Le Quai des brumes
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4,0
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135 critiques spectateurs

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CrystalEagle
CrystalEagle

4 abonnés 89 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mai 2026
Le Quai des brumes est du réalisme poétique à l'état pur : un déserteur qui fuit, une orpheline qui étouffe, un amour qui naît là où tout est déjà perdu. Il est vrai que l'intrigue est sommaire, mais on ne vient pas chercher du suspense hitchcockien. On vient pour cette triste poésie, cette atmosphère grise et morose que j'ai bizarrement appréciée. Le Havre de Carné n'est pas une ville, c'est un espace mental où les silhouettes se dissolvent dans le brouillard, quelque part entre le réel et le rêve. Le bar de Panama est un purgatoire de paumés et de rêveurs brisés, accroché au bord du monde habité comme une dernière escale avant la brume et le néant. Le vrai cœur battant, ce sont les dialogues de Prévert : ce parler de la vieille France, ce ton d'antan qu'on ne prend plus, ce vocabulaire disparu qui donne au film une saveur unique. « T'as d'beaux yeux, tu sais » reste la réplique la plus emblématique du cinéma français, et comment rester insensible devant les yeux bleus de Michèle Morgan, dix-huit ans au tournage, dont c'est moins le jeu que ce fameux regard qui ne s'oublie pas. Jean Gabin remplit l'écran avec ce personnage qu'il connaît par cœur, l'homme blessé, violent et tendre, condamné d'avance, et son charisme n'a rien à envier aux géants américains de l'époque. Michel Simon en tuteur pervers est solide, l'air ordinaire d'un type dont l'apparence cache le mal. Le film agit comme un envoûtement lent qui donne envie de se perdre dans ces brumes et de tomber amoureux au détour d'une rue, même si tout (jusqu'au chien qui retournera à sa solitude) nous rappelle que la fin est écrite d'avance. Peut-être le reflet d'un Front populaire en décomposition, sûrement l'un des plus beaux films français de l'entre-deux-guerres.
Deroo Blar
Deroo Blar

1 abonné 178 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 mai 2026
Je fais partie des sceptiques qui ont vu ce film mais j'ose imaginer que j'en attendais peut être trop.

Les acteurs sont bons mais le grand ''mechant'' me laisse perplexe car trop caricatural selon moi. Les autres demeurent excellents.

Évidemment le film vaut pour son histoire, sa censure, sa restauration et il fait partie des films tournés avant la destruction de certaines villes françaises, dont Le Havre.

L'action est lente et il ne se passe pas grand chose. Cela n'empêche de beaux dialogue, la poésie est partout, dans le texte, dans l'image, dans les regards,... Peut-être est-ce le côté divertissant qui m'a manqué...

Je suis content de l'avoir vu, de ne pas mourir idiot et peut être que je retenterai l'expérience dans plusieurs années mais je n'en suis pas certain, contrairement à des films comme ''la bête humaine'' ou ''la grande illusion''.
Fabien Sorrant
Fabien Sorrant

82 abonnés 2 041 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 février 2026
Un chef d'œuvre français porté par des acteurs légendaires : Jean Gabin et Michèle Morgan réunis pour l'éternité.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 janvier 2026
C’est Jean Gabin, déjà star à l’époque, qui initia le projet. Il avait lu et aimé le roman de Pierre Mac Orlan qui inspirera le film (Le Quai des brumes, publié en 1927) et en proposa l’adaptation au tandem Carné/Prévert avec lequel il souhaitait travailler. Marcel Carné avait déjà réalisé deux longs-métrages, Jenny (1936) et Drôle de drame (1937), tous deux en collaboration avec Jacques Prévert, le poète ayant par ailleurs, dans le passé, travaillé aux scénarios et aux dialogues de films de Claude Autant-Lara, Marc Allégret, Jean Renoir…
Prévert s’empara librement de l’adaptation du roman de Mac Orlan en déplaçant l’action de Paris (Montmartre) au Havre, et en y mettant sa patte poétique, empreinte de mélancolie et de désespoir. Ont été également associés au projet le décorateur Alexandre Trauner et le chef op’ Eugen Schüfftan. Le tournage était prévu dans les studios de la UFA, société de production allemande, alors contrôlée par Joseph Goebbels. Ce dernier, après avoir lu le scénario – qu’il trouva décadent – et après avoir appris la sympathie de Carné pour le Front populaire, décida de suspendre le projet. Et c’est finalement dans le cadre d’une production française que le tournage put avoir lieu, entre Le Havre et les studios Pathé de Joinville.
Marcel Carné, Eugen Schüfftan, Alexandre Trauner, mais aussi tous les acteurs du film, Jean Gabin et Michèle Morgan en tête, ont donné joliment corps à la poésie de l’adaptation de Jacques Prévert, une poésie très sombre, marquée par une fatalité qui semble boucher tous les horizons des personnages, en art, en liberté, en amour… Cela commence fort avec l’épisode du peintre interprété par Robert Le Vigan, qui explique peindre “les choses cachées derrière les choses” et donne l’exemple suivant, en nourrissant déjà quelques pensées suicidaires : “Un nageur, pour moi, c’est déjà un noyé…” Cela se poursuit avec l’histoire d’un amour contrarié entre Jean et Nelly (Jean Gabin et Michèle Morgan), amour contrarié par quelques personnages médiocres ou vils (ceux incarnés par Pierre Brasseur et Michel Simon), dans une structure malheureusement assez manichéenne. Le temps d’une réplique culte (“T’as d’beaux yeux, tu sais…”), d’une nuit d’amour, d’un rêve esquissé, et c’en est déjà fini de tout, dans une parfaite mécanique tragique et dans une parfaite esthétique de film noir : quai brumeux, pavé luisant, photo expressionniste qui joue avec les lumières et les ombres pour faire briller, avec une touche de glamour, les yeux clairs des deux personnages principaux. C’est l’archétype du réalisme poétique à la française, ou plutôt à la Carné/Prévert. Réalisme car ancrage social, mais déréalisation par les artifices poétiques du scénario et les artifices stylistiques de la réalisation. Tout, ici, est surtout question d’atmosphère. Atmosphère, atmosphère… qu’on peut trouver superbe malgré quelques moments d’interprétation un peu appuyés et quelques petites choses qui ont vieilli. Quoi qu’il en soit, on est loin du réalisme social à la Renoir, lequel se moquait de ce film en l’appelant “Le Cul des brèmes”…
Considéré aujourd’hui comme un grand classique du cinéma français, Le Quai des brumes a connu des débuts compliqués. Malgré une bonne réception en mai 1938, on lui reprocha très vite sa peinture d’une certaine décomposition morale et son pessimisme profond. À l’aube de la Seconde Guerre mondiale, époque de fort engagement patriotique, le fait que le personnage de Gabin soit un déserteur n’était pas non plus très bien vu. En septembre 1939, le film a ainsi été interdit de projection, jugé “immoral, déprimant et fâcheux pour la jeunesse”, selon les autorités françaises. Il ressortira petitement en 1941, plus largement après la guerre.
Lilali_111
Lilali_111

5 abonnés 356 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 octobre 2025
Ce film ne m’a pas vraiment convaincue. Malgré ses indéniables qualités — un charme rétro, des répliques savoureuses et une distribution solide —, le scénario m’a laissée de glace. La première partie traîne en longueur, avec peu d’action, et il faut attendre les toutes dernières minutes pour que l’intrigue prenne enfin de l’ampleur. Peut-être suis-je trop peu sensible à la poésie des premières scènes, ou simplement trop éloignée de l’univers qu’il propose. Sans être mauvais, ce film s’adresse clairement à un public déjà acquis à sa cause.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 septembre 2025
Un grand classique du cinéma français dans la veine d’un réalisme poétique emmené par la réalisation superbe de Michel Carné appuyant des dialogues envoutant et porté par le charisme de Jean Gabin parfaitement complété par la grâce de Michèle Morgan.
Ghighi19
Ghighi19

98 abonnés 2 064 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 juin 2025
Un très beau film de Marcel Carné . Poésie des dialogues de Jacques Prévert et des comédiens vrais comme Michel Simon ou Pierre Brasseur . Bien sûr c est une époque mais il est bon parfois de retrouver la source des bons films et ici c en est un sacré bon !
LAvisDuNeophyte
LAvisDuNeophyte

4 abonnés 656 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 mai 2025
Bon dialogues, acteurs charismatiques, histoire bien écrite. On est ému par la fin. Un bon film d’avant guerre.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 mars 2025
"T’as d’beaux yeux, tu sais" : cette phrase a permis de faire rentrer Le Quai des brumes dans l’Histoire du cinéma. Il ne faut pas pour autant résumer ce film à cette réplique car le long-métrage de Marcel Carné reste un classique du réalisme poétique français. Si on peut lui trouver certains aspects démodés (en particulier, le surjeu de Pierre Brasseur), il possède toujours un magnifique casting mené par le trio Jean Gabin-Michèle Morgan-Michel Simon, une histoire prenante (tiré du roman éponyme de Pierre Mac Orlan) servie par les beaux dialogues de Jacques Prévert et une superbe photographie signée Eugen Schüfftan. Le Quai des brumes reste donc toujours une œuvre plaisante possédant pleinement le charme typique du cinéma français d’avant-guerre.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 5 août 2024
On ne saurait critiquer la beauté de l'image de Carné ni la prose des dialogues de Prévert, qui saurait filer une tirade avec rien. Le problème vient que Le Quai des brumes, censé appartenir au réalisme poétique, ne dépeint rien de vraisemblable, et porte un regard fataliste sur les classes ouvrières.

Dans une France de 1938 apolitique, Jean, déserteur de l'armée coloniale, n'est bon qu'à se résigner à sa condition sociale, à pallier sa pauvreté en s'échappant au Venezuela. Heureusement pour lui, il fait la rencontre d'une femme providentielle, passive et vulnérable, qui partage son amour dès leur premier échange. Il faut dire qu'une brute taiseuse dont la première parole machiste est de relever le manque de politesse – lui qui est si bien élevé – est irrésistible.

De la marginalité, on passe à une romance sirupeuse, rythmée par les interventions des loufiats de pacotille. On ne saurait interpréter avec plus d'emphase et de ridicule que Brasseur la caricature de gangster qu'il campe. Retenons que, équipé d'un pistolet et flanqué de deux molosses, il suffit de lui asséner deux bourre-pifs pour lui rabaisser le caquet. Sauf qu'à un moment, Winnie l'ourson finit par en avoir marre de se faire victimiser.
evariste75
evariste75

210 abonnés 248 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 juin 2024
Chef d'œuvre absolu, sans conteste! Musique lancinante, photos magnifiques, visages et yeux... T'as d'eaux yeux, tu sais ! Scénario ciselé, Gabin + Morgan + Michel Simon extraordinaires ! Paysages de brume sulfureux...
P.  de Melun
P. de Melun

79 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 janvier 2024
Un des grands classiques du cinéma français, « Quai des brumes » offre une atmosphère sombre et quasi irréelle dans laquelle se rencontrent deux gamins magnifiques pour devenir amants. Cet amour impossible entre Jean (Jean Gabin) et Nelly (Michèle Morgan) s’inscrit dans une destinée tragique à laquelle ils ne pourront échapper. La misère économique, sociale et psychologique est largement amplifiée par un noir et blanc classieux, flou à certains passages, donnant une touche mystérieuse et inquiétante au drame. Michel Simon et Pierre Brasseur sont remarquables dans leurs rôles respectifs avec des dialogues de Prévert. Le bar de la dernière chance, sorte de no man's land pour les paumés en tout genre apporte une touche funeste à tous ces rejetés de la société. Le scénario est quelque peu simpliste et la fin expédiée comme beaucoup de films à cette époque mais l’œuvre restera encore longtemps dans le patrimoine cinématographique.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 décembre 2023
Un classique du cinéma français dans le bon et mauvais sens du terme. Parfaitement mis en scène cette romance entre deux personnages qui cherchent à fuir (comme la plupart des personnages du film d ailleurs) est devenue mythique. J ai été vraiment emballé dans la première partie à la fois poétique et enlevée. Las le film devient de plus en plus bavard et surtout moins inspiré. Reste tout de même les yeux de Michèle Morgan qui étaient en effet très beaux.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 décembre 2023
D'abord, il y a la symbolique du décor; le port du Havre contient tout autant l'idée de partance que celle d'un prolétariat que Carné nous montre usé, démoralisé (ce en quoi le film fera l'objet d'accusations de défaitisme).
Dans la cabane du vieux Panama (Edouard Delmont, échappé de chez Pagnol), les personnages qui s'y retrouvent sont des hommes en bout de course, désabusés. Parmi eux, de passage seulement, Jean Gabin le déserteur semble moins résigné qu'en colère, en rogne contre les hommes. Il rencontre au Havre une jeune fille, incarnation de l'innocence menacée et méprisée, avec qui il entrevoit une histoire d'amour, peut-être une renaissance. C'est sans compter avec les méchants de tout bord, en l'occurence deux tristes figures (Pierre Brasseur en petite frappe et Michel Simon en commerçant libidineux).
Ainsi sont les personnages du film-phare de Carné-Prévert-Trauner et du réalisme poétque (d'après une roman de Pierre Mac Orlan): ou abattus ou crapules (et encore, ces derniers le sont surtout par faiblesse, en lâches ou en amoureux éconduits), tous accablés par la vie ou le destin. Ils sont tous des personnages attachants, pathétiques parfois, et leur histoire, dans l'esthétisme brumeux d'un port, se confond avec une vision pessimiste de l'humanité. Le film est une oeuvre collective inégalable, où les comédiens et les auteurs se montrent admirables.
Catherine C.
Catherine C.

13 abonnés 241 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 octobre 2023
J’ai revu le film en noir et blanc qui lui donne la noirceur de son histoire. Sortie en 1938, cette histoire de déserteur a rencontré le succès auprès du public. Jean Gabin excelle une fois de plus dans ce role de tête brulée qui rencontre le grand amour. Michèle Morgan est plus en retrait mais moins expérimentée que son partenaire de jeu. Les dialogues de Jacques Prévert sont savoureux. Quant à Michel Simon et Pierre Brasseur, ils sont des seconds rôles de haut prestige. Une chose est sure, il ne faut surtout pas réduire le film à sa plus fameuse réplique ! Ce serait beaucoup trop réducteur.
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