes », version Prévert donc, se caractérise par une atmosphère vicieuse et délétère au possible. Musique au diapason de Maurice Jaubert (compositeur carnéen), jeu d’acteurs époustouflant, costumes, décors d’Alexandre Trauner (collaborateur fétiche de Carné, il travaillera ensuite pour Welles, Wilder, John Huston, Besson), dialogues et mise en scène en N&B par le réalisateur de « Hôtel du Nord » concourent en cette ambiance noire et poisseuse et à la mise en abîme de la société et du pays alors représenté par le Front Populaire. Dénué de sens moral, « Le quai des brumes » se voit aussi par l’absence de repère de nos deux ‘héros’. D’un côté, on a le déserteur Jean Gabin au passé trouble, de l’autre, Nelly (excellente Michèle Morgan), orpheline battue par son tuteur (énormissime Michel Simon) instaurant d’obscures règles de vie.
Vous l’aurez compris, ce troisième film de Marcel Carné n’est pas une comédie jouissive mais plutôt un réquisitoire contre le gouvernement communiste et les valeurs traditionnelles, ici très nettement bafouées. Depuis quand un militaire déserte l’armée ? Ici, Carné se penche donc sur le traumatisme de la guerre (du jamais vu en 1938 !) et préfigure les « Rambo », « Voyage au bout de l’enfer », « Apocalypse now ». Dans un cinéma classique, considéré par les critiques d’époque de réalisme poétique, on trouve donc les sujets qui ont marqué le Nouvel Hollywood (blessures de guerre, paranoïa, folie...). Marcel Carné est donc un précurseur sans le savoir. Bingo !
Pour rester sur « Le quai des brumes », nous avons donc un Jean Gabin (futur ‘Président’, ‘Sicilien’…) torturé, Michèle Morgan (18 ans, dans son tout premier rôle !!) lumineuse et merveilleusement habillée par Coco Chanel, Michel Simon (véritable ogre de cinéma : « La chienne », « La poison », « Le train »…) excellentissime dans son rôle de père fouettard ingrat, en somme la quintessence des acteurs du moments, qui plus est, de véritables gueules d’époque : Edouard Delmont, Robert Le Vigan, Raimond Aimos (voir leur filmographie pour s’en assurer).
Et puis comment éviter Jacques Prévert, le scénariste et dialoguiste de l’audacieux et téméraire Carné ? Ici, une phrase mythique (« T’as d’beaux yeux, tu sais »), prononcé par la voix de Gabin suffit à Prévert de rentrer dans le panthéon du cinéma. Et puis d’ajouter aussi toute la poésie des dialogues mitonnés par le scénariste du « Roi et l’oiseau ».
Décidément, « Le Quai des brumes » (1938), concocté par un véritable maître de cinéma, n’en finit pas de réjouir, de rendre les salles encore plus obscures que jamais. Chef d’œuvre et Prix Louis Delluc 1939 (pour Carné) toujours mérité !
Pour une culture cinématographique complète. 2 étoiles sur 4.
Spectateurs, spectatrices, si vous avez des yeux bleus, le brouillard se chargera de vous !
willycopresto
willycopresto

152 abonnés 1 384 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 février 2017
"Quai des brumes" (1938) la trois (RTBF) le 21.01.2017

Pour rendre hommage à Michèle Morgan disparue à 96 ans fin 2016, quelques chaînes TV avaient ressorti de leur frigo "Quai des Brumes", un des premiers films de l'actrice toute jeunette. Difficile de critiquer cette histoire ! Soit on tente de se mettre dans les conditions de 1938, époque où le cinéma était loin d'avoir atteint sa majorité,eti sa puissance d'aujourd'hui. Carné a dû surmonter nombre d'obstacles pour que son film ne voie le jour, Qui plus est dans une période trouble qui n'était guère propice à l'épanouissement du cinéma : les gens avaient bien d'autres inquiétudes en tête ! Pour l'époque donc, c'était parfait Mais quand on regarde ça aujourd'hui, on s'ennuie profondément devant cette production aseptisée, de cette histoire neu-neu à laquelle on a bien de la difficulté à croire ! "T'as de beaux yeux tu sais" : bof, on se demande pourquoi cette réplique banale a traversé le temps Pourquoi pas "t'habites chez tes parents?," Parmi les raisons de l'intérêt de ce film, on ne peut que rester admiratif sur le casting, et le script de Jacques Prévert.
Michèle Morgan, alors toute jeune comédienne, raconte que débutante, elle était terrorisée à l'idée de jouer avec cette "bête de scène" qu'était déjà Gabin ! Elle fut même ébranlée quand ce dernier, au lieu de lui faire un baiser de cinéma en toc, lui a réellement roulé une pelle pour faire "vrai", au point qu'elle en aurait été tout à fait désemparée !
willycopresto
Matis H.
Matis H.

40 abonnés 162 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 février 2017
Je dois faire à "Quai des brumes" les mêmes éloges que "Le soleil se lève", sans pour autant être autant emballé que par ce dernier. Car clairement, le long-métrage ne pouvait que difficilement atteindre le niveau de la collaboration suivante entre Carné et Gabin.

Reste que, le cinéaste a un talent évident lorsqu'il s'agit de mettre en scène l'amour, sous toutes ses formes, et que cela constituera le noyau du film. Car, pour parler immédiatement de ce qui fâche, le récit s'éparpille beaucoup trop pour nous intéresser à se qui gravite autour de cette idylle. Multipliant les sous-intrigues, filmées sans panache par Carné, avec certainement l'ambition de renforcer le sentiment de machine infernale qui ne peut avoir d'autre issue que le constat tragique : nous finissons tous seul.

Cependant deux problématiques se posent. Le fatalisme de Carné manque d'ampleur et peine à se développer au delà d'une réflexion à la fois vaine et expédiée, mais aussi et surtout car cette vision aurait pu s'exprimer par le seul prisme de l'histoire entre Jean et Nelly.

Et là, Carné fait preuve d'une force formelle telle que dès le premier regard de Jean vers Nelly (Jean Gabin et Michelle Morgan tout deux fabuleux) l'amour nait, le désir est visible et Carné le capte, et ce sera le cas de toutes les scènes qui les concernent jusqu'à cette fameuse étreinte : un bête champs contre-champs, la fameuse réplique "Tu as de beaux yeux tu sais ?", puis deux corps qui s'enlacent et qui parviennent à nous bouleverser comme rarement ce fût le cas avec un geste aussi simple.

Si Carné ne permet pas à ses ambitions réflexives de s'épanouirent pleinement, il parvient tout de même à faire preuve d'un romantisme rare et précieux, magnifié par une photographie sublime et une mise en scène forte. Une oeuvre imparfaite qui témoigne cependant d'un talent véritable et qui accentue ma volonté de découvrir "Les enfants du paradis".
Charlotte28
Charlotte28

207 abonnés 2 916 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 janvier 2017
Je voulais voir la fameuse scène du "t'as de beaux yeux tu sais" en contexte...c'est fait. Elle prend d'ailleurs plus de force grâce à la finale. Pour le reste, le film est ennuyeux et très lent à démarrer; une fois que le scénario a été établi, on constate qu'il a bien peu d'intérêt et reste en surface de thèmes pourtant potentiellement intéressants. Seule Michèle Morgan irradie.
soulman
soulman

141 abonnés 1 423 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 janvier 2017
Le film de Carné reste un incontournable du cinéma français, magnifiquement photographié et mis en scène. Gabin, intense, y croise les géniaux Le Vigan et Michel Simon, le jeune Pierre Brasseur, formidable dans le rôle d'un chef de bande veule, mais aussi Aimos, Delmont, Génin...et l'inoubliable Michèle Morgan dans son premier grand rôle, celui qui lui collera à la peau jusqu'à sa disparition. Les scènes entre les deux amants gardent une force presque surréelle et ce beau couple reste parmi les plus attachants de l'histoire de cet art, aux côtés de Bogart et Bergman, de Signoret et Reggiani...
Redzing

1 457 abonnés 4 959 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 janvier 2017
Un déserteur arrive au Havre, avec l'idée de quitter le pays. Il fera la rencontre de plusieurs personnages, et notamment un jeune orpheline touchante. "Le Quai des brumes" fait partie de la vague du réalisme poétique d'avant guerre, avec une ambiance populaire, des dialogues émouvants, et un scénario simple mais fataliste. On y apprécie également le tandem principal, et surtout Jean Gabin en soldat colérique, ainsi que la mise en scène travaillée, notamment au niveau de l'éclairage. Sans compter le fameux "t'as de beaux yeux, tu sais", devenu célèbre par la suite. Un petit classique du cinéma d'avant-guerre.
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