Classique à juste titre, Le quai des Brumes, a conservé au bout de presque 80 ans, sa beauté et sa poésie. Jean Gabin et Michèle Morgan servent à merveille les dialogues de Jacques Prévert et nous spectateurs, nous laissons embarquer...
Première expérience au sein du réalisme poétique français et première bonne surprise que représente ce *Quai des brumes*. Même si le courant porte assez mal son nom tout en proposant, paradoxalement, une définition assez pertinente de ce qu'il est : des personnages et un univers "semi-réaliste" et ancrés dans leur époque portés par une écriture tragédienne et poétique. De fait, on peut observer une sorte de décalage que j'apparenterai plutôt à une sorte d'onirisme dans les situations, la photographie et le jeu des acteurs.
J'ai donc beaucoup accroché à ce film de Marcel Carné, proposant une mise en scène sobre mais particulièrement sophistiquée et propre pour l'époque, avec un scénario très simple mais efficace qui m'a notamment fait pensé à plusieurs films américains du nouvel hollywood, comme quoi, l'inspirtion vient parfois du terroir ! Il faut avouer que Jean Gabin est extrêmement charismatique mais, au delà de l'acteur, tout le casting m'a véritablement impressionné, capables de donner vie et de rendre crédibles des dialogues théâtraux au coeur de situations cinématographiques. Michel Simon, Pierre Brasseur, Pierre Marc Orlan et Michèle Morgan réalisent une excellente partition et captivent le spectateur.
*Le Quai des brumes* est donc un film que je conseille à tous les cinéphiles, proposant des plans dans la brume sur cette ville portuaire du Havre chargés de poésie, d'espoir et de tragédie.
Vus à la suite, la myriade de films français exploitant le caractère du personnage récurrent de Jean Gabin deviennent lassants et il faut redoubler d'objectivité et d'inventivité pour toujours en parler correctement. Mais un comparatif s'installe aussi qui force la hiérarchie entre toutes ces œuvres, et celle-ci précisément fait figure de tâche. Bien que le scénario soit on ne peut plus plaisant, il n'est pas inattendu dans le romantisme excessif dont il fait preuve, poussant Gabin dans les bras de sa belle, et qu'importe le reste. Cette vision, ainsi que l'imbrication d'autres milieux sociaux, y compris les truands dont il est amusant de voir qu'aussi impeccables qu'ils soient, ils sont des délinquants dans la bouche desquels "buter" est un gros mot, se prêtent mal au surjeu de Michèle Morgan qui serait touchant dans un autre cadre. Un peu à côté de la plaque car il en fait trop, ce film est toutefois un impressionnant réservoir de tristesse qu'on peut qualifier de trop glauque mais qui se communique à travers les décennies et l'écran.
"Le Quai des brumes" est aujourd'hui un grand classique du cinéma français. Si l'intrigue ne présente rien de spécial, le film doit sa saveur aux magnifiques dialogues de Jacques Prevert qui donnent ainsi lieu à des échanges croustillant. La beauté du verbe subjugue donc ce long métrage qui se cantonne au domaine du classique et de la sobriété. Agréable et sympathique à suivre, "Le quai des brumes" ne dévoile cependant pas le génie tant attendu.
Aujourd'hui, le film a bien vieilli, mais reste plaisant, d'autant qu'il a été restauré, à l'époque ça a été une pure bombe. Gabin erre dans le Havre nocturne, rencontrant des personnages marginaux, servis par de fantastiques dialogues de Prévert. Avec un casting énorme et l'une des répliques les plus cultes du cinéma français, on aurait tort de se priver de ce grand film noir.
14 mai 2017: ce 2eme visionnage m'a confirmé que ce film est un très beau film de Jean Gabin. Il est jeune, beau et colle parfaitement à ce personnage de déserteur qui séduit une belle jeune fille du Havre, Michelle Morgan. Michel Simon; l'affreux, campe lui aussi très bien son rôle de tuteur "nauséabond et calculateur". Un très bon film à voir et à revoir. Dommage que quelques scènes soient un peu "floues".
Un film à voir rien que pour les yeux de Michele Morgan et le regard de Jean Gabin. L'histoire n'a pas vieillie. Le film en lui-même un petit peu quand même. Mais cela reste un film assez facile à regarder je trouve car il y a du rythme.
Si vous vous êtes jamais demandé que répondre à l’immortel « T’as d’beaux yeux tu sais », Le quai des brumes est pour vous. Avant tout célèbre pour cette réplique mythique, le mélodrame de Marcel Carmé jouit également d’une distribution prestigieuse, d’une photo magnifique, et… c’est à peu près tout. Ah, si, c’est court ; et c’est tant mieux. Car il faut dire ce qui est, cette légende officielle dans les salles obscures, premier enfant d’une union vouée à durer entre le cinéaste et son ami poète Jacques Prévert, n’est en fait qu’une idylle banale, datée et même un peu arrogante. Malgré ses plans modelés comme un portrait des studios Harcourt, la rencontre du rugueux déserteur avec sa muse, jeune nymphe sensible et soumise, affiche crânement un sentimentalisme suranné et une mise en scène qui fait nettement son âge. L’ombrageux Gabin, la magnétique Michèle Morgan, les critiques dithyrambiques qu’on peut lire dans les cercles les plus connaisseurs n’y peuvent rien : devant ce port, sous ce brouillard, on s’ennuie ferme. Courage matelots, souquez, la traversée ne dure qu’une heure et demi.
Un film magique et poignant, lumineux et légendaire qui marque par la beauté permanente qu'il dégage. Marcel Carné, en s'associant avec Jacques Prévert signe ici un monument du cinéma français. Tout est absolument magnifique et la restauration réalisée sur cette œuvre est un véritable délice. On retrouve une photo lumineuse, une lumière exceptionnelle qui sublime absolument le noir et blanc et nous fait parfois nous dire que rien n'est plus beau. La mise en scène est douce, malicieuse, toujours dans le tempo, la caméra se glisse, s'immisce et ne nous laisse jamais au bord du chemin. Et puis, il y a cette histoire d'amour, une histoire intemporelle et bouleversante incarnée par un couple mythique. Et enfin, ce qui restera à jamais ce sont ces dialogues. Chaque phrase est un bijou, un poème et on ne cesse de s'émerveiller devant tant de virtuosité,jusqu'à ce point d'orgue, sans doute la réplique la plus célèbre de tous les temps,le fameux "T'as d' beaux yeux tu sais", qui touche au cœur et transperce autant que les yeux de Michelle Morgan.
Le jeu des acteurs, les dialogues, l'ambiance morose et poisseuse de la ville, parfois des lueurs de bonheur, furtives, mais présentes. Et surtout la poésie impressionniste. C'est très beau. C'est parfois comme du Renoir
"Le quai des brumes" n'est qu'une simple romance agréablement bien filmée ! Le scénario n'apporte pas grand chose de différent dans le domaine ; on se contentera donc de voir évoluer cet amour naissant entre le duo Gabin/Morgan, sans avoir la larme à l’œil, et sans en garder un souvenir impérissable. On aura l'occasion d'entendre cette fameuse réplique : "T'as de beaux yeux, tu sais", mais on se demandera bien en quoi elle est si "fameuse".
On vante tellement ce film que je m'attendais vraiment à mieux. On traîne longtemps (comme les personnages) pour voir se dessiner le semblant d'intrigue qui leur servira de support. Les interprètes s'en tirent plutôt bien (surtout Michel Simon et Pierre Brasseur), mais entre les non-dits (liés à la censure de l'époque) et la mise en scène particulièrement lente, il est difficile d'être vraiment emballé. Dommage.
Quai des brumes est un très grand classique français de Marcel Carné, porté par un jeune Gabin séduisant et talentueux, posé dans un contexte historique fort. Parfois obsolète et ennuyeux il n'empêche que le long métrage est un film à voir rien que pour ses cinq dernières minutes très romantiques et une des répliques les plus cultes de l'histoire du cinéma français. Sorte de Casablanca à la française Quai des Brumes est un monument du cinéma français.
Sublime classique du cinéma français avec un Jean Gabin bien neuf encore et au sommet de sa superbe et une Michèle Morgane sublimissime. En dehors de la réplique culte que tout le monde connaît, c'est un superbe panorama du cinoche français, des portraits de bandits flamboyants, une mise en scène captivante, les dialogues causasses de Prévert. Superbe !!
Si je mets deux étoiles, c'est surtout pour l'émouvant personnage central qui, quoique muet, et sans doute las d'attendre devant un gramophone que la voix de son maître en sorte, s'est trouvé par hasard mêlé à l'histoire somme toute bien dérisoire des quelques bipèdes paumés qui errent et s'agitent dans ce décor glauque. C'est lui, je trouve, qui est, ainsi que Panama, le personnage le plus attachant de ce film.