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Un visiteur
2,5
Publiée le 9 mai 2009
La beauté du film est dans la simplicité de l’histoire. Le scénario n’est vraiment pas complexe, tout est ténu, a priori trop, mais à la réflexion cette simplicité est droite et belle, comme une petite histoire ayant un but didactique. T'as de beaux yeux tu sais
Le chef d'œuvre de Marcel Carné ! Le quai des brumes est un film d'une rare poésie, empreint d'un indéfinissable voile de tristesse. Cet Havre d'avant-guerre est le carrefour d'âmes égarées et solitaires, sombrant dans le mal pour certaines, en quête d'une autre vie pour d'autres. Jean Gabin et Michèle Morgan forment un duo d'acteurs touché par la grâce. Leur sincérité nous émerveille, les sentiments de leurs personnages nous transportent. Les seconds rôles sont tout aussi excellents. La musique de Maurice Jaubert est vraiment très réussie. Le film doit ses superbes dialogues à Jacques Prévert, et il doit beaucoup à ses dialogues ! Il compte également une mise en scène inspirée, soutenue par un splendide noir et blanc qui renforce cette impression d'une histoire atemporelle. « T'as d'beaux yeux, tu sais... » disait Gabin. Une réplique inoubliable pour une scène inoubliable, dont tout le film est à l'image : magnifique. Le quai des brumes est un incontestable chef d'œuvre du cinéma français.
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4,5
Publiée le 22 juillet 2019
L'un des plus grands classiques du cinèma français! Comment oublier Jean Gabin en soldat tête brûlèe, violent, impulsif mais courageux et intègre, Michèle Morgan en hèroïne de mèlodrame dont la puretè de coeur a survècu aux souillures de l'environnement, Michel Simon et Pierre Brasseur en mèchants pittoresques et odieux, Robert Le Vigan en rêveur excentrique! Le rèalisme poètique atteint ici un sommet dans cette première collaboration Carnè-Prèvert-Gabin! Et puis il y a cet amour impossible entre Jean et Nelly: inscrit dans un monde trop sombre, cette impossibilitè d'èchapper à son destin, leur histoire est sans issue! En cette pèriode d’avant-guerre et en dèpit de cette atmosphère de misère, morale, physique et physiologique, peut-être même à cause de cette atmosphère, trouble, floue et brumeuse, le "Quai des brumes" ne se rèsume pas qu'à sa rèplique mythique ("T'as de beaux yeux, tu sais") mais simplement à un film au lyrisme romantique dont les annèes n'ont aucune emprise sur le temps qui passe! Immense film...
Marcel Carné est un grand nom du cinéma. Le "quai des brumes" est un de ses films les plus connu. Jean Gabin révèle un peu de profondeur. Des répliques encore inoubliables pour le cinéma: 3t'as de beaux yeux tu sais"! Jacques Prevert impose son univers basé sur les jeux de mots et Marcel Carné nous livre un film noir et réaliste. Un chef d'oeuvre!
Comment outrepasser la légende populaire que l’Histoire du cinéma a faite de «Le Quai des brumes» (France, 1938) de Marcel Carné ? Au mieux, recadrer le tir. On a pu mentionner dans l’éclat diaphane des aurores l’influence de l’expressionnisme. Il faudrait davantage y voir les indices prophétiques qui parsèment le Kammerspiel allemand. Plus qu’à Murnau, Carné semble s’affilier à Pabst. Une certaine aigreur de la vie, un désolément du monde et une rage défaitiste contre la nature humaine sont les ponts qui relient les cinémas de Pabst et de Carné. Dans «Le Quai des brumes», un des sommets aujourd’hui encore du «réalisme poétique», c’est de l’irradiante teneur de l’amour au cœur de la brume que naît le clair-obscur ténébreux dans lequel trempe le film. Devant l’évidence du bonheur, Carné aligne les obstacles jusqu’au dernier, trou sans fin où s’effondre la carcasse esseulée. De plus qu’«Hôtel du Nord», réalisé la même année mais sans Prévert, donc autant dire amputé d’un membre, «Le Quai des brumes» est fomenté dans un régime esthétique pleinement pensé. «Je ne peints que les choses qui sont derrière les choses» déplore le personnage du peintre morose de Robert Le Vigan. Il a déjà été écrit, très justement, que Carné semblait s’être appliqué à lui-même la maxime du peintre. En revanche, peu de commentaires ont été faits sur la profondeur esthétique que recélait une telle abstraction des lignes. Le brouillard qui dissipe les silhouettes a pour égal les peintures du tchèque Frantisek Kupka. Plus que pour des raisons historiques qui voudraient condamner la splendeur plastique du film à la seule expression d’un malaise populaire, c’est dans l’application latente d’un art abstrait qui se développe que l’art de Carné sourd toute l’émotion de son récit. L’infusion de l’art contemporain que distillent en profondeur Carné et Prévert (Trauner et Jaubert avec eux) dans une poésie argotique est l’un des plus bels exemples de l’hybridité du cinéma.
A cause de la Fameuse réplique et de la peur qu'elle résume le film à elle toute seule, J'ai longtemps été réticent à voir ce film. Et je dis c'est beau, si Gabin et Morgan y tutoie les anges beaucoup d'autres éléments sont remarquables, l'inquiétant Michel Simon, Pierre Brasseur, et Robert le vigan le poète dans ce bistrot qui semble irréel au coeur du no man's land... Et tout cela formidablement tourné, il marque peut-être aussi la fin d'un cycle du cinéma français.
Un mélodrame ennuyeux où les stéréotypes abondent et à l'interprétation théâtrale très inégale, heureusement les dialogues de Jacques Prévert sont souvent savoureux et donnent un peu d'intérêt à l'ensemble.
Peut-être LE chef-d'œuvre du réalisme poétique. Comme tout les films de se mouvement cinématographique, "Le Quai des brumes" fait preuve d'un grand fatalisme envers la vie et le monde. On n'est jamais heureux dans ses films, le monde est trop sombre pour ça. Tous les personnage sont des abîmés de la vie. Jean (Jean Gabin), déserteur solitaire et taciturne. Nelly (Michèle Morgan), fugueuse mélancolique de 17 ans obligée de repousser les avances de son tuteur. Zabel (Michel Simon), amoureux pathétique de sa filleule et miné par la jalousie. Michel (Robert Le Vigan), peintre suicidaire qui ne peint que « les choses derrière les choses ». Lucien (Pierre Brasseur), petit voyou tentant sans succès d'imposer son autorité. Panama (Édouard Delmont), patron de bistrot nostalgique de son ancienne vie à Panama. Tous vivent dans la misère, physique (pauvreté) et/ou morale (déprime). L'image grisâtre renvoie directement à l'état d'esprit des personnages, tout comme le brouillard qui englobe toute une partie du film. Même la joyeuse fête foraine ou se rendent Jean et Nelly semble prédire le pire lorsque tout-deux posent devant une toile représentant un faux bateau, renforçant l'impression que le départ pour le Vénézuela de Jean n'aboutira pas. Et même si celui-ci devient une autre personne, littéralement (son faux passeport) et métaphoriquement (son amour pour Nelly le rend meilleur), il n'en échappera pas pour autant à la fin tragique qui semble être son destin depuis sa première apparition, seul de nuit dans le brouillard. Fin d'autant plus déchirante qu'elle n'est due qu'à la fierté blessée d'un truand de bas-étage. "Le Quai des brumes" est un vrai travail d'équipe, réunissant se qu'il y avait de mieux dans le cinéma français de l'époque. On ne louera jamais assez le finesse des dialogues de Prévert, magnifiques dans leur simplicité, la musique de Maurice Jaubert, plus subtile que la plupart de celles de l'époque, la réalisation de Marcel Carné (qui touchera à la perfection l'année suivante avec Le jour se lève) et ses trois géants du cinéma français que sont Jean Gabin, Michel Simon et Michèle Morgan. Seule bizarrerie, les costumes signés Chanel... Attention, "Le Quai des brumes" ne doit surtout pas être réduit au cultissime (et superbe) « t'as d'beaux yeux, tu sais ».
Carné Prévert, des citations bien connues (tu as de beaux yeux tu sais, mieux vaut avoir cette tête que pas de tête du tout), une palette d'acteurs célèbres, un titre évocateur (LE quai des brumes, et non Quai des brumes), tout concourre à l'attente d'un film fort, envoûtant, peut-être poignant. Or il n'en est rien. Si certaines scènes sont excellentes, si de nombreuses idées enchantent (rôle du chien, le baraquement "Panama", etc.), scénario et personnages manquent de cohérence, et les invraisemblances abondent. Gabin cabotine beaucoup, Michel Simon tente de rendre crédible un personnage qui ne l'est pas, Michèle Morgan (qui fait beaucoup plus âgée que les 17 ans qu'on lui attribue) tire l'ensemble vers le mélodrame. Cela se laisse voir, mais le sentiment permanent que l'on passe à côté du chef-d'œuvre est irritant.
Un des énièmes chef d'oeuvres du couple Prévert-Carné... Du réalisme poétique parfait avec un casting de choix, une ambiance brumeuse digne d'un songe et des dialogues envoûtant dont une réplique culte à jamais. Chef d'oeuvre à voir et à revoir.
Après la vision de cet incontournable classique, on saisit mieux encore, toute la saveur de cette phrase de Gabin disant qu« Au cinéma, tout est une question de loupes ». Au milieu de ce « Quai des brumes » en effet, deux éclaircies surgissent dans les regards de Jean Gabin, 34 ans, et de Michèle Morgan, 17 ans. Le réalisateur Marcel Carné proposant lui, assurément lun des cinq films majeurs français davant-guerre. La mise en scène, le montage et limage ont certes mal vieillis normal, en 67 ans -, mais de grâce, oublions une fois pour toutes, ces facteurs techniques, finalement secondaires. Et écoutons plutôt les dialogues poétiques de Jacques Prévert, dun temps désormais révolu. Ressentons des émotions qui touchent à leur paroxysme, par cet amour impossible entre ce déserteur de larmée et cette orpheline si naïve. Admirons tous ces merveilleux personnages, dont Michel Simon et probablement le plus talentueux des Brasseur, Pierre. La prestation aussi, de Robert Le Vigan, ce peintre mélancolique, et du désoeuvré Aimos, décédé durant la guerre. Et en toile de fond, la ville bretonne du Havre, son port notamment « Quai des brumes », à notre époque, ce nest plus du cinéma. Cest du roman. Du roman filmé. Des émotions canalisatrices. Des battements de cur. De lémerveillement face à cette insouciance totale, que la guerre viendra définitivement briser. Face également, à léternelle jeunesse de nos deux monstres sacrés. Des larmes peut-être, lorsque lon entend la réplique la plus célèbre du cinéma français « Tas de beaux yeux tu sais dit Jean Embrassez-moi répond Nelly » Difficile vraiment, encore aujourdhui, de ne pas sortir heurté par le visionnement de ce chef duvre immortel, répétons-le
"T'as de beaux yeux tu sais"... Un film MYTHIQUE avec une brochette d'acteurs magnifiques. Même Jean Gabin y est somptueux, alors que je suis loin d'être un fan. A voir absolument, un GRAND film romantique, au sens noble du terme.
Un film extrêmement surfait, surement l'un des moins bons de Carné. Ce film a vieilli et les acteurs ont déja fait beaucoup mieux, notamment Michel Simon, qui signe ici l'une de ses prestations les moins marquantes, bien qu'excellente. Gabin est a la limite de l'insupportable, et l'on ne s'intéresse pas au couple, qui n'est pas émouvant. Reste une certaine atmosphère, et les éblouissantes prestations de Pierre Brasseur, et Robert Le Vigan, qui sauvent ce film de la plus belle des manières.